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L'actualité des droits de l'homme
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ALGERIE_9 avril, Alger. Les autorités algériennes confirment la victoire d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle, avec 84,99 % des suffrages exprimés (soit près de 10 points de mieux que son précédent score de 1999). Son principal rival et ex-bras droit, Ali Benflis, ne recueille que 7,9 % des voix. L'islamiste Abdallah Djaballah obtient 4,8 % des suffrages et Saïd Sadi, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), 1,9 %. La porte-parole du Parti des travailleurs (PT, trotskiste), Louisa Hanoune, 1,1 %. L'ampleur de la victoire du président Abdelaziz Bouteflika, réélu pour un second mandat de 5 ans, surprend et inquiète, relève le quotidien Le Monde, qui indique que l'opposition a saisi le Conseil constitutionnel en dénonçant une "fraude à tous les niveaux". Les observateurs étrangers ont pour leur part validé le scrutin. BENIN_17 juin, Cotonou. Les députés adoptent un nouveau code de la famille qui annule la disposition de lancien code sur les actes de mariage qui plaçait sur le même plan la monogamie et la polygamie. Désormais, seul le mariage monogamique célébré par l'officier d'état civil sera légal. Après le décès de l'époux polygame, seule la femme reconnue par l'officier civil pourra jouir de tous les droits de son mari défunt, souligne la loi. Le nouveau code, conforme à la Constitution, abolit également le lévirat, coutume selon laquelle une veuve était donnée en mariage au frère de son défunt mari. BIRMANIE_1er juin, Genève. Le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations unies chargé de la situation en Birmanie, Paulo Sérgio Pinheiro, dénonce le manque de coopération de la part des autorités birmanes qui lui refuse l'accès au pays qu'il a réclamé à plusieurs reprises dans le cadre de sa mission. Par ailleurs, il regrette que la Convention nationale
réunie par le pouvoir en place se tienne "sans la
participation de la Ligue nationale pour la démocratie
(NLD) et des autres partis politiques ayant obtenu la majorité
des sièges aux élections 1990". L'actuelle
Convention nationale, ajoute-t-il, "perd une occasion unique
de s'engager dans un processus transparent et inclusif impliquant
tous les partis politiques, les nationalités ethniques
et les membres de société civile". "Pour créer un environnement favorable à une véritable transition démocratique, les droits politiques et les libertés fondamentales doivent être rétablis avec effet immédiat, y compris la libération des dirigeants de la NLD, Aung San Suu Kyi et U Tin Oo. Les bureaux de la NLD doivent être rouverts et tous les autres prisonniers politiques doivent être libérés immédiatement et inconditionnellement", poursuit le Rapporteur spécial, qui ajoute qu'il "ne devrait plus y avoir d'arrestations ou de sanctions pour les activités politiques pacifiques". _3 avril, Bangkok. Le chef de la diplomatie birman, Win Aung, indique que l'assignation à résidence d'Aung San Suu Kyi, chef de file de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), sera levée et son parti invité à une conférence constitutionnelle qui doit s'ouvrir le 17 mai. CHILI_28 mai, Santiago. La Cour d'appel de Santiago lève l'immunité dAugusto Pinochet pour ses responsabilités dans l'Opération Condor, un plan des dictatures sud-américaines des années 1970 pour éliminer leurs opposants. Les avocats de lex-dictateur ayant décidé d'interjeter appel, la levée de l'immunité devra être confirmée par la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays. Augusto Pinochet, âgé de 88 ans, qui a renoncé à sa fonction de sénateur à vie en juillet 2002, est protégé par une immunité spéciale que lui a octroyée le Parlement pour avoir été président du Chili depuis le coup d'Etat de 1973 jusqu'en 1990. CHINE_26 avril, Pékin. Le Parlement chinois refuse de laisser élire le chef de lexécutif de Hongkong au suffrage universel dès 2007 et le Conseil législatif dès 2008, comme le demande lopposition dans lancienne colonie britannique. "La méthode du suffrage universel ne sappliquera pas" pour ces deux élections, a décidé le comité permanent de lAssemblée nationale populaire (ANP). COTE-DIVOIRE_26 mai, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies demande à Kofi Annan de mettre en place une commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire. Celle-ci devra déterminer comment traduire en justice leurs responsables. Cette commission devra se pencher sur les exactions commises depuis septembre 2002, à la fois par les forces gouvernementales et par les rebelles. "Le Conseil de sécurité condamne fortement
les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international,
[...] et notamment celles qui ont eu lieu les 25 et 26 mars
[2004] à Abidjan, et exprime sa détermination
à s'assurer que les responsables de ces violations seront
identifiées et traduites en justice par le gouvernement
ivoirien", déclare le Conseil. Quelque 120 manifestants avaient trouvé la mort à Abidjan lors des manifestations des 25 et 26 mars organisées par l'opposition et interdites par les autorités. Dans un rapport récent, les Nations unies accusaient les forces de sécurité ivoiriennes et les milices fidèles au président Laurent Gbagbo d'être responsables de ces morts. _14 mai, New York. Remise au Conseil de sécurité des Nations unies du rapport du Haut Commissariat aux droits de l'homme sur les violations commises à Abidjan lors des manifestations des 25 et 26 mars 2004. Rappelant "que la lutte contre l'impunité est un élément important de la sortie de la crise en Côte d'Ivoire", le Conseil demande que "les auteurs des violations des droits de l'homme, en particulier celles commises à Abidjan les 25 et 26 mars, rendent des comptes". Le Conseil appuie la décision du Haut Commissariat aux droits de l'homme d'établir une commission d'enquête internationale qui examinera l'ensemble des événements depuis septembre 2002. [Le président ivoirien Laurent Gbagbo demande
que soient déclarées nulles les conclusions de ce
rapport mettant en cause "les plus hautes autorités
de l'Etat" dans la répression meurtrière d'une
manifestation à Abidjan le 25 mars, selon un document publié
par Le Courrier d'Abidjan, quotidien proche du régime.
"Des faiblesses particulièrement graves affectent
le travail de la commission tant en ce qui concerne les faits
que s'agissant de la méthodologie suivie", affirme-t-il
dans une "mouture provisoire des observations" de l'Etat
ivoirien en réponse au rapport des Nations unies. _3 mai, Paris. Radio France International (RFI)
diffuse le rapport (non encore public) de la Commission
d'enquête des Nations unies sur les événements
des 25 et 26 mars 2004 - et des jours suivants - à
Abidjan. Ce rapport met en cause le gouvernement ivoirien
dans la répression d'une marche interdite de l'opposition.
Il y aurait eu, au moins, 120 morts. Les autorités
ivoiriennes auraient pris "prétexte" de la manifestation
pour exécuter une "opération planifiée",
avec le concours de "forces parallèles". _30 avril, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies se déclare "gravement préoccupé par les événements qui se sont produits en Côte d'Ivoire à la fin mars [2004] et par l'impasse dans laquelle se trouve le processus de paix défini par l'accord de Linas-Marcoussis". Il demande que les auteurs de violations des droits de l'homme dans ce pays "ne restent pas impunis". Le Conseil "réaffirme également son ferme attachement à l'intégrité territoriale et à l'unité de la Côte d'Ivoire" et rappelle "que toutes les forces politiques ivoiriennes se sont engagées a mettre en oeuvre pleinement et sans conditions l'accord de Linas-Marcoussis". _28 avril, Abidjan. Le président ivoirien Laurent Gbagbo demande mercredi, dans un entretien au quotidien abidjanais Le Temps, la création d'un tribunal spécial pour la Côte d'Ivoire, devant lequel il s'est dit prêt à comparaître. "Je souhaite que soit mis sur pied un tribunal spécial dans tous les pays où il y a eu la guerre civile. Il y en a déjà un en Sierra Leone. J'en souhaite un pour le Liberia, un en Côte d'Ivoire...", déclare-t-il. "Celui qui me traduit devant les tribunaux me donnera la chance peut-être de comprendre les ressorts et les intentions cachées de ceux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire. [...] On tente tout pour faire passer l'agressé pour l'agresseur et les agresseurs pour des agressés. Rien que pour cela, je suis prêt à me rendre devant tous les tribunaux pour faire éclater la vérité", assure le président ivoirien. Laurent Gbagbo déplore en outre "l'impunité" qui règne en Côte d'Ivoire, dont il rend en partie responsable la communauté internationale. "Ce pouvoir est attaqué par des hordes armées venues des frontières du Burkina, du Mali et du Liberia au vu et au su de tout le monde. Et tout le monde nous a demandé de faire voter une loi d'amnistie, c'est ainsi que naît l'impunité". _7 avril, Londres. Amnesty International
dénonce des "arrestations arbitraires et des exécutions
sommaires" perpétrées par les forces de l'ordre ivoiriennes "dans les nuits qui ont suivi la manifestation" de l'oppsition, le 25 mars à Abidjan. Amnesty cite des témoignages faisant état d'une "fosse collective près de Yopougon", un quartier périphérique d'Abidjan, où auraient été vus "de nombreux cadavres qui auraient ensuite été emmenés par les forces de sécurité vers une destination inconnue". "D'autres témoins font état de traces de sang suspectes à l'entrée de la déchetterie d'Akouedo, à Abidjan, après que les militaires ont enterré le contenu de leurs véhicules dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 mars 2004". CUBA_26 avril, La Havane. Dix opposants cubains - dont lavocat dissident et aveugle Juan Carlos Gonzalez Leiva - condamnés à des peines de deux ans et demi à sept ans de prison. Ils étaient accusés doutrage à Fidel Castro, de désordre sur la voie publique et de résistance à lautorité. ETATS-UNIS_16 juin, Washington. La commission d'enquête sur les attentats du 11 septembre 2001, formée de dix personnalités démocrates et républicaines, estime qu'il n'y a pas de preuve crédible que l'Irak et Al-Qaeda aient coopéré pour attaquer les Etats-Unis. La commission estime qu'aucun gouvernement, y compris l'Arabie Saoudite, n'a soutenu financièrement les attentats. Le seul soutien officiel a été celui de l'Afghanistan, qui offrait l'asile à Ben Laden. Le rapport épingle au passage le Pakistan : La capacité des talibans à fournir un abri à Ben Laden face à la pression internationale et aux sanctions des Nations unies a été considérablement facilitée par le soutien du Pakistan. EUROPE_29 juin, Bruxelles. Réunis en sommet extraordinaire
à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement des 25
pays membres de l'Union européenne (UE) désignent
le premier ministre portugais, José Manuel Durao Barroso,
à la tête de l'exécutif européen. Ce
dernier devra obtenir l'aval du Parlement européen lors
d'un vote d'investiture le 22 juillet, avant d'entrer en fonction
le 1er novembre 2004. Javier Solana est par ailleurs reconduit au poste de porte-parole de la diplomatie européenne, et deviendra le premier ministre des affaires étrangères de l'UE à l'entrée en vigueur de la Constitution. _13 juin, Paris. La première élection dun Parlement européen réunifié (25 pays) sest déroulé sur un fond dabstention massive - la participation au scrutin de 44% est historiquement faible, note le quotidien Le Monde. Le rapport de force entre les principaux partis européens ne change guère. Ni les conservateurs du Parti populaire européen-démocrates européens (PPE-DE, droite, 276 élus sur 732) ni les socialistes du Parti socialiste européen (PSE, 200 élus) ne peuvent dominer seuls le nouveau Parlement. Les Verts comptent 42 élus, les communistes 39 élus. FRANCE_11 juin, Paris. La Cour de cassation, la plus haute institution judiciaire française, rejette le pourvoi de Maurice Papon, 93 ans, contre larrêt de la Cour dassises de Bordeaux, en 1998, le condamnant à dix ans de réclusion pour complicité de crimes contre lhumanité (et collaboration avec les nazis dans la déportation de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale). Les magistrats excluent léventualité dun second procès. Les défenseurs de lancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde ont décidé de saisir la commission de révision de la Cour de cassation. INDE_19 mai, New Delhi. Le Dr Manmohan Singh, 71 ans, nommé premier ministre, sengage à poursuivre les réformes économiques, mais avec un visage humain. Ministre des finances du dernier gouvernement dirigé par le Parti du Congrès, entre 1991 et 1996, il est le premier sikh à accéder à la tête du gouvernement. _18 mai, New Delhi. Dénoncée comme étrangère par les nationalistes hindous du parti du peuple indien (BJP), Sonia Ghandi, dorigine italienne, renonce au poste de premier ministre. Mon objectif a toujours été de protéger les fondements laïques de notre nation. Nous avons mené avec succès une bataille, mais nous navons pas gagné la guerre. Cest une lutte longue et ardue, et je la poursuivrai avec détermination totale. Elle indique quelle reste toutefois à la tête du Parti du Congrès. _13 mai, New Delhi. Le Parti du Congrès et ses alliés (Parti communiste et formations régionales) vainqueur des élections législatives. Selon les observateurs, le scrutin marque cependant davantage une défaite du Parti du peuple indien (BJP) du premier ministre Atal Bihari Valpayee - au pouvoir en Inde depuis 1998 - quune nette victoire du parti présidé par Sonia Gandhi, la veuve de lex-premier ministre Rajiv Gandhi, assassiné en 1991. IRAN_7 juin, New York. L'Iran a intensifié le recours à la torture et aux arrestations arbitraires dans sa lutte contre toute opposition politique au sein du pays, dénonce Human Rights Watch (HRW). Dans un document de 72 pages, l'organisation de défense des droits de l'homme épingle les sévices perpétrés sur les prisonniers politiques dans la prison Evin de Téhéran et dans des lieux de détention secrets à proximité de la capitale. "Les déclarations selon lesquelles les réformes en Iran ont mis fin à l'usage de la torture sont fausses", souligne Sarah Whitson, la responsable de la section du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord de Human Rights Watch. "Plus que jamais, les journalistes, intellectuels et militants n'osent plus élever la voix pour critiquer le gouvernement". Une loi anti-torture a été votée en mai 2004 par le Parlement, mais celle-ci n'a jamais été mise en application. Le durcissement de la politique iranienne, en 2000, s'est traduit par la fermeture de tous les journaux indépendants, provoquant le départ à l'étranger de nombreux journalistes reconnus et d'écrivains. Plusieurs ont été emprisonnés et de nombreux étudiants militants ont été contraints sous la menace de renoncer à leurs activités politiques. KOSOVO_16 juin, New York. Le Danois Soren Jessen-Petersen, nouveau Représentant spécial des Nations unies et chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK). Il succède à ces deux postes à Harri Holkeri, qui a quitté ses fonctions le 11 juin après avoir démissionné pour des raisons de santé. _30 avril, New York. Le Conseil de sécurité
des Nations unies demande aux institutions provisoires de témoigner
de leur adhésion inconditionnelle et sans réserve
au principe d'un Kosovo multiethnique. Il réaffirme
que les progrès accomplis par les institutions provisoires
dans l'application des normes seront évalués périodiquement
et qu'on ne pourra pas s'acheminer vers une définition
du statut futur du Kosovo conformément à
la résolution 1244 (1999) tant qu'un examen complet n'aura
pas donné de résultats positifs. Il demande aux institutions provisoires d'administration autonome et à tous les dirigeants politiques d'assumer leurs responsabilités dans la situation actuelle et de veiller à ce que les actes et les menaces de violence ne se reproduisent pas. Il souligne que des mesures doivent être prises immédiatement pour instaurer l'Etat de droit et assurer le respect de la légalité, notamment en engageant des poursuites contre ceux qui enfreignent les lois, en assurant efficacement la collecte des armes illicites et en luttant contre la criminalité organisée. _13 avril, New York. Moins d'un mois après les journées de violence qu'a connues le Kosovo, Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations unies, déclare devant le Conseil de sécurité qu'il s'agissait d'attaques concertées lancées par des "extrémistes kosovars albanais" et affirme qu'il allait de la responsabilité des leaders kosovars de s'attaquer aux causes profondes de cette violence à motivation ethnique. 19 personnes tuées, 950 blessées, 65 policiers internationaux, 58 membres de la police du Kosovo, 61 éléments de la KFOR, la Force internationale pour le Kosovo également blessés, 730 maisons appartenant pour la plupart aux minorités du Kosovo, brûlées ou endommagées, plus de 150 véhicules dont une centaine de véhicules de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) détruits ou sérieusement endommagés a énuméré le responsable des Nations unies. "Les attaques menées par des extrémistes kosovars albanais contre les communautés kosovares serbes, rom et askali étaient organisées, de large envergure et ciblées", a-t-il indiqué. Elles se sont produites dans les grandes villes comme dans des petits villages et en particulier ceux qui avaient fait l'objet de programmes de retours comme c'était le cas à Vucitrn dans la région méridionale de Mitrovica, entièrement brûlé alors qu'un processus de retours y avait été officiellement lancé. Les 300 individus revenus en deux ans sont désormais des personnes déplacées. LIBYE_27 avril, Bruxelles. Le régime libyen viole toujours les droits de l'homme et se doit de "traduire ses promesses en actes", affirme Amnesty International dans un rapport rendu public à l'occasion de la visite officielle de Kadhafi au siège de la Commission européenne. L'organisation relève que les autorités libyennes ont pris récemment des "mesures positives", comme "la libération de près de 300 prisonniers en 2001 et 2002". "Toutefois, les abus continuent", souvent justifiés au nom de la "guerre contre la terreur", explique Amnesty, qui cite des "lois criminalisant la liberté d'expression et d'association", des détentions arbitraires ou encore des cas de "torture". "La peine capitale continue d'être prononcée et utilisée pour un grand nombre de délits y compris liés à des activités politiques", ajoute l'organisation. Amnesty insiste aussi sur la prédominance d'un "climat de peur". LIGUE DES ETATS ARABES_23 mai, Tunis. Les dirigeants arabes adoptent une plate-forme de changements, par laquelle ils s'engagent à lancer des réformes démocratiques, sociales et économiques - réformes qui devront se faire "en accord avec les valeurs culturelles et religieuses" des pays concernés qui les appliqueront "chacun selon ses conditions et ses possibilités propres". Le document de réformes adopté à
Tunis, note Mouna Naïm, dans Le Monde [25 mai
2004] est un assortiment d'idées générales,
dont certaines marquent des progrès - fussent-ils verbaux
pour le moment -, dans la mesure où certaines n'avaient
jamais fait l'objet d'aucune mention, a fortiori d'un document
en bonne et due forme approuvé par les dirigeants des 22
membres de la Ligue arabe. Il y est en effet question, entre autres,
de "promouvoir le rôle des femmes, de consolider
leurs droits, d'encourager leur participation effective au développement
et leur présence dans les secteurs de la vie politique,
économique, sociale et culturelle". Dans une résolution faisant référence au conflit israélo-palestinien, les dirigeants arabes condamnent à la fois les opérations militaires israéliennes contre les civils et les dirigeants palestiniens et "les opérations meurtrières qui visent les civils, sans distinction", c'est-à-dire y compris les civils israéliens. Jusqu'ici, les pays arabes n'avaient jamais adopté à l'unanimité de résolutions dénonçant les attentats perpétrés par des mouvements palestiniens contre les civils israéliens.
NIGERIA_13 mai, Abuja. Situation tendue à Koano, dans le nord du pays, où les représailles des musulmans - en réaction aux massacres des Peuls musulmans - auraient fait au moins 36 morts, selon la Croix-Rouge locale. Les responsables chrétiens évoquent un bilan beaucoup plus lourd : plus de 600 victimes, tandis que 300000 personnes auraient fui leurs foyers. _6 mai, Genève. De 500 à 600 personnes auraient été tuées dans des attaques contre la localité à majorité musulmane de Yelwa, déclare Oumar Abdou Mairga, chef d'une équipe de la Croix-Rouge. Des membres de l'ethnie chrétienne des Tarok ont attaqué la localité de Yelwa, une communauté paysanne du comté de Shendam, à 300 km à l'est de la capitale fédérale Abuja. Les massacres sont réguliers entre les agriculteurs chrétiens taroks et les éleveurs musulmans fulanis. RUSSIE / Tchétchénie_27 mai, Moscou. Vladimir Poutine déclare compter sur la coopération "et peut-être même l'aide" du Conseil de l'Europe pour régler des questions "sensibles" touchant aux droits de l'homme en Russie, en recevant Alvaro Gil-Robles, Commissaire aux droits de lhomme du Conseil de lEurope. "Nous comptons sur une coopération sérieuse avec vous, peut-être même votre aide, sur certains sujets qui sont sensibles pour nous", assure le président russe. _1er mai, Moscou. Quelque 2'000 personnes, militants et sympathisants des partis libéraux et défenseurs des droits de l'homme, manifestent à l'occasion du 1er mai, pour protester contre la guerre en Tchétchénie et l'Etat policier. Le chef de l'organisation de défense des droits de l'homme Memorial, Oleg Orlov, compare la répression en Tchétchénie à celle de l'époque stalinienne. "Ce sont les mêmes chiffres, 44 personnes tuées pour 10'000", affirme-t-il, accusant les services spéciaux de mener cette "terreur". "Les gens qui combattent aujourd'hui en Tchétchénie vont revenir et utiliser leur expérience de gestion terroriste, c'est très dangereux". TCHETCHENIE_8 avril, Moscou. "Malgré les déclarations des autorités russes sur la normalisation de la situation en Tchétchénie, enlèvements, tortures et mises à mort illégales se poursuivent" dans la république russe, déclare Anna Neistat, directrice de Human Rights Watch (HRW) en Russie. "Dans le même temps, la situation s'aggrave en Ingouchie. Toutes les violations des droits en Tchétchénie deviennent courantes dans cette république voisine", ajoute-t-elle. Selon l'ONG russe Memorial, 78 personnes ont été enlevées en Tchétchénie durant le premier trimestre de l'année, dont 41 sont portées "disparues". Au moins 30 civils ont été tués durant la même période, selon Mémorial. THAILANDE_28 avril, Bangkok. Des affrontements entre forces de l'ordre et "séparatistes" - armés de fusils automatiques et de machettes - font plus de jusqu'à 130 morts, dans le Sud musulman du pays. Ces violences, que le gouvernement attribue à des mouvements séparatistes et à des radicaux islamistes, sont les plus meurtrières depuis janvier, date du début d'une série d'attaques qui ont fait 65 morts dans les provinces jouxtant la Malaisie, à un millier de kilomètres au sud de Bangkok. TURQUIE_9 juin, Ankara. Leyla Zana et trois de ses anciens collègues parlementaires libérés après dix ans de prison, en attendant la révision de leur procès. L'ex-députée turque Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak du parti pro-kurde de la Démocratie (DEP, dissous en 1994), avaient été condamnés en 1994 à 15 ans de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les rebelles armés kurdes en guerre pour obtenir l'indépendance du sud-est de la Turquie. Leur libération avait été réclamée par l'Union européenne. _21 avril, Bruxelles. La Commission européenne "déplore avec vigueur" la nouvelle condamnation à 15 ans de prison - à l'issue d'un nouveau procès voulu par la Cour européenne des droits de l'homme qui avait jugé inéquitable un premier jugement rendu en 1994 - de l'ex-députée kurde Leyla Zana et de trois anciens députés du parti pro-kurde de la Démocratie (DEP), affirmant qu'elle pourrait porter atteinte à la candidature d'Ankara à l'Union européenne. Le verdict "crée des préoccupations sérieuses dans le contexte des critères politiques [de l'Union européenne] et jette une ombre sur la mise en place des réformes politiques en Turquie", déclare le porte-parole du commissaire chargé de l'élargissement, Guenter Verheugen. "Mme Zana a été arrêtée et condamnée pour avoir exprimé des opinions d'une manière pacifique. Elle est donc pour nous une prisonnière politique". Leyla Zana, Hatip Dicle, Orhan Dogan et Selim Sadak avaient été condamnés lors de leur premier procès à 15 ans de prison pour soutien au Parti clandestin des Travailleurs du Kurdistan (PKK), aujourd'hui rebaptisé Kongra-Gel. UNION EUROPEENNE_29 mai, Guadalajara(Mexique). La déclaration finale du sommet Union Européenne / Amérique latine de Guadalajara - consacré aux discussions autour de deux thèmes : le "multilatéralisme" et la "cohésion sociale" - condamne les tortures de prisonniers irakiens. Les Etats-Unis, qui ne participent pas à la réunion, ne sont pas nommément cités. Le paragraphe se base sur la récente déclaration de l'UE, qui "condamne tout type d'abus et humiliations de prisonniers en Irak qui sont contraires à la législation internationale". > ET AUSSI... <_14 mai, Bruxelles. Amnesty International affirme, dans un rapport publié à Bruxelles, que de nombreux Etats européens continuent de vendre des armes employées par leurs acheteurs dans des conditions portant atteinte aux droits de l'homme ou à la sécurité internationale. Les principaux pays européens exportateurs d'armes - l'Allemagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, la Suède - sont à l'origine d'un tiers des contrats internationaux signés entre 1994 et 2001, souligne le rapport. L'organisation appelle à l'adoption d'un traité international sur le commerce des armes qui interdirait notamment la fabrication, la commercialisation, le transfert de matériel pouvant servir à la torture et qui lutterait contre la prolifération des armes légères et de petit calibre. "L'Europe à vingt-cinq a la possibilité de devenir un porte-parole international plus cohérent et plus efficace en faveur d'une évolution positive anisation. Pour ce faire, il est indispensable que l'Union mette de l'ordre dans ses propres affaires." _DROITS DE L'ENFANT _23 Juin, Genève. Dans le monde entier, la pollution de l'air, de l'eau et d'autres dangers présents dans l'environnement tuent chaque année plus de trois millions d'enfants de moins de cinq ans, affirme lOMS, l'agence des Nations unies pour la santé, qui vient de publier le premier atlas des risques environnementaux pour la santé de l'enfant. _DROITS DE L'HOMME _14 avril, Bruxelles. Amnesty International demande à l'Union européenne "de bien réfléchir au message qu'elle adressera aux défenseurs des droits de l'homme encore emprisonnés quinze ans après Tiananmen" si elle lève son embargo sur les ventes d'armes en Chine. L'embargo a été instauré après le massacre sur la place Tiananmen en 1989 et sa levée serait "un mauvais message" s'il n'y avait pas "en échange des progrès clairs et concrets" sur les droits de l'homme, estime Dick Oosting, responsable de l'organisation à Bruxelles. Amnesty demande une enquête indépendante sur les événements de 1989. "Encore aujourd'hui, les militants qui demandent ces enquêtes ou émettent des critiques en rapport avec ces événements sont incarcérés". _3 mai, Genève. Le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme par intérim, Bertrand Ramcharan, rappelle que la liberté d'expression est fondamentale pour les droits de l'homme, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse. "La façon dont cette liberté [de la presse] est respectée ou violée est comme un baromètre indiquant dans quelle mesure les pays respectent leurs engagements en matière de droits de l'homme en général". Bertrand Ramcharan souligne qu'il faut "se souvenir de ceux qui ont été tués ou menacés pour avoir fait leur métier" et "s'assurer que des millions d'autres voix, aussi dissonantes et dissidentes soient-elles, puissent continuer de se faire entendre pour dénoncer, informer, rapporter et éduquer librement". Il rappelle que 19 journalistes ont été tués depuis le début de l'année 2004 et que 133 journalistes sont actuellement emprisonnés dans 22 pays à travers le monde. En 2003, 1'460 journalistes ont fait l'objet de menaces ou d'agressions physiques. 73 personnes sont actuellement en détention pour avoir diffusé des informations sur Internet. _3 mai, Belgrade. Le prix de l'Unesco de la liberté de la presse décerné au journaliste cubain emprisonné Raul Rivero, au terme d'une conférence de deux jours organisée dans la capitale de Serbie-Monténégro. Le directeur de l'Unesco, Koichiro Matsuura, déclare que l'attribution de ce prix est un "hommage à l'attachement de longue date de Raul Rivero au journalisme indépendant". Il appelle les autorités cubaines à libérer Rivero, qui purge une peine de 20 ans de prison pour avoir prétendument tenté de saper le gouvernement du président Fidel Castro. _29 avril, New York. La liberté de la presse
dans le monde s'est détériorée en 2003 pour
la deuxième année consécutive, selon une
étude réalisée par l'organisation américaine
Freedom House qui fait état de son déclin
notamment en Italie, en Russie et en Bolivie. "De moins en
moins de gens dans le monde ont dans leur pays accès à
une information libre de toute censure" affirme le directeur
exécutif de Freedom House, Jennifer Windsor. |