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__La guerre anglo-américaine : incertitude sur le sort de Saddam Hussein

Jeudi 10 avril 2003 [heure de Paris]

Les forces américaines contrôlent la plus grande partie de Bagdad, mais des combats sporadiques continuent. Les pillages continuent. Saddam Hussein, ses deux fils et les dirigeants irakiens ont disparu. Ils pourraient avoir trouvé refuge à Tikrit, à 175 km au nord de la capitale, ville natale de l'ex-président irakien.

A Paris, Jacques Chirac "se réjouit de la chute de la dictature de Saddam Hussein" et affirme que l'urgence est l'acheminement de l'aide humanitaire. Il doit rencontrer Vladimir Poutine et Gerhard Schröder, le 11 avril à Saint-Pétersbourg, pour discuter du futur rôle des Nations unies en Irak.

K. AnnanNATIONS UNIES. "Le mandat d'Hans Blix et Mohammed El-Baradei est toujours valide et ces derniers devraient pouvoir reprendre leur travail dès que la situation le permet", déclare, à New York, Kofi Annan, se référant aux chefs des équipes d'inspecteurs dont le travail a été suspendu lorsque les opérations militaires ont débuté en Irak.

S'adressant à des journalistes à son arrivée au siège de l'organisation, le secrétaire général des Nations unies dit avoir vu les scènes de jubilation à Bagdad montrées à la télévision mais indique avoir aussi pensé aux victimes civiles et militaires. "Les Irakiens paient le prix fort pour cela", fait-il observer.

Kofi Annan a également répondu aux questions portant sur le pillage en cours dans le pays en rappelant que le Conseil de sécurité avait réaffirmé que la réglementation de La Haye et les Conventions de Genève s'appliquaient et que la coalition avait la responsabilité du bien-être de la population. "Je suis sûr que cela sera respecté". - 0 h 20. Le chef d'état-major interarmes américain, le général Richard Myers, indique que les Etats-Unis "poursuivront les anciens dirigeants irakiens [en fuite] où qu'ils soient".

La une du Nouvel Observateur, 10 avril 2004.

La une du Nouvel Observateur, 10 avril 2004.

- 1 h. Les représentants des principales organisations non gouvernementales demandent au Conseil de sécurité des Nations unies de leur garantir qu'elles puissent avoir un libre accès à la population irakienne qui a besoin d'aide humanitaire.

- 4 h 30. La ville de Makhmour, située à 40 km au nord-ouest d'Erbil et à mi-distance entre les grandes villes irakiennes de Mossoul et de Kirkouk, a été "libérée", affirme la télévision satellitaire de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK).

- 7 h 30. Raid américain dans le nord-est de Bagdad.

- 7 h 40. Les forces américaines et les combattants kurdes prennent le contrôle d'Altun Kupri, située à proximité de Kirkouk dans le nord de l'Irak.

- 8 h 20. Combats autour d'une mosquée dans le nord-ouest de Bagdad sur les rives du Tigre.
Un marine est tué au combat.#

- 9 h 20. Raids aériens dans l'ouest de Bagdad.

- 9 h 50. Jacques Chirac "se réjouit de la chute de la dictature de Saddam Hussein" et affirme que l'urgence est l'acheminement de l'aide humanitaire, selon un communiqué de l'Elysée. "La France, comme toutes les démocraties, se réjouit de la chute de la dictature de Saddam Hussein et souhaite la fin rapide et effective des combats", déclare la présidence française. "Il est nécessaire maintenant de créer les conditions qui rendront au peuple irakien sa dignité dans la liberté retrouvée". "L'urgence est de permettre sans délai l'acheminement en Irak de l'aide humanitaire sous toutes ses formes. Dès que possible, après la phase nécessaire de sécurisation, l'Irak doit retrouver avec la légitimité donnée par les Nations unies sa pleine souveraineté dans une région stabilisée", ajoute-t-elle.

- 10 h 20. Des Bagdadis pillent les villas des hauts dignitaires du régime irakien, dont celle du fils aîné du président Saddam Hussein, Oudaï, sous l'il des soldats américains.

- 10 h 25. Une ou plusieurs résolutions des Nations unies seront nécessaires pour encadrer l'administration intérimaire en Irak, ainsi que les ventes de pétrole et l'aide humanitaire après la fin de la guerre, affirme le secrétaire d'Etat, Colin Powell, dans un entretien au Los Angeles Times. "Nous avons besoin d'un aval d'autorité, d'un aval pour ce que nous allons faire afin de recommencer à vendre du pétrole à un moment donné et pour faire en sorte que l'aide humanitaire continue à arriver dans le cadre du programme "Pétrole contre nourriture"".

- 11 h 40. L'ambassade d'Allemagne et le Centre culturel français à Bagdad mis à sac par des pillards, selon un journaliste de l'AFP. #

- 12 h. Le centre de Kirkouk, la ville stratégique pétrolière du nord de l'Irak, est tombé sans combat sous le contrôle des forces kurdes, selon des témoins.

- 12 h. L'armée américaine s'apprête à diffuser des tracts dans Bagdad et d'autres villes d'Irak appelant les habitants à se dresser "comme des lions" contre les derniers défenseurs du régime de Saddam Hussein. "Peuple d'Irak ! L'heure est venue ! Rejoignez les forces qui viennent vous libérer ! Révoltez-vous comme des lions et rêvez d'un avenir radieux pour votre génération et toutes les autres à venir", dit le tract rédigé en arabe et en anglais

- 14 h 20. La Turquie juge "inacceptable" une présence permanente des Kurdes à Kirkouk, déclare un haut responsable du ministère des affaires étrangères. Des renforts américains sont en route pour Kirkouk pour remplacer les forces kurdes irakiennes qui y sont entrées.

- 14 h 45. L'Hôpital Al-Kindi à Bagdad attaqué par des pillards.

- 14 h 30. Le nouvel Irak "ne sera pas dirigé par la Grande-Bretagne ni par les Etats-Unis, mais par le peuple irakien", déclare le Premier ministre Tony Blair dans un message commun avec le président George Bush, en cours de diffusion en Irak.

- 15 h 25. Des milliers de kurdes affluaient vers Kirkouk, dans laquelle les combattants kurdes et américains sont entrés, pour récupérer leurs biens confisqués par Saddam Hussein au nom de sa politique d'arabisation, selon un journaliste de l'AFP.

- 16 h 20. Les forces américaines "contrôleront" Kirkouk, a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer interrogé sur l'afflux de milliers de kurdes vers cette ville, qui suscite l'inquiétude de la Turquie.

- 17 h 25. Abdel Majid Al-Khoï, un chef chiite irakien, assassiné à Nadjaf, dans le sud de l'Irak. L'Assemblée chiite de l'Irak est considérée comme modérée, à l'exemple du l'ayatollah Al-Khoï qui se démarquait des islamistes fondamentalistes.

- 18 h 15. Jean Paul II appelle les nations et les religions à travailler pour panser les plaies ouvertes par la guerre en Irak, lors d'une rencontre avec plusieurs dizaines de milliers de jeunes, place Saint Pierre. "Seulement si nous nous engageons à construire la paix, il sera possible de relancer la coopération entre les nations et harmoniser les intérêts divergents des cultures et des institutions". Le pape invité les jeunes à "s'engager pour la paix en ce moment tourmenté de l'histoire, alors que le terrorisme et les guerres menacent la concorde entre les hommes et les religions".

- 18 h 20. "La première conférence sur la reconstruction économique de l'Irak aura lieu très prochainement, avec la participation de seulement trois pays invités [par les Etats-Unis] : la Grande-Bretagne, l'Australie et la Pologne", déclare le premier ministre polonais, Leszek Miller.

- 18 h 30. Le Pentagone annonce que 105 soldats américains ont été tués depuis le début de la guerre en Irak, dont 93 au combat.

- 19 h 10. L'Union patriotique du Kurdistan (UPK) annonce qu'elle va retirer de Kirkouk ses quelque 10'000 combattants entrés dans cette ville pétrolière abandonnée par l'armée irakienne.

- 20 h 50. Au moins cinq ministères - information, commerce, éducation, universités, et industrie -, ainsi que le vieux marché du centre commerçant, en feu dans le centre de Bagdad, alors que la ville est livrée aux pillards dans la plus totale anarchie.

- 21 h. Les forces américano-britanniques n'interviennent pas pour arrêter les pillages, notamment à Bagdad, parce qu'"on ne peut pas tout faire à la fois", déclare un membre de l'état-major interarmées américain, le général Stanley McChrystal.
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