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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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L'actualité des
droits de l'homme


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Carte Onu, 2002.


> MARS

_20 mars, Paris. Le ministre des affaires étrangères français, Dominique de Villepin, lance un appel pour la tenue d'une "conférence internationale sur le Proche-Orient". "Il est urgent de se mobiliser dans un esprit de respect et de dialogue. Il est urgent d'ouvrir une nouvelle perspective politique pour répondre à l'attente de sécurité du peuple israélien, au besoin de justice du peuple palestinien", estime-t-il. "Chacun voit bien qu'au Proche-Orient, notre devoir collectif est d'éviter l'engrenage de la haine, de l'intolérance et de la violence. C'est à cette condition seulement que nous romprons la spirale du ressentiment et de l'affrontement".

_14 mars, New York. Le secrétaire général des Nations unies se dit extrêmement préoccupé par l'augmentation alarmante du nombre des victimes du conflit israélo-palestinien. Dans les dernières 24 heures seulement, 11 Palestiniens ont été tués dans des raids israéliens dans le nord de la Cisjordanie, alors que trois Israéliens ont été gravement blessés, deux à Jérusalem et un près de Hébron.

Kofi Annan exhorte les parties à mettre immédiatement un terme à toutes les formes de violence, à saisir l'occasion de poursuivre sur la voie vers la paix par le biais de négociations politiques, et à respecter scrupuleusement leurs obligations envers les populations civiles, en conformité avec le droit international humanitaire.

_14 mars, Washington. George Bush déclare que la "feuille de route" pour la paix au Proche-Orient sera présentée aux Israéliens et Palestiniens dès que le Premier Ministre palestinien aura été confirmé dans ses fonctions.

Le président américain appelle de ses voeux la création d'un Etat palestinien, estimant cependant qu'un tel Etat "devait être réformé, pacifique, démocratique et abandonner pour toujours le recours au terrorisme". "Le gouvernement d'Israël, dès que la menace du terrorisme sera écartée et que la sécurité s'améliorera, doit prendre des mesures concrètes pour soutenir la mise en place d'un Etat palestinien viable et crédible et pour travailler le plus vite possible vers un règlement pour un statut définitif" des territoires palestiniens.

[le 26 février, Georges Bush avait assuré qu'"au fur et à mesure que des progrès seront réalisés dans la voie de la paix, la colonisation dans les territoires occupés devra cesser".]
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Cette "feuille de route", préparée par le Quartette [Etats-Unis, Russie, Nations unies, Union européenne], à l'automne 2002, prévoit notamment la création d'un Etat palestinien "viable" d'ici à 2005, en trois étapes - conformément au discours prononcé le 24 juin 2002 par le président américain Bush. Elle a été adoptée dans sa structure générale, le 17 septembre, lors d'une réunion à New York.

Le document, concocté principalement par le département d'Etat américain et les diplomates de l'Union européenne, exige de l'Etat hébreu qu'il "publie une déclaration sans équivoque, réaffirmant son engagement [...] à la création d'un Etat palestinien indépendant et viable vivant en paix et sécurité" à ses côtés, a-t-on indiqué de même source.

Il exige par ailleurs des Palestiniens qu'ils "reconnaissent le droit à l'existence d'Israël" et adoptent un "arrêt inconditionnel de la violence contre les Israéliens où qu'ils soient". Il demande en outre aux autorités israéliennes de s'engager à "stopper les violences envers les Palestiniens où qu'ils se trouvent".

La "feuille de route" stipule un "gel de la colonisation" juive et exclut tout agrandissement des colonies, même pour cause de "croissance naturelle", compte tenu de la poussée démographique.

_6 mars, Gaza. Onze Palestiniens tués et près de cent autres blessés lors d'une incursion de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. Parmi les blessés, dont une trentaine dans un état grave, quatre sont des journalistes palestiniens employés par l'agence de presse Reuters.

_5 mars, Haïfa (nord d'Israël). Quinze personnes tuées et plus d'une trentaine d'autres blessées, dont dix grièvement, dans un attentat suicide dans un bus. Le kamikaze palestinien a fait sauter une charge de plusieurs dizaines de kilogrammes, qu'il portait dans une ceinture. Plus grande cité portuaire du pays, Haïfa est une ville où une importante minorité arabe coexiste dans l'ensemble pacifiquement avec la majorité juive

Un porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner, déclare qu'Israël prendra "des actions fermes contre les organisations terroristes" à la suite de cet attentat. Pour sa part, l'Autorité palestinienne condamne "violemment l'attaque qui a fait des victimes civiles israéliennes et palestiniennes".

A Gaza, des responsables des mouvements islamistes Hamas et Jihad islamique affirment que l'attentat est une "réponse au terrorisme d'Israël", sans toutefois revendiquer cette opération.#

A New York, se déclarant "gravement et de plus en plus préoccupé" par l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens, Kofi Annan, condamne l'attaque terroriste et se dit "fermement convaincu" que la violence ne conduira ni à la sécurité ni à une paix durable et que Palestiniens et Israéliens doivent prendre des mesures urgentes pour s'éloigner d'une situation qu'il qualifie de "dangereuse et déshumanisante". Le secrétaire général des Nations unies appelle les deux parties à respecter leurs obligations en matière de droit humanitaire international.

_5 mars, Jérusalem. L'économie palestinienne est dévastée, le secteur public est maintenu en vie artificielle, le secteur privé périclite et les moyens de subsistance des populations s'épuisent. Tel est le bilan présenté par Terje Roed-Larsen, envoyé spécial des Nations unies au Moyen-Orient.

Selon le responsable onusien, apporter de nouvelles aides financières à cette région n'est pas la solution. "Les Palestiniens doivent se voir offrir les moyens et la possibilité de gérer leurs propres vies, ce qui implique la levée des restrictions imposées par Israël sur le libre déplacement des biens et des personnes ", souligne-t-il. Toutefois, relève-t-il, Israël n'adoptera aucune de ces mesures tant que les attaques sur ses populations n'auront pas cessé. "Aucune population ne devrait être la cible de ce type d'attaques, ou même de vivre dans la crainte de telles actions".

> FEVRIER

_26 février, Washington. Le président américain Bush lie la création d'un Etat palestinien indépendant au départ de Saddam Hussein d’Irak et aux progrès de la démocratie au Proche et Moyen-Orient. "Un succès en Irak pourra aussi créer un nouvel environnement pour la paix au Proche-Orient et faire progresser dans la voie de la création d'un Etat palestinien véritablement démocratique".

_21 février, Ramallah. Le ministre palestinien des collectivités locales, Saëb Erakat, annonce que la direction palestinienne a décidé de "démilitariser" l'Intifada pendant un an, comme l'avait annoncé auparavant à Moscou le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen. Ce dernier, connu pour ses positions modérées et présenté comme un candidat probable au nouveau poste de premier ministre palestinien, avait déclaré que "la direction palestinienne a pris la décision d'une démilitarisation de l'Intifada pendant un an", ajoutant qu'Ariel Sharon "poursuivra son agression, et toute la faute retombera sur lui".

_14 février, New York. "Le plan général pouvant mener à une paix globale, juste et durable dans la région est tracé. Néanmoins, on ne peut pas imposer la paix aux parties, ni trouver une solution durable par la force. Un règlement définitif ne peut qu'être l'aboutissement d'un processus politique qui prenne entièrement en compte les aspirations légitimes des deux peuples, déclare Kofi Annan, à l'ouverture de la session de 2003 du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.#

Le secrétaire général des Nations unies rappelle la nécessité d'un règlement prévoyant deux Etats : "Le plan de campagne élaboré par le Quatuor [les Etats-Unis, l'Union européenne, la Fédération de Russie et l'Organisation des Nations unies] doit permettre de concrétiser la vision, reprise dans la résolution 1397 [2002] du Conseil de sécurité, de deux Etats - Israël et la Palestine - vivant côte à côte, dans la paix".

-> Plus d'information

_14 février, New York. Kofi Annan se félicite de l'annonce par le Président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, de son intention de nommer un Premier ministre. "Cette annonce, ainsi que la réitération par M. Arafat de son engagement pour la "feuille de route" du Quartet diplomatique pour le Moyen-Orient, constituent deux pas très importants sur la voie d'une reprise du processus de paix dans la région".

Le secrétaire général des Nations unies invite le Conseil législatif palestinien à se réunir dans les plus brefs délais pour faire avancer ce dossier, et se déclare disposé à travailler avec un Premier ministre palestinien "crédible et pleinement habilité".

> JANVIER

_28 janvier, Jérusalem. Victoire du Likoud, le parti d'Ariel Sharon, aux élections législatives anticipées. "En Israël, le Likoud triomphe, le camp de la paix s'effondre", titre le quotidien Le Monde.

Le Likoud et ses ralliés "séfarades" [juifs orientaux] du Gesher passent de 21 à 38 sièges (sur les 120 de la Knesset), tandis que l'Union nationale (extrême droite et russes ultranationalistes d'Israël Beitenou) se maintient à 7. Le parti ultraorthodoxe "séfarade" Shas recule de 17 à 11 sièges. Cette progression de la droite s'accompagne d'un recul, sans précédent, du Parti travailliste, qui tombe de 26 à 19 députés; le parti Meretz perdant 4 de ses 10 mandats de 1999. Les partis dits arabes, avec 8 sièges, n'en perdent qu'un.

La surprise - annoncée dans les sondages - vient du Shinoui, qui arrache 15 députés contre 6, il y a quatre ans. Désormais troisième parti du pays, il exprime à la fois le refus laïque de la théocratie et le rejet "ashkénaze" [juif occidental] des revendications juives orientales. [Source : Monde diplomatique]#

_13 janvier, New York. Le Secrétaire général des Nations unies se dit extrêmement préoccupé par l'ampleur de la violence et par le nombre croissant de victimes du conflit israélo-palestinien. Il déplore "la très récente recrudescence d'actes de violence et de représailles [qui] ne fait qu'alimenter le cycle de colère et de haine mutuelles, ce qui entraîne de nouvelles victimes parmi les civils dans les deux camps." "Toutes les parties doivent comprendre qu'il n'y a pas de solution militaire à ce conflit et qu'il n'y a pas d'alternative à un règlement politique".

Kofi Annan appelle "tous les Palestiniens à mettre fin aux attaques contre les Israéliens et à poursuivre des politiques non violentes". Il demande au gouvernement israélien de "faire preuve d'un maximum de retenue, en particulier en évitant l'usage disproportionné de la force et des actions telles que les exécutions extrajudiciaires et la démolition de maisons."

_5 janvier, Tel-Aviv. Double attentat-suicide, dans le quartier de Névé Chaanan, près de l'ancienne gare routière, où vivent beaucoup de travailleurs étrangers: 22 personnes (Israéliens et étrangers) sont tuées, outre les deux kamikazes [qui ont fait exploser deux charges de 15 kg chacune qu'ils portaient sur eux], et on compte plus d'une centaine de blessés, dont certains dans un état grave.

Ces attentats sont les plus meurtriers depuis le début de l'Intifada, en septembre 2000 - le 27 mars 2002, une attaque suicide à Netanya avait fait 29 morts, outre le kamikaze. Ils ont été revendiqués par les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa (liées au Fatha de Yasser Arafat). Le premier ministre Ariel Sharon accuse l'Autorité palestinienne de "soutenir le terrorisme". "On ne peut parler de paix aussi longtemps que le terrorisme sévit".

[Kofi Annan a condamné. Le 6 janvier, de "tels actes terroristes", qui "sont moralement condamnables et totalement injustifiés". "Ils vont également à l'encontre de tous les efforts déployés pour trouver une solution pacifique à la crise actuelle". Le secrétaire général des Nations unies demande à Israël d'agir "avec retenue dans sa réponse à cette attaque meurtrière et à contribuer à l'apaisement de la violence".]

_2 janvier, Paris. "Le conflit israélo-palestinien s’enfonce dans un quotidien mortifère", écrit Le Monde, qui note que, depuis le début, en septembre 2000, de la deuxième Intifada, le nombre de morts ne cesse de croître : 2'807 personnes ont perdu la vie parmi, lesquelles 2'073 Palestiniens et 685 Israéliens.

"Arrestations, assassinats : la violence banalisée au Proche-Orient", titre le journal en pages intérieures. "Destructions de maisons, meurtres ciblés et attentats se multiplient. Le gouvernement d’Arien Sharon a manifestement décidé d’intensifier la répression, avant les élections du 28 janvier, afin d’obtenir une "victoire décisive" en 2003."
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