CHINE / Tibet
22 juin, Genève. Le dissident chinois Wei Jingsheng, Reporters sans frontières (RSF) et les associations Solidarité Chine et le Comité de soutien au peuple tibétain, lancent une campagne contre lattribution des Jeux olympiques de 2008 à la Chine. Les JO à Pékin? La Chine médaille dor des violations des droits de lhomme, indiquent des banderoles déployées par lorganisation à Lausanne, siège du Comité international olympique (CIO).
Pour Robert Ménard, secrétaire général de RSF, il est aussi monstrueux de tenir les JO en Chine en 2008 que de lavoir fait dans lAllemagne nazie de 1936.
20 juin, Hongkong. Selon le Centre dinformation sur les droits de lhomme, 12 chrétiens ont été condamnés à Dongsheng (Mongolie intérieure) à des peines de 2 à 3 ans de rééducation par le travail pour activités religieuses illégales.
15 juin, Inde. Selon le Centre tibétain pour les droits de lhomme et la démocratie, basé en Inde, une femme tibétaine de 37 ans a été condamnée, en mai, à 6 ans de prison pour avoir regardé, à son domicile, une vidéo sur le dalaï-lama, le chef spirituel tibétain.
4 juin, Hong Kong. Quelque 40.000 personnes, rassemblées à Victoria Park, commémorent le 12e anniversaire de la répression sanglante par les autorités chinoises du mouvement pro-démocratique sur la place Tiananmen, à Pékin.
23 mai, Pékin. Le pays célèbre le 50e anniversaire de la libération pacifique cest-à-dire loccupation du Tibet par larmée chinoise. Le Tibet est plongé dans une atmosphère de fête écrit lagence de presse officielle Chine nouvelle qui affirme que plus de 5.000 Tibétains ont assisté au lever des couleurs chinoises au pied du Potala, lancien palais du dalaï-lama situé au coeur de Lhassa, la capitale tibétaine.
Recevant le même jour, à Washington, le dalaï-lama, le président américain George W. Bush exprime son soutien au chef tibétain en exil qui demande le respect de lidentité religieuse, linguistique et culturelle de son peuple.
23 mai, Pékin. "Au moins un millier de condamnés ont été exécutés depuis le début de la campagne" intitulée "Frapper fort", déclare à lAgence France-Presse un diplomate qui compile les exécutions publiées par l'ensemble de la presse locale chinoise. "Mais il ne s'agit que d'une partie du total, un grand nombre d'exécutions n'étant pas rapportées par la presse officielle", a-t-il souligné.
Depuis le début avril, la police et les tribunaux chinois multiplient arrestations, condamnations et exécutions.
12 mai, Paris. Dans une interview à Libération [Paris], le Dr Hu, directeur adjoint de lInstitut de droit de lAcadémie des sciences sociales, affirme quen 20 ans la Chine a beaucoup utilisée la peine de mort, mais le taux de criminalité na cessé de progresser. Pour le juriste, le peine de mort est ancrée depuis plus de 2000 ans dans la culture et les traditions chinoise. Il reconnaît quen raison du mauvais fonctionnement de la justice, le risque derreurs judiciaires existe bel et bien, surtout dans le cadre de procédures accélérées comme lactuelle campagne Frapper fort. Dans lesprit du public chinois, exécuter des innocents nest pas un problème très grave.
Le Dr Hu estime quil faudra plusieurs décennies pour arriver à labolition de la peine de mort en Chine.
6 mai, Pékin. Au moins 500 criminels présumés ont été exécutés au premier mois d'une campagne anti-criminalité, baptisée "frapper fort", qui a également vu l'arrestation de quelque 10.000 suspects, indique le Quotidien du peuple.
11 avril, diverses villes du pays. Les autorités exécutent au moins 89 personnes - dont 28 à Canton, 21 à Shenzen et 17 à Zhengzhou - dans le cadre dune nouvelle campagne de répression de la criminalité. Selon Amnesty International, au moins 1.263 exécutions ont été recensées en 1999.
COLOMBIE
17 avril, Genève.Les droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit à la vie et à la sécurité personnelle, sont "continuellement menacés" en Colombie, où "massacres, exécutions sommaires, disparitions forcées, et agressions contre les populations civiles sont en hausse sensible", affirme Mary Robinson, haut commissaire aux droits de l'homme, devant la Commission des droits de lhomme des Nations unies.
CONGO
8 mai, New York. Lorganisation humanitaire américaine International Rescue Committee affirme que la guerre civile au Congo a causé la mort de 2,5 millions de personnes depuis août 1998. Limmense majorité de ces morts est due aux maladies et à la malnutrition. Ces pertes sont sans doute les pires en Afrique au cours des dernières décennies, estime un rapport de lorganisation. Lampleur de la souffrance est extraordinaire.
CÔTE dIVOIRE
28 juin, Bruxelles. Plus de 150 personnes, présentées comme victimes ou ayants droit de victimes de tortures, viols, assassinats commis par les forces de lordre ivoiriennes, déposent plainte devant la justice belge pour crimes contre lhumanité contre le président de la Côte dIvoire Laurent Gbagbo, contre les ministres de lintérieur et de la défense Emile Boga Doudou et Moïse Lida Kouassi, ainsi que contre lancien président Robert Gueï.
Une loi donne la compétence universelle aux tribunaux belges pour juger les crimes contre lhumanité. En juin, deux plaintes ont été déposées contre le premier ministre israélien, Ariel Sharon. La Belgique, note lAgence France Presse, est embarrassée par ces plaintes qui, si elles étaient jugées recevables, empêcheraient Ariel Sharon et Laurent Gbagbo de se rendre en Belgique.
13 avril, Abidjan. Six gendarmes inculpés dassassinats six mois après la découverte du charnier de 57 corps à Yopougon, un quartier populaire dAbidjan. Des affrontements avaient opposés, après lélection présidentielle doctobre 2000, des partisans du président Gbagbo et ceux de lopposant Ouattara.
ESPAGNE / Pays basque
25 mai, Saint-Sébastien. Des milliers de Basques et dEspagnols rendent hommage à Santiago Oleaga Elajabarrieta, directeur financier du quotidien basque El Diario Vasco, assassinée par lETA. Les manifestants exigent de lorganisation séparatiste la fin du terrorisme.
31 personnes ont été tuées par lETA - victimes dexplosions de bombes ou abattus par balles depuis janvier 2000.
13 mai, Madrid. La victoire des nationalistes modérés aux élections régionales ouvre la porte au dialogue et à la paix, affirme le chef du gouvernement basque sortant, Juan José Ibarretxe. Le Parti nationaliste basque (PNV), qui dirige la région depuis la création de lautonomie en Espagne, en 1980, et Eusko Alkkartasuna obtiennent 42,3% des suffrages (33 sièges sur 75 au Parlement). Les électeurs ont clairement condamné la violence et les attentats : Euskal Herritarrok (EH), la vitrine politique de lorganisation séparatiste basque ETA, perd la moitié des 14 députés.
Les votes en faveur des partis constitutionnalistes Parti populaire (PP) et Parti socialiste (PSE) - restent stables (40,8% des suffrages et 32 sièges). Juan José Ibarrexte a exclu tout dialogue avec Euskal Herritarrok tant que les indépendantistes ne condamneront pas la violence politique. "Alors que la violence sévit, aucun type de collaboration directe ou indirecte n'est possible avec EH tant qu'elle n'aura pas misé uniquement sur la voie politique et démocratique".
7 mai, Saragosse. 400000 personnes défilent dans les rues de la ville derrière une immense banderole proclamant : Pour la liberté et contre le terrorisme. En tête du cortège, le président du gouvernement espagnol José Maria Aznar.
FRANCE
25 mai, Paris. Lancien camp de Drancy devient monument historique. La ministre de la culture, Catherine Tasca, inscrit lancien camp de transit, où furent détenus, entre 1941 et 1944, près de 80.000 juifs, sur la liste des monuments et des sites protégés.
Le maire de la ville souhaite installer dans ce camp, qui était lantichambre dAuschwitz, un Musée national de la déportation juive.
28 mai, Paris. Le Premier ministre, Lionel Jospin, prononce un discours sur sa vision de lavenir de lEurope - une Europe qui est, dabord, un projet politique, [...] une oeuvre de lesprit, un modèle de société, une vision du monde, Ce projet, a-t-il souligné, repose sur une communauté de valeurs propre à la civilisation européenne, au premiers rang desquelles il y a la démocratie et les droits de lhomme.
30 mai, Paris. Le Parlement adopte, à lunanimité, une loi tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires. Le texte, adopté par le Sénat le 3 mai, permet la dissolution par la justice dassociations ou de groupements ayant pour but dexploiter la sujétion psychologique ou physique de personnes, et qui ont été condamnés à plusieurs reprises. Il permet, en outre, aux associations de lutte contre les sectes, reconnues dutilité publique, de se porter partie civile à la place des victimes.
Ladoption de ce texte - qualifié de première mondiale par le rapporteur du projet de loi, la député socialiste Catherine Picard - est vivement dénoncée par les mouvements sectaires, en particulier par les scientologues qui lui reprochent de nêtre quune loi dexception.
INDONÉSIE / Timor-Occidental
4 mai, New Yok. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, exprime sa "consternation" devant la légèreté des sentences - de 10 à 20 mois de prison - prononcées par un tribunal de Djakarta (Indonésie)contre les six personnes coupables d'avoir tué et ensuite brûlé trois membres du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), en septembre 2000, au Timor-Occidental.
Kofi Annan estime que le verdict ne correspond pas à la brutalité de ces meurtres prémédités, et inflige un camouflet aux efforts de la communauté internationale d'assurer la sécurité du personnel humanitaire. Pour sa part, le HCR affirme que les sentences tournaient en "parodie" l'exigence de la communauté internationale que "justice soit rendue dans ce cas horrifiant".
IRAN
24 avril, Téhéran. Dans un discours prononcé devant une Conférence internationale de soutien à lIntifada [palestinienne], en présence de représentants de 34 pays pour la plupart membres de lOrganisation de la conférence islamiste (OCI),le numéro un de la République islamique dIran, le guide Ali Khameneï, conteste lHolocauste. Il juge quil existe des preuves démontrant que les sionistes entretenaient des relations intimes avec les Nazis allemands et que les statistiques sur le massacre des juifs sont exagérées.
La présentation des statistiques exagérées sur le massacre des juifs, a-t-il déclaré, na été quun moyen dattirer la compassion de lopinion publique et de faciliter loccupation de la Palestine en justifiant le crimes es sionistes. Et dajouter quil existe même des preuves que certains hooligans non juifs dEurope de lEst ont été envoyés en Palestine en tant que juifs, afin que sou prétexte de protéger les survivants du racisme, un gouvernement ennemi de lIslam soit installé au coeur du monde islamiste.
Le département dEtat américain a qualifié de scandaleux et déplorables les propos de Ali Khameneï, propos qui ne sont pas de nature à dissiper les inquiétudes sur le soutien de lIran au terrorisme et son opposition à la paix au Proche-Orient.
ISRAEL / et territoires occupés
26 juin, New York. En visite aux Etats-Unis, le premier ministre israélien Ariel Sharon indique quil entend garder Jérusalem, dont Israël a conquis et annexé le secteur oriental en 1967. Le caractère unifié et indivisible de Jérusalem [une cité de la tolérance où existe pour toutes les religions lentière liberté de culte] nest pas seulement de lintérêt dIsraël mais a une importance universelle.
17 juin, Londres. La chaîne de télévision britannique BBC diffuse une émission - vivement contestée en Israël - consacrée aux massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, au Liban, en septembre 1982. Cette diffusion relance la question de la responsabilité du premiers ministre israélien, Ariel Sharon dans ces massacres.
1er juin, Tel-Aviv. Un attentat-suicide commis par un kamikaze palestinien, devant une discothèque de la ville, fait 17 mort et près de 90 blessés parmi des jeunes israéliens, souvent dorigine russe.
Dans un communiqué publié le 2 juin à Genève, Mary Robinson sest dite choquée et horrifiée par cet attentat. De tels actes ne font qu'alimenter la haine et la polarisation déjà trop répandus dans la région et rendent un règlement pacifique du conflit encore plus difficile. Une telle violence doit être condamnée dans les termes les plus fermes et rejetée par tous.
La haut commissaire des Nations unies aux droits de lhomme, qui a recommandé aux parties d'exercer le maximum de retenue et appelé à une cessation de toutes les attaques contre des civils, a ajouté: Le droit à la vie est le droit de l'homme le plus fondamental. Les civils israéliens et palestiniens ne jouissent pas pleinement de ce droit. J'invite les dirigeants de la région à faire preuve de la volonté politique et du courage nécessaires pour mettre un terme à la violence.
21 mai, New York. Le rapport de la Commission Mitchell sur les violences israélo-palestiniennes demande larrêt sans condition et immédiatement des violences par les deux parties, pour tenter de mettre fin à huit mois de violences qui ont fait 561 morts depuis septembre 2000. Cet arrêt conditionne la mise en place de mesures concrètes susceptibles de rétablir la confiance entre Israéliens et Palestiniens. Parmi ces mesures, le gel de toute activité de colonisation et l'incarcération des terroristes palestiniens.
Créée lors du Sommet de Charm el-Cheikh (Egypte), en octobre 2000, la Commission avait pour mission de déterminer lorigine des violences qui ont suivi la visite dAriel Sharon, à lépoque chef de lopposition de droite, le 28 septembre 2000, sur lEsplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.
17 mai, Jérusalem. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qualifie la colonisation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza de "crime de guerre" au regard de la Convention de Genève de 1949.
4 mai, Tel-Aviv et Ramallah. Le rapport de la commission Mitchell demande à Israël de mettre fin à toute colonisation dans les territoires palestiniens, appelle à larrêt de lutilisation par larmée de balles en caoutchouc et demande la levée des bouclages du territoire palestinien. LAutorité palestinienne est critiquée pour son très troublant manque de contrôle sur ses forces de sécurité et sur des éléments armés affiliés à la direction de lAutorité.
Créée lors du Sommet de Charm el-Cheikh (Egypte), en octobre 2000, la commission avait pour mission de déterminer lorigine des violences qui ont suivi la visite dAriel Sharon, à lépoque chef de lopposition de droite, le 28 septembre 2000, sur lEsplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.
Le nombre des tués depuis le début de cette nouvelle Intifada sélève à 508 personnes (419 Palestiniens, 75 Israéliens, 13 Arabes israéliens et un Allemand).
19 avril, Jérusalem. La solution finale, mise en uvre il y a 60 ans, restera une tache sur lHumanité pour toutes les générations à venir, déclare le président israélien Moshé Katsav, lors dune cérémonie organisée au Mémorial Yad Vashem, en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme.
ITALIE
13 mai, Rome. Silvio Berlusconi et la coalition de droite de La Maison des libertés remportent les élections législatives et obtiennent une confortable majorité dans les deux chambres (Chambre des députés, 368 sièges sur 630; Sénat, 177 sièges sur 315). Son parti Forza Italia simpose comme la première force politique du pays. La coalition de lOlivier de Francesco Rutelli est la grande perdante du scrutin. La Ligue du Nord (xénophobe et fédéraliste) de Umberto Bossi, avec laquelle Berlusconi a passé un pacte, nobtient pas le quorum à la Chambre des députés.
LItalie vit une alternance apparemment tranquille, note Le Monde. Mais les inquiétudes [
] demeurent : la singularité de M. Berlusconi pose problème et appelle une vigilance. A moins de se résigner à ce quen Europe, un démagogue puisse désormais soffrir un pays comme on achète une conduite.[Monde, 16 mai 2001].
27 avril, Londres. Lhebdomadaire britannique The Economist titre, en couverture: Why Silvio Berlusconi is unfit to lead Italy [Pourquoi Silvio Berlusconi est indigne de diriger lItalie].
KOSOVO
15 mai, Pristina. Hans Haekkerup, administrateur de la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), présente un document qui définit le statut dautonomie substantielle du Kososvo, lancienne province serbe placée sous protectorat international après lintervention de lOTAN, en juin 1999. Une Assemblée législative de 120 membres, qui se réunira dans un délai de trente jours après les élections - fixées au 17 novembre -, élira un président du Kosovo, qui aura un rôle représentatif et nommera un gouvernement.
RUSSIE
9 avril, St-Pétersbourg. Evoquant, sans la nommer, le sort de la chaîne privée russe NTV passée sous le contrôle du groupe Gazprom, lui-même contrôlé par le Kremlin, le chancelier Gerhard Schröder, déclare, à louverture dun forum Allemagne-Russie, que la Russie a besoin davoir une société civile et des médias qui informent la population et contrôlent le pouvoir.
RWANDA
26 mai, Kigali. 10 personnes condamnées à mort et 23 autres à la prison à vie pour génocide et crimes contre l'humanité par une cour de justice à Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les condamnés à mort, Wellars Banzi, ancien député et dirigeant, pour la ville de Gisenyi, du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRNDD) au pouvoir pendant le génocide de 1994.
Quelque 125.000 personnes soupçonnées de crimes génocidaires sont actuellement détenues au Rwanda en attendant d'être jugées.
SÉNÉGAL
7 avril, Dakar. Le président Abdoulaye Wade déclare indésirable au Sénégal lex-président tchadien Hissène Habré. Je lui ai donné un délai pour quitter le pays. Le 20 mars, la Cour de cassation avait statué quil ne pouvait être jugé au Sénégal pour complicité dactes de torture.
SYRIE
25 juin, Paris. Visite du président syrien Bachar El Assad en France : rassemblements de protestations dans plusieurs villes de France, à lappel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le jeune président syrien a tenu, à trois reprises, des propos sur les juifs et sur le racisme des Israéliens [qui] avaient surpassé le nazisme. En mai 2001 notamment, en présence du pape Jean-Paul II venu en pèlerinage à Damas, il a jugé, sans les nommer, quIsraël et les Israéliens tentent de tuer tous les principes des religions célestes avec la même mentalité par laquelle fut lâché, puis torturé le Christ.
Le président français Jacques Chirac a rappelé à son hôte que, dans cette région du monde, berceau des trois religions du Livre, la paix ne sera pas sans le respect mutuel de toutes les communautés et de toutes les confessions.
TIMOR-ORIENTAL
24 avril, Djakarta. Le président indonésien Abdurrahman Wahid signe un décret établissant une cour spéciale qui jugera les responsables des événements qui ont fait de nombreux morts en 1999, lors de laccession du pays à lindépendance.
TURQUIE
24 avril, Londres. Amnesty International demande aux autorités turques de mettre fin au régime d'isolement dans les prisons, à l'origine dun mouvement de protestation - une grève de la faim - qui, depuis le 21 mars, a provoqué la mort de 17 personnes.
Lorganisation de défense des droits de lhomme évoque "un traitement cruel, inhumain ou dégradant", et craint le recours à "la torture ou aux mauvais traitements".
VIETNAM
4 juin, Hanoi. Le célèbre bouddhiste Thich Quang Do, 73 ans, numéro deux de lEglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV), placé en résidence surveillée pour deux ans. Selon Amnesty International, des dizaines de prisonniers dopinion - dissidents politiques et religieux sont détenus par les autorités vietnamiennes.
YOUGOSLAVIE
29 juin, Belgrade et La Haye. Lancien président yougoslave Slobodan Milosevic est livré par les autorités serbes au Tribunal pénal international de La Haye. Agé de 59 ans, battu aux élections de septembre 2000 après avoir exercé le pouvoir durant 13 ans, Milosevic est accusé de Crimes de guerre et de crimes contre lhumanité. Son procès ne commencera pas avant "huit à douze mois" et devrait durer au minimum de "douze à quinze mois".
En outre, Milosevic devrait être inculpé pour les crimes commis en Croatie et en Bosnie "vers le mois d'octobre". La guerre qui a ravagé l'ex-Yougoslavie de 1991 à 1999 a causé la mort d'environ 250.000 personnes, la plupart des civils.
23 juin, Belgrade. Le gouvernement yougoslave adopte un décret officialisant ses relations avec le Tribunal pénal international pour lex-Yougoslavie (TPIY) ouvrant ainsi la voie à un transfert de lex-présidant Milosevic, incarcéré, depuis le 1er avril, à la prison centrale de Belgrade, vers le Tribunal de La Haye.
9 mai, Washington. En visite aux Eats-Unis, le président Vojislav Kostunica exprime sa volonté de coopérer avec le Tribunal de La Haye. Cette coopération, nécessaire pour la Yougoslavie, sera marquée, dans peu de temps, par ladoption dune loi donnant une base légale à lextradition de Slobodan Milosevic vers La Haye.
1er avril, Belgrade. A 4h50 du matin, au terme dun siège de 36 heures, Slobodan Milosevic est arrêté et emprisonné. Détenu à la prison centrale de Belgrade, lancien président est poursuivi pour abus de pouvoir et détournement de fonds par la justice yougoslave et inculpé par le tribunal international de La Haye de crime contre lhumanité pour les exactions commises au Kosovo.
2 mai, Paris. Dans une interview au Monde, Carla Del Ponte demande le transfert immédiat [à La Haye] de linculpé Milosevic, comme de tous les autres inculpés du Tribunal pénal international pour lex-Yougoslavie. La procureur du TPIY réclame un soutien plus actif de la communauté internationale pour arrêter les inculpés du Tribunal.
> ET AUSSI... <
__CYBERCRIMINALITÉ
23 juin, Strasbourg. Un comité dexpert du Conseil de lEurope approuve le projet de Convention sur la cybercriminalité. Un protocole additionnel donne le caractère dinfraction pénale à toute diffusion de propagande raciste et xénophobe sur les réseaux informatiques (dont Internet).
__ESCLAVAGE
10 mai, Paris. Le Parlement français reconnaît l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité à la suite de l'adoption d'une proposition de loi votée par les sénateurs dans les mêmes termes que les députés.
"Il importe que la traite et l'esclavage, dans les départements d'outre-mer comme en métropole, ne soit plus, pour les uns et les autres, ni cette origine honteuse ni cette faute que la mauvaise conscience nous pousse à cacher", a déclaré le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Christian Paul, qui a souligné que la loi adoptée était "une loi contre l'oubli". "Ces événements sont notre histoire, une histoire pénible et douloureuse, dont nous entendons tirer les leçons".
__DROITS HUMAINITAIRE
Mai, Genève. La Faculté de droit de Genève ouvrira, en octobre 2001, un centre international de droit humanitaire. Les enseignements aborderont le droit pénal international, celui des conflits armés ainsi que la protection internationale des droits de lhomme.
__DROITS DE L'HOMME
8 juin, Strasbourg. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) rejette la requête de Maurice Papon contre son maintien en détention. L'ancien haut fonctionnaire du régime français de Vichy, de 1940 à 1944, avait invoqué son grand âge (93 ans) et son mauvais état de santé. La Cour a estimé que, compte tenu de létat de santé général du requérant et de ses conditions de détention, sa situation natteignait pas un seuil suffisant de gravité pour rentrer dans le champ dapplication de larticle 3 de la Convention européenne des droits de lhomme (traitements inhumains ou dégradants).
Maurice Papon a été condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la déportation de 1560 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
6 juin, New York. Les lois qui pénalisent le blanchiment de l'argent s'inscrivent dans le respect des droits de l'homme, dans la mesure où elles ont pour but de protéger les libertés individuelles et les intérêts des citoyens face au crime organisé, affirme le chef du Bureau des Nations unies pour la prévention de la criminalité internationale, Pino Arlacchi.
28 mai, Londres. Amnesty International fête ses 40 ans. Depuis sa création par lavocat Peter Benenson, le 28 mai 1961, lorganisation de défense des droits de lhomme na cessé décrire contre loubli de tous ceux qui sont emprisonnés pour leurs convictions politiques ou religieuses. Elle a contribué à la libération de milliers de prisonniers parmi lesquels Andreï Sakharov, Vaclav Havel, Miguel Angel Estrella et Fang Lizhi.
Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de lhomme, a rendu hommage à Amnesty, une organisation dune valeur inestimable dans la lutte pour le respect des droits de lhomme
10 mai, Washington. Pour punir les Nations unies, après lexclusion des Etats-Unis de la Commission des droits de lhomme, la Chambre des représentants décide de bloquer le paiement de 244 millions de dollars dus à lOnu. Pour la diplomatie américaine en état de choc [Le Monde], le vote de la communauté internationale est une tentative délibérée de punir les Etats-Unis pour avoir dit la vérité sur les violations des droits de lhomme dans le monde.
Les Etats-Unis espèrent recouvrer leur siège à la Commission en 2002.
3 mai, New York, Onu. Les Etats-Unis - lun des 5 membres permanent du Conseil de sécurité - perdent le siège quils occupaient de manière ininterrompue depuis 1947 à la Commission des droits de lhomme. Les trois sièges attribués au groupe des pays occidentaux reviennent à la France, désignée à une quasi unanimité (52 voix sur 53 votants), lAutriche et la Suède. Pour lorganisation Human Rights Watch (HRW), les Etats-Unis ont souvent manqué de soutenir dimportantes initiatives à la Commission, et se sont retrouvés isolés.
Les membres de la Commission, qui siègent, chaque année, à Genève, sont élus pour trois ans, par rotation sur une base régionale, par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations unies.
__GÉNOCIDE RWANDAIS
17 avril, Bruxelles. Quatre Rwandais soupçonnés d'avoir pris part au génocide - qui a vu périr environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés au printemps 1994 - comparaissent devant la Cour d'assises de Bruxelles. Vincent Ntezimana, professeur d'université, 39 ans, Alphonse Higaniro, ex-ministre et industriel, 51 ans, Consolata Mukangango (soeur Gertrude) et Julienne Mukabutera (soeur Maria Kisito), religieuses, 42 et 36 ans, sont accusés d'avoir pris part au génocide dans la région de Butare.
__LIBERTÉ DE LA PRESSE
3 mai, New York, Onu. Affirmant que le droit à la libre expression restait encore fragile dans bon nombre de pays, les Nations unies lancent un appel pour une meilleure protection des journalistes qui entendent exercer ce droit. 
Dans un message publié à l'occasion de la commémoration de la Journée mondiale de la presse, Kofi Annan (Onu), Koïchiro Matsuura (Unesco) et Mary Robinson invitent les dirigeants politiques du monde entier à "faire de leur mieux" pour garantir l'exercice sans entrave du métier de journaliste, et demandent aux membres de la presse de faire preuve "de la plus grande impartialité" sur le plan professionnel.
Le secrétaire général de l'ONU a, pour sa part, souligné l'importance de l'existence d'une presse libre, qui joue un rôle capital dans la lutte contre la tyrannie et l'oppression.
17 avril, Paris. 26 journalistes ont été tués en 2000, à travers le monde, dans lexercice de leur profession ou pour leurs opinions, contre 36 en 1999, selon un bilan dressé par lorganisation Reporters sans frontières (RSF) dans son Rapport 2001. Le nombre de journalistes interpellés a diminué (329 contre 446), ainsi que le nombre de médias censurés (295 contre 357).
Selon RSF, la Birmanie, la Chine, lIran et lEthiopie sont les plus grandes prisons du monde pour les journalistes et près du tiers de la, population mondiale vit dans un pays où il nexiste aucune liberté de la presse.
__NATIONS UNIES
29 juin, New York. Kofi Annan, actuel secrétaire général de lorganisation, réélu à la tête des Nations unies pour cinq ans (2002-2006). Jai cherché à faire du respect universel des droits de lhomme, sous tous leurs aspects, la pierre angulaire de mon activité parce que je crois que ces droits appartiennent à toutes les confessions, à toutes les cultures et à tous les peuples, a déclaré Kofi Annan, après sa réélection. Human Rights Watch a salué la décision de lAssemblée générale comme une véritable victoire pour les droits de lhomme.
__PEINE DE MORT
23 juin, Strasbourg (F). Les opposants à la peine de mort lancent un appel solennel pour un moratoire mondial des exécutions des condamnés à mort. Les participants des organisation non gouvernementales de défense des droits de lhomme, plusieurs Parlements européens ainsi que des médias réunis, du 21 au 23 juin 2001, en Congrès mondial dans lenceinte du Conseil de lEurope et du Parlement européen, ont dressé un état des lieux de la peine de mort dans le monde et tenté de mettre sur pied des actions afin de parvenir à son abolition.
__RACISME : LA CONFÉRENCE DE DURBAN
31 mai, Genève. Lors de la réunion préparatoire à la Conférence mondiale contre le racisme [Durban, 31 août au 7 septembre], Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de lhomme, plaide pour que la conférence soit loccasion dune déclaration très forte de reconnaissance collective pour les injustices et les crimes contre lhumanité commis par le passé.
Les organisations non gouvernementales africaines demandent que la Conférence de Durban adopte une déclaration sans équivoque dénonçant lesclavage et le colonialisme comme crimes contre lhumanité.
__RÉFUGIÉS
16 juin, Paris. Une "Assemblée des réfugiés" de 577 personnes [soit autant que de députés français], réunie dans l'hémicycle de lAssemblée Nationale, à Paris, adopte un "Appel de Paris" demandant aux Etats d'assurer une application pleine et entière de la Convention relative au statut des réfugiés , signée en 1951 à Genève.
__RELIGIONS
23 juin, Kiev (Ukraine). Le pape Jean-Paul II tend la main aux orthodoxes et assure quil ne vient pas en Ukraine avec des intentions de prosélytisme. Il leur demande pardon pour les erreurs commises à leur égard dans un passé ancien et récent.
9 mai, La Valette (Malte). Au terme de son pèlerinage sur les pas de saint Paul, en Grèce, en Syrie et à Malte, Jean Paul II encourage tous les croyants au respect des droits de l'Homme et à la solidarité.
"J'ai voulu encourager les croyants et toutes les personnes de bonne volonté", a-t-il déclaré, "à défendre la vie, à promouvoir le respect de la dignité de tous les êtres humains, à défendre la famille contre les nombreuses menaces dont elle fait l'objet aujourd'hui, à ouvrir leurs coeurs aux personnes pauvres et exploitées dans le monde et à oeuvrer en faveur d'un ordre international fondé sur le respect pour le droit et sur la solidarité à l'égard des laissés pour compte".
4 mai, Athènes (Grèce). Devant larchevêque dAthènes, Mgr Christodoulos, Jean-Paul II demande pardon pour les fautes commises par les catholiques depuis le Grand Schisme de 1054. Quand les fils et filles de lEglise catholique ont pêché par leurs actions et par omission contre leurs frères et surs orthodoxes, puisse le seigneur nous accorder le pardon que nous lui demandons. Le pape a évoqué le sac de Constantinople par les Croisés en 1204, un événement que les catholiques daujourdhui se remémorent avec un profond regret.
Dans son discours de bienvenue, Mgr Christodoulos a rappelé les raisons qui empoisonnent depuis mille ans les relations entre les deux Eglises. Il a cité les actes de violence inacceptables contre les peuples orthodoxes en référence aux Croisades et la question des uniates (catholiques de rite oriental qui reconnaissent la souveraineté du pape).
22 avril, Strasbourg. Les Eglises européennes de toutes confessions adoptent une charte oecuménique qui, fondée sur la reconnaissance de la liberté de religion et de conscience, doit lier les chrétiens de toutes les confessions du Vieux Continent. La charte établit un code de bonne conduite, de référence, maintenant la cohésion dEglises divisées, et condamne toute tentative dabuser de la religion et de lEglise à des fins ethniques et nationalistes.
__TÉLÉVISION
Mai, Paris. La diffusion par la chaîne privée M6 de lémission Loft Story cinq filles et six garçons enfermés dans un appartement pendant 70 jours et filmés en permanence provoque de violentes polémiques. Dans le Monde [du 10 mai], le président dune chaîne concurrente, TFI, accuse M6 de faire de la télévision poubelle.
__TRIBUNAL PÉNAL POUR LE RWANDA
8 juin, Nairobi. Selon lInternational Crisis Group (ICG), une organisation spécialisée dans lanalyse des conflits basée à Bruxelles, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ne présente après, 7 années dexistence, quun bilan dérisoire. Le TPIR a failli à sa tâche essentielle, estime lorganisation. Les lenteurs sont allées en saggravant au cour des années, alors même que les moyens du Tribunal ont augmenté notoirement. Linstitution, paralysée par des luttes de pouvoir, le gaspillage et les compétences douteuses de son personnel plus de 800 personnes -, na pas réussi à faire la lumière sur le plan, le mécanisme, la chronologie, lorganisation et le financement du génocide, ni à en identifier les vrais auteurs.
__TRIBUNAL PÉNAL POUR LEX-YOUGOSLAVIE
17 mai, Genève. Carla Del Ponte, procureur du Tribunal pénal pour lex-Yougoslavie (TPIY), espère que le chef de lEtat yougoslave, Vojislav Kostunica, autorisera le transfert [de Slobodan Milosevic] à La Haye après lapprobation [fin juin] de la nouvelle loi [sur la coopération entre Belgrade et le TPIY] par le Parlement. Nous ne pouvons pas attendre deux ou trois ans quil soit jugé à Belgrade pour des crimes de droit commun, a-t-elle ajouté. Donnez nous laccusé Milosevic pour entamer son procès, quitte à la faire revenir à Belgrade quand son procès pourra commencer sur le plan national.
Carla Del Ponte a annoncé que le Tribunal rendra public prochainement les actes daccusation concernant les crimes commis par Milosevic et Croatie et en Bosnie.
16 avril, La Haye. Dragan Obrenovic, lieutenant-colonel de l'armée serbe de Bosnie, arrêté le 15 avril à Zvornik, dans la partie serbe de la Bosnie, est transféré à La Haye, siège du Tribunal pénal pour lex-Yougoslavie (TPIY). Dragan Obrenovic faisait l'objet d'une inculpation secrète du TPIY pour des crimes de guerre [lextermination de milliers de musulmans bosniaques] perpétrés entre juillet et novembre 1995, alors quil commandait les brigades Zvornik.
Dragan Obrenovic est également accusé de complicité de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, de crimes contre l'humanité et d'"infractions graves" aux Conventions de Genève de 1949 [accusations de meurtre, de torture et de persécutions raciales et religieuses].
__VATICAN
24 mai, Vatican. Dans un message publié à lissue du consistoire réuni par Jean-Paul II, les cardinaux lancent un appel à plus de paix et de justice dans le monde. Ils demandent aux responsables des nations daider les Israéliens et les Palestiniens à vivre en paix entre eux et sélèvent contre une mondialisation de léconomie qui se traduit par une foule grandissante de pauvres et un nombre accru de ceux qui souffrent, de ceux dont les droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail, à la culture, à la participation sociale, à la liberté sont piétinés.
| Afghanistan | Algérie | Autriche | Belgique | Birmanie | Brésil | Chili | Chine | Colombie | Congo | Côte d'Ivoire | Espagne | France | Indonésie | Iran | Israël | Italie | Kosovo | Russie | Rwanda | Sénégal | Syrie | Timor-Oriental | Turquie | Vietnam | Yougoslavie |
> ET AUSSI... |