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2003-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

>  Le conflit irakien



Kofi AnnanKOFI ANNAN
Secrétaire général
des Nations unies

 LES DISCOURS 
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2003 La "reconstruction" de l'Irak
  [30 avril 2003]
  [22 juillet 2003]

17 AVRIL 2003, ATHENES / LE CONFLIT IRAKIEN
__Kofi Annan: les droits et les intérêts du peuple irakien doivent être le point de départ de notre réflexion. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons espérer assurer un avenir viable à l’Irak


Déclaration du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE), le 17 avril 2003 à Athènes. Extraits.

C'est un grand honneur pour moi de me joindre à vous en cette occasion historique.

L'élargissement de l'Union européenne aura des conséquences d'une très grande portée. Nous espérons tous que l'Union élargie sera aussi une Union plus forte, en mesure d'apporter une contribution encore plus décisive au progrès et à la stabilité dans le monde.

Cette contribution sera des plus nécessaires car, en ce nouveau siècle, la plupart des menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité sont mondiales ­ qu'il s'agisse du terrorisme international, de la prolifération des armes de destruction massive, du trafic d'armes légères, du changement climatique ou de nouveaux virus meurtriers. Chacune de ces menaces à elle seule suffirait à mettre en danger non seulement la stabilité de la planète, mais sa survie même.

Ces problèmes ne sont pas nouveaux pour l'Organisation des Nations unies. Mais pour beaucoup de gens, ils ont pris une dimension nouvelle et ont été ramenés sur le devant de la scène, ô combien douloureusement, depuis les événements du 11 septembre 2001 ­ et plus encore depuis la guerre en Irak.

La suspicion et la méfiance sont profondes, tant au sein des Etats qu'entre les nations. Les répercussions que les événements récents auront sur notre système de sécurité collective et sur la primauté du droit international suscitent aussi de vives inquiétudes.

Et pourtant, dans le monde entier, les gens comprennent aussi d'instinct que la meilleure réponse est de s'unir, d'affirmer et de défendre les valeurs humaines qui nous sont communes. Ils cherchent des institutions et des systèmes à même de faire respecter les principes fondamentaux et de trouver des solutions collectives aux problèmes communs.#

Parmi ces institutions, l'Union européenne est porteuse d'espoir de paix et de réconciliation, non seulement pour l'Europe elle-même mais pour le monde entier. Au niveau mondial, c'est bien sûr vers l'ONU que l'on se tourne pour trouver un cadre de sécurité stable. Mais, pour le bien de la planète tout entière, nos deux institutions doivent travailler ensemble. [...]

Irak : aucun problème n'a ainsi divisé le monde depuis la fin de la guerre froide

[...] Dans cette entreprise, comme dans beaucoup d'autres, notre succès sera fonction de la manière dont la communauté internationale saura relever le redoutable défi qui se pose maintenant à elle en Irak.

Aucun problème n'a ainsi divisé le monde depuis la fin de la guerre froide. Il est essentiel de réduire au plus vite la fracture. Le monde ne peut s'offrir le luxe de longues dissensions.

Il n'est nul besoin que quiconque abandonne ses positions de principe. Ce qu'il faut, c'est définir une série de principes et d'objectifs autour desquels nous pouvons tous nous rallier, puis avancer.

Il est certain que notre première préoccupation doit être le bien-être des Irakiens.

Ce peuple qui a terriblement souffert mérite un avenir meilleur. Dans l'immédiat, il a surtout besoin d'ordre, de sécurité et de secours humanitaires. Il est donc impératif que la Coalition, en tant que puissance occupante, accorde à présent le rang de priorité le plus élevé à l'accomplissement des obligations qui lui incombent en vertu de la quatrième Convention de Genève et du Règlement de La Haye.

Pour sa part, l'Organisation des Nations unies, qui a déjà commencé à assumer son rôle humanitaire essentiel, fera tout son possible pour aider le peuple iraquien, en toute indépendance et impartialité.

Les mesures qui suivront, plus fondamentales, auront une bien plus grande légitimité si elles sont prises par les Irakiens eux-mêmes, le moment venu.

La communauté internationale, quant à elle, doit fonder la politique et l'action qu'elle mènera en Irak sur une série de principes fondamentaux sur lesquels, je pense, nous sommes tous d'accord :

La souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de l'Irak doivent être préservées;

Le peuple irakien a le droit de choisir librement son propre système de gouvernement et sa direction politique, ainsi que de contrôler ses propres ressources naturelles;

Il faut aider le peuple irakien, aussi rapidement que possible, à instaurer des conditions de vie normales, et mettre fin à l'isolement de l'Irak;

Tout rôle confié aux Nations unies, au-delà de la tâche purement humanitaire, doit être défini par le Conseil de sécurité et conforme à la Charte. Il faut aussi que l'Organisation reçoive les ressources nécessaires.

Enfin, et par-dessus tout, les droits et les intérêts du peuple irakien doivent être le point de départ de notre réflexion. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons espérer assurer un avenir viable à l'Irak.

Si nous nous fondons fermement sur ces principes, je suis convaincu que nous saurons retrouver l'unité et nous mobiliser pour donner au peuple irakien un avenir meilleur. Par la même occasion, nous contribuerons à l'instauration d'un monde plus stable et plus pacifique.

Source: Nations unies, New York, 18 avril 2003.
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