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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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Carte Onu, 2002.


> JUIN          


_25 juin, Paris. Israël dresse un mur sur la voie de la paix en Palestine, écrit Le Monde. Le mur qu'érige le gouvernement israélien pour sécurisera frontière avec un futur Etat palestinien "n'est pas pris en considération dans le nouveau plan international de règlement du conflit", relève le quotidien français.

"L'ouvrage, prévu sur 350 km, dont la construction a été entreprise en juin 2002, est passé sous silence dans le plan de paix international, dont l'application a été lancée le 4 juin. Il constitue pourtant un obstacle majeur à un règlement négocié du conflit, non seulement parce qu'il sanctuarise la ligne de démarcation de 1967, mais aussi parce qu'il menace de rendre impossible la vie de quelque 400'000 Palestiniens. Plus de 90% des colons juifs de Cisjordanie seraient à l'abri derrière cet ouvrage de séparation, dont l'impact symbolique n'est pas le moins important".

_24 juin, Jérusalem. L'armée israélienne arrête plus de cent activistes présumés du Hamas à Hébron, en Cisjordanie. Cette opération a lieu alors que des discussions pour un transfert du contrôle de secteurs réoccupés par Israël dans la bande de Gaza et à Bethléem, en Cisjordanie, semblaient sur le point d'aboutir.

_22 juin, Jérusalem. Ariel Sharon estime, au cours de la réunion hebdomadaire de son gouvernement, qu'Israël peut continuer à construire dans les colonies, à condition que cela se fasse de manière discrète. On devrait juste construire, et non célébrer les constructions, déclare le Premier ministre israélien, selon le quotidien Haaretz.

_20 juin, Jericho. Colin Powell presse le Premier ministre palestinien, Mahmoud Abbas, de prendre des mesures radicales à l'encontre du Hamas, qualifié d'"ennemi de la paix". "Aussi longtemps [que les membres du Hamas] seront engagés dans le terrorisme et la violence et qu'ils auront la volonté de détruire l'Etat d'Israël, je pense que cela représentera un problème que nous devons traiter dans son intégralité".#

Ariel Sharon demande pour sa part à l'Autorité palestinienne de "désarmer les organisations terroristes. Elle doit faire en sorte que leurs infrastructures cessent d'exister".

_15 juin, Jérusalem. L'armée israélienne se prépare à un retrait du nord de la bande de Gaza à la suite d'une rencontre, la veille, entre responsables des services de sécurité palestiniens et israéliens, indique la radio militaire israélienne.

_15 juin, Washington. George Bush invite la communauté internationale à faire preuve de la plus grande fermeté à l'égard du Hamas. "Le monde libre et ceux qui chérissent la liberté et la paix se doivent d'agir sévèrement avec les tueurs du Hamas", déclare le président américain. "Je crois la paix possible [...] dès lors que ces gens seront livrées à la justice", a-t-il insisté.

"Pour ceux qui sont intéressés à faire avancer le processus de paix, nous devons coordonner nos efforts pour couper l'argent, le soutien, à quiconque essaye de saboter le processus de paix", ajoute Georges Bush.

_15 juin, Rome. Jean Paul II lance un nouvel appel en faveur de la paix au Proche Orient entre Israéliens et Palestiniens et dénonce la "spirale sans fin de violence et de représailles". "Il n'y a pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon. Je le rappelle aujourd'hui encore, avec une conviction accrue, en m'adressant à tous les habitants de la Terre Sainte", déclare le pape.

_15 juin, Washington. Colin Powell exhorte les responsables israéliens et palestiniens à "surmonter l'actuelle vague de violences" et à ne pas la laisser anéantir la "feuille de route". "Nous n'avons pas d'autre choix que d'avancer".

Pour le secrétaire d'Etat américain, ces violences "ne font que retarder le jour de l'indépendance palestinienne". Il appelle Israël à la retenue, affirmant qu'il "devait se défendre, mais aussi le faire d'une manière qui ne nuise pas à ses intérêts dans la recherche à long terme de la paix".

_14 juin, Gaza. Le Hamas rejette tout cessez-le-feu avec Israël tant que durera "l'occupation" des territoires palestiniens. Pour sa part, l'Autorité palestinienne se dit prête "à prendre la responsabilité de la sécurité dans les secteurs qu'évacuera Israël dans le cadre de la "feuille de route".

_13 juin, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies demande "l'arrêt immédiat de tout acte de violence qu'il s'agisse d'actes de terreur, de provocation, d'incitation ou de destruction." Les pays membres du Conseil rappellent aux Israéliens et Palestiniens qu'ils doivent "satisfaire à leurs obligations de façon à faire aboutir la vision de deux Etats démocratiques" et réaffirment "l'importance et la nécessité de parvenir à une paix globale, juste et durable" qui inclue les aspects israélo-syriens et israélo-libanais.#

_13 juin, Jérusalem. Toute la direction du Hamas, y compris son fondateur et guide spirituel le cheikh Ahmed Yassine, qui réside à Gaza, se trouve dans le collimateur de l'armée israélienne, indiquent de "hauts responsables" israéliens. Selon le vice-ministre de la défense Zeev Boim, il n'est "pas possible de faire une distinction entre les responsables politiques et militaires du Hamas, tous sont impliqués dans le terrorisme".

_13 juin, Washington. Les responsables israéliens et palestiniens ont affirmé aux Etats-Unis qu'ils restaient attachés à la "feuille de route", en dépit de la flambée de violences des derniers jours, déclare le secrétaire d'Etat Colin Powell. "Les deux parties m'ont indiqué qu'elles voulaient respecter les engagements pris devant le monde et le président Bush [...]. Donc nous continuons avec la feuille de route et les efforts pour que les deux côtés commencent à prendre les mesures qui sont prévues dans les premières étapes de la feuille de route".

Colin Powell affirme que tant que les groupes palestiniens radicaux, comme le Hamas, le Jihad islamique et les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, ne mettront pas fin aux attaques anti-israéliennes, il sera difficile de mettre fin aux représailles israéliennes. "Tous nos efforts sont concentrés sur le Hamas, et visent à persuader le Hamas et le Jihad islamique et d'autres organisations terroristes qu'il est temps maintenant d'abandonner le terrorisme".

_12 juin, Jérusalem. Le Hamas appelle toutes ses "cellules militaires" à "entrer immédiatement en action et à agir comme un séisme pour faire sauter l'entité sioniste [Israël] et la réduire en pièces". Dans un communiqué d'une violence sans précédent, le mouvement, qui a régulièrement mis ces menaces à exécution depuis ses premiers attentats-suicide au milieu des années 1990, invite tous les étrangers à quitter l'Etat hébreu "afin de protéger leur vie".

-> Le Monde   Feuille de sang

_12 juin, Gaza. Des hélicoptères de combat israéliens tirent six missiles sur un véhicule qui circulait à Cheikh Radouane, un quartier nord de Gaza. Le dernier missile explose parmi les passants venus au secours des passagers du véhicule. Au moins sept personnes sont tuées, dont un responsable de la branche armée du Hamas, Yasser Taha, sa femme et sa fille de 3 ans, et une trentaine d'autres blessées, dont cinq grièvement.#

_11 juin, New York. Qualifiant l'attaque suicide perpétrée par le Hamas à Jérusalem de "hautement répréhensible", Kofi Annan la condamne "dans les termes les plus forts", soulignant que de tels actes "ne servaient qu'à attiser la haine et la défiance". Le Secrétaire général des Nations unies demande "aux deux côtés de faire preuve de retenue face au terrorisme".

_11 juin, Jérusalem. Un kamikaze fait exploser la bombe bourrée de clous et de ferraille qu'il portait sur lui dans un bus sur Jaffa Street, en plein centre-ville de Jérusalem, tuant 16 personnes. On compte une centaine de blessés, dont six grièvement. Le kamikaze, un palestinien de 18 ans originaire d'Hébron, appartenait à la branche militaire du Hamas.

Quelques heures après cet attentat-suicide, le Premier ministre israélien Ariel Sharon promet de "poursuivre jusqu'au bout les terroristes et ceux qui les envoient".

-> Les attentats les plus meurtriers depuis 2002

_10 juin, Gaza. L'armée israélienne lance un raid meurtrier contre la voiture d'Abdel Al- Rantissi qui circulait à Gaza. Le responsable politique du Hamas échappe de justesse à l'attaque des hélicoptères israéliens, qui tue trois Palestiniens qui se trouvaient à proximité, dont une femme et une fillette. De son lit d'hôpital, Abdel Al-Rantissi s'en prend à Israël : "Nous ne laisserons pas un seul juif en Palestine, cette terre est la nôtre, pas la leur".

A Washington, le président Bush critique cette action décidée par Ariel Sharon. "Il sera plus difficile pour la direction palestinienne de combattre le terrorisme", déclare-t-il, se disant "perturbé par les récentes attaques israéliennes". "C'est une attaque contre la "feuille de route", proteste l'Autorité palestinienne.

_6 juin, Jérusalem. Le Hamas annonce qu'il a décidé de rompre le dialogue engagé avec le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas (Abou Mazen). L'un des dirigeants du Hamas, Abdel Aziz- Al-Rantissi, qui incarne l'aile dure du mouvement, a justifié cette décision en assurant qu'"Abou Mazen ne représente absolument pas le peuple palestinien" et que "cela ne sert à rien de le rencontrer après les engagements qu'il a pris lors du sommet d'Akaba".

Bush_5 juin, Jérusalem. Les dirigeants israéliens et palestiniens font face à la colère des colons et à la résistance des organisations radicales comme le Hamas (Mouvement de la résistance islamique). "L'arrêt de la violence et des attentats terroristes, côté palestinien, le démantèlement des points de colonisation, côté israélien, constituent désormais les deux principaux tests", note le quotidien Le Monde.#

Les colons, rejoints par des rabbins et l'extrême droite, se mobilisent contre la "feuille de route" du Quartette. Et les organisations de l'opposition palestinienne ont annoncé qu'elles n'abandonneraient pas la lutte contre Israël. "Le Hamas se tiendra aux côtés du peuple palestinien, l'arme à la main, et ne permettra à personne de renoncer à une parcelle de notre terre", a déclaré l'un de ses dirigeants. Le Djihad islamique, a affirmé de son côté qu'il entendait continuer "la résistance à l'occupation (israélienne) aussi longtemps que celle-ci durera". Le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) entend lui aussi "informer officiellement M. Abbas" que, pour lui, "la résistance [à l'occupation] et l'Intifada vont continuer".

Akaba_4 juin, Akaba (Jordanie). Israël et l'Autorité palestinienne s'engagent devant le président américain Bush à mettre en application "la feuille de route", le plan de paix du Quartet [Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies] visant à la création d'un Etat palestinien, à l'issue d'un sommet avec le président américain Bush. Mais cet engagement est rejeté par les groupes radicaux palestiniens, Hamas, Jihad islamique et Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), ainsi que par le Conseil des colons juifs.

Israël reconnaît "l'importance de la contiguïté [contiguity] territoriale en Cisjordanie pour un Etat palestinien viable" - l'expression "contiguïté territoriale" suppose, de manière implicite, le démantèlement de certaines colonies, celles qui sont les plus isolées. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon s'engage à "commencer immédiatement à démanteler les colonies non autorisées" érigées par des colons en Cisjordanie. "En ce qui concerne les points de peuplement non autorisés, je veux réitérer qu'Israël est une société régie par le droit. En conséquence, nous commencerons immédiatement à démanteler les points de peuplements non autorisés".

Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas appelle les Palestiniens à mettre fin à "l'Intifada armée", assurant que l'Autorité palestinienne s'est fixée un "objectif clair qu'elle entend appliquer fermement et sans compromis: la fin totale de la violence et du terrorisme". "Ensemble, nous pouvons parvenir à un Etat de Palestine, indépendant, viable et souverain, vivant en bon voisinage avec tous les Etats de la région, dont Israël".

Georges Bush s'est, pour sa part, félicité des "progrès importants" accomplis lors du sommet. "Tous aujourd'hui partagent un but: la Terre Sainte doit être partagée entre un Etat de Palestine et un Etat d'Israël en paix l'un avec l'autre et avec tous les pays du Proche-Orient", a-t-il dit, ajoutant: "D'importants progrès ont été fait dans cet but".

-> Les déclarations

Charm el-Cheikh_3 juin, Charm el-Cheikh (Egypte). George W. Bush affirme que le monde a besoin d'un Etat palestinien indépendant et pacifique, lors d'un "sommet historique" réuni à Charm el-Cheikh en présence de cinq dirigeants arabes: le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, le président égyptien Hosni Moubarak, le roi Abdallah II de Jordanie, le roi Hamad de Bahrein et le prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz. "Je suis le genre d'homme qui fait ce qu'il dit et ce que je dis est que le monde a besoin d'avoir un Etat palestinien libre et pacifique", indique-t-il, ajoutant que son gouvernement allait travailler pour réaliser cette "vision".

Le président américain lance un appel à l'arrêt des attentats palestiniens contre Israël, ainsi qu'à la fin de la politique d'implantation de colonies juives dans les territoires palestiniens occupés. "Nous ne devons pas permettre à quelques personnes, à quelques tueurs, à quelques terroristes de détruire les rêves et les espoirs du plus grand nombre. Israël a des responsabilités, Israël doit s'attaquer à la question des colonies, Israël doit s'assurer qu'il y a un territoire continu que les Palestiniens peuvent appeler leur patrie".

_3 juin, Jérusalem. Selon l’Agence France-Presse, 3’277 personnes ont péri depuis le début de l'Intifada Al-Aqsa, le 28 septembre 2000. Parmi les victimes figurent 2’475 Palestiniens et 742 Israéliens. On estime d'autre part entre 5’000 et 6’000 le nombre des Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.
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