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2001-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


2001

| Afghanistan | Algérie | Autriche | Belgique | Birmanie | Brésil | Chili | Chine | Colombie | Congo | Côte d'Ivoire | Espagne | France | Indonésie | Iran | Israël | Italie | Kosovo | Russie | Rwanda | Sénégal | Syrie | Timor-Oriental | Turquie | Vietnam | Yougoslavie |
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AFGHANISTAN

22 mai, Kaboul. Selon le ministre taliban pour la répression du vice et la propagation de la vertu (police religieuse)m Mohamed Wali, les afghans non musulmans devront prochainement porter un signe distinctif qui permettra de les différencier des autres. ”Les oulémas ont promulgué une fatwa spécifiant que les membres de la population non musulmane devraient porter une marque distinctive, telle qu’un morceau d’étoffe attaché à leurs poches, de manière à pouvoir être différenciés des autres”.

23 avril, New York et Genève. Selon un rapport publié par les Nations unies, l'Afghanistan est le pays le plus en crise actuellement pour ce qui est du nombre des personnes déplacées à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières. ”La situation devrait empirer en raison de la probable intensifications des combats et des effets persistants de la sécheresse”, estime Kofi Annan, secrétaire général de l’Onu.

Près de la moitié des 21 millions d'habitants sont touchés à des degrés divers par la sécheresse actuelle, avec près de trois millions de personnes dépendant de l'assistance alimentaire internationale pour survivre. Les pénuries de grains et d'eau ont provoqué la mise en jachère d'environ 40% des terres arables du pays.

Il y a actuellement de 700.000 à 800.000 Afghans qui auraient quitté leurs foyers en raison des combats ou de la sécheresse: 500.000 ont quitté les zones rurales pour la capitale, Kaboul, et des villes comme Herat (Ouest). Mazar-i-Sharif (Nord) et Kandahar (Sud); 200.000 ont trouvé refuge dans les pays voisins, dont 170.000 au Pakistan qui héberge déjà 1,2 millions de réfugiés afghans.top

ALGÉRIE

2 mai, Paris. ”Algérie: la révolte berbère pour les liberté”, titre, en page une, ”Le Monde”. Pour le quotidien, les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants, exacerbés par la misère économique et le ressentiment à l’égard du pouvoir algérien”, sont marqués par la violence: ”tous les témoignages soulignent l’extrême brutalité des forces de l’ordre, notamment de la gendarmerie qui a tiré à balles réelles, voire à balles explosives, contre les manifestants”.

26 avril, Paris. Le général Khaled Nezzar, 64 ans, haut dignitaire algérien de passage à Paris, menacé de poursuites en France pour tortures, regagne précipitamment l’Algérie. Ancien ministre de la défense [de 1990 à 1993] et membre du haut Comité d’Etat algérien, le général Nezzar, partisan de l’”éradication des islamistes”, est considéré comme l’homme de la répression des émeutes de 1988 et l’un des responsables des tortures pratiquées dans les prisons du pays.

AUTRICHE

18 mai, Vienne. Selon une enquête de l’Association des études de recherche sociale (SWS), 24% des autrichiens - et 80% des électeurs du parti d’extrême droite FPÖ de Jorg Haider - ”préféreraient vivre dans un pays sans juifs”. La communauté juive d’Autriche, qui compte aujourd’hui 8.000 personnes, a été décimée par les nazis après l’occupation du pays par les armées d’Hitler.top

BELGIQUE

8 juin, Bruxelles. Le jury populaire de la cour d'Assises de Bruxelles a rendu un verdict quasi unanime à l’encontre de quatre accusés rwandais répondant de génocide : ”Tous coupables”. Les accusés ont été condamnés à des peines allant de 12 à 20 ans de prison. L’exemplarité de ce procès, note ”Le Monde” [9 juin], se veut un message de la Belgique à la communauté internationale, ”l’exhortant à faire en sorte que, pour les criminels de guerre, ”le monde se rétrécisse”.

Alphonse Higaniro, ex-ministre et industriel, 51 ans (20 ans de prison); Vincent Ntezimana, professeur d'université, 39 ans (12 ans); Consolata Mukangango alias sœur Gertrude (15 ans) et Julienne Mukabutera alias sœur Kizito (12 ans), religieuses bénédictines de 42 et 36 ans, tous quatre de la région de Butare au sud du Rwanda, répondaient de leur participation au génocide rwandais qui a fait entre 500.000 et 800.000 morts en1994.

Les quatre prévenus, qui comparaissaient libres, ont été traduits devant un jury populaire en vertu d'une loi unique au monde qui permet de juger en Belgique tout crime de droit international (crime de guerre, crime contre l'humanité...) commis hors de son territoire.

BIRMANIE

6 avril, Genève. Rendant compte devant la Commission des droits de l’homme de l’Onu de sa récente visite dans le pays, Paulo Sergio Pinheiro, rapporteur spécial de la Commission pour la Birmanie, affirme qu’il ”semble y avoir une réelle volonté de dialogue, voire de démocratisation, de la part du gouvernement [birman] et de l’opposition”. Mais, ajoute-t-il, ”cela prendra du temps et il convient de respecter le silence qui entoure ces premiers pas”.

BRÉSIL

11 avril, Genève. Nigel Rodley, rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme de l’Onu, dénonce la ”culture de la brutalité, et fréquemment de la corruption”, dans les prisons brésiliennes où les conditions de détention sont ”épouvantables”.

La vague de rébellion qui fait rage depuis deux mois dans le prisons du pays ont déjà fait une vingtaine de morts parmi les détenus.top

CHILI

8 mai, Santiago. La présidente de la cour d’appel de Santiago, Maria Antonia Morales, décide que l’ex-président Pinochet sera jugé comme complice et non comme instigateur des crimes commis par la ”Caravane de la mort”, un commando militaire ayant exécuté sans procès plusieurs dizaines de détenus politiques en octobre 1973, un mois après le coup d’Etat contre le président socialiste Allende.

CHINE / Tibet

22 juin, Genève. Le dissident chinois Wei Jingsheng, Reporters sans frontières (RSF) et les associations Solidarité Chine et le Comité de soutien au peuple tibétain, lancent une campagne contre l’attribution des Jeux olympiques de 2008 à la Chine. ”Les JO à Pékin? La Chine médaille d’or des violations des droits de l’homme”, indiquent des banderoles déployées par l’organisation à Lausanne, siège du Comité international olympique (CIO).

Pour Robert Ménard, secrétaire général de RSF, ”il est aussi monstrueux de tenir les JO en Chine en 2008 que de l’avoir fait dans l’Allemagne nazie de 1936”.

20 juin, Hongkong. Selon le Centre d’information sur les droits de l’homme, 12 chrétiens ont été condamnés à Dongsheng (Mongolie intérieure) à des peines de 2 à 3 ans de ”rééducation par le travail” pour ”activités religieuses illégales”.

15 juin, Inde. Selon le Centre tibétain pour les droits de l’homme et la démocratie, basé en Inde, une femme tibétaine de 37 ans a été condamnée, en mai, à 6 ans de prison pour avoir regardé, à son domicile, une vidéo sur le dalaï-lama, le chef spirituel tibétain.

4 juin, Hong Kong. Quelque 40.000 personnes, rassemblées à Victoria Park, commémorent le 12e anniversaire de la répression sanglante par les autorités chinoises du mouvement pro-démocratique sur la place Tiananmen, à Pékin.

23 mai, Pékin. Le pays célèbre le 50e anniversaire de la ”libération pacifique” – c’est-à-dire l’occupation – du Tibet par l’armée chinoise. ”Le Tibet est plongé dans une atmosphère de fête” écrit l’agence de presse officielle ”Chine nouvelle” qui affirme que plus de 5.000 Tibétains ont assisté au lever des couleurs chinoises au pied du Potala, l’ancien palais du dalaï-lama situé au coeur de Lhassa, la capitale tibétaine.top

Recevant le même jour, à Washington, le dalaï-lama, le président américain George W. Bush exprime son soutien au chef tibétain en exil qui demande le respect de l’identité religieuse, linguistique et culturelle de son peuple.

23 mai, Pékin. "Au moins un millier de condamnés ont été exécutés depuis le début de la campagne" intitulée "Frapper fort", déclare à l’Agence France-Presse un diplomate qui compile les exécutions publiées par l'ensemble de la presse locale chinoise. "Mais il ne s'agit que d'une partie du total, un grand nombre d'exécutions n'étant pas rapportées par la presse officielle", a-t-il souligné.

Depuis le début avril, la police et les tribunaux chinois multiplient arrestations, condamnations et exécutions.

12 mai, Paris. Dans une interview à ”Libération” [Paris], le Dr Hu, directeur adjoint de l’Institut de droit de l’Académie des sciences sociales, affirme qu’en 20 ans la Chine ”a beaucoup utilisée la peine de mort, mais le taux de criminalité n’a cessé de progresser”. Pour le juriste, le peine de mort est ancrée ”depuis plus de 2000 ans” dans ”la culture et les traditions chinoise”. Il reconnaît qu’”en raison du mauvais fonctionnement” de la justice, le risque d’erreurs judiciaires ”existe bel et bien”, surtout dans le cadre de ”procédures accélérées” comme l’actuelle campagne ”Frapper fort”. ”Dans l’esprit du public chinois, exécuter des innocents n’est pas un problème très grave”.

Le Dr Hu estime qu’il faudra plusieurs décennies pour arriver à l’abolition de la peine de mort en Chine.

6 mai, Pékin. Au moins 500 criminels présumés ont été exécutés au premier mois d'une campagne anti-criminalité, baptisée "frapper fort", qui a également vu l'arrestation de quelque 10.000 suspects, indique le ”Quotidien du peuple”.

11 avril, diverses villes du pays. Les autorités exécutent au moins 89 personnes - dont 28 à Canton, 21 à Shenzen et 17 à Zhengzhou - dans le cadre d’une nouvelle campagne de répression de la criminalité. Selon Amnesty International, au moins 1.263 exécutions ont été recensées en 1999.top

COLOMBIE

17 avril, Genève.Les droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit à la vie et à la sécurité personnelle, sont "continuellement menacés" en Colombie, où "massacres, exécutions sommaires, disparitions forcées, et agressions contre les populations civiles sont en hausse sensible", affirme Mary Robinson, haut commissaire aux droits de l'homme, devant la Commission des droits de l’homme des Nations unies.

CONGO

8 mai, New York. L’organisation humanitaire américaine International Rescue Committee affirme que la guerre civile au Congo a causé la mort de 2,5 millions de personnes depuis août 1998. L’immense majorité de ces morts est due aux maladies et à la malnutrition. ”Ces pertes sont sans doute les pires en Afrique au cours des dernières décennies, estime un rapport de l’organisation. L’ampleur de la souffrance est extraordinaire”.

CÔTE d’IVOIRE

28 juin, Bruxelles. Plus de 150 personnes, présentées comme ”victimes ou ayants droit de victimes de tortures, viols, assassinats commis par les forces de l’ordre ivoiriennes”, déposent plainte devant la justice belge pour ”crimes contre l’humanité” contre le président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, contre les ministres de l’intérieur et de la défense Emile Boga Doudou et Moïse Lida Kouassi, ainsi que contre l’ancien président Robert Gueï.

Une loi donne la compétence universelle aux tribunaux belges pour juger les crimes contre l’humanité. En juin, deux plaintes ont été déposées contre le premier ministre israélien, Ariel Sharon. La Belgique, note l’Agence France Presse, est ”embarrassée” par ces plaintes qui, si elles étaient jugées recevables, empêcheraient Ariel Sharon et Laurent Gbagbo de se rendre en Belgique.

13 avril, Abidjan. Six gendarmes inculpés ”d’assassinats” six mois après la découverte du charnier de 57 corps à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan. Des affrontements avaient opposés, après l’élection présidentielle d’octobre 2000, des partisans du président Gbagbo et ceux de l’opposant Ouattara.top

ESPAGNE / Pays basque

25 mai, Saint-Sébastien. Des milliers de Basques et d’Espagnols rendent hommage à Santiago Oleaga Elajabarrieta, directeur financier du quotidien basque ”El Diario Vasco”, assassinée par l’ETA. Les manifestants exigent de l’organisation séparatiste la fin du terrorisme.

31 personnes ont été tuées par l’ETA - victimes d’explosions de bombes ou abattus par balles – depuis janvier 2000.

13 mai, Madrid. La victoire des nationalistes modérés aux élections régionales ”ouvre la porte au dialogue et à la paix”, affirme le chef du gouvernement basque sortant, Juan José Ibarretxe. Le Parti nationaliste basque (PNV), qui dirige la région depuis la création de l’autonomie en Espagne, en 1980, et Eusko Alkkartasuna obtiennent 42,3% des suffrages (33 sièges sur 75 au Parlement). Les électeurs ont clairement condamné la violence et les attentats : Euskal Herritarrok (EH), la ”vitrine politique” de l’organisation séparatiste basque ETA, perd la moitié des 14 députés.

Les votes en faveur des partis ”constitutionnalistes” – Parti populaire (PP) et Parti socialiste (PSE) - restent stables (40,8% des suffrages et 32 sièges). Juan José Ibarrexte a exclu tout dialogue avec Euskal Herritarrok tant que les indépendantistes ne condamneront pas la violence politique. "Alors que la violence sévit, aucun type de collaboration directe ou indirecte n'est possible avec EH tant qu'elle n'aura pas misé uniquement sur la voie politique et démocratique".

7 mai, Saragosse. 400’000 personnes défilent dans les rues de la ville derrière une immense banderole proclamant : Pour la liberté et contre le terrorisme. En tête du cortège, le président du gouvernement espagnol José Maria Aznar.

FRANCE

25 mai, Paris. L’ancien camp de Drancy devient monument historique. La ministre de la culture, Catherine Tasca, inscrit l’ancien camp de transit, où furent détenus, entre 1941 et 1944, près de 80.000 juifs, sur la liste des monuments et des sites protégés.top

Le maire de la ville souhaite installer dans ce camp, qui était l’antichambre d’Auschwitz, un Musée national de la déportation juive.

28 mai, Paris. Le Premier ministre, Lionel Jospin, prononce un discours sur sa vision de l’avenir de l’Europe - une Europe qui ”est, d’abord, un projet politique”, [...] ”une oeuvre de l’esprit, un modèle de société, une vision du monde”, Ce projet, a-t-il souligné, repose ”sur une communauté de valeurs” propre à la civilisation européenne, au premiers rang desquelles ”il y a la démocratie et les droits de l’homme”.

30 mai, Paris. Le Parlement adopte, à l’unanimité, une loi ”tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires. Le texte, adopté par le Sénat le 3 mai, permet la dissolution par la justice d’associations ou de groupements ayant pour but ”d’exploiter la sujétion psychologique ou physique de personnes”, et qui ont été condamnés à plusieurs reprises. Il permet, en outre, aux associations de lutte contre les sectes, reconnues d’utilité publique, de se porter partie civile à la place des victimes.

L’adoption de ce texte - qualifié de ”première mondiale” par le rapporteur du projet de loi, la député socialiste Catherine Picard - est vivement dénoncée par les mouvements sectaires, en particulier par les scientologues qui lui reprochent de n’être qu’une ”loi d’exception”.

INDONÉSIE / Timor-Occidental

4 mai, New Yok. Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, exprime sa "consternation" devant la légèreté des sentences - de 10 à 20 mois de prison - prononcées par un tribunal de Djakarta (Indonésie)contre les six personnes coupables d'avoir tué et ensuite brûlé trois membres du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), en septembre 2000, au Timor-Occidental.

Kofi Annan estime que le verdict ne correspond pas à la brutalité de ces meurtres prémédités, et inflige un camouflet aux efforts de la communauté internationale d'assurer la sécurité du personnel humanitaire. Pour sa part, le HCR affirme que les sentences tournaient en "parodie" l'exigence de la communauté internationale que "justice soit rendue dans ce cas horrifiant".top

IRAN

24 avril, Téhéran. Dans un discours prononcé devant une Conférence internationale de soutien à l’Intifada [palestinienne], en présence de représentants de 34 pays pour la plupart membres de l’Organisation de la conférence islamiste (OCI),le numéro un de la République islamique d’Iran, le guide Ali Khameneï, conteste l’Holocauste. Il juge qu’il ”existe des preuves démontrant que les sionistes entretenaient des relations intimes avec les Nazis allemands et que les statistiques sur le massacre des juifs sont exagérées”.

”La présentation des statistiques exagérées sur le massacre des juifs, a-t-il déclaré, n’a été qu’un moyen d’attirer la compassion de l’opinion publique et de faciliter l’occupation de la Palestine en justifiant le crimes es sionistes”. Et d’ajouter qu’il ”existe même des preuves que certains hooligans non juifs d’Europe de l’Est ont été envoyés en Palestine en tant que juifs, afin que sou prétexte de protéger les survivants du racisme, un gouvernement ennemi de l’Islam soit installé au coeur du monde islamiste”.

Le département d’Etat américain a qualifié de ”scandaleux et déplorables” les propos de Ali Khameneï, propos qui ”ne sont pas de nature à dissiper les inquiétudes sur le soutien de l’Iran au terrorisme et son opposition à la paix au Proche-Orient”.

ISRAEL / et territoires occupés

26 juin, New York. En visite aux Etats-Unis, le premier ministre israélien Ariel Sharon indique qu’il entend garder Jérusalem, dont Israël a conquis et annexé le secteur oriental en 1967. ”Le caractère unifié et indivisible de Jérusalem [”une cité de la tolérance où existe pour toutes les religions l’entière liberté de culte”] n’est pas seulement de l’intérêt d’Israël mais a une importance universelle”.

17 juin, Londres. La chaîne de télévision britannique BBC diffuse une émission - vivement contestée en Israël - consacrée aux massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, au Liban, en septembre 1982. Cette diffusion relance la question de la responsabilité du premiers ministre israélien, Ariel Sharon dans ces massacres.top

1er juin, Tel-Aviv. Un attentat-suicide commis par un kamikaze palestinien, devant une discothèque de la ville, fait 17 mort et près de 90 blessés parmi des jeunes israéliens, souvent d’origine russe.

Dans un communiqué publié le 2 juin à Genève, Mary Robinson s’est dite ”choquée et horrifiée” par cet attentat. ”De tels actes ne font qu'alimenter la haine et la polarisation déjà trop répandus dans la région et rendent un règlement pacifique du conflit encore plus difficile. Une telle violence doit être condamnée dans les termes les plus fermes et rejetée par tous.”

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui a ”recommandé aux parties d'exercer le maximum de retenue” et appelé à une cessation de toutes les attaques contre des civils, a ajouté: ”Le droit à la vie est le droit de l'homme le plus fondamental. Les civils israéliens et palestiniens ne jouissent pas pleinement de ce droit. J'invite les dirigeants de la région à faire preuve de la volonté politique et du courage nécessaires pour mettre un terme à la violence.”

21 mai, New York. Le rapport de la Commission Mitchell sur les violences israélo-palestiniennes demande l’arrêt ”sans condition et immédiatement” des violences par les deux parties, pour tenter de mettre fin à huit mois de violences qui ont fait 561 morts depuis septembre 2000. Cet arrêt conditionne la mise en place de mesures concrètes susceptibles de rétablir la confiance entre Israéliens et Palestiniens. Parmi ces mesures, le gel de ”toute activité de colonisation” et l'incarcération des terroristes palestiniens.

Créée lors du Sommet de Charm el-Cheikh (Egypte), en octobre 2000, la Commission avait pour mission de déterminer l’origine des violences qui ont suivi la visite d’Ariel Sharon, à l’époque chef de l’opposition de droite, le 28 septembre 2000, sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

17 mai, Jérusalem. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qualifie la colonisation israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza de "crime de guerre" au regard de la Convention de Genève de 1949.

4 mai, Tel-Aviv et Ramallah. Le rapport de la commission Mitchell demande à Israël de mettre fin à toute colonisation dans les territoires palestiniens, appelle à l’arrêt de l’utilisation par l’armée de balles en caoutchouc et demande la levée des bouclages du territoire palestinien. L’Autorité palestinienne est critiquée pour son ”très troublant” manque de contrôle sur ses forces de sécurité et sur des ”éléments armés affiliés à la direction de l’Autorité”.

Créée lors du Sommet de Charm el-Cheikh (Egypte), en octobre 2000, la commission avait pour mission de déterminer l’origine des violences qui ont suivi la visite d’Ariel Sharon, à l’époque chef de l’opposition de droite, le 28 septembre 2000, sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est.

Le nombre des tués depuis le début de cette nouvelle Intifada s’élève à 508 personnes (419 Palestiniens, 75 Israéliens, 13 Arabes israéliens et un Allemand).

19 avril, Jérusalem. La ”solution finale”, mise en œuvre il y a 60 ans, ”restera une tache sur l’Humanité pour toutes les générations à venir”, déclare le président israélien Moshé Katsav, lors d’une cérémonie organisée au Mémorial Yad Vashem, en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme.top

ITALIE

13 mai, Rome. Silvio Berlusconi et la coalition de droite de La Maison des libertés remportent les élections législatives – et obtiennent une confortable majorité dans les deux chambres (Chambre des députés, 368 sièges sur 630; Sénat, 177 sièges sur 315). Son parti Forza Italia s’impose comme la première force politique du pays. La coalition de l’Olivier de Francesco Rutelli est la grande perdante du scrutin. La Ligue du Nord (xénophobe et fédéraliste) de Umberto Bossi, avec laquelle Berlusconi a passé un pacte, n’obtient pas le quorum à la Chambre des députés.top

”L’Italie vit une alternance apparemment tranquille”, note ”Le Monde”. Mais les inquiétudes […] demeurent : la singularité de M. Berlusconi pose problème et appelle une vigilance. A moins de se résigner à ce qu’en Europe, un démagogue puisse désormais s’offrir un pays comme on achète une conduite.”[”Monde”, 16 mai 2001].

27 avril, Londres. ”L’hebdomadaire britannique The Economist titre, en couverture: ”Why Silvio Berlusconi is unfit to lead Italy ” [”Pourquoi Silvio Berlusconi est indigne de diriger l’Italie”].

KOSOVO

15 mai, Pristina. Hans Haekkerup, administrateur de la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), présente un document qui définit le statut d’”autonomie substantielle” du Kososvo, l’ancienne province serbe placée sous protectorat international après l’intervention de l’OTAN, en juin 1999. Une Assemblée législative de 120 membres, qui se réunira dans un délai de trente jours après les élections - fixées au 17 novembre -, élira un président du Kosovo, qui aura un rôle représentatif et nommera un gouvernement.

RUSSIE

9 avril, St-Pétersbourg. Evoquant, sans la nommer, le sort de la chaîne privée russe NTV passée sous le contrôle du groupe Gazprom, lui-même contrôlé par le Kremlin, le chancelier Gerhard Schröder, déclare, à l’ouverture d’un forum Allemagne-Russie, que ”la Russie a besoin d’avoir une société civile et des médias qui informent la population et contrôlent le pouvoir”.

RWANDA

26 mai, Kigali. 10 personnes condamnées à mort et 23 autres à la prison à vie pour génocide et crimes contre l'humanité par une cour de justice à Gisenyi dans le nord-ouest du Rwanda. Parmi les condamnés à mort, Wellars Banzi, ancien député et dirigeant, pour la ville de Gisenyi, du Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement (MRNDD) au pouvoir pendant le génocide de 1994.top

Quelque 125.000 personnes soupçonnées de crimes ”génocidaires” sont actuellement détenues au Rwanda en attendant d'être jugées.

SÉNÉGAL

7 avril, Dakar. Le président Abdoulaye Wade déclare indésirable au Sénégal l’ex-président tchadien Hissène Habré. ”Je lui ai donné un délai pour quitter” le pays. Le 20 mars, la Cour de cassation avait statué qu’il ne pouvait être jugé au Sénégal pour ”complicité d’actes de torture”.

SYRIE

25 juin, Paris. Visite du président syrien Bachar El Assad en France : rassemblements de protestations dans plusieurs villes de France, à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le jeune président syrien a tenu, à trois reprises, des propos sur les juifs et sur ”le racisme des Israéliens [qui] avaient surpassé le nazisme”. En mai 2001 notamment, en présence du pape Jean-Paul II venu en pèlerinage à Damas, il a jugé, sans les nommer, qu’Israël et les Israéliens ”tentent de tuer tous les principes des religions célestes avec la même mentalité par laquelle fut lâché, puis torturé le Christ”.

Le président français Jacques Chirac a rappelé à son hôte que, ”dans cette région du monde, berceau des trois religions du Livre, la paix ne sera pas sans le respect mutuel de toutes les communautés et de toutes les confessions”.

TIMOR-ORIENTAL

24 avril, Djakarta. Le président indonésien Abdurrahman Wahid signe un décret établissant une cour spéciale qui jugera les responsables des événements qui ont fait de nombreux morts en 1999, lors de l’accession du pays à l’indépendance.top

TURQUIE

24 avril, Londres. Amnesty International demande aux autorités turques de mettre fin au régime d'isolement dans les prisons, à l'origine d’un mouvement de protestation - une grève de la faim - qui, depuis le 21 mars, a provoqué la mort de 17 personnes.

L’organisation de défense des droits de l’homme évoque "un traitement cruel, inhumain ou dégradant", et craint le recours à "la torture ou aux mauvais traitements".

VIETNAM

4 juin, Hanoi. Le célèbre bouddhiste Thich Quang Do, 73 ans, numéro deux de l’Eglise bouddhiste unifiée du Vietnam (EBUV), placé en résidence surveillée pour deux ans. Selon Amnesty International, des dizaines de prisonniers d’opinion - dissidents politiques et religieux – sont détenus par les autorités vietnamiennes.

YOUGOSLAVIE

29 juin, Belgrade et La Haye. L’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic est livré par les autorités serbes au Tribunal pénal international de La Haye. Agé de 59 ans, battu aux élections de septembre 2000 après avoir exercé le pouvoir durant 13 ans, Milosevic est accusé de ”Crimes de guerre” et de ”crimes contre l’humanité”. Son procès ne commencera pas avant "huit à douze mois" et devrait durer au minimum de "douze à quinze mois".

En outre, Milosevic devrait être inculpé pour les crimes commis en Croatie et en Bosnie "vers le mois d'octobre". La guerre qui a ravagé l'ex-Yougoslavie de 1991 à 1999 a causé la mort d'environ 250.000 personnes, la plupart des civils.

23 juin, Belgrade. Le gouvernement yougoslave adopte un décret officialisant ses relations avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) – ouvrant ainsi la voie à un transfert de l’ex-présidant Milosevic, incarcéré, depuis le 1er avril, à la prison centrale de Belgrade, vers le Tribunal de La Haye.

9 mai, Washington. En visite aux Eats-Unis, le président Vojislav Kostunica exprime sa volonté de coopérer avec le Tribunal de La Haye. Cette coopération, ”nécessaire” pour la Yougoslavie, sera marquée, ”dans peu de temps”, par l’adoption d’une loi donnant une base légale à l’extradition de Slobodan Milosevic vers La Haye.top

1er avril, Belgrade. A 4h50 du matin, au terme d’un siège de 36 heures, Slobodan Milosevic est arrêté et emprisonné. Détenu à la prison centrale de Belgrade, l’ancien président est poursuivi pour ”abus de pouvoir” et ”détournement de fonds” par la justice yougoslave – et inculpé par le tribunal international de La Haye de ”crime contre l’humanité” pour les exactions commises au Kosovo.

2 mai, Paris. Dans une interview au ”Monde”, Carla Del Ponte demande ”le transfert immédiat [à La Haye] de l’inculpé Milosevic, comme de tous les autres inculpés” du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. La procureur du TPIY réclame un soutien plus actif de la communauté internationale pour arrêter les inculpés du Tribunal.

–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

__CYBERCRIMINALITÉ

23 juin, Strasbourg. Un comité d’expert du Conseil de l’Europe approuve le projet de Convention sur la cybercriminalité. Un protocole additionnel donne le caractère d’infraction pénale à toute diffusion de propagande raciste et xénophobe sur les réseaux informatiques (dont Internet).

__ESCLAVAGE

10 mai, Paris. Le Parlement français reconnaît l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité à la suite de l'adoption d'une proposition de loi votée par les sénateurs dans les mêmes termes que les députés.

"Il importe que la traite et l'esclavage, dans les départements d'outre-mer comme en métropole, ne soit plus, pour les uns et les autres, ni cette origine honteuse ni cette faute que la mauvaise conscience nous pousse à cacher", a déclaré le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Christian Paul, qui a souligné que la loi adoptée était "une loi contre l'oubli". "Ces événements sont notre histoire, une histoire pénible et douloureuse, dont nous entendons tirer les leçons".top

__DROITS HUMAINITAIRE

Mai, Genève. La Faculté de droit de Genève ouvrira, en octobre 2001, un centre international de droit humanitaire. Les enseignements aborderont le droit pénal international, celui des conflits armés ainsi que la protection internationale des droits de l’homme.

__DROITS DE L'HOMME

8 juin, Strasbourg. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) rejette la requête de Maurice Papon contre son maintien en détention. L'ancien haut fonctionnaire du régime français de Vichy, de 1940 à 1944, avait invoqué son grand âge (93 ans) et son mauvais état de santé. La Cour ”a estimé que, compte tenu de l’état de santé général du requérant et de ses conditions de détention, sa situation n’atteignait pas un seuil suffisant de gravité pour rentrer dans le champ d’application de l’article 3 de la Convention” européenne des droits de l’homme (traitements inhumains ou dégradants).

Maurice Papon a été condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité pour son rôle dans la déportation de 1560 juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

6 juin, New York. Les lois qui pénalisent le blanchiment de l'argent s'inscrivent dans le respect des droits de l'homme, dans la mesure où elles ont pour but de protéger les libertés individuelles et les intérêts des citoyens face au crime organisé, affirme le chef du Bureau des Nations unies pour la prévention de la criminalité internationale, Pino Arlacchi.

28 mai, Londres. Amnesty International fête ses 40 ans. Depuis sa création par l’avocat Peter Benenson, le 28 mai 1961, l’organisation de défense des droits de l’homme n’a cessé d’”écrire contre l’oubli” de tous ceux qui sont emprisonnés pour leurs convictions politiques ou religieuses. Elle a contribué à la libération de milliers de prisonniers parmi lesquels Andreï Sakharov, Vaclav Havel, Miguel Angel Estrella et Fang Lizhi.

Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a rendu hommage à Amnesty, une organisation ”d’une valeur inestimable dans la lutte pour le respect des droits de l’homme”

10 mai, Washington. Pour ”punir” les Nations unies, après l’exclusion des Etats-Unis de la Commission des droits de l’homme, la Chambre des représentants décide de bloquer le paiement de 244 millions de dollars dus à l’Onu. Pour la ”diplomatie américaine en état de choc” [”Le Monde”], le vote de la communauté internationale est ”une tentative délibérée de punir les Etats-Unis pour avoir dit la vérité sur les violations des droits de l’homme dans le monde”.top

Les Etats-Unis espèrent recouvrer leur siège à la Commission en 2002.

3 mai, New York, Onu. Les Etats-Unis - l’un des 5 membres permanent du Conseil de sécurité - perdent le siège qu’ils occupaient de manière ininterrompue depuis 1947 à la Commission des droits de l’homme. Les trois sièges attribués au groupe des pays occidentaux reviennent à la France, désignée à une quasi unanimité (52 voix sur 53 votants), l’Autriche et la Suède. Pour l’organisation ”Human Rights Watch” (HRW), ”les Etats-Unis ont souvent manqué de soutenir d’importantes initiatives à la Commission, et se sont retrouvés isolés”.

Les membres de la Commission, qui siègent, chaque année, à Genève, sont élus pour trois ans, par rotation sur une base régionale, par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations unies.

__GÉNOCIDE RWANDAIS

17 avril, Bruxelles. Quatre Rwandais soupçonnés d'avoir pris part au génocide - qui a vu périr environ 800.000 Tutsis et Hutus modérés au printemps 1994 - comparaissent devant la Cour d'assises de Bruxelles. Vincent Ntezimana, professeur d'université, 39 ans, Alphonse Higaniro, ex-ministre et industriel, 51 ans, Consolata Mukangango (soeur Gertrude) et Julienne Mukabutera (soeur Maria Kisito), religieuses, 42 et 36 ans, sont accusés d'avoir pris part au génocide dans la région de Butare.

__LIBERTÉ DE LA PRESSE

3 mai, New York, Onu. Affirmant que le droit à la libre expression restait encore fragile dans bon nombre de pays, les Nations unies lancent un appel pour une meilleure protection des journalistes qui entendent exercer ce droit. top

Dans un message publié à l'occasion de la commémoration de la Journée mondiale de la presse, Kofi Annan (Onu), Koïchiro Matsuura (Unesco) et Mary Robinson invitent les dirigeants politiques du monde entier à "faire de leur mieux" pour garantir l'exercice sans entrave du métier de journaliste, et demandent aux membres de la presse de faire preuve "de la plus grande impartialité" sur le plan professionnel.

Le secrétaire général de l'ONU a, pour sa part, souligné l'importance de l'existence d'une presse libre, qui joue un rôle capital dans la lutte contre la tyrannie et l'oppression.

17 avril, Paris. 26 journalistes ont été tués en 2000, à travers le monde, dans l’exercice de leur profession ou pour leurs opinions, contre 36 en 1999, selon un bilan dressé par l’organisation Reporters sans frontières (RSF) dans son ”Rapport 2001”. Le nombre de journalistes interpellés a diminué (329 contre 446), ainsi que le nombre de médias censurés (295 contre 357).

Selon RSF, la Birmanie, la Chine, l’Iran et l’Ethiopie ”sont les plus grandes prisons du monde pour les journalistes” et ”près du tiers de la, population mondiale vit dans un pays où il n’existe aucune liberté de la presse”.

__NATIONS UNIES

29 juin, New York. Kofi Annan, actuel secrétaire général de l’organisation, réélu à la tête des Nations unies pour cinq ans (2002-2006). ”J’ai cherché à faire du respect universel des droits de l’homme, sous tous leurs aspects, la pierre angulaire de mon activité parce que je crois que ces droits appartiennent à toutes les confessions, à toutes les cultures et à tous les peuples”, a déclaré Kofi Annan, après sa réélection. Human Rights Watch a salué la décision de l’Assemblée générale comme ”une véritable victoire pour les droits de l’homme”.

__PEINE DE MORT

23 juin, Strasbourg (F). Les opposants à la peine de mort lancent un appel solennel ”pour un moratoire mondial des exécutions des condamnés à mort”. Les participants – des organisation non gouvernementales de défense des droits de l’homme, plusieurs Parlements européens ainsi que des médias – réunis, du 21 au 23 juin 2001, en Congrès mondial dans l’enceinte du Conseil de l’Europe et du Parlement européen, ont dressé un état des lieux de la peine de mort dans le monde et tenté de mettre sur pied des actions afin de parvenir à son abolition.top

__RACISME : LA CONFÉRENCE DE DURBAN

31 mai, Genève. Lors de la réunion préparatoire à la Conférence mondiale contre le racisme [Durban, 31 août au 7 septembre], Mary Robinson, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, plaide pour que la ”conférence soit l’occasion d’une déclaration très forte de reconnaissance collective pour les injustices et les crimes contre l’humanité commis par le passé”.

Les organisations non gouvernementales africaines demandent que la Conférence de Durban adopte une ”déclaration sans équivoque dénonçant l’esclavage et le colonialisme comme crimes contre l’humanité”.

__RÉFUGIÉS

16 juin, Paris. Une "Assemblée des réfugiés" de 577 personnes [soit autant que de députés français], réunie dans l'hémicycle de l’Assemblée Nationale, à Paris, adopte un "Appel de Paris" demandant aux Etats d'assurer une application pleine et entière de la Convention relative au statut des réfugiés , signée en 1951 à Genève.

__RELIGIONS

23 juin, Kiev (Ukraine). Le pape Jean-Paul II tend la main aux orthodoxes et assure qu’il ne vient pas en Ukraine ”avec des intentions de prosélytisme”. Il leur demande pardon pour les ”erreurs commises à leur égard dans un passé ancien et récent”.top

9 mai, La Valette (Malte). Au terme de son pèlerinage sur les pas de saint Paul, en Grèce, en Syrie et à Malte, Jean Paul II encourage tous les croyants au respect des droits de l'Homme et à la solidarité.

"J'ai voulu encourager les croyants et toutes les personnes de bonne volonté", a-t-il déclaré, "à défendre la vie, à promouvoir le respect de la dignité de tous les êtres humains, à défendre la famille contre les nombreuses menaces dont elle fait l'objet aujourd'hui, à ouvrir leurs coeurs aux personnes pauvres et exploitées dans le monde et à oeuvrer en faveur d'un ordre international fondé sur le respect pour le droit et sur la solidarité à l'égard des laissés pour compte".

4 mai, Athènes (Grèce). Devant l’archevêque d’Athènes, Mgr Christodoulos, Jean-Paul II demande pardon pour les fautes commises par les catholiques depuis le Grand Schisme de 1054. ”Quand les fils et filles de l’Eglise catholique ont pêché par leurs actions et par omission contre leurs frères et sœurs orthodoxes, puisse le seigneur nous accorder le pardon que nous lui demandons”. Le pape a évoqué le sac de Constantinople par les Croisés en 1204, un événement que les catholiques d’aujourd’hui se remémorent avec un ”profond regret”.

Dans son discours de bienvenue, Mgr Christodoulos a rappelé les raisons qui ”empoisonnent depuis mille ans” les relations entre les deux Eglises. Il a cité ”les actes de violence inacceptables contre les peuples orthodoxes” – en référence aux Croisades – et la question des uniates (catholiques de rite oriental qui reconnaissent la souveraineté du pape).

22 avril, Strasbourg. Les Eglises européennes de toutes confessions adoptent une ”charte oecuménique” qui, fondée sur la reconnaissance de la ”liberté de religion et de conscience”, doit lier les chrétiens de toutes les confessions du Vieux Continent. La charte établit un ”code de bonne conduite”, de ”référence”, maintenant la cohésion d’Eglises divisées, et condamne ”toute tentative d’abuser de la religion et de l’Eglise à des fins ethniques et nationalistes”.

__TÉLÉVISION

Mai, Paris. La diffusion par la chaîne privée M6 de l’émission ”Loft Story” – cinq filles et six garçons enfermés dans un appartement pendant 70 jours et filmés en permanence – provoque de violentes polémiques. Dans ”le Monde” [du 10 mai], le président d’une chaîne concurrente, TFI, accuse M6 de faire de la ”télévision poubelle”.top

__TRIBUNAL PÉNAL POUR LE RWANDA

8 juin, Nairobi. Selon l’International Crisis Group (ICG), une organisation spécialisée dans l’analyse des conflits basée à Bruxelles, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ne présente après, 7 années d’existence, qu’un bilan ”dérisoire”. Le TPIR a failli à sa tâche essentielle”, estime l’organisation. ”Les lenteurs sont allées en s’aggravant au cour des années, alors même que les moyens du Tribunal ont augmenté notoirement”. L’institution, paralysée par des ”luttes de pouvoir”, le gaspillage et les ”compétences douteuses” de son personnel – plus de 800 personnes -, ”n’a pas réussi à faire la lumière sur le plan, le mécanisme, la chronologie, l’organisation et le financement du génocide, ni à en identifier les vrais auteurs”.

__TRIBUNAL PÉNAL POUR L’EX-YOUGOSLAVIE

17 mai, Genève. Carla Del Ponte, procureur du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), espère que le chef de l’Etat yougoslave, Vojislav Kostunica, ”autorisera le transfert [de Slobodan Milosevic] à La Haye après l’approbation [fin juin] de la nouvelle loi [sur la coopération entre Belgrade et le TPIY] par le Parlement”. ”Nous ne pouvons pas attendre deux ou trois ans qu’il soit jugé à Belgrade pour des crimes de droit commun”, a-t-elle ajouté. ”Donnez nous l’accusé Milosevic pour entamer son procès, quitte à la faire revenir à Belgrade quand son procès pourra commencer sur le plan national”.

Carla Del Ponte a annoncé que le Tribunal rendra public prochainement les actes d’accusation concernant les crimes commis par Milosevic et Croatie et en Bosnie.

16 avril, La Haye. Dragan Obrenovic, lieutenant-colonel de l'armée serbe de Bosnie, arrêté le 15 avril à Zvornik, dans la partie serbe de la Bosnie, est transféré à La Haye, siège du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Dragan Obrenovic faisait l'objet d'une inculpation ”secrète” du TPIY pour des crimes de guerre [l’extermination de milliers de musulmans bosniaques] perpétrés entre juillet et novembre 1995, alors qu’il commandait les brigades Zvornik.

Dragan Obrenovic est également accusé de complicité de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, de crimes contre l'humanité et d'"infractions graves" aux Conventions de Genève de 1949 [accusations de meurtre, de torture et de persécutions raciales et religieuses].

__VATICAN

24 mai, Vatican. Dans un message publié à l’issue du consistoire réuni par Jean-Paul II, les cardinaux lancent un appel à plus de paix et de justice dans le monde. Ils demandent ”aux responsables des nations d’aider les Israéliens et les Palestiniens à vivre en paix entre eux” et s’élèvent contre une mondialisation de l’économie qui se traduit par ”une foule grandissante de pauvres” et un nombre accru de ”ceux qui souffrent, de ceux dont les droits fondamentaux à la vie, à la santé, au travail, à la culture, à la participation sociale, à la liberté sont piétinés”.

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