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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


2003

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–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_6 mai, New York. Face à la dégradation croissante de l'insécurité en Afghanistan qui risque de gagner Kaboul, le gouvernement afghan doit réagir en fournissant un espace politique à tous ceux qui soutiennent le processus de paix, déclare Lakhdar Brahimi, représentant des Nations unies, dans son compte-rendu au Conseil de sécurité. "Ceux qui ne sont pas opposés au processus de paix et qui ne sont pas engagés dans la violence doivent se voir offrir un espace politique et des opportunités équitables, quelle que soit leur affiliation politique et ethnique".

Evoquant le harcèlement quotidien de la population, les manoeuvres d'intimidation, les affrontements interethniques ou entre factions rivales, une recrudescence de l'activité d'éléments liés aux talibans ou au chef de guerre, Gulbuddin Hekmatyar, et les problèmes liés à l'économie de la drogue, Lakhdar Brahami a indiqué qu'une récente série d'incidents montraient clairement que "l'insécurité à l'extérieur de Kaboul allait gagner la capitale".

ARABIE SAOUDITE

_18 mai, Ryad. Les autorités saoudiennes ont arrêté quatre membres d'Al-Qaida liés aux attentats meurtriers de Ryad et identifié cinq des auteurs de ces attentats, annonce le ministre de l'intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz. Les quatre personnes arrêtées "sont des membres d'Al-Qaïda [...] Ils sont liés à l'opération [...], mais nous n'avons pas de preuves qu'ils ont participé à cette opération". #

_13 mai, Riyad. Trois attaques-suicides contre des immeubles abritant des étrangers, dans trois quartiers résidentiels, font 34 mort - dont sept Américains et les neuf kamikazes - et plus de 200 blessés. Pour le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, ces attaques portent la signature d’Al- Qaida, l’organisation terroriste d’Oussama Ben Laden.

Le président américain Bush, déclare que "la guerre contre le terrorisme continue" et que les Etats-Unis "vont trouver les meurtriers et ils apprendront ce que veut dire la justice américaine". Le prince héritier et régent saoudien, Abdallah Ben Abdel Aziz, averti qu’il "n’y a aucune place [en Arabie Saoudite] pour le terrorisme", et que le royaume réprimera tous ceux "qui le soutiennent ou qui sympathisent idéologiquement avec lui".

L'Arabie saoudite est le pays d'origine d'Oussama Ben Laden et de 15 des 19 pirates de l'air auteurs des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis

_6 mai, Djeddad. Le roi Fahd d'Arabie saoudite autorise la création d'une organisation non gouvernementale (ONG) défendant les droits de l'homme, la première du genre dans le royaume.

Le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud Al-Fayçal, annonce qu’une organisation gouvernementale des droits de l'homme qui sera, elle, chargée "d'appliquer les décisions du gouvernement relatives aux droits de l'homme et de reformuler les lois pour qu'elles soient conformes à loi fondamentale qui insiste sur les droits de l'homme".

L'Arabie saoudite fait l'objet de dénonciations régulières de la part des organisations de défense des droits de l'homme. Le royaume applique la charia, loi islamique, prévoyant la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de meurtre, viol, apostasie et vol à main armée, ainsi que les trafiquants de drogue récidivistes.

ARGENTINE

_28 juin, Madrid. Ricardo Cavallo, ancien militaire argentin, extradé du Mexique vers l'Espagne. Ancien capitaine de la marine argentine, il a été inculpé le 2 novembre 1999, en même temps que 98 autres militaires argentins, par le juge espagnol Baltasar Garzon, pour des crimes commis pendant la dictature militaire en Argentine, entre 1976 et 1983. Surnommé "Serpico", "Marcelo" ou "Ricardo", Ricardo Cavallo aurait été l'un des "interrogateurs" de l'Ecole de mécanique de la marine de Buenos Aires, où ont été détenues et torturées quelque 5’000 personnes. Le juge espagnol, qui l’accuse de génocide et de terrorisme, lui impute la détention d'au moins 227 personnes, parmi lesquelles 14 femmes enceintes dont les enfants n'ont jamais été retrouvés.#

Ricardo Cavallo s'était installé en 1999 au Mexique, où il dirigeait une entreprise. Une enquête menée par un journal mexicain avait conduit à son arrestation, le 24 août 2000. C'est grâce à un accord d'extradition bilatéral entre l'Espagne et le Mexique qu’il a été extradé, et non pas en fonction d'un mandat d'arrêt international comme cela avait été le cas, en 1998, lorsque le juge Garzon avait vainement tenté de faire extrader l'ex-dictateur chilien, Augusto Pinochet, alors que celui-ci était à Londres.

"Pour la première fois, quelqu'un accusé de crime contre l'humanité a été extradé d'un pays pour être jugé dans un autre pays qui n'est pas celui dans lequel ont eu lieu les faits qui lui sont reprochés", se félicite l'association Human Rights Watch (HRW), dont le siège est à New York. Selon elle, le concept de "justice universelle" est devenu une réalité.

_10 juin, Mexico. La Cour suprême de justice du Mexique accepte d'extrader vers l'Espagne de l'ex-officier argentin Ricardo Miguel Cavallo accusé de génocide, torture et terrorisme dans son pays. Cette extradition doit encore être ratifiée par le ministre mexicain des affaires étrangères. Si elle était confirmée, elle permettrait, pour la première fois, qu'un pays, en l'occurrence l'Espagne, juge des crimes contre l'humanité commis dans un autre pays, l'Argentine.

Accusé de crimes commis durant la "sale guerre" en Argentine de 1976-1983, Ricardo Miguel Cavallo était basé à l'Ecole Mécanique de la Marine de Buenos Aires, l'un des centres de torture les plus violents de la dictature argentine. Il avait été arrêté à Cancun dans le Yucatan. C'est le juge espagnol Baltasar Garzon qui avait pris la décision d'inculper Cavallo le 1er septembre 2000, en même temps que 98 autres officiers argentins accusés de crimes contre les droits de l'homme sous la dictature militaire argentine, et avait demandé au Mexique de l'extrader.

BELARUS

_28 mai, Minsk. Une délégation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dénonce la "détérioration" de la situation concernant les droits de l'homme au Bélarus, à l'issue d'une visite de quatre jours à Minsk. "La situation dans le pays concernant la répression [contre l'opposition] et les conditions d'existence des ONG est pire que la dernière fois. Et la dernière fois, elle était pire que l'avant-dernière", souligne la chef de la délégation, Uta Zapf. Au cours de cette visite, la délégation s'est entretenue avec les autorités bélarusses, l'opposition, des ONG et les proches d'opposants emprisonnés ou disparus.#

"Les autorités semblent avoir abandonné les affaires de disparition et n'ont pas donné de réponses sur les circonstances des disparitions", selon Uta Zapf. Elle a également regretté les poursuites contre les médias indépendants et d'opposition.

BELGIQUE

_10 juin, Bruxelles. La justice bruxelloise déclare recevable une plainte déposée contre le général israélien Amos Yaron pour son rôle présumé dans les massacres de palestiniens commis à Sabra et Chatila, au Liban, en 1982. Amos Yaron était alors responsable militaire du secteur de Beyrouth.

La plainte, qui s’appuie sur la loi belge de compétence universelle, a été déposée, en juin 2001, par des rescapés ders camps palestiniens.

_5 avril, Bruxelles. Le Sénat belge vote un texte réformant la loi dite de compétence universelle qui permettait de juger, en Belgique, les auteurs de crimes de guerre, génocides et crimes contre l'humanité, quels que soient leur nationalité et le lieu où les faits ont été commis. Le gouvernement pourra, quand la plainte ne concerne pas directement l'Etat belge, renvoyer l'affaire vers le pays d'origine du responsable visé par la plainte.

BIRMANIE

_23 juin, New York. Estimant "déplorables" les conditions de détention auxquelles est soumise Aung San Suu Kyi, Kofi Annan demande sa libération immédiate, ainsi que celle des autres membres de son parti - la LND - détenus depuis le 30 mai.

La dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) serait en détention à la prison d'Insein, en dehors de Rangoon, et détenue sous le coup de la loi relative à la "sauvegarde de l'Etat face aux dangers représentés par des éléments subversifs". Le secrétaire général des Nations unies exhorte le gouvernement birman "à répondre favorablement aux appels répétés des Nations unies et de la communauté internationale, y compris des Etats membres de l'ASEAN".

_10 juin, Rangoon. Razali Ismail, envoyé spécial des Nations unies, rencontre Aung San Suu Kyi, placée en "détention de protection" sans communication avec l'extérieur à la suite d'affrontements violents qui ont opposé, le 30 mai, les membres de sa formation politique à des manifestants pro-gouvernementaux dans le Nord du Myanmar.

-> Le Monde, Paris     Terreur en Birmanie

Kofi Anann demande aux généraux birmans de rendre leur liberté de mouvement à Aung San Suu Kyi et aux autres leaders de la Ligue nationale pour la démocratie (LND)". Il souligne "que la situation actuelle ne se résume pas à une question "de retour à l'ordre et de respect de la loi" mais plutôt qu'elle découle des aspirations politiques du peuple [birman] qui est, dans son immense majorité, favorable au changement".#

_31 mai, Rangoon. Aung San Suu Kyi "temporairement placée sous la protection des autorités", dans la région de Sagaing, dans le nord du pays, après des affrontements entre ses sympathisants et des éléments pro-junte qui ont fait quatre morts, annonce la junte au pouvoir.

L'opposante birmane devait terminer le 4 juin une longue tournée politique, entamée le 6 mai, et qui a été marquée par de nombreux incidents entre les sympathisants de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et des éléments de l'USDA (Union Solidarity Development Association), une organisation favorable à la junte militaire.

[Les Etats-Unis dénoncent une "embuscade préméditée" montée par des "voyous à la solde du gouvernement" birman. L’armée a fait état de quatre morts, mais certaines sources indiquent que leur nombre pourrait être de soixante-dix. On ignore le sort du principal collaborateur de Aung San Suu Kyi, Tin Oo, âgé de 76 ans.]

_4 mai, Rangoon. La junte au pouvoir libère 21 prisonniers politiques, parmi lesquels un universitaire de renom, Salai Tun Than, 72 ans, ainsi que 12 membres de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi.

_7 mai, Paris. "En Birmanie, le dialogue poitique est au point mort", écrit Le Monde qui fait état de propos de Aung San Suu Kyi reprochant au pouvoir militaire de "ne pas s’intéresser à la réconciliation nationale".

BOSNIE

_22 juin, Banja Luka (Bosnie). Le pape demande pardon pour les crimes commis par des membres de la communauté catholique en Croatie et en Bosnie et prône la réconciliation entre les trois communautés bosniaques divisées par une guerre sanglante entre 1992 et 1995.

"De cette ville, marquée au cours de son histoire par de souffrances et tant de sang, j'implore le Seigneur Tout-puissant pour Sa miséricorde envers les fautes commises contre l'Homme, sa dignité et sa liberté, y compris par les fils de l'Eglise catholique et qu'Il donne à tous le désir du pardon réciproque", déclare Jean-Paul II devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles rassemblés à Banja Luka, principale ville de l'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska.#

BURUNDI

_15 avril, Bujumbura. L'Assemblée nationale de transition (ANT) adopte par 128 voix sur 157, une loi qui réprime le génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité dans ce pays déchiré depuis 1993 par une guerre civile. Prévue par l'Accord de paix signé à Arusha le 28 août 2000, cette loi "a été conçue en s'appuyant sur la loi qui institue la Cour pénale internationale, sauf en ce qui concerne les peines prévues". "Notre loi prévoit la peine de mort", précise Thérence Sinunguruza, ministre des Relations extérieures.

L'histoire du Burundi est émaillée de violences inter-ethniques qui ont fait des centaines de milliers morts, en 1665, 1969, 1972, 1981, et surtout la guerre civile, depuis 1993, qui a déjà fait quelques 300.000 morts, essentiellement des civils. Plus de 600 personnes ont été condamnées à mort par les tribunaux burundais pour divers actes de violences perpétrés depuis 1993.

CHINE

_29 mai, Pékin. Quatre dissidents chinois accusés de subversion condamnés à des peines de huit et dix ans de prison pour avoir publié des articles favorables à l'instauration d'un système politique libéral en Chine. La cour intermédiaire de Pékin a condamné pour "subversion du pouvoir de l'Etat" le journaliste Xu Wei et le géologue Jin Haike à dix ans de prison, ainsi que l'informaticien Yang Zili et l'écrivain Zhang Honghai à huit ans d'incarcération.

Les dissidents avaient été arrêtés le 13 mars 2001 pour avoir "enquêté activement sur les voies d'une réforme de la société", voulu "changer le pouvoir politique actuel de la Chine" et "rétablir un système politique libéral", selon l'acte d'accusation de leur procès qui s'était tenu fin septembre 2001. Ils étaient aussi accusés d'avoir formé une organisation indépendante, la "Société de la nouvelle jeunesse".

COLOMBIE

_5 mai, Bogota. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) annoncent avoir exécuté, dans la région d'Urrao, au nord de Medellin, le gouverneur de Medellin, Guillermo Gaviria et l'ex-ministre de la défense, Gilberto Echeverri, deux de ses 23 otages politiques. Huit soldats, également aux mains du même commando des FARC ont été eux aussi abattus.

21 otages politiques sur les 23, dont l'ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle de Colombie, Ingrid Betancourt, enlevée de 23 février 2002, trois Américains, 47 officiers de l'armée locale, et 800 civils sont prisonniers des FARC, certains depuis plus de cinq ans. La guerre civile en Colombie a fait plus de 200.000 morts depuis 1964, avec une moyenne de 3.000 enlèvements de civils par an.#

La délégation en Colombie du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a "condamné et déploré la mort violente" des dix otages. Elle a dénoncé "la pratique inacceptable de l'enlèvement" [pratiquée par les FARC], "dans une atteinte ouverte et grave au droit humanitaire international", et appelé à "la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".

CONGO [REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU]

_17 juin, La Haye. La Cour internationale de justice (CIJ) des Nations unies rejette la requête déposée par la République du Congo contre la France visant à faire annuler la plainte pour crimes contre l'humanité et tortures émanant d'associations de défense des droits de l'homme et mettant en cause le président congolais, Denis Sassou Nguesso.

Le 9 décembre 2002, la République du Congo avait déposé auprès de la Cour une requête visant à faire annuler les poursuites engagées par la justice française à la suite d'une plainte pour crimes contre l'humanité et tortures, émanant d'associations de défense des droits de l'homme et mettant en cause le président congolais, Denis Sassou Nguesso, le ministre congolais de l'intérieur, le général Pierre Oba, ainsi que d'autres personnes, dont le général Norbert Dabira, inspecteur général des forces armées congolaises, et le général Blaise Adoua, commandant la garde présidentielle.

La République du Congo arguait que, "en s'attribuant unilatéralement une compétence universelle en matière pénale et en s'arrogeant le pouvoir de faire poursuivre et juger le ministre de l'intérieur d'un Etat étranger à raison de prétendues infractions qu'il aurait commises à l'occasion de l'exercice de ses attributions relatives au maintien de l'ordre public dans son pays", la France avait violé "le principe selon lequel un Etat ne peut, au mépris de l'égalité souveraine entre tous les Etats Membres de l'[ONU] ... exercer son pouvoir sur le territoire d'un autre Etat."

Dans son ordonnance, la Cour internationale indique que "ne voyant, dans les circonstances de l'espèce, aucune nécessité d'indiquer des mesures conservatoires indépendamment des demandes présentées par les Parties, rejette la demande du Congo, non sans avoir rappelé que sa décision ne préjuge en rien sa compétence pour examiner le fond du différend."

_2 juin, New York. Kofi Annan recommande de faire passer de 5’537 à 10’800 soldats l'effectif militaire autorisé de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) dans le cadre d'un mandat renforcé qui serait prolongé jusqu'au 30 juin 2004. Il recommande dans ce cadre le déploiement d'une brigade dans l'Ituri et l'instauration d'un embargo sur les armes dans cette région, "l'une des plus instables du pays."#

La République démocratique du Congo (RDC) se trouve à une "période charnière entre la paix et la guerre", affirme le secrétaire général des Nations unies dans un rapport qui évoque la situation dans la province de l'Ituri, dans le Nord-Est du pays, où "le conflit actuel représente une catastrophe humanitaire qui menace de faire échouer l'ensemble du processus de paix”.

-> Plus d’information        -> Le rapport des Nations unies [fichier pdf 230 ko]

_30 mai, New York. Se déclarant "extrêmement préoccupé" par les combats et les atrocités qui ont eu lieu en Ituri dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), le Conseil de sécurité autorise l'envoi d'une Force multinationale à Bunia, une ville de la région où de violents combats interethniques ont fait près de 400 victimes au cours des dernières semaines. La Force dite "intérimaire", placée sous commandement français, sera déployée jusqu'au 1er septembre 2003 et aura pour mandat de stabiliser la situation et de protéger la population.

-> La résolution du Conseil de sécurité

_21 mai, New York. – Même si les combats n'ont pas repris à Bunia, des rumeurs d'infiltration des milices dans les zones de rassemblement des réfugiés alimentent l'inquiétude tandis que la Mission des Nations unies (MONUC) en RDC indique que 274 victimes, dont deux observateurs militaires des Nations unies, deux prêtres et des bébés, tous atrocement mutilés, ont été retrouvées. La crainte d'une reprise des combats est toujours vive.

L'accalmie amenée par les accords de Dar es Salaam et les engagements locaux obtenus par le Représentant spécial des Nations unies et chef de la MONUC, Amos Namanga Ngongi, a cependant permis la recherche et le ramassage des corps dans les rues et les logements. Selon lui, "des milices ont tenté d'infiltrer les endroits où les réfugiés sont regroupés".

_19 mai, New York. A la suite de la découverte pendant le week-end, des corps de deux observateurs militaires de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), Sergio Vieira de Mello, haut commissaire aux droits de l’homme, estime que cet assassinat "sauvage" confirme la nécessité d'une forte présence militaire internationale dans cette région du Nord-Est de la RDC.

"Bien que la situation se soit stabilisée au cours des derniers jours, pendant les pourparlers engagés entre les factions en guerre, on ne pourra pas empêcher d'autres violations des droits de l'homme et peut-être même des combats à des fins génocides, sans la mise en place d'une force dissuasive, en attendant la création d'une autorité centrale de gouvernement".#

_16 mai, New York. Alors qu'un cessez-le-feu est signé à Dar es-Salaam, en Tanzanie, entre le Président de la République démocratique du Congo (RDC) et les rebelles et qu'aucun combat n'est signalé à Bunia, Kofi Annan demande au Conseil de sécurité d'y déployer rapidement une force multinationale.

La Force serait créée au titre du chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui autorise le recours à la force en cas d'agression. Déployée pour une période limitée, la Force permettrait aux Nations unies de renforcer leur présence sur place. "Il faut que la communauté internationale mène une action décisive. Les efforts de tous peuvent écarter la menace de catastrophe humanitaire qui plane sur Bunia".

_14 mai, New York. Les combats continuent à faire rage dans la ville de Bunia et dans ses environs, au Nord-Est de la République démocratique du Congo, annonce un responsable des Nations unies, Carolyn McAskie, qui redoute l'imminence d'une catastrophe humanitaire et évoque le spectre du Rwanda. "Des villages entiers sont en train de se massacrer mutuellement". Selon elle, les violences sont le résultat d'un "cocktail détonnant" qui combine groupes rebelles et mécontentement à l'égard des autorités locales sur fond de haine ethnique.

_5 mai, New York. Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, préoccupés par la situation dans la région de l'Ituri en République démocratique du Congo (RDC), exhortent "toutes les parties congolaises et tous les Etats dans la région à soutenir le processus initié par la Commission de pacification de l'Ituri et à éviter toute activité qui pourrait compromettre ce processus". Ils demandent à l'Ouganda de "tenir son engagement de retirer ses forces de la région de l'Ituri".

Dénonçant la violence qui s'est produite récemment dans les Kivus, les membres du Conseil demandent que de tels actes cessent immédiatement. Ils soulignent que "des actions telles que le soutien aux milices armées ou l'encouragement des tensions ethniques ne sont pas compatibles avec les efforts visant à l'unification et à la réconciliation".

En outre, les membres du Conseil réaffirment que les dirigeants de toutes les factions armées seront tenus personnellement responsables des violations des droits de l'hommes commises dans l'Ituri et dans toutes les autres régions de la DRC.#

_15 avril, Kinshasa. Le président Joseph Kabila, promulgue un décret-loi amnistiant les "faits de guerre, les infractions politiques et d'opinion - dont les manifestations interdites ou les injures au chef de l'Etat - commis pendant la période allant du 2 août 1998 au 4 avril 2003". La période couverte par le décret-loi va du déclenchement de la guerre par le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi et les rébellions qu'ils ont impulsées - Mouvement de Libération du Congo (MLC), Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) - contre la RDC et le régime de son président Laurent-Désiré Kabila, jusqu'à la promulgation de la nouvelle Constitution par son fils le président Joseph Kabila.

Cette mesure, prévue dans l'Accord global de gouvernement signé le 17 décembre 2002 à Pretoria pour mener le pays jusqu'à des élections libres, sera adoptée sous la forme définitive d'une loi, dès que l'Assemblée nationale sera constituée.

_7 avril, New York. Une équipe de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) s'est rendue en Ituri, dans le nord-est du pays, où un millier de personnes auraient été massacrées. Elle y a découvert 20 charniers récents et recueilli des témoignages faisant étant de 960 morts.

Les témoignages recueillis sur place par l'équipe de la MONUC indiquent que ces massacres auraient été commis, fin mars et début avril 2003, par des milices appartenant à l'ethnie Lendu, qui auraient abattu tous ceux qui refusaient de soutenir leurs offensives. Selon les villageois, un milliers de personnes auraient été tuées.

_4 avril, Kinshasa. Le président Joseph Kabila promulgue la nouvelle constitution prévue par l'accord de paix de Sun City.

_2 avril, Sun City (Afrique du Sud). L'Accord sur la transition en République démocratique du Congo (RDC) entériné en décembre 2002 à Pretoria, signé par les parties au conflit civil qui se prolonge depuis près de cinq ans en RDC. L'accord dote le Congo-Kinshasa d'une constitution provisoire et d'un gouvernement de transition qui devrait gérer le pays pendant deux ans et demi, échéance au bout de laquelle des élections seront organisées.

Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, a invité les parties "à mettre un terme au conflit qui persiste dans l'est du pays, où la population connaît peut-être un sort encore plus tragique depuis la signature des accords".

COREE DU NORD

_9 avril, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies se saisit du dossier nucléaire nord-coréen. La Chine et la Russie s'opposent à une condamnation de la Corée du Nord réclamée par les Etats-Unis pour son retrait [effectif le 10 avril] du Traité de non-prolifération nucléaire (TNT). La Corée du Nord fait partie, avec l'Irak et l'Iran, des pays formant l'axe du mal dénoncé par Georges Bush.#

COTE D’IVOIRE

_13 mai, New York. Considérant que la situation en Côte d'Ivoire constitue une menace à la paix et à la sécurité dans la région, le Conseil de sécurité des Nations unies décide de créer une Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire ou MINUCI. Chargée de faciliter la mise en oeuvre de l'Accord de Linas-Marcoussis, elle comportera une composante militaire qui fonctionnera comme un groupe de liaison entre les forces françaises, celles de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) et les Forces nouvelles.

Dans la perspective des élections qui doivent se dérouler en Côte d'Ivoire en 2005, le Conseil a également approuvé la création d'une équipe restreinte qui apportera un appui pour les questions politiques et juridiques, les affaires civiles, la police civile, les élections, les médias et les relations publiques mais aussi les droits de l'homme et les problèmes humanitaires au Représentant spécial de Kofi Annan, Albert Tevoedjre.

Dans la perspective des élections qui doivent se dérouler en Côte d'Ivoire en 2005, le Conseil a également approuvé la création d'une équipe restreinte qui apportera un appui pour les questions politiques et juridiques, les affaires civiles, la police civile, les élections, les médias et les relations publiques mais aussi les droits de l'homme et les problèmes humanitaires au Représentant spécial de Kofi Annan, Albert Tevoedjre.

CUBA

_7 avril, La Havane. De lourdes sentences allant de 12 à 27 ans de prison contre des dissidents cubains, arrêtés ces dernières semaines. Selon une liste établie par Elizardo Sanchez Santacruz, qui préside la Commission cubaine des droits de l'homme et la réconciliation nationale (CCDHRN - illégale), 43 sentences ont été prononcées dans les 14 provinces de l'île, allant de 10 ans à 27 ans de prison.

L'économiste Marta Beatriz Roque, 57 ans, a été condamnée à 20 ans de prison. Hector Palacios, 62 ans, un des promoteurs du projet Varela, une initiative réclamant un référendum en vue de réformes démocratiques, a été condamné à 25 ans de prison. L'écrivain et poète cubain Raul Rivero, directeur de l'agence indépendante Cuba Press, a été condamné à 20 ans de prison.

Parmi les autres sentences annoncées figurent celles de l'économiste Oscar Espinosa Chepe, condamné à 20 ans de prison, de même que Héctor Maseda Gutiérrez. Deux autres membres d'un groupe de défense des droits de l'homme, Marcelo Lopez et Marcelo Cano, ont reçu 18 et 15 ans de prison.

Selon la dissidence, onze témoins, connus comme des opposants, se sont présentés à la barre et ont reconnu être des agents de la sécurité de l'Etat, infiltrés dans les mouvements d'opposition. Le président cubain, Fidel Castro, exclu toute possibilité de clémence en affirmant lors d'une émission télévisée que les dissidents étaient des "mercenaires qui ont trahi leur patrie" et qu'il n'admettrait pas "d'impunité pour ceux qui trahissent le pays et sont payés" par les Etats-Unis. "Cette révolution est capable d'être aussi dure qu'il soit nécessaire pour se défendre".

ESPAGNE

_9 mai, Madrid. Le tribunal constitutionnel espagnol confirme l’inéligibilité de plusieurs centaines de candidats indépendantistes basques aux élections municipales du 25 mai. Les candidats se présentaient sous les couleurs de la Plate-forme pour l’autodétermination du pays basque (AuB), considérée comme le successeur direct du parti Batasuna interdit en mars 2003 pour ses liens avec l’ETA.

_7 mai, Washington Les Etats-Unis placent le parti indépendantiste basque Batasuna, mis hors la loi en Espagne, sur leur "liste noire" des organisations terroristes. Batasuna, qui représente la gauche indépendantiste basque depuis 25 ans, est considéré comme le bars politique de l’organisation séparatiste armée ETA.

ETATS-UNIS

_26 juin, Washington. La Cour suprême des Etats-Unis dépénalise la "sodomie", mettant en cause l'existence, dans 13 Etats sur 50, de lois l'interdisant. Dans 9 cas, ces lois s'appliquent à tous les couples et, dans 4 autres, aux seuls partenaires homosexuels.

Dans une décision adoptée par 6 voix contre 3, les juges constitutionnels, ont donné raison aux deux hommes dans leur plainte contre l'Etat du Texas. "Les demandeurs ont droit au respect de leur vie privée", écrit le juge Anthony Kennedy dans la décision. Selon lui, "l'Etat ne peut pas surveiller leur existence et contrôler leur destin en pénalisant leur vie privée".

Pour la juge Sandra Day O'Connor, qui a voté pour la décision, mais qui a déposé une opinion se distinguant, sur certains points, des arguments retenus par Anthony Kennedy, "une loi qui classe comme délinquante une catégorie de personnes sur la seule base de la désapprobation morale exprimée par l'Etat pour cette catégorie de personnes et pour les actes qui lui sont associés est contraire [...] à la clause [constitutionnelle] de protection égale".#

Pour Ruth Harlow, directrice juridique du Fonds Lambda, association qui lutte contre les discriminations visant les homosexuels, déclare que la Cour suprême, qui inverse ainsi sa jurisprudence de 1986, a fourni "un outil puissant à tous les gays qui continuent à lutter, dans les 50 Etats, pour se voir reconnaître l'égalité de traitement".

_17 mai, Washington. "Jusqu'à maintenant, près de la moitié des principaux dirigeants d'Al-Qaida ont été capturés ou tués et nous resterons sur la piste jusqu'à ce qu'ils soient tous traduits en justice", déclare le président Bush, lors de son intervention radiophonique hebdomadaire "Avec la libération de l'Irak et de l'Afghanistan, nous avons éliminé des alliés d'Al-Qaida, coupé les sources de financement du terrorisme et assuré qu'aucun réseau terroriste n'obtiendrait des armes de destruction massive du régime de Saddam Hussein", souligne-t-il, avant d'ajouter que "la lutte contre le terrorisme continue".

_6 mai, Washington. Les Etats-Unis annoncent qu’ils vont libérer une quinzaine de prisonniers, dont peut-être plusieurs mineurs, incarcérés à la base navale de Guantanamo à Cuba après avoir été capturés en Afghanistan, parce qu'"ils ne représentent aucun intérêt d'un point de vue du renseignement ou ne sont pas considérés comme représentant une menace".

L'annonce de cette libération intervient après la publication d'une lettre adressée le 14 avril par le secrétaire d'Etat Colin Powell à son homologue au département de la Défense, Donald Rumsfeld, avertissant des retombées diplomatiques, dommageables pour la coopération internationale contre le terrorisme, de la détention prolongée de centaines de prisonniers à Guantanamo.

FRANCE

_26 juin, Paris. Jean-Marie Le Pen débouté de sa plainte en diffamation contre le quotidien Le Monde, déposée après une série d'articles, les 4 mai et 4 juin 2002, sur sa participation à la torture pendant la guerre d'Algérie. Dans son jugement, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris juge l'enquête de Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie au Monde, "particulièrement sérieuse et approfondie". Si ces articles malmènent effectivement "l'honneur et la considération" du président du Front national et sont donc diffamatoires, le tribunal a reconnu "la bonne foi" du journal et sa légitimité "à informer ses lecteurs sur des circonstances qui lui paraissaient dignes d'intérêt et offrant une crédibilité certaine".#

Jean-Marie Le Pen avait obtenu une série de condamnations jusqu'au début des années 1990, lorsqu'était évoqué son passé algérien. Depuis la confirmation en 1994 de la relaxe de l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, la jurisprudence a changé.

-> Le jugement      -> Le Monde et la guerre d’Algérie

_18 juin, Paris. Reporters sans frontières (RSF) demande au ministre de la Justice Dominique Perben d'abroger "des dispositions françaises en matière de presse jugées non conformes à [...] la Convention européenne des droits de l'homme".

"A trois reprises, au cours des dernières années, la Cour européenne a constaté que des lois françaises violaient l'article 10" de la Convention européenne des droits de l'Homme, indique l'association de défense de la liberté de la presse. L'article 10 de la Convention stipule notamment que "toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière".

L’organisation cite l'article 2 de la loi du 2 juillet 1931 sur la publicité donnée aux constitutions de partie civile, l'article 14 de la loi du 29 juillet 1881 sur les publications étrangères, et l'article 36 de cette même loi sur les offenses à chef d'Etat étranger.

_4 avril, La Haye. La France vient d'accepter la compétence de la Cour internationale de justice (CIJ) à l'égard de la requête déposée à son encontre par la République du Congo. Elle est le premier pays à accepter la compétence de la CIJ dans une affaire le mettant en cause.

La requête du Congo vise à faire annuler les actes d'instruction et de poursuite accomplis par la justice française à la suite d'une plainte pour crimes contre l'humanité et tortures émanant de diverses associations et mettant notamment en cause le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso et le ministre congolais de l'intérieur, Pierre Oba.

INDONESIE

_23 mai, Aceh. L'armée indonésienne a lancé, le 19 mai, une vaste offensive contre le Mouvement Aceh libre (GAM), qui tente depuis 1976 d'obtenir par les armes l'indépendance de cette province riche en hydrocarbures du nord de l'île de Sumatra. Au moins 31 rebelles séparatistes de la province indonésienne d'Aceh ont été tués en cinq jours d'offensive, a indiqué vendredi l'armée, qui a démenti que des civils soient parmi les morts.#

L'armée a été accusé de nombreuses violations des droits de l'homme, notamment à Aceh, théâtre d'un conflit depuis 1976 qui a fait plus de 10’000 morts, en majorité des civils.

_19 mai, Bali. L'attentat de Bali [contre un restaurant et une discothèque, 202 morts, en majorité des touristes étrangers, le12 octobre 2002] est un "crime contre l'humanité", déclarent les procureurs, lors de la deuxième audience du procès du premier des accusés de cette attaque.

Un mécanicien de 40 ans, Amrozi, comparaît pour sa participation à l'attentat. Les autorités indonésiennes attribuent la responsabilité de cette attaque à la Jamaah Islamiyah, un réseau d'Asie du Sud-Est qui serait lié à Al-Qaïda.

MAROC

_23 juin, Casablanca. Le journaliste franco-marocain incarcéré, Ali Lamrabet, cesse la grève de la faim qu'il observait depuis le 6 mai à Rabat, annonce le prince Moulay Hicham, cousin du roi Mohammed VI du Maroc. Il a décidé de mettre fin à sa grève, après avoir jugé "convaincants et recevables les arguments que je lui ai présentés", indique le prince. Selon lui, Ali Lamrabet a été "sensible notamment à l'argument selon lequel il servirait mieux sa cause en restant vivant et à l'idée qu'il ne fallait pas confondre dignité et fierté".

_26 mai, Rabat. Le journaliste marocain Ali Lmrabet, incarcéré le 21 mai après sa condamnation à 4 ans de prison pour "outrage au roi" et en grève de la faim depuis le 6 mai, hospitalisé d'urgence annoncent ses avocats. Empêchés de rencontrer leur client à l'hôpital, ceux-ci dénoncent cette "entrave aux droits de la défense".

Selon l'association Reporters sans frontières (RSF), dont Ali Lmrabet est le représentant au Maroc, le directeur de publication de deux hebdomadaires satiriques qui ont été interdits est "très affaibli". "Le pouvoir marocain porterait une lourde responsabilité au cas où il arriverait malheur au journaliste", affirme Robert Ménard, secrétaire général de RSF.

-> Robert Ménard    La grave erreur de la monarchie chérifienne

_17 juin, Rabat. Le journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, condamné par la cour d'appel de Rabat, notamment pour "outrage à la personne du roi", à trois ans de prison ferme, à l'interdiction de ses deux journaux satiriques et à 20.000 dirhams d'amende (environ 2.000 euros). Ali Lamrabet, hospitalisé, observe une grève de la faim depuis le 6 mai.#

L'association Reporters sans frontières (RSF) se dit "profondément indignée" par la condamnation du journaliste qui est son correspondant au Maroc. "Les autorités marocaines font preuve d'un entêtement qui peut s'avérer criminel", estime Robert Ménard, secrétaire général de l’organisation. qui demande aux "pays européens [de rappeler au Maroc] les engagements pris en matière de droits de l'homme lors de la signature des accords d'association entre l'Europe et le Maroc".

_16 mai, Casablanca. 41 personnes tuées et une centaine d'autres blessées dans cinq attentats à la voiture piégée et à la bombe, qui ont lieu presque simultanément. Les lieux visés étaient l'Hôtel Safir, le consulat de Belgique, le Cercle de l'Alliance israélite, un centre culturel de la communauté juive de casablanca, et le restaurant de la Casa de España. La plupart des victimes sont de nationalité marocaine. Treize kamikazes ont péri; l'un d'entre eux, blessé, est arrêté.

Les kamikazes appartiendraient à un groupe islamiste, Le Droit chemin [Al-sirat Al-Moustaquim], groupe lié au mouvement du djihad salafiste - mouvement partisan d'une application rigoriste de la loi coranique.

_16 mai, Casablanca. 41 personnes tuées et une centaine d'autres blessées dans cinq attentats à la voiture piégée et à la bombe, qui ont lieu presque simultanément. Les lieux visés étaient l'Hôtel Safir, le consulat de Belgique, le Cercle de l'Alliance israélite et le restaurant de la Casa de España. La plupart des victimes sont de nationalité marocaine. Une dizaine de kamikazes ont péri; l'un d'entre eux, blessé, est arrêté.

Le Maroc accuse le "terrorisme international" et soupçonne le mouvement terroriste Al-Qaida. Dans une cassette diffusée en février 2003, Oussama Ben Laden avait cité le Maroc parmi les pays arabes "apostats". "Les musulmans, avait-il dit, doivent se mobiliser pour se libérer des régimes asservis par l'Amérique : la Jordanie, le Maroc, le Nigeria, le Pakistan, l'Arabie saoudite et le Yémen".

Les principales attaques depuis septembre 2001. 11 avril 2002, Tunisie. Un camion-citerne explose contre le mur d'enceinte de la synagogue de la Ghriba, à Djerba : 19 morts / 8 mai 2002, Pakistan. Attentat-suicide contre un autobus transportant des employés français de la direction des constructions navales (DCN), à Karachi : 14 morts, plus de 20 blessés / 12 octobre 2002, Indonésie. Attentat-suicide à Bali, attribué au réseau islamiste Jemaah Islamiyah : 202 morts / 28 novembre 2002, Kenya. A Mombasa, attentat-suicide contre un# hôtel à capitaux israéliens et attaque au bazooka qui manque de peu un charter israélien au décollage : 12 Kényans et trois Israéliens sont tués / 13 mai 2003, Arabie saoudite. Triple attentat-suicide à Riyad : 34 morts et 194 blessés.

NEPAL

_31 mai, Katmandou. Dix-huit Tibétains, dont huit mineurs, détenus au Népal depuis la mi-avril, expulsés vers la Chine malgré les appels du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), et de groupes proches du dalaï-lama qui ont dénoncé "des pressions" de la Chine.

NIGERIA

_22 avril, Abuja. Le chef de l'Etat sortant, Olusegun Obasanjo, vainqueur, avec 62 % des voix, du scrutin présidentiel du 19 avril. Son principal rival, Muhammadu Buhari, est crédité de 33 % des suffrages. Le président nigérian, dont le parti remporte aussi l'élection des gouverneurs dans les trois quarts des 36 Etats de la Fédération nigériane, est ainsi réélu dès le premier tour. L’opposition dénonce une "farce" électorale. Les observateurs internationaux ont également relevé des "irrégularités" d'une ampleur propre à entamer la légitimité démocratique du scrutin.

RUSSIE / Tchétchénie

_1er juin, Moscou. Dans des déclarations transmises aux agences Reuters et AFP, le président tchétchène, Aslan Maskhadov, qui vit dans la clandestinité depuis la reprise de la guerre dans cette République caucasienne en 1999, appelle les Tchétchènes à "ne pas plier" face à "l'ennemi" et à "prendre les armes". "Nous avons un Etat et nous faisons la guerre à un autre Etat", dit-il. "La guérilla est très déterminée", et elle prépare "des actions pour cet été et cet automne".

[Elu président en 1997 alors que la Tchétchénie jouissait d'une indépendance de facto, Aslan Maskhadov déclare que la seule solution au conflit serait des négociations "sous l'égide d'organisations comme les Nations unies, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou le Conseil de l'Europe".]

_14 mai. Un nouvel attentat-suicide fait 15 morts : une femme kamikaze tchétchène se fait "exploser" lors d'un rassemblement religieux dans le village d'Ilskhan-Iourt, dans le nord-est de la Tchétchénie.

_13 mai, New York. Kofi Annan condamne les "actes terroristes abominables" commis en Fédération de Russie et en Arabie saoudite pendant les dernières 24 heures, déclarant qu'ils portaient atteinte à "tous les préceptes de la religion, aux droits de l'homme et à l'humanité." #

"Il n'est jamais possible de justifier le terrorisme", a indiqué le secrétaire général des Nations unies à propos des explosions qui ont fait des dizaines de morts et de blessés dans le Nord de la Tchétchénie [Znamenskoe] et en Arabie saoudite [Riyad].

_12 mai, Znamenskoe. 54 personnes trouvent la mort dans un attentat à l'explosif perpétré contre un bâtiment des services de sécurités russes, à de Znamenskoe, ville proche de la frontière russe, située au nord de Grozny, la capitale de la république séparatiste.

_11 avril, Genève. L'organisation Human Rights Watch (HRW) dénonce la poursuite des exécutions, tortures et disparitions perpétrées par des militaires russes dans un rapport préparé pour la Commission pour les droits de l'homme des Nations unies. "La situation des droits de l'homme dans la république tchétchène s'est alors catastrophiquement aggravée, car Moscou a compris cette absence de condamnation comme le signe que la communauté mondiale fermerait désormais les yeux", souligne Anna Neïstat, directeur de HRW à Moscou.

Des enquêtes menées en mars par l'organisation de défense des droits de l'homme dans le Caucase du Nord ont montré que "les troupes russes ont fait [disparaître] au moins 26 personnes" sur les deux premiers mois de l'année, ajoute le rapport. Selon HRW, "des statistiques gouvernementales officielles mais non publiées" font état de 1'132 civils tués en Tchétchénie en 2002, hors des affrontements armés ou des explosions de mines télécommandées, soit près de 95 civils tués par mois.

TUNISIE

_10 juin, Paris. Dans un nouveau rapport intitulé Tunisie, le cycle de l’injustice, Amnesty International dresse un sombre tableau de l’évolution de la situation des libertés en Tunisie et déclare qu’un "fossé sépare toujours les principes proclamés par les pouvoirs publics et la réalité tell qu’elle est vécue par les Tunisiens". Par l’intermédiaire des forces de sécurité, de l’appareil judiciaire et d’autres institutions de l’Etat, le pouvoir lui-même "continue de violer délibérément les traités internationaux relatifs aux droits humains" que la Tunisie a pourtant ratifiés, ainsi que la constitution et la législation tunisienne.

L’organisation dénonce "la mise en détention arbitraire et illégale d’opposants réels ou présumés, souvent placés au secret pour une durée excédent généralement le délai de garde à vue prescrit par la loi tunisienne", "des aveux […] obtenus sous la torture", "l’arbitraire […] toléré, voire approuvée, aux plus hauts niveaux de l’Etat, dans un climat général d’impunité".#

UNION EUROPEENNE

_5 juin, Luxembourg. L'Union européenne (UE) ajoute à sa liste des organisations terroristes le parti basque Batasuna considéré par l'Espagne comme la vitrine politique des séparatistes d'ETA. Cette liste, mise en place par l'UE après les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, comprend des groupes et des individus qu'elle considère comme étant liés à des organisations terroristes.

VATICAN

_20 avril, Rome. Jean Paul II appelle dans son message de Pâques à la paix en Irak, au Proche-Orient et dans toutes les régions ravagées par des "conflits oubliés", afin d'éviter "l'affrontement dramatique entre cultures et religions". "Que se brise la chaîne de la haine qui menace le développement ordonné de la famille humaine. Puisse Dieu nous permettre d'être libérés du danger de l'affrontement dramatique entre cultures et religions", déclare le pape dans son message prononcé en italien avant de donner sa bénédiction "urbi et orbi".

-> Le message pascal du pape

_18 avril, Rome. Jean Paul II dénonce "tous les calvaires oubliés" endurés par les "victimes de la haine, de la guerre et du terrorisme", dans un message diffusé lors du traditionnel chemin de croix au Colisée. "Combien de [chemins de croix] oubliés! Je pense aux images tragiques de guerres et de conflits qui nous parviennent chaque jour de tant d'endroits. Je pense à l'angoisse et à la peine des individus et des peuples de tous les continents. Je pense à la mort, causée par la faim et les privations, de milliers d'enfants et d'adultes innocents. Je pense à la dignité humaine bafouée, malheureusement parfois au nom de Dieu". [...] "Nous ne pouvons pas rester indifférents devant ce cri de douleur lancinant qui s'élève de tant de lieux de la planète", s'écrie le pape.

VIETNAM

_18 juin, Hanoi. Le cyber-dissident Pham Hong Son condamné à 13 ans de prison pour "espionnage" par la Cour populaire de Hanoi. Son, un médecin de 34 ans, employé d'une entreprise pharmaceutique, avait été arrêté le 27 mars 2002 dans la capitale peu après avoir traduit un article intitulé "Qu'est-ce que la démocratie", trouvé sur le site du Département d'Etat américain.

ZIMBABWE

_17 avril. Le Solidarity Peace Trust (SPT), une organisation non gouvernementale créée par quatre évêques zimbabwéens et deux sud-africains, publie un rapport accablant sur la torture d'opposants et la "violence organisée par l'Etat" à grande échelle en février et mars 2003 à Bulawayo (sud-ouest du Zimbabwe), deuxième ville du Zimbabwe. #

"La violence organisée par l'Etat s'est déroulée à grande échelle dans de nombreuses régions du Zimbabwe durant le mois de mars", affirme le rapport, qui relève que "la torture par mutilation est sans l'ombre d'un doute pratiquée par les partisans du gouvernement contre leurs opposants politiques".

Le Peace Trust a été fondé par l'archevêque catholique de Bulawayo, Pius Ncube, l'évêque anglican de Mutare, Sebastian Bakare, l'évêque catholique auxiliaire de Mutare, Patrick Mutume, l'évêque évangélique de Mutare, Trevor Manhanga, et deux Sud-Africains, l'évêque anglican du KwaZulu-Natal, Rubin Phillip, et l'évêque catholique de Rustenberg, Kevin Dowling.

–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––


__COMMERCE DES ARMES

_19 mai, Paris. Les pays du G8, principaux fournisseurs d'armes dans le monde, n'appliquent pas leurs engagements et approvisionnent des pays qui violent les droits de l'homme, dénonce Amnesty International dans un rapport, avant le Sommet des pays du G8, du 1er au 3 juin 2003 à Evian (France).

"Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se préparent pour leur sommet à Evian, Amnesty International révèle que contrairement aux assurances (données par ces pays), leurs gouvernements arment et fournissent certains des pays qui violent le plus les droits de l'homme", dénonce l'organisation, dans son rapport intitulé "Un catalogue de défaillances: les exportations d'armes du G8 et les violations des droits de l'homme".

-> Le rapport d’Amnesty International

__DROITS DE L’HOMME

_11 mai, Dakar. 19 pays africains présentent les "signes annonciateurs" de crises ou sont engagés dans des processus fragiles de rétablissement de la paix sur un continent "ruiné par des conflits", avertit la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho).

L'organisation de défense des droits de l'homme rend public un rapport intitulé "La paix en construction" et explique dans ce document qu'elle "anticipe pour alerter l'opinion internationale sur les risques de conflits" et, ainsi, permettre des "actions urgentes de nature à les prévenir". Sur la liste des 19 pays, figure le Togo où "le président Gnassingbé Eyadéma s'appuie sur une armée prétorienne" et un régime caractérisé par des "arrestations arbitraires, assassinats, tentatives d'assassinat et intimidation des opposants et des acteurs de la société civile", indique le rapport.

La Raddho épingle aussi le Burkina Faso, où le président Blaise Compaoré, "arrivé au pouvoir après l'assassinat de Thomas Sankara", totalise 16 ans d'"un règne marqué par la répression". Outre le Togo et le Burkina Faso, huit autres Etats d'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée, Liberia, Mauritanie, Nigeria, Sierra-Leone) répertoriés par la Raddho sont "à surveiller", faisant de cette partie du continent la zone la plus "risquée" pour la rupture de la paix ou la fragilisation de son processus.

La RADDHO est une organisation non gouvernementale basée à Dakar (Sénégal), dont l'objectif est de promouvoir, protéger et défendre les droits de l'homme au Sénégal et en Afrique. L'organisation intervient dans un certain nombre de domaines : droits de la femme et de l'enfant, réfugiés, torture, mines antipersonnel.

Dans le cadre de ses activités, la RADDHO collabore avec des organisations de défense des droits de l'homme au niveau local, national et international.

Sur le plan régional : Association mauritanienne des droits de l'homme (AMDH) / Mouvement Burkinabé des droits de l'homme / Association malienne des droits de l'homme / Association de lutte contre les violences faites aux femmes(ALVF, Cameroun) / Association nigérienne des droits de l'homme / Association africaine des droits de l'homme (ASADHO, Congo-Kinshasa) / Ligue tchadienne des droits de l'homme(LTDH).

Sur le plan international : Organisation mondiale contre la torture(OMCT) / Fédération internationale des Ligues des droits de l'homme(FIDH) / Human Rights Watch / Amnesty International / Lawyers Comittee for Humann Rights / Campagne pour l'interdiction des mines antipersonnel.

_6 mai, Genève. Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme envoie une équipe de 12 personnes en Irak. Sergio Vieira de Mello, haut commissaire, indique que "les efforts [du haut Commissariat] portent sur la façon d'apporter au peuple irakien l'espoir d'un avenir meilleur". Celui -ci "mettra les droits économiques, sociaux et culturels en première ligne de son action".#

__LIBERTE DE LA PRESSE

_3 mai, Paris. Reporters sans frontières publie son rapport annuel sur les atteintes à la liberté de la presse en 2002 dans 156 pays, ainsi qu'une nouvelle liste de 42 prédateurs. Une année noire pour la liberté de la presse que les événements de mars et d'avril 2003 - 9 journalistes tués en Irak et 26 journalistes arrêtés et condamnés à Cuba - ne font que confirmer. Il n'y a jamais eu autant de journalistes emprisonnés dans le monde.

-> Plus d’information

127 journalistes sont actuellement emprisonnés dans le monde pour avoir voulu faire leur métier. 14 ont été tués depuis le 1er janvier 2003 dans l'exercice de leur profession. En 2002, 25 journalistes et professionnels des médias ont été tués dans l'exercice de leur profession ou pour leurs opinions. Le nombre de journalistes interpellés a augmenté de près de 40 % et celui des journalistes agressés ou menacés de 100 % par rapport à 2001.

_PEINE DE MORT

_12 avril, Londres. Les exécutions capitales ont diminué de moitié en 2002, mais leur nombre reste élevé, notamment en Chine, aux Etats-Unis et en Iran, indique le rapport annuel d'Amnesty International sur la peine de mort. Au moins 1'526 personnes ont été exécutées dans 31 pays en 2002, contre 3'048 dans 67 pays en 2001.

L'année 2002 a été marquée par la création d'une Coalition mondiale contre la peine de mort, composée de syndicats, de juristes et d'organisations non gouvernementales (ONG).

_ROMS

_10 avril. La Fédération internationale d'Helsinki (IHF), le Centre européen pour les droits des Roms (CEDR) et le Comité slovaque d'Helsinki demandent à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) d'enquêter sur des stérilisations forcée de femmes roms qui auraient eu lieu en Slovaquie, en Hongrie et en République tchèque.

Dans un communiqué, les trois organisations affirment avoir établi que "des dizaines de femmes roms" ont été stérilisées contre leur gré en Slovaquie, et après une enquête préliminaire de quelques semaines, confirmé 24 cas en République tchèque et quatre en Hongrie. Ces derniers ont été établis au cours d'une enquête effectuée en mars 2002.

[Les Roms sont environ 500'000 en Slovaquie et en Hongrie. Ils sont estimés à entre 200'000 et 300'000 en République tchèque. Les trois pays sont membres de l'OSCE qui recouvre l'Europe et l'Asie centrale, les Etats-Unis et le Canada.]

_TORTURE

_26 juin, Paris. La torture reste largement répandue dans le monde, affirme Amnesty International. L’organisation de défense des droits de l’homme a eu connaissance de cas de mauvais traitements et de torture dans 106 pays.

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