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NATIONS UNIES, 8 JUIN 2004 / LA TRANSITION POLITIQUE DE LIRAK VERS LA DEMOCRATIE
__La résolution du Conseil de sécurité: "une nouvelle phase de la transition de lIrak vers un gouvernement élu démocratiquement a débuté"
La résolution en bref Lintervention de Kofi Annan
| [Etats-Unis d'Amérique, Roumanie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord : projet de résolution S/2004/460] |
Le Conseil de sécurité,
Constatant avec satisfaction qu'une nouvelle phase
de la transition de l'Irak vers un gouvernement élu démocratiquement
a débuté, et attendant avec impatience la fin
de l'occupation et qu'un gouvernement intérimaire entièrement
souverain et indépendant assume la pleine responsabilité
et la pleine autorité dans le pays d'ici au 30 juin 2004,
Rappelant toutes ses résolutions antérieures
sur l'Irak,
Réaffirmant l'indépendance, la
souveraineté, l'unité et l'intégrité
territoriale de l'Irak,
Réaffirmant aussi le droit du peuple Irakien
de décider librement de son propre avenir politique
et de contrôler ses propres ressources naturelles,
Conscient de l'importance de l'appui international,
en particulier celui des pays de la région, des voisins
de l'Irak et des organisations régionales, pour le peuple
Irakien dans les efforts qu'il déploie pour parvenir à
la sécurité et à la prospérité,
et notant que la bonne exécution de la présente
résolution contribuera à la stabilité de
la région,
Se félicitant des efforts faits par le Conseiller
spécial du Secrétaire général pour
aider le peuple Irakien à former le Gouvernement intérimaire
de l'Irak, comme indiqué dans la lettre du Secrétaire
général en date du 7 juin 2004 (S/2004/461),
Prenant acte de la dissolution du Conseil de gouvernement de l'Irak et se félicitant des progrès accomplis dans la mise en uvre des arrangements relatifs à la transition politique en Irak mentionnée dans la résolution 1511 (2003) du 16 octobre 2003,
Se félicitant de l'engagement pris par le Gouvernement intérimaire de l'Irak d'uvrer en vue d'un Irak fédéral,
démocratique, pluraliste et unifié, où
les droits politiques et les droits de l'homme soient pleinement
respectés,
Soulignant la nécessité pour toutes les
parties de respecter et de protéger le patrimoine archéologique,
historique, culturel et religieux de l'Irak,
Affirmant l'importance de l'Etat de droit, de
la réconciliation nationale, du respect des droits fondamentaux,
notamment ceux des femmes, des libertés fondamentales et
des principes démocratiques, y compris celui d'élections
libres et régulières,
Rappelant la création, le 14 août 2003,
de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak (MANUI),
et affirmant que les Nations Unies doivent jouer un rôle
moteur s'agissant d'aider le peuple et le Gouvernement Irakiens
à mettre en place les institutions d'un régime représentatif,
Constatant qu'un appui international au rétablissement de la stabilité et de la sécurité est une condition essentielle du bien-être du peuple Irakien et de l'aptitude de toutes les parties concernées à uvrer en faveur du peuple Irakien, et saluant les contributions que les Etats Membres ont apportées dans ce sens en vertu des résolutions 1483 (2003) du 22 mai 2003 et 1511 (2003),
Rappelant le rapport que les Etats-Unis ont communiqué
au Conseil de sécurité le 16 avril 2004 sur l'action
menée et les progrès réalisés par
la force multinationale,
Prenant acte de la demande formulée par le Premier
Ministre du Gouvernement intérimaire de l'Irak dans la
lettre qu'il a adressée le 5 juin 2004 à son Président,
qui figure en annexe à la présente résolution
et dans laquelle il a souhaité que la présence de
la force multinationale soit maintenue,
Reconnaissant également l'importance qu'il y
a à ce que le Gouvernement souverain de l'Irak donne son
consentement à la présence de la force multinationale
ainsi que l'importance d'une étroite coordination entre
la force multinationale et ce gouvernement,
Se félicitant que la force multinationale soit
disposée à continuer de concourir au maintien de
la sécurité et de la stabilité en Irak, à
l'appui de la transition politique, particulièrement pour
ce qui est des prochaines élections, et à assurer
la sécurité de la présence des Nations Unies
en Irak, comme indiqué au Président du Conseil de
sécurité par le Secrétaire d'Etat des Etats-Unis
dans sa lettre du 5 juin 2004, qui figure en annexe à la
présente résolution,
Notant que toutes les forces qui agissent en faveur
du maintien de la sécurité et de la stabilité
en Irak se sont engagées à se conformer au droit
international, y compris aux obligations qui découlent
du droit international humanitaire, et à coopérer
avec les organisations internationales concernées,
Affirmant qu'il est important que la communauté
internationale concoure à la reconstruction et au développement
de l'économie Irakienne,
Considérant les avantages que représentent
pour l'Irak les privilèges et immunités dont bénéficient
ses recettes pétrolières et le Fonds de développement
pour l'Irak et sachant qu'il importe que le Gouvernement intérimaire
de l'Irak et ses successeurs puissent continuer à utiliser
ce fonds après la dissolution de l'Autorité provisoire
de la Coalition,
Considérant que la situation en Irak continue
à faire peser une menace sur la paix et la sécurité
internationales,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations
Unies,
1. Approuve la formation d'un gouvernement intérimaire
souverain de l'Irak, tel que présenté le 1er
juin 2004, qui assumera pleinement d'ici le 30 juin 2004 la responsabilité
et l'autorité de gouverner l'Irak, tout en s'abstenant
de prendre des décisions affectant le destin de l'Irak
au-delà de la période intérimaire, issu d'élections
jusqu'à l'entrée en fonction d'un gouvernement de
transition de l'Irak comme prévu au paragraphe 4 ci-après;
2. Note avec satisfaction que, d'ici le 30 juin
2004 également, l'occupation prendra fin, l'Autorité
provisoire de la coalition cessera d'exister et l'Irak retrouvera
sa pleine souveraineté;
3. Réaffirme le droit du peuple Irakien
de déterminer librement son propre avenir politique et
d'exercer une autorité et un contrôle pleins et entiers
sur ses ressources naturelles et financières propres;
4. Approuve le calendrier proposé pour
la transition politique de l'Irak vers la démocratie, prévoyant
:
a) la formation d'un gouvernement intérimaire
souverain de l'Irak qui assumera la responsabilité
et l'autorité de gouverner le pays d'ici le 30 juin 2004;
b) la convocation d'une conférence nationale
représentative de la société Irakienne dans
sa diversité;
c) la tenue d'élections démocratiques
au suffrage direct, avant le 31 décembre 2004 si possible
et en tout état de cause le 31 janvier 2005 au plus tard,
à l'assemblée nationale de transition, qui aura
notamment pour tâches de former un gouvernement de transition
de l'Irak et de rédiger une constitution permanente, pour
aboutir à la formation, le 31 décembre 2005 au plus
tard, d'un gouvernement élu conformément à
ladite constitution;
5. Invite le Gouvernement de l'Irak à
examiner en quoi la convocation d'une réunion internationale
pourrait contribuer au processus ci-dessus, et note qu'il se féliciterait
de la tenue d'une telle réunion à l'appui de la
transition politique en Irak et du relèvement du pays,
pour le bien du peuple Irakien et dans l'intérêt
de la stabilité dans la région;
6. Demande à tous les Irakiens d'appliquer
intégralement ces arrangements dans la paix, et à
tous les Etats et toutes les organisations concernées de
concourir à cette application;
7. Décide qu'en s'acquittant, autant que
les circonstances le permettront, du mandat qui leur a été
confié de venir en aide au peuple et au Gouvernement de
l'Irak, le Représentant spécial du Secrétaire
général et la Mission d'assistance des Nations Unies
pour l'Irak, agissant à la demande du Gouvernement Irakien
:
a) assumeront un rôle moteur pour ce qui concerne
: I) l'aide à apporter à l'organisation,
au cours du mois de juillet 2004, d'une conférence nationale
chargée de désigner les membres d'un Conseil consultatif;
II) le conseil et l'appui à la Commission électorale
indépendante de l'Irak, ainsi qu'au Gouvernement intérimaire
de l'Irak et à l'Assemblée nationale de transition
en vue de la tenue d'élections; III) la promotion
du dialogue et de la recherche d'un consensus au niveau national
à l'occasion de l'élaboration d'une constitution
nationale par le peuple Irakien;
b) assumeront également les tâches suivantes
: I) conseiller le Gouvernement de l'Irak quant à
la mise en place de services administratifs et sociaux efficaces;
II) concourir à la coordination et à la livraison
de l'aide à la reconstruction et au développement
et de l'aide humanitaire; III) promouvoir la protection
des droits de l'homme, la réconciliation nationale et la
réforme judiciaire et juridique en vue de renforcer l'état
de droit en Irak; IV) conseiller et assister le Gouvernement
de l'Irak dans le cadre de la planification initiale d'un recensement
exhaustif;
8. Se félicite des efforts faits actuellement
par le Gouvernement intérimaire de l'Irak pour développer
les forces de sécurité Irakiennes, notamment les
forces armées Irakiennes (ci-après dénommées
"les forces de sécurité Irakiennes"),
qui seront placées sous son autorité et celle de
ses successeurs et qui joueront un rôle de plus en plus
grand dans le maintien de la sécurité et de la stabilité
en Irak, dont ils assumeront à terme la pleine responsabilité;
9. Note que c'est à la demande du nouveau
Gouvernement intérimaire de l'Irak que la force multinationale
est présente dans le pays et renouvelle en conséquence
l'autorisation qu'il a donnée à la force multinationale
sous commandement unifié établie par la résolution
1511 (2003), compte tenu des lettres qui figurent en annexe à
la présente résolution;
10. Décide que la force multinationale
est habilitée à prendre toutes les mesures nécessaires
pour contribuer au maintien de la sécurité et de
la stabilité en Irak conformément aux lettres
qui figurent en annexe à la présente résolution
et où on trouve notamment la demande de l'Irak tendant
au maintien de la présence de la force multinationale et
la définition des tâches de celle-ci, notamment en
ce qui concerne la prévention du terrorisme et la dissuasion
des terroristes afin que, entre autres, l'Organisation des Nations
Unies puisse remplir son rôle d'assistance au peuple Irakien
tel que défini au paragraphe 7 ci-dessus et que le peuple
Irakien puisse appliquer librement et à l'abri de toute
intimidation le calendrier et le programme fixés pour le
processus politique et tirer parti des activités de reconstruction
et de redressement;
11. Se félicite à ce propos des
lettres qui figurent en annexe à la présente résolution,
où il est notamment indiqué que des arrangements
sont en cours de mise en place pour la création d'un partenariat
en matière de sécurité entre le Gouvernement
souverain de l'Irak et la force multinationale et pour la coordination
des activités de ceux-ci, et note aussi, à ce propos,
que les forces de sécurité Irakiennes sont responsables
devant les ministres Irakiens compétents, que le Gouvernement
de l'Irak est habilité à affecter des forces de
sécurité Irakiennes à la force multinationale
afin qu'elles participent à des opérations avec
cette dernière et que les mécanismes de sécurité
décrits dans les lettres serviront de cadres où
le Gouvernement de l'Irak et la force multinationale parviendront
à un accord sur l'ensemble des questions fondamentales
relatives à la sécurité et aux décisions
de principe, y compris en ce qui concerne la politique relative
aux opérations offensives de nature délicate, de
sorte que les forces de sécurité Irakiennes et la
force multinationale travaillent en plein partenariat grâce
à une coordination et à une concertation étroites;
12. Décide en outre que le mandat de la force
multinationale sera réexaminé à la demande
du Gouvernement de l'Irak ou douze mois après la date de
l'adoption de la présente résolution et que ce mandat
expirera lorsque le processus politique visé au paragraphe
4 ci-dessus sera terminé, et déclare qu'il y mettra
fin plus tôt si le Gouvernement de l'Irak le lui demande;
13. Prend note de l'intention exprimée
dans la lettre du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis qui
figure en annexe de créer une entité distincte sous
le commandement unifié de la force multinationale avec
pour seule mission d'assurer la sécurité de la présence
des Nations Unies en Irak, comprend que l'application de mesures
visant à assurer la sécurité du personnel
des organismes des Nations Unies travaillant en Irak nécessiterait
des ressources importantes et demande aux Etats Membres et aux
organisations concernées de fournir ces ressources, notamment
en versant des contributions au financement de l'entité
en question;
14. Reconnaît que la force multinationale
aidera également à renforcer les capacités
des forces et des institutions de sécurité Irakiennes,
grâce à un programme de recrutement, d'instruction,
d'équipement, d'encadrement et de suivi;
15. Prie les Etats Membres et les organisations
internationales et régionales d'apporter une assistance
à la force multinationale, notamment sous forme de forces
militaires, si le Gouvernement de l'Irak en est d'accord, pour
répondre aux besoins du peuple Irakien en matière
de sécurité et de stabilité, d'aide humanitaire
et d'aide à la reconstruction, et pour soutenir l'action
de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Irak;
16. Souligne combien il est important de mettre
en place des services Irakiens efficaces de police, de surveillance
des frontières et de protection des installations, sous
l'autorité du Ministère de l'intérieur Irakien
et, dans le cas du service de la protection des installations,
d'autres ministères Irakiens, afin de maintenir la légalité,
l'ordre et la sécurité, y compris pour ce qui est
de la lutte contre le terrorisme, et prie les États Membres
et les organisations internationales d'aider le Gouvernement de
l'Irak à développer les capacités de ces
institutions Irakiennes;
17. Condamne tous les actes de terrorisme commis
en Irak, réaffirme les obligations qui incombent aux
États Membres en vertu des résolutions 1373 (2001)
du 28 septembre 2001, 1267 (1999) du 15 octobre 1999, 1333 (2000)
du 19 décembre 2000, 1390 (2002) du 16 janvier 2002, 1455
(2003) du 17 janvier 2003 et 1526 (2004) du 30 janvier 2004 et
des autres obligations internationales concernant notamment les
activités terroristes menées en Irak, à partir
de l'Irak ou contre des citoyens Irakiens et renouvelle expressément
l'appel qu'il a lancé aux États Membres pour qu'ils
empêchent le transit de terroristes à destination
ou en provenance de l'Irak, celui d'armes destinées à
des terroristes et les opérations de financement à
l'appui des terroristes, et souligne à nouveau combien
il est important de renforcer la coopération des pays de
la région, particulièrement les voisins de l'Irak,
à cet égard;
18. Convient que le Gouvernement intérimaire
de l'Irak jouera le rôle principal dans la coordination
de l'aide internationale à l'Irak;
19. Se félicite des efforts des Etats Membres
et les organisations internationales en réponse aux demandes
d'assistance technique et de services d'expert du Gouvernement
intérimaire de l'Irak, pendant que le pays reconstruit
son infrastructure administrative;
20. Demande à nouveau aux Etats Membres,
aux institutions financières internationales et aux autres
organisations de renforcer leur action afin d'aider le peuple
Irakien à reconstruire et à développer l'économie
du pays, y compris en fournissant des services d'experts internationaux
et les ressources nécessaires à la faveur d'un programme
coordonné d'assistance des donateurs;
21. Décide que les interdictions frappant la vente ou la fourniture à l'Irak d'armes et de matériel connexe au titre des résolutions précédentes ne s'appliqueront pas aux armes ou au matériel connexe dont ont besoin le Gouvernement de l'Irak ou la force multinationale aux fins de la présente résolution, souligne qu'il est important que tous les États se conforment rigoureusement à ces modalités et note le rôle significatif des pays voisins de l'Irak à cet égard, et demande au Gouvernement de l'Irak et à la force multinationale de veiller chacun à ce que les modalités de mise en uvre appropriées soient en place;
22. Note que rien dans le paragraphe précédent
ne modifie les interdictions ou les obligations faites aux États
concernant les articles spécifiés aux paragraphes
8 et 12 de la résolution 687 (1991) du 3 avril 1991 ou
les activités décrites à l'alinéa
f) du paragraphe 3 de la résolution 707 (1991) du 15 août
1991, et réaffirme son intention de réexaminer les
mandats de la Commission de contrôle, de vérification
et d'inspection des Nations Unies et de l'Agence internationale
de l'énergie atomique;
23. Demande aux Etats Membres et aux organisations
internationales de répondre aux demandes d'assistance Irakiennes
à l'appui des efforts Irakiens tendant à la réinsertion
des anciens combattants et membres de milices Irakiens dans la
société Irakienne;
24. Note que, une fois dissoute l'Autorité provisoire
de la Coalition, les ressources du Fonds de développement
pour l'Irak seront dépensées sous la seule autorité
du Gouvernement intérimaire de l'Irak, et décide
que le Fonds de développement pour l'Irak sera utilisé
de manière transparente et équitable et dans le
cadre du budget Irakien, notamment pour honorer les obligations
qui n'ont pas encore été réglées,
que les arrangements concernant le versement des produits de la
vente à l'exportation de pétrole, de produits pétroliers
et de gaz naturel, visés au paragraphe 20 de la résolution
1483 (2003), continueront de s'appliquer, que le Conseil international
consultatif et de contrôle poursuivra ses activités
de contrôle du Fonds de développement pour l'Irak
et comprendra comme membre supplémentaire doté du
droit de vote plein et entier une personne dûment qualifiée
désignée par le Gouvernement de l'Irak, et que des
mesures appropriées seront prises pour que se poursuive
le versement des produits visés au paragraphe 21 de la
résolution 1483 (2003);
25. Décide en outre que les dispositions
du paragraphe précédent concernant le versement
de produits dans le Fonds de développement pour l'Irak
et le rôle du Conseil international consultatif et de contrôle
seront revues à la demande du Gouvernement intérimaire
de l'Irak ou douze mois après la date de l'adoption de
la présente résolution, et deviendront caduques
lorsque le processus politique défini ci-dessus au paragraphe
4 aura été mené à bien;
26. Décide que parallèlement à
la dissolution de l'Autorité provisoire de la Coalition,
le Gouvernement intérimaire de l'Irak et ses successeurs
assumeront les droits, responsabilités et obligations liés
au programme "pétrole contre nourriture" qui
ont été transférés à l'Autorité,
y compris toutes les responsabilités concernant les opérations
du programme et toutes obligations contractées par l'Autorité
à ce titre, et seront chargés de faire certifier
par une entité indépendante que les marchandises
ont été livrées, et décide aussi qu'à
l'expiration d'une période de transition de 120 jours à
compter de la date de l'adoption de la présente résolution,
il incombera au Gouvernement intérimaire de l'Irak et à
ses successeurs de certifier la livraison des marchandises au
titre de contrats dont la priorité aura été
préalablement établie, cette certification étant
réputée constituer l'authentification indépendante
requise pour le déblocage des fonds liés à
ces contrats, le cas échéant en consultation, de
façon à garantir la bonne application de ces arrangements;
27. Décide en outre que les dispositions
du paragraphe 22 de la résolution 1483 (2003) resteront
d'application, si ce n'est que les privilèges et immunités
visés dans ce paragraphe ne seront pas applicables à
des jugements définitifs découlant d'obligations
contractées par l'Irak après le 30 juin 2004;
28. Se félicite que de nombreux créanciers,
y compris ceux du Club de Paris, se soient engagés à
trouver les moyens de réduire sensiblement la dette souveraine
de l'Irak, engage les Etats Membres ainsi que les organisations
internationales et régionales à appuyer l'effort
de reconstruction de l'Irak, exhorte les institutions financières
internationales et les donateurs bilatéraux à prendre
des mesures immédiates pour fournir à l'Irak l'éventail
complet de leurs prêts et d'autres formes d'aide et d'arrangements
dans le domaine financier, reconnaît que le Gouvernement
intérimaire de l'Irak est habilité à conclure
et exécuter des accords de ce type et autres arrangements
jugés nécessaires à cet égard, et
prie les créanciers, les institutions et les donateurs
de traiter ces questions en priorité avec le Gouvernement
intérimaire de l'Irak et ses successeurs;
29. Rappelle que les Etats Membres ont toujours
l'obligation de geler certains fonds, avoirs et ressources économiques
et de les transférer au Fonds de développement pour
l'Irak, conformément aux paragraphes 19 et 23 de la résolution
1483 (2003) et à la résolution 1518 (2003) du 24
novembre 2003;
30. Prie le Secrétaire général
de lui rendre compte, dans les trois mois suivant la date de l'adoption
de la présente résolution, des opérations
de la MANUI en Irak puis, tous les trois mois, des progrès
accomplis en vue des élections nationales et de l'exécution
de toutes les tâches de la MANUI;
31. Prie les Etats-Unis de lui rendre compte des efforts et progrès accomplis par la force multinationale, au nom de cette dernière, dans les trois mois suivant la date de l'adoption de la présente résolution, puis tous les trois mois;
32. Décide de rester activement saisi
de la question.
EXPLICATIONS DE VOTE
M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a déclaré
que le vote amène le Conseil à reconnaître
une étape importante pour l'Irak, lequel recouvrira sa
souveraineté le 30 juin prochain. Un Irak démocratique
et unifié respectant les droits de l'homme va donc naître.
Le Gouvernement intérimaire ouvrira la voie à des
élections qui se tiendront au plus tard en 2005. Les
Nations Unies joueront un rôle fondamental et vital dans
le cadre de leur assistance à l'Irak. Le représentant
a tenu à souligner que l'Irak aura le dernier mot sur la
présence de la force multinationale sur son territoire.
La résolution prévoit des mécanismes de sécurité,
et les lettres adressées par MM. Allawi et Powell au Conseil
de sécurité insistent sur les relations qui seront
maintenues entre l'Irak et la présence internationale.
L'assistance internationale devra renforcer les perspectives de
succès des Irakiens et les Etats Membres ne doivent pas
attendre pour apporter à l'Irak l'assistance dont il a
besoin. Le dialogue constructif qui a abouti à l'adoption
de la présente résolution devra déboucher
sur une coopération renouvelée et renforcée.
M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a estimé que
la résolution fait une contribution importante à
l'avenir de l'Irak. Tout en approuvant la formation d'un gouvernement
intérimaire, elle trace une voie claire au futur processus
politique qui prendra fin avec des élections organisées
sur la base d'une constitution approuvée par le peuple
Irakien. La résolution, a noté le représentant,
donne aux Nations Unies un rôle de chef de file dans l'appui
au processus dans lequel est engagé le peuple Irakien.
La résolution encourage, en outre, la communauté
internationale à aider à la reconstruction de l'Irak,
y compris au travail visant une réduction durable de la
dette Irakienne. Enfin, la résolution répond à
la demande du Gouvernement Irakien relative au maintien de la
force multinationale. Le gouvernement souverain, a expliqué
à son tour le représentant, aura le droit de demander
un réexamen ou l'arrêt des activités de la
force. Il a souligné que la résolution et les lettres
mises en annexe établissent aussi un partenariat fort entre
le Gouvernement Irakien et la force multinationale. 
Reconnaissant que les relations entre le Gouvernement Irakien
et la force multinationale ont été le point le plus
complexe des négociations, le représentant a rappelé
que, conformément à la résolution, les forces
de sécurité Irakiennes, y compris les forces armées,
ne seront responsables que devant les ministres Irakiens. En outre,
c'est le forum, dirigé par les Irakiens, qui établira
le cadre de la politique relative à la sécurité
et de ses principes généraux. Les mécanismes
de coordination national, régional et local assureront
un commandement unifié des opérations dans lesquelles
le gouvernement Irakien aura engagé des troupes, a aussi
rappelé le représentant avant de conclure en soulignant
que l'objectif est de parvenir à un accord sur tout l'éventail
des questions de sécurité, y compris les principes
généraux sur lesquels doivent se fonder les opérations
sensibles.
M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a estimé que
l'adoption de la résolution sur l'Irak constituait un moment
historique pour le peuple Irakien qui, après 30 ans de
dictature et 15 mois d'occupation étrangère, va
retrouver, si Dieu le veut, son indépendance, sa souveraineté
et sa dignité. Cependant, le futur reste pavé
de dangers et d'incertitudes et la résolution que nous
venons d'adopter, a souligné M. Baali, n'a ni pour objectif
de lever toutes les incertitudes et d'éliminer tous les
dangers, ni n'est en mesure de le faire. Les défis à
relever demeurent immenses et il dépend du peuple Irakien
et des gouvernements qui le dirigeront de conduire le pays jusqu'à
ce que des institutions légitimes soient élues en
vue d'assurer le travail de transition politique. A cette fin,
l'Irak devra travailler inlassablement pour permettre à
son peuple de vivre dans la paix et la sécurité,
de mettre en place une armée légitime, de développer
un processus démocratique authentique et d'utiliser les
ressources humaines et naturelles qui rendent ce pays unique.
Le gouvernement Irakien aura pour priorité de réduire
la violence et d'amener la paix et la stabilité dans le
pays. A cet égard, le représentant a souligné
que les problèmes d'insécurité ne pouvaient
pas être réglés par des moyens militaires.
La conférence nationale prévue pour juillet prochain
constitue, dans ce contexte, l'enceinte idéale pour la
promotion d'un dialogue en vue d'une réconciliation nationale
et la construction d'un consensus politique. Bien qu'imparfaite,
la résolution adoptée aujourd'hui est sans doute
la meilleure qu'il était possible de réaliser dans
les circonstances actuelles. L'Algérie se félicite
en particulier du fait que les coauteurs de cette résolution
aient répondu de façon constructive à quatre
demandes de l'Algérie, à savoir restaurer la pleine
souveraineté de l'Irak; reconnaître au gouvernement
Irakien son entière autorité et sa responsabilité
dans la gouvernance de l'Irak; placer toutes les forces armées
et de sécurité Irakiennes sous l'autorité
du Gouvernement; et obtenir l'accord du gouvernement Irakien pour
toutes les opérations militaires menées par la force
multinationale.
M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que cette résolution doit permettre à l'Irak d'entrer dans une phase de paix et de prospérité. Il s'agit maintenant de promouvoir la sécurité, la souveraineté territoriale et la reconstruction du pays. Ce texte est passé par des modifications considérables avant que de nombreux pays puissent y donner leur accord, et notamment le Pakistan. Nous sommes heureux des modifications apportées qui garantissent le transfert total de la souveraineté à l'Irak, le respect de l'intégrité territoriale, le contrôle sur ses ressources naturelles, le respect des vux exprimés par les Irakiens, le contrôle par l'Irak sur ses propres forces de sécurité. La résolution que le Conseil vient d'adopter prévoit le maintien de la Force multinationale à la demande du gouvernement Irakien et la mise en uvre de modalités de coopération, le respect du droit international humanitaire et du patrimoine culturel de l'Irak. Elle indique que l'ONU devra jouer un rôle de chef de file dans ce processus. Depuis la première guerre du Golfe, le Conseil adopte un texte de normalisation important
qui offre les moyens de ramener la paix et la sécurité
en Irak. Cependant, le climat de sécurité est
instable et nous devons tous espérer qu'après le
transfert de souveraineté, les conditions de sécurité
s'amélioreront. Mais il faut aussi comprendre que des solutions
politiques seront nécessaires pour rétablir la sécurité
dans le pays. Un appui de la part des pays voisins pour lutter
contre l'insécurité de l'Irak sera également
déterminant.
M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que cette résolution
constituait un tournant dans l'histoire de l'Irak. Ce texte a
posé le fondement des aspirations des Irakiens. Il approuve
la création d'un gouvernement intérimaire et le
droit des Irakiens à déterminer leur avenir politique
et à exercer leur contrôle sur leurs ressources naturelles.
Avec la fin de l'occupation et le retour de la souveraineté,
nous sommes sûrs que le peuple Irakien pendra la voie de
la paix et de la sécurité. Depuis 10 ans, l'Irak
a toujours été au centre de l'attention du Conseil
qui y a consacré plus de 70 résolutions. Nos travaux
ont été marqués par des moments de coopération
étroite mais également par de grandes divisions.
Mais aujourd'hui, ce texte est le fruit d'un consensus. Nous nous
félicitons que de nombreuses propositions chinoises ont
été reprises dans la dernière mouture du
texte. Le représentant chinois s'est déclaré
convaincu que la résolution permettra à l'ONU et
à l'Irak d'intensifier leur coopération et à
l'Irak de reprendre sa place au sein de la communauté des
nations. Les solutions aux grands problèmes internationaux
exigent une sagesse collective. C'est pourquoi, nous approuvons
un rôle significatif des Nations Unies et sommes prêts
à contribuer à la construction d'un Irak meilleur,
a conclu le représentant.
M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a affirmé
que la résolution que le Conseil vient d'adopter répond
sur de nombreux points aux demandes de son pays. Il a ainsi noté
que le gouvernement intérimaire Irakien aura une responsabilité
et une autorité complètes pour gouverner le pays, en ce qui concerne le contrôle des forces armées et de sécurité Irakiennes, la coordination de l'aide internationale, l'utilisation des ressources naturelles et les conditions de mise à disposition de conseillers étrangers. Le représentant a aussi noté que la résolution consacre les différentes étapes du processus politique, notamment le calendrier pour les élections et la fin de la transition, au plus tard à la fin de l'année 2005. D'ores et déjà, a-t-il dit, nous savons que l'organisation de la conférence nationale, au mois de juillet prochain, puis et surtout la tenue d'élections au plus tard en janvier 2005, seront cruciales. Le gouvernement souverain, a par ailleurs relevé le représentant, pourra à tout moment demander que le mandat de la force multinationale soit révisé ou qu'elle prenne fin. Soulignant que cette demande s'imposera au Conseil de sécurité, le représentant a noté que ce mandat sera en outre limité dans le temps et réexaminé au plus tard dans 12 mois. Il s'achèvera en toute hypothèse à la fin de la transition politique et d'ici là, la force multinationale devra agir dans le respect du droit international, notamment du droit des conflits armés, a encore relevé le représentant. Enfin, a-t-il poursuivi, la résolution prévoit désormais clairement que les forces armées et de sécurité Irakiennes ne font pas partie de la force multinationale. Elles sont placées sous la seule autorité du Gouvernement Irakien auquel appartiendra la décision de les engager, s'il le juge nécessaire ou souhaitable, dans des opérations de la force multinationale.
S'agissant toutefois de la mise en uvre du mandat de la force multinationale, a regretté le représentant, la
résolution ne précise pas ce qu'il adviendrait en
cas de désaccord entre cette dernière et le gouvernement
intérimaire. La France, s'est-il expliqué, aurait
souhaité que le dernier mot revienne au gouvernement intérimaire,
souverain sur le territoire de l'Irak. Cette disposition n'étant
pas explicitement demandée par les responsables Irakiens,
la France se satisfait de la modification ultime apportée
au dispositif, en n'imaginant pas que la force multinationale
puisse aller à l'encontre de l'avis du gouvernement souverain
de l'Irak. S'agissant du concours que pourraient apporter les
organisations régionales à la stabilisation de l'Irak,
a aussi commenté le représentant, la France souhaite
que soit préservée l'autonomie de décision
de ces organisations. La France se déterminera donc le
moment venu et juge naturel, comme l'indique le texte, que l'accord
du gouvernement Irakien soit requis, a indiqué en conclusion
le représentant.
M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) s'est félicité
de l'adoption de la résolution à l'unanimité,
soulignant que les amendements apportés par plusieurs membres
du Conseil durant les négociations, et particulièrement
l'approche imaginative et constructive de la France et de l'Allemagne,
avaient permis d'améliorer sensiblement le texte. L'Allemagne
s'associe à une résolution qu'elle définit
comme un pas important en direction de la restauration de la pleine
souveraineté du gouvernement Irakien intérimaire
dans tous ses domaines de compétences. Il a indiqué
que son pays s'était engagé dans cette voie au vu
des clarifications apportées par le texte au sujet du partenariat
en matière de sécurité entre le gouvernement
intérimaire et la force multinationale, en accord avec
les lettres adressées au président du Conseil de
sécurité par le premier ministre Irakien Allawi
et le secrétaire d'Etat américain Colin Powell.
Il est d'une importance cruciale que cette résolution soit maintenant mise en uvre en Irak dans le plein respect de la souveraineté Irakienne. Le représentant a estimé indispensable un soutien régional et international inconditionnel au peuple Irakien. C'est dans cet esprit, a-t-il conclu, que l'Allemagne est prête à collaborer avec les nouvelles autorités Irakiennes pour la reconstruction politique et économique du pays.
ANNEXE 1. Lettre adressée au Président du Conseil par le Premier ministre du Gouvernement intérimaire de l'Irak , Ayad Allawi
Monsieur le Président,
Venant d'être nommé Premier Ministre du Gouvernement
intérimaire Irakien, j'ai l'honneur de vous assurer de
la volonté du peuple Irakien de mener à son terme
le processus de transition politique afin d'établir un
Irak libre et démocratique et celle de participer à
la lutte contre le terrorisme et à sa prévention.
Au moment où l'Irak entre dans une nouvelle phase critique,
qu'il retrouve sa pleine souveraineté et qu'il s'achemine
vers des élections, il a besoin de l'aide de la communauté
internationale.
Le Gouvernement intérimaire Irakien n'épargnera
aucun effort pour s'assurer que ces élections seront libres,
régulières et pleinement démocratiques. La
sécurité et la stabilité demeurent des conditions
du succès de notre transition politique. Il reste cependant
en Irak des forces qui sont opposées à l'avènement
de la paix, de la démocratie et de la sécurité,
et parmi ces forces figurent des éléments étrangers.
Le Gouvernement est déterminé à en venir
à bout et à mettre en place des forces de sécurité
capables d'assurer au peuple Irakien un niveau adéquat
de sécurité. Jusqu'à ce que nous puissions
assurer nous-mêmes notre sécurité, et en particulier
la défense de l'espace terrestre, maritime et aérien
de l'Irak, nous sollicitons l'aide du Conseil de sécurité
et de la communauté internationale. Nous demandons au
Conseil de sécurité d'adopter une nouvelle résolution
portant sur le mandat de la force multinationale pour contribuer
à assurer la sécurité en Irak, notamment
par les tâches et selon les dispositions énoncées
dans la lettre du Secrétaire du Département d'Etat,
M. Colin Powell, au Président du Conseil de sécurité.
Le Gouvernement Irakien prie le Conseil de sécurité
d'examiner à nouveau le mandat de la force multinationale
quand le Gouvernement transitoire Irakien en fera la demande ou
dans un délai de 12 mois après l'adoption de la
résolution.
Pour que le Gouvernement Irakien s'acquitte de la responsabilité
d'assurer la sécurité, j'ai l'intention d'établir
des structures appropriées qui permettront à mon
gouvernement et aux forces de sécurité Irakiennes
d'assumer progressivement cette tâche. L'une de ces
structures est le Comité ministériel pour la sécurité
nationale, présidé par moi-même et composé
du Premier Ministre adjoint et des ministres de la défense,
de l'intérieur, des affaires étrangères,
de la justice et des finances. Le Conseiller pour la sécurité
nationale et le Directeur du service national Irakien du renseignement
seront des membres consultatifs permanents de ce Comité.
Cette instance définira les grandes lignes de la politique
Irakienne en matière de sécurité. J'ai l'intention
d'inviter, selon le cas, le commandant de la force multinationale,
son adjoint ou son représentant, ainsi que toutes autres
personnalités appropriées à participer aux
travaux de ce Comité pour examiner les mécanismes
de coopération et de coordination avec la force multinationale.
Les forces armées Irakiennes (la police, la police des
frontières et le service de la protection civile) relèveront
du Ministre de l'intérieur ou d'autres ministres.
En outre, les ministres compétents et moi-même
mettrons en place d'autres mécanismes de coordination avec
la force multinationale. J'ai l'intention de créer,
avec cette force, des organes de coordination aux niveaux national,
régional et local; ils comprendront les commandants des
forces de sécurité Irakiennes et des dirigeants
civils; ils s'assureront que ces forces agiront en coordination
avec la force multinationale sur toutes les questions portant
sur la politique et les opérations en matière de
sécurité, afin d'assurer l'unité de commandement
des opérations militaires dans lesquelles les forces Irakiennes
seraient engagées aux côtés de la force multinationale.
En outre, la force multinationale et les dirigeants Irakiens se
tiendront mutuellement informés de leurs activités,
se consulteront régulièrement pour assurer une allocation
et une utilisation efficaces du personnel, des ressources et des
équipements, échangeront des renseignements et feront
remonter les problèmes par leurs filières respectives
de commandement selon les besoins. Les forces de sécurité
Irakiennes assumeront progressivement des responsabilités
plus grandes à mesure que les capacités Irakiennes
augmenteront.
Les structures que j'ai décrites dans cette lettre seront
les instances dans lesquelles la force multinationale et le Gouvernement
Irakien se mettront d'accord sur l'ensemble des questions fondamentales
relatives à la sécurité, et notamment la
politique à suivre sur des opérations offensives
délicates, et assureront une pleine coopération
entre les forces Irakiennes et la force multinationale à
la faveur d'une coordination et d'une consultation étroites.
Comme se sont là des questions sensibles pour un certain
nombre de gouvernements souverains, notamment l'Irak et les Etats-Unis,
elles devront être résolues dans le cadre d'un accord
mutuel sur notre partenariat stratégique. Nous travaillerons
étroitement, durant les semaines qui viennent, avec les
dirigeants de la force multinationale pour nous assurer que nous
disposerons bien d'un tel cadre stratégique convenu.
Nous sommes prêts à assumer pleinement la souveraineté
de l'Irak au 30 juin. Nous n'ignorons pas les difficultés
avec lesquelles nous sommes aux prises, non plus que nos responsabilités
devant le peuple Irakien. Les enjeux sont élevés
et nous avons besoin pour réussir de l'aide de la communauté
internationale. Nous demandons donc au Conseil de sécurité
de nous aider en adoptant dès maintenant une résolution
nous apportant le soutien nécessaire.
Je crois comprendre que les auteurs du projet de résolution se proposent d'annexer le texte de la présente lettre au projet de résolution à l'étude. Dans l'intervalle, je vous prie de bien vouloir communiquer le texte de la présente lettre aux membres du Conseil dès que possible.
(Signé) Ayad Allawi
ANNEXE 2. Lettre adressée au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Colin Powell
Monsieur le Président,
Constatant que le Gouvernement Irakien a demandé à
la force multinationale en Irak de maintenir sa présence
dans le pays, et après des consultations avec le chef du
Gouvernement intérimaire Irakien, le Premier Ministre Ayad
Allawi, j'ai l'honneur de vous confirmer que la force multinationale
est disposée à continuer à contribuer au
maintien de la sécurité en Irak, notamment la
prévention et la dissuasion du terrorisme et à la
protection du territoire Irakien. La force multinationale aura
pour mission d'aider le peuple Irakien à parachever la
transition politique et de permettre aux Nations Unies et à
la communauté internationale de travailler ensemble à
la reconstruction de l'Irak.
L'aptitude du peuple Irakien à atteindre ses objectifs
dépendra beaucoup de la situation sur le plan de la sécurité
en Irak. Comme le montrent les événements récents,
les insurgés, parmi lesquels figurent des éléments
de l'ancien régime, des combattants étrangers et
des milices illégales, continuent à menacer tous
ceux qui travaillent au relèvement de l'Irak.
La stabilité et la sécurité de l'Irak
dépendent de façon critique d'une coopération
efficace entre la force multinationale et le Gouvernement Irakien
souverain. Le commandant de la force multinationale travaillera en partenariat avec le Gouvernement Irakien souverain pour assurer la sécurité tout en reconnaissant et en respectant sa souveraineté. A cette fin, la force multinationale est disposée à participer aux discussions du Comité ministériel pour la sécurité nationale sur les grandes lignes de la politique en matière de sécurité, comme il est indiqué dans la lettre datée du 5 juin 2004 du Premier Ministre Allawi, chef du Gouvernement intérimaire Irakien. Pour mettre cette politique en uvre et étant donné que les forces de sécurité Irakiennes relèvent de ministres Irakiens, la force multinationale coordonnera
son action avec celle des forces de sécurité Irakiennes
à tous les niveaux national, régional
et local afin d'assurer l'unité de commandement
des opérations militaires dans lesquelles les forces Irakiennes
seraient engagées aux côtés de la force multinationale. En outre, celle-ci et les dirigeants Irakiens se tiendront mutuellement informés de leurs activités, se consulteront régulièrement pour assurer une répartition et une utilisation efficaces du personnel, des ressources et des équipements, échangeront des renseignements et feront, au besoin, remonter les problèmes le long de leurs chaînes de commandement respectives. Nous travaillerons dans les instances décrites par le Premier Ministre Allawi dans sa lettre du 5 juin pour parvenir à
un accord sur l'ensemble des questions fondamentales en matière
de sécurité, notamment s'agissant des politiques
relatives à des opérations offensives délicates,
et nous assurerons une complète coopération entre
la force multinationale et les forces Irakiennes, par une coordination
et des consultations étroites.
Selon les dispositions convenues, la force multinationale est
prête à continuer à se charger d'un large
ensemble de tâches afin de contribuer au maintien de la
sécurité et d'assurer la protection des forces.
Parmi ces activités figurent celles qui sont nécessaires
pour contrecarrer les menaces que font peser, sur la sécurité,
des forces qui cherchent à infléchir par la violence
l'avenir politique de l'Irak. Cela inclut des opérations
de combat contre des membres de ces groupes, leur internement
si nécessaire pour des raisons impératives de sécurité,
et la poursuite de la recherche et du contrôle d'armes qui
menaceraient la sécurité de l'Irak. Un autre objectif
consistera à former et à équiper les forces
de sécurité Irakiennes, qui, de plus en plus, assumeront
la responsabilité du maintien de la sécurité
de l'Irak. La force multinationale est également disposée,
si nécessaire, à participer à la fourniture
de l'aide humanitaire, à apporter un appui aux affaires
civiles, et à mener des opérations de secours et
d'aide à la reconstruction, à la demande du Gouvernement
intérimaire Irakien et conformément aux résolutions
antérieures du Conseil de sécurité.
En outre, la force multinationale est prête à
établir en elle-même et à soutenir une force
qui assurera la sécurité du personnel et des installations
des Nations Unies. Nous avons consulté avec soin les responsables
des Nations Unies concernant les besoins de sécurité
des Nations Unies et sommes convaincus qu'une force de la taille
de la brigade sera nécessaire pour aider les Nations Unies
à assurer leur propre sécurité. Cette force
sera placée sous le commandement et le contrôle du
commandant de la force multinationale et ses missions consisteront
à assurer la défense et la sécurité
des périmètres des installations des Nations Unies
et à assurer l'escorte des déplacements des membres
de la mission des Nations Unies.
Pour continuer à contribuer à la sécurité,
la force multinationale devra continuer à fonctionner dans
un cadre qui lui confère et confère à son
personnel le statut nécessaire pour accomplir leur mission,
statut dans lequel les Etats contributeurs auront la responsabilité
d'exercer leur compétence sur leur personnel et qui assurera
à la force multinationale le soin de prendre des dispositions
relatives à ses équipements et à leur utilisation.
Le cadre régissant actuellement ces questions est suffisant
à cette fin. En outre, les forces constitutives de la force
multinationale se sont engagées à agir en toutes
circonstances conformément à leurs obligations en
vertu du droit des conflits armés, qui inclut les Conventions
de Genève.
La force multinationale est prête à continuer
les efforts qu'elle fait actuellement pour aider à assurer
un environnement sûr dans lequel la communauté internationale
puisse remplir le rôle important qui lui revient dans la
reconstruction de l'Irak. En nous acquittant de ces responsabilités
dans la période qui vient, nous agirons en reconnaissant
et en respectant pleinement la souveraineté Irakienne.
Nous espérons que d'autres Etats et des organisations internationales
et régionales aideront le peuple Irakien et le gouvernement
d'un Etat Irakien souverain à aplanir les difficultés
qui se présenteront dans l'édification d'un pays
démocratique, sûr et prospère.
Les auteurs du projet de résolution se proposent d'annexer
la présente lettre à la résolution sur l'Irak
à l'étude. Dans l'intervalle, je vous prie de bien
vouloir communiquer le texte de la présente lettre aux
membres du Conseil dès que possible.
(Signé) Colin L. Powell
Source: Nations unies, New York, 8 juin 2004.
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