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2004 / LA "RECONSTRUCTION" DE LIRAK SOUS OCCUPATION ANGLO-AMERICAINE
Toujours selon Al-Jazira, la voix qualifie Abou Moussab Al-Zarkaoui de "soldat de dieu" et le présente comme le chef du réseau terroriste en Irak. "Le frère moujahid [combattant] Abou Moussab Al-Zarkaoui est l'émir de l'organisation d'Al-Qaida au pays du Rafidaïn [la Mésopotamie]. [ ] Les frères dans l'organisation sont tenus de l'écouter et de lui obéir, pour [leur] bien". [Le texte ajoute : "Nous, dans l'organisation
d'Al-Qaida, nous accueillons très favorablement leur
union avec nous. Cette union est un pas important dans l'histoire
des efforts des moudjahidins pour établir l'Etat du
Bien et détruire l'Etat du Mal." En octobre 2004,
un site web islamiste avait publié un communiqué
attribué à Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui affirmait
avoir prêté allégeance à Al-Qaida et
à son chef.
En outre, George Bush admet l'efficacité de l'opposition armée. "Il n'y a pas de question, les poseurs de bombes provoquent un effet, a-t-il dit. [...] Ils visent des Irakiens innocents. [...] Et des voitures piégées qui détruisent de jeunes enfants ou qui tuent, indistinctement, sur des sites religieux sont des outils de propagande efficaces". [Source: Le Monde, 22.12.2004]. _15 DECEMBRE. Le Conseil de sécurité
des Nations unies salue "l'attitude positive" du nouveau
gouvernement irakien envers le Koweït et rappelle "l'exécution
de Koweïtiens et de nationaux de pays tiers commis par le
précédent régime irakien en violation des
droits de l'homme et du droit humanitaire international".
Il demande "que les auteurs de ces crimes atroces" soient
"traduits en justice". _7 DECEMBRE. "Sincèrement, je n'arrive pas à imaginer comment on peut organiser des élections générales dans les conditions d'une occupation totale", déclare le président russe, Vladimir Poutine, en recevant le premier ministre irakien Iyad Allaoui. Le président américian, G.W. Bush, lui répond à distance en assurant que "les élections auront lieu comme prévu", le 30 janvier 2005. Par ailleurs, le premier ministre irakien déclare, dans une interview parue dans le quotidien suisse "Le Temps", que ces élections pourraient se dérouler sur deux ou trois semaines, afin de permettre à tous les électeurs du pays de voter dans des conditions de sécurité maximales. Il n'en maintient pas moins l'échéance du 30 janvier pour le début des opérations de vote, malgré la poursuite des violences, notamment contre les forces de sécurité irakiennes.
_23 NOVEMBRE. Les vingt ministres des affaires étrangères et les représentants de l'Irak, de ses voisins, de l'Egypte, des Nations unies, de l'Union européenne, du G8, de la Ligue arabe et de la Conférence islamique, réunis à Chram el-Cheikh, soulignent la nécessité de tenir les élections générales à la date du 30 janvier 2005, dans une déclaration finale en 14 points. Les pays arabes (sunnites) du Golfe, avec à leur tête l'Arabie saoudite, affirment de leur côté que la date du 30 janvier n'est "pas sacrée" et expriment à demi-mots leurs craintes de l'émergence d'un pouvoir chiite en Irak, qui prolongerait l'influence de l'Iran, déjà forte au Liban. La déclaration souligne la nécessité d'un Etat irakien "unitaire, fédéral et pluraliste", réaffirme l'attachement de la communauté internationale à la résolution 1546 des Nations unies, votée en juin 2004, qui proclame que le mandat de la force multinationale d'occupation, dirigée par les Etats-Unis, "n'est pas ouvert indéfiniment", sans cependant fixer de calendrier précis pour le retrait de ces troupes. Un comité de suivi a été mis en place pour suivre l'application des décisions de Charm el-Cheikh. [Quelque quatorze millions d'électeurs, y compris
pour la première fois ceux de l'étranger, seront
appelés aux urnes pour les premières élections
multipartites depuis 1954. Ils éliront le même jour
les 275 députés de l'Assemblée nationale
provisoire, les 51 membres du conseil provincial de Bagdad et
les 41 membres des 17 autres assemblées provinciales. _22 NOVEMBRE. Les pays voisins de l'Irak approuvent la déclaration finale qui doit être adoptée le 23 novembre par la conférence internationale de Charm El-Cheikh (Egypte) sur l'Irak. Le projet de déclaration appelle au soutien du gouvernement irakien pour la tenue d'élections générales en janvier 2005, afin d'élire une assemblée nationale transitoire et de former un gouvernement qui seront tous deux chargés de préparer un nouveau projet de constitution. Il mentionne également le retrait des troupes étrangères qui, selon le ministre égyptien des affaires étrangères, doit intervenir avant décembre 2005. _19 NOVEMBRE. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appelle les troupes américaines et les insurgés à Falloujah à respecter le droit humanitaire, dénonçant le "mépris total" pour la vie et la dignité humaines constaté chaque jour dans le conflit en Irak. "Nous sommes très inquiets de l'impact dévastateur que les combats en Irak ont sur la population de ce pays", déclare dans un communiqué Pierre Krähenbuehl, directeur des opérations du CICR. "Au moment où les hostilités continuent à Falloujah et ailleurs, chaque jour semble apporter son lot d'actes montrant un mépris total pour l'obligation la plus élémentaire de tout être humain: celle de protéger la vie et la dignité", a-t-il ajouté, réaffirmant que "pour les parties à ce conflit, respecter le droit humanitaire international n'est pas une option mais une obligation". _16 NOVEMBRE. La prise de Fallouja. Tous les auteurs de violations de droits de l'homme lors des combats de Fallouja (Irak) devront être traduits en justice, qu'ils soient membres de la Force multinationale ou insurgés, déclare la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui s'inquiète des difficultés d'accès de l'aide humanitaire aux civils et appelle "les parties au combat à prendre toutes les précautions pour protéger les civils".
Elle se prononce en faveur d'une enquête sur "toutes les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme", précisant que ceux qui ont pris délibérément pour cible des civils ont lancé des attaques disproportionnées et sans discrimination, ont tué des blessés et utilisé des boucliers humains doivent être traduits en justice, "qu'ils soient membres de la Force multinationale ou insurgés". [Amnesty International s'est inquiété,
le 15 novembre, "de la violation des règles
de la guerre destinées à protéger civils
et combattants" dans la prise de contrôle de
Fallouja par les troupes américaines. L'organisation
humanitaire "craint que des civils n'aient été
tués, en violation du droit international humanitaire,
les parties au conflit n'ayant pris aucune des précautions
nécessaires à la protection des non-combattants".
Elle demande "une clarification", estimant qu'il y a
"de plus en plus de comptes rendus alarmants dans les médias",
comme par exemple "certaines informations qui font état
d'insurgés utilisant des zones civiles ou des cibles civiles
pour attirer des combattants".
_29 OCTOBRE. La revue médicale anglaise "The Lancet" publie une enquête qui, "sur la base d'une estimation prudente", chiffre à 100'000, dont une majorité de femmes et d'enfants, les civils irakiens qui ont trouvé la mort, le plus souvent de manière violente, depuis l'arrivée en Irak de la coalition militaire dirigée par l'armée américaine. L'enquête a été menée par une équipe universitaire américano-irakienne, rassemblant des chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore et des médecins irakiens du College of Medicine Al- Mustansiriya de l'université de Bagdad. "Sur la base d'une estimation prudente, nous évaluons à environ 100'000 le nombre de morts en excès constatées depuis l'invasion de l'Irak en 2003, explique Les Roberts, l'un des auteurs américains de l'étude. La violence est responsable de l'essentiel de ces morts en excès, et les attaques aériennes des forces de la coalition sont responsables de la plupart des morts violentes." Jusqu'ici les quelques estimations concernant des pertes irakiennes
faisaient état, au maximum, d'environ 16'000 civils et
6'370 militaires. Selon les chiffres officiels américains,
849 soldats ont été tués en mission et 258
autres militaires sont morts dans des accidents non liés
aux combats [d'après "Le Monde", 30 octobre
2004].
_20 OCTOBRE. La conférence internationale sur l'Irak aura lieu les 22 et 23 novembre 2004 à Charm el-Cheikh en Egypte, annonce au Caire le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns. _11 OCTOBRE. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, indique que l'Irak, les pays voisins de l'Irak et la communauté internationale - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité [la Chine, la France, la Fédération de Russie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni], certains membres du G8 [l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie plus l'Union européenne] qui ne siègent pas au Conseil de sécurité, la Conférence islamique, la Ligue arabe et les Nations unies - participeront à la Conférence sur l'Irak, qui doit avoir lieu à Charm el-Cheikh en Egypte. Le message qui sous-tend cette conférence est que la stabilité en Irak est de l'intérêt de tous les pays et que la communauté internationale dans son ensemble doit faire tout ce qui est en son pouvoir [ ] pour stabiliser l'Irak », déclare Kofi Annan à Pékin. _6 OCTOBRE. Le rapport de l'Irak Survey Group (ISG), confirme que l'Irak de Saddam Hussein ne possédait pas d'armes de destruction massive (ADM), nucléaires, biologiques ou chimiques, lors du déclenchement en 2003 de l'intervention militaire des Etats-Unis. Le rapport présenté par Charles Duelfer, chef du groupe d'inspection sur l'Irak (ISG) et conseiller spécial du directeur de la CIA, explique que l'Irak avait choisi de détruire l'essentiel de ses ADM au lendemain de la guerre du Golfe de 1991, la dernière usine, biologique, ayant été démantelée en 1996. Selon les conclusions du rapport, Saddam Hussein avait sacrifié les ADM de l'Irak au profit de son objectif immédiat : la levée des sanctions des Nations unies. Charles Duelfer assure que Saddam Hussein "voulait mettre fin aux sanctions (des Nations unies), tout en préservant la capacité de reconstituer ses armes de destruction massive quand les sanctions seraient levées". Interrogé sur les conclusions des enquêteurs de l'ISG, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, y a vu la confirmation que "les inspecteurs de l'ONU ont fait ce qu'ils étaient censés faire".
Pour le ministre des affaires étrangères français, "la situation est celle du chaos en Irak avec une insécurité généralisée, y compris dans la [zone verte] de Bagdad, où se trouvent le gouvernement intérimaire irakien et l'ambassade des Etats-Unis. Et de poursuivre : "Ce chaos risque de déstabiliser, d'emporter, j'ai même évoqué un trou noir, toute cette région. Il faut sortir de ce trou noir, de cette spirale de violence, et engager les négociations et le processus politique".
[Ces déclarations du secrétaire d'Etat sont plus pessimistes que les affirmations de Georges Bush recevant le premier ministre irakien par intérim Iyad Allaoui à Washington. Bush avait pour l'occasion estimé que la situation en Irak s'orientait lentement vers "des jours meilleurs".] _25 SEPTEMBRE. Reprenant une proposition faite par la France et la Russie à l'automne 2003, Colin Powell déclare, dans une interview au "New York Times" que "les Etats-Unis envisageaient, à un moment ou à un autre en octobre [2004], de rassembler une conférence régionale, à laquelle participeraient également les leaders du G8". Une proposition que les Etats-Unis avaient toujours rejetée jusque-là. _19 SEPTEMBRE. Les attentats ou les opérations de commando se multiplient à un rythme accéléré dans de très nombreuses villes d'Irak, et même en plein cur de Bagdad (chaque jour, la cible d'opérations de guérilla), en sont l'illustration : l'armée américaine a perdu le contrôle de très nombreuses régions du pays, écrit le quotidien Le Monde, qui consacre plusieurs reportages sur la situation en Irak et indique, en sous-titre : "Au fil des combats, alors que les groupes de la résistance s'unifient et se renforcent, les forces de la coalition se sont retirées et ont abandonné des territoires entiers, au-delà du seul triangle sunnite. Bombardements et incursions meurtrières ne suffisent pas à écraser la rébellion". "Alors que les élections doivent avoir lieu en janvier 2005, les forces de la coalition multiplient les opérations de grande envergure, mais sans dissiper l'impression que c'est la rébellion qui a le vent en poupe : "il y avait d'autres façons de stopper la guérilla. Là, ils tuent plus de civils que de combattants, et la résistance se renforce", explique au Monde un important ouléma sunnite. "L'Irak devient le royaume de l'anarchie et sans aucun doute le royaume des djihadistes internationaux les plus radicaux", constate Rémy Ourdan, l'envoyé spécial du quotidien en Irak. [Selon des informations publiées par le "New York
Times", un nouveau rapport des inspecteurs de l'Iraq Survey
Group (ISG) confirme qu'aucun stock d'armes de destruction
massive (ADM) ni aucune preuve que de telles armes étaient
en cours de fabrication n'ont été trouvées
en Irak. "Nous n'avons pas trouvé les stocks que nous pensions trouver là, mais Saddam Hussein avait la capacité de fabriquer ces armes, et il aurait pu la transmettre à l'ennemi", a assuré Georges Bush devant le Comité national républicain. Le président américain a réaffirmé que, sachant ce qu'il sait aujourd'hui, il aurait "pris la même décision", et que "l'Amérique et le monde sont plus en sécurité avec Saddam Hussein dans une cellule".] _16 SEPTEMBRE. Outre les enlèvements d'étrangers et d'Irakiens, l'Irak est le théâtre quotidien d'attentats à la voiture piégée ou de tirs de mortier de la part d'insurgés depuis le transfert de souveraineté. Un rapport d'évaluation des services du renseignement américain envisage pour 2005 plusieurs scénarios : le plus noir prévoit la guerre civile, le plus optimiste évoque une persistance de l'instabilité.
[Le président Bush avait assuré, le 10 septembre, que les élections "auront lieu en janvier", tout en notant la "poursuite des actes de violence en Irak".]
"J'ai indiqué que cela n'était pas en conformité avec la Charte des Nations unies de notre point de vue et de celui de la Charte", a ajouté le secrétaire général des Nations unies, qui juge "improbable", étant donnée l'actuelle vague de violence et de troubles en Irak, que ce pays soit capable d'organiser des élections crédibles en janvier 2005, comme annoncé. [Georges Bush a aussitôt rejeté ces déclarations. "Le Conseil de sécurité [des Nations unies] a voté par 15 voix contre 0 pour que Saddam Hussein avoue et désarme sous peine de faire face à de sérieuses conséquences. Je pense que quand les organisations disent quelque chose, il vaut mieux qu'elles s'y tiennent" ensuite.] _14 SEPTEMBRE. 11'800 à 13'800 civils irakiens auraient été tués depuis le début de la guerre selon un décompte tenu par "Iraq Body Count", une ONG indépendante [www.iraqbodycount. net]. Ils s'ajoutent aux 4'900 à 6'400 soldats irakiens tués pendant les opérations du 19 mars au 1er mai 2003 [source : Antiwar.com]. 1'007 soldats de l'armée américaine ont été tués depuis le début de la guerre. Ce chiffre inclut les pertes au combat mais également les accidents et maladies. Du côté britannique, les pertes ont été de 66 soldats. Les autres pays appartenant à la coalition ont eu 69 tués. [Libération, 14 septembre 2004]. _8 SEPTEMBRE. Plus de 1'000 soldats américains morts en Irak dix-huit mois après le début de la guerre. La grande majorité d'entre eux ont été tués après l'annonce officielle de la fin des principaux combats par le président George W. Bush, le 1er mai 2003. [Le porte-parole de la Maison Blanche a salué la mémoire de ces soldats, soulignant que leur "sacrifice" montrait la nécessité de poursuivre la guerre contre le terrorisme. De son côté, le candidat démocrate John Kerry a affirmé qu'il s'agissait d'un jour "tragique", plus de 1'000 "fils et filles de l'Amérique" ayant "donné désormais leur vie au nom de leur pays, au nom de la liberté, de la guerre contre le terrorisme".] _1er SEPTEMBRE. Réuni pour la première fois, le Conseil national irakien, qui tient lieu de Parlement intérimaire, élit à sa tête Fouad Maassoum, l'un des principaux dirigeants de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani.
_18 AOUT. Une conférence nationale irakienne de 1'300 délégués représentant le pays dans toutes ses composantes désigne un "Conseil national intérimaire" de 100 membres, qui jouera le rôle d'un Parlement aux pouvoirs limités jusqu'aux élections de janvier 2005. [Le Conseil a été désigné sans vote sur une liste préparée par les organisateurs après que toutes les tentatives pour présenter des listes concurrentes ont échoué, écrit le quotidien Le Monde. Les perdants ont dénoncé une "dictature des grands partis" mais accepté le résultat.
[Les onze anciens dignitaires remis avec Saddam Hussein aux Irakiens : Abed Hamid Mahmoud, secrétaire du président, arrêté le 16 juin 2003 ; Ali Hassan al-Majid, alias "Ali le Chimique", conseiller présidentiel et cousin de Saddam Hussein, arrêté le 21 août 2003; Aziz Saleh al-Noaman, chef du Baas pour l'ouest de Bagdad, arrêté le 22 mai 2003; Mohammad Hamza Zoubeidi, ancien membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR), arrêté le 20 avril 2003; Kamal Moustafa Abdallah, commandant de la Garde républicaine, arrêté le 17 mai 2003; Taha Yassine Ramadan, vice-président, un des hommes de confiance de Saddam Hussein, arrêté le 18 août 2003; Tarek Aziz, vice-premier ministre, s'est rendu le 25 avril 2003; Sultan Hachem Ahmad, ministre de la Défense, s'est rendu le 19 septembre 2003; Watban Ibrahim Hassan al-Tikriti, conseiller présidentiel et demi-frère de Saddam Hussein, arrêté le 13 avril 2003; Barzan Ibrahim Hassan al-Tikriti, conseiller présidentiel et demi-frère de Saddam Hussein, arrêté le 16 avril 2003; Saber Abdel Aziz al-Douri, ancien chef du renseignement militaire et maire de Bagdad. Il est le seul à ne pas faire partie des 55 dignitaires les plus recherchés par la coalition.] _28 JUIN. Avec deux jours d'avance sur le calendrier prévu, l'Autorité provisoire de la coalition - les Américains et leurs alliés - transfère le pouvoir en Irak au gouvernement intérimaire irakien dirigé par Iyad Allaoui. L'occupation militaire de l'Irak par la coalition conduite par les Etats-Unis prend officiellement fin à 10 h 26, heure de Bagdad. Puis l'administrateur civil en Irak, Paul Bremer, a prononcé la dissolution de l'Autorité provisoire de la coalition avant de quitter le palais de la République irakienne de Bagdad, pour les Etats-Unis. "Ce transfert de souveraineté à un gouvernement et au peuple irakiens est une journée historique", déclare Iyad Allaoui à un petit groupe de journalistes. Un peu plus tard, dans l'après-midi, le nouvel ambassadeur américain en Irak, John Negroponte, atterrit à Bagdad et se rend directement au palais de la République irakienne pour y prendre ses fonctions, à la tête de la plus grosse mission diplomatique américaine au monde. La présence en Irak des "forces multinationales" avec leurs 141'000 soldats déployés à travers tout le pays "continuera aussi longtemps que nécessaire", déclare le président américain Bush. Selon un responsable militaire de la coalition, aucun accord formel n'a été signé entre la coalition et l'exécutif irakien sur le statut des forces étrangères qui resteront dans le pays. "Il n'y a pas de document officiel sur le statut des forces", affirme le général américain Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations militaires de la coalition. "Nous opérions auparavant selon la résolution de 1511 du Conseil de sécurité de l'ONU et désormais nous opérons sous la résolution 1546", du 8 juin 2004. [Paul Bremer a remis à MM. Allaoui et Al-Yaouar une lettre du président américain George W. Bush demandant le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, qui avaient été rompues en 1990 après l'invasion du Koweït par Saddam Hussein. Arrivé début mai 2003, après le limogeage du général Jay Garner, il a administré l'Irak, mis en place le Conseil de gouvernement et le nouvel exécutif irakien, et participé activement à la rédaction de la Constitution provisoire.] _24 JUIN. A une semaine du transfert de pouvoir au gouvernement intérimaire, la résistance lance une vague d'actions armées à Mossoul, Ramadi, Bakouba, Fallouja et Bagdad. Selon un bilan de la coalition dirigée par les Etats-Unis, ces attaques font une centaine de morts et plusieurs centaines de blessés. Elles sont revendiquées par le groupe islamiste armé du Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui a menacé de mort le premier ministre irakien Iyad Allaoui. L'Armée du Mehdi, la milice du chef radical chiite Moqtada Sadr annonce, pour sa part, une trêve "immédiate" à Bagdad. _17 JUIN. Kofi Annan se déclare "extrêmement préoccupé" par la situation de violence en Irak, jugeant positive la décision du Conseil de sécurité de prévoir le retour des Nations unies sur le terrain "si les circonstances le permettent". Mais "aujourd'hui, les circonstances ne [le] permettent pas", précise-t-il. Répondant aux questions des journalistes sur la capacité des Irakiens à assurer la détention de Saddam Hussein, Kofi Annan a estimé qu'elle dépendait des "circonstances sur le terrain". "C'est un prisonnier de guerre et les Conventions de Genève s'appliquent à lui, qu'il soit transféré aux autorités irakiennes ou détenu par les Etats-Unis". _12 JUIN. Le sous-secrétaire irakien aux affaires étrangères, Bassam Koubba, assassiné à Bagdad par des inconnus qui ont ouvert le feu sur lui. Il est le premier responsable du nouveau gouvernement intérimaire irakien, formé le 1er juin, à être visé par un attentat. _8 JUIN. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte, à l'unanimité, une résolution anglo-américaine sur le transfert de souveraineté en Irak qui apporte une caution internationale au nouveau gouvernement intérimaire irakien, et autorise la présence d'une force multinationale sous commandement américain. Mais les questions de sécurité, y compris les "opérations offensives sensibles", seront soumises à l'approbation d'une commission spéciale. La France et l'Allemagne, qui se sont toutes deux opposées à la guerre d'Irak, ont approuvé le projet de résolution. Le nouveau gouvernement irakien pourra, dès le 30 juin 2004, "exercer sa pleine autorité et son contrôle sur les ressources naturelles et financières" du pays. "Cela signifie une souveraineté pleine et entière pour l'Irak, cela signifie une nouvelle ère dans l'histoire que l'on espère heureuse de l'Irak", a déclaré le nouveau président irakien, Ghazi Al-Yaouar. Le degré de contrôle des nouveaux dirigeants irakiens sur les opérations militaires de la coalition de 160'000 hommes menée par les Etats-Unis était la question la plus épineuse du projet.
"Au cours des quelques dernières semaines, d'autres évènements déplorables ont été révélés qui ont troublé la conscience civique et religieuse de chacun et ont rendu plus difficile un engagement serein et résolu en faveur des valeurs humaines que nous partageons", ajoute le pape. _2 JUIN. George Bush admet que les Irakiens puissent combattre l'occupation américaine et estime que ceux qui le font ne sont pas tous des " terroristes", dans un entretien publié par l'hebdomadaire français Paris-Match. "Je le dis tout le temps. Je le dis partout. Moi-même, je ne supporterais pas que mon pays soit occupé". Les combattants irakiens "ne sont pas tous des terroristes", reconnaît le président américain. "Les kamikazes le sont, mais d'autres combattants ne le sont pas. Ils ne supportent pas d'être occupés. Ni moi ni personne n'aimerait ça à leur place. C'est pourquoi nous leur rendons leur souveraineté. Nous leur garantissons une souveraineté intégrale à partir du 30 juin".
Les combattants irakiens "ne sont pas tous des terroristes", reconnaît le président américain. "Les kamikazes le sont mais d'autres combattants ne le sont pas. Ils ne supportent pas d'être occupés. Ni moi ni personne n'aimerait ça à leur place. C'est pourquoi nous leur rendons leur souveraineté. Nous leur garantissons une souveraineté intégrale à partir du 30 juin". _1er JUIN. Ghazi al-Yaouar, premier président de l'Irak de l'après-Saddam Hussein, et Iyad Allaoui,premier ministre du nouveau gouvernement intérimaire qui, dès le 30 juin, dirigera le pays jusqu'aux élections générales au plus tard début 2005. Ghazi al-Yaouar appelle à la restauration de la "souveraineté complète" des Irakiens, par une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. "Nous voulons obtenir une souveraineté complète à travers une résolution du Conseil de sécurité afin de nous permettre de reconstruire une patrie libre, indépendante, démocratique, fédérale et unifiée", a-t-il dit. Ce chef tribal sunnite de 46 ans a promis de "défendre les droits et les ambitions des Irakiens pour obtenir la souveraineté et construire un Etat démocratique, libre et fédéral". "La nomination d'un nouveau gouvernement irakien nous fait faire un pas de plus vers la réalisation du rêve de millions d'Irakiens qui est celui d'une nation pleinement souveraine, avec un gouvernement représentatif qui protège leurs droits et répond à leurs besoins", déclareee le président américain Bush.
_28 MAI. Le Conseil intérimaire de gouvernement (CIG) irakien annonce avoir coopté l'un de ses membres, le chiite Iyad Allaoui, pour présider le gouvernement auquel la coalition occupante doit transférer la souveraineté à la date du 30 juin. Au sein du CIG, dont il a assuré la présidence tournante en octobre 2003, Iyad Allaoui est chargé des questions de sécurité. Sa désignation a provoqué une certaine confusion au siège des Nations unies. Le porte-parole de l'organisation indique que l'envoyé spécial des Nations unies, Lakhdar Brahimi, "respecte" la proposition du CIG et est "prêt à travailler" avec Iyad Allaoui pour sélectionner les membres du futur gouvernement. "Notre gouvernement et notre coalition vont transférer une souveraineté totale au gouvernement irakien qui sera choisi par M. Brahimi", a indiqué de son côté le président américain Bush. _24 MAI. Dans un discours attendu, Georges Bush tente de rassurer ses compatriotes sur sa stratégie en Irak. Il prédit "des jours difficiles", voire un regain de violence à mesure que s'approche la date du transfert de souveraineté. "La mission de l'Amérique en Irak n'est pas seulement de vaincre un ennemi, c'est aussi de donner de la force à un ami : un gouvernement libre, représentatif, qui servira son peuple et se battra pour lui. Et plus vite ce sera fait, plus vite notre mission sera achevée". "L'Irak est confronté à une période critique. Alors que le peuple irakien se rapproche de l'autonomie, les terroristes vont probablement se montrer plus actifs et plus brutaux. Une période difficile se profile, et la voie à suivre pourrait s'avérer chaotique par moments", prédit le président américain. Georges Bush a indiqué que les forces américaines resteraient en Irak après le 30 juin et que les effectifs militaires américains dans ce pays - soit 138'000 hommes actuellement - seraient maintenus "aussi longtemps que nécessaire". Il a énoncé cinq étapes qui, selon lui, permettront de conduire l'Irak "vers la démocratie et la liberté" : le transfert du pouvoir, le 30 juin, à un gouvernement provisoire irakien; la participation à l'établissement de la stabilité et de la sécurité en Irak; la reconstruction des infrastructures irakiennes; l'appel à un soutien international accru; et la progression en direction de la tenue d'élections libres à l'échelle nationale. _24 MAI. Le Conseil de sécurité des Nations unies entame l'examen du projet de résolution sur la fin de l'occupation de l'Irak, déposé par le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Le projet demande au Conseil d'"endosser la formation d'un gouvernement intérimaire souverain de l'Irak" qui prendra ses fonctions après la dissolution de la coalition américano-britannique, le 30 juin 2004. Les pouvoirs de ce gouvernement "souverain" ne sont pas détaillés. Il est simplement dit qu'il assume "l'autorité de gouvernement". Le texte réaffirme l'autorisation donnée par la résolution 1511 du 16 octobre 2003 au déploiement d'une force multinationale "sous commandement unifié". Cette force aura autorité pour "prendre toutes les mesures nécessaires pour contribuer à maintenir la sécurité et la stabilité de l'Irak", y compris "par la prévention et la dissuasion du terrorisme" [d'après Le Monde]. _20 MAI. 41 Irakiens, dont 10 femmes et 15 enfants, tués dans un raid américain sur un village de l'ouest de l'Irak, dans la région d'Al-Qaim. Les victimes venaient de célébrer un mariage. "Des villageois, réunis à l'occasion d'un mariage [dans la nuit du 18 au 19 mai], vidaient en l'air des chargeurs d'arme automatique comme c'est la tradition en Irak, assure le colonel Ziyad al-Jabouri, adjoint au chef de la police à Ramadi, des hélicoptères américains sont intervenus". "Les forces de la coalition conduisaient une opération militaire contre une cache suspecte de combattants étrangers, dans le désert, à 85 km au sud-ouest de Husaybah et à 25 km de la frontière syrienne, affirme pour sa part l'armée américaine. "Nous comprenons que si elles sont attaquées, les forces américaines doivent riposter, a déclaré, Nadia Doulani, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bagdad, mais elles doivent observer la règle de la proportionnalité dans l'usage de la force en prenant toutes les précautions nécessaires pour préserver la vie des civils. Même s'il y a eu des tirs, cette règle s'impose. Nous sommes inquiets de cet usage excessif de la force qui est une violation du droit international humanitaire". _17 MAI. Le président du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG), Abdel Zahra Osmane Mohammed, dit Ezzedine Salim, tué dans l'explosion d'une voiture piégée à un barrage de l'armée américaine, près du siège de la coalition occupante à Bagdad. Philosophe et écrivain, en même temps qu'activiste politique, Ezzedine Salim était un chiite membre de la direction à Bassora, dans le sud de l'Irak, de la branche dissidente du parti islamique Al-Daawa al-islamiya, le plus ancien parti islamiste irakien. Il est le second membre du CIG assassiné depuis que l'exécutif irakien a été mis sur pied en juillet 2003. Aquila Al-Hashimi, l'une des trois femmes membres de cet organisme de 25 membres, avait été mortellement blessée le 20 septembre 2003 par des tirs d'armes automatiques.
_15 MAI. George Bush réaffirme que les troupes américaines resteront en Irak après le 30 juin, jusqu'à ce que les Irakiens eux-mêmes "soient en mesure d'assurer la sécurité de leur pays". "Le 30 juin, [ ] le nouveau gouvernement intérimaire assumera une autorité souveraine. L'Amérique maintiendra son engagement envers l'indépendance et la dignité nationale du peuple irakien. Mais la mission vitale de nos troupes qui contribuent à assurer la sécurité continuera le 1er juillet et au-delà", déclare le président américain, dans son intervention radiodiffusée hebdomadaire. _14 MAI. De Paul Bremer à Colin Powell, plusieurs responsables américains évoquent la possibilité d'un "retrait" des troupes américaines d'Irak. Les Etats-Unis et leurs alliés cherchent surtout à accréditer l'idée que leurs forces resteront en Irak à la demande des futures autorités irakiennes, et non par volonté unilatérale, en vue d'accroître le soutien international à leur politique et d'obtenir le vote d'une nouvelle résolution du conseil de sécurité des Nations unies avant le 30 juin.
_11 MAI. Un rapport d'Amnesty International publié à Londres indique que les soldats britanniques ont tué des civils irakiens qui ne présentaient aucune menace, dont une fillette de huit ans, et dans nombre de ces cas l'armée n'a même pas pris la peine d'ouvrir une enquête.
_10 MAI. Publication par le Wall Steet Journal d'un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) indiquant que, lors d'une visite à la prison d'Abou Ghraib, en octobre 2003, des délégués de l'organisation humanitaire ont été directement témoins des mauvais traitements. Le CICR confirme l'authenticité du rapport, remis en février 2004 aux autorités de la coalition, mais déplore sa publication. _3 MAI. Des prisonniers irakiens ont été soumis à des traitements "criminels sadiques, flagrants et gratuits" par des soldats américains, dans la prison d'Abou Gharïb, selon un rapport de l'armée américaine cité par le magazine "New Yorker". Le rapport fait état de pratiques telles que "briser des ampoules chimiques et répandre le liquide phosphorique sur les détenus; battre les détenus avec un manche à balai et une chaise; menacer de viol les détenus masculins; autoriser un agent de la police militaire à recoudre la plaie d'un détenu blessé parce que projeté contre le mur de sa cellule; sodomiser un détenu avec une lampe chimique, voire un manche à balai".
"S'il est prouvé, ce comportement répugnant contrevient aux critères élevés de l'armée britannique, et ses auteurs sont indignes de porter l'uniforme de la reine", affirme le général Michael Jackson, alors que le porte-parole du Premier ministre britannique, Tony Blair, indique que celui-ci considérait ces actes comme "honteux". _1er MAI. Un an jour pour jour après avoir déclaré "la fin des combats majeurs" en Irak, Georges Bush réaffirme que les Etats-Unis vont y "terminer [leur] travail, car les enjeux sont cruciaux pour notre pays et le monde". "Le succès de la démocratie irakienne enverra le message, de Damas à Téhéran, que la liberté peut être l'avenir de chaque pays. Et la démocratie va vaincre en Irak, parce que notre coalition est forte, parce que notre détermination est entière et parce que le peuple irakien désire et mérite de vivre libre". Le président américain averti que "nous pourrions voir un accroissement de la violence de la part des groupes opposés à la liberté", au fur et à mesure que s'approchera le transfert de souveraineté, le 30 juin. "Nous ne serons pas intimidés", réaffirme-t-il, en ajoutant que, "au 1er juillet, et ensuite, notre engagement militaire et pour la reconstruction se poursuivra".
_29 AVRIL. La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) demande "de toute urgence à la communauté internationale de diligenter dans les plus brefs délais une enquête internationale indépendante sur les crimes commis à l'occasion du siège de la ville de Falloujah et de traduire les responsables de ces actes devant une juridiction indépendante et impartiale". "L'usage disproportionné de la force contre des civils non-armés, l'exécution de plusieurs d'entre eux, les destructions de maisons, les tirs ciblés contre du personnel et des infrastructures médicales, l'obstruction de l'accès aux soins constituent autant de violations graves de la IVe Convention de Genève sur la protection des populations civiles", affirme l'organisation de défense des droits de l'homme, qui "appelle le gouvernement suisse à convoquer les Hautes parties contractantes à la IVe Convention de Genève, afin d'examiner les remèdes à apporter aux graves violations du droit international humanitaire constatées en Irak depuis le déclenchement des opérations militaires en Irak". Le siège de Falloujah a fait, selon certaines sources, plus de 600 victimes irakiennes, parmi lesquelles plus de la moitié seraient des femmes, des enfants et des personnes âgées, et près de 1200 blessés graves. Il y aurait également 80 tués parmi les forces américaines. Ce bilan est contesté par le commandant des marines américain, le lieutenant-colonel Bennan Byrne.
Sous le régime de Saddam Hussein, cette prison était un centre de torture. Sept militaires, dont un général, impliqués dans ces mauvais traitements, font l'objet d'une enquête judiciaire. Le président Bush se dit profondément dégoûté par ces dérapages, mais souligne que seules "quelques personnes" sont concernées. _27 AVRIL. L'émissaire spécial des Nations unies en Irak, Lakhdar Brahimi, demande, devant le Conseil de sécurité, que le gouvernement intérimaire irakien soit choisi d'ici fin mai, ajoutant que cette instance doit avoir "une compréhension claire comme du cristal" de ses relations avec la coalition avant le transfert de souveraineté le 30 juin prochain. Il a présenté une série de propositions visant à assurer la crédibilité et la viabilité du processus politique en Irak. _19 AVRIL. Paul Bremer estime que les forces de sécurité irakiennes ne seront pas en mesure d'assurer seules la sécurité du pays après le transfert de souveraineté le 30 juin. "Il est clair que les forces irakiennes ne seront pas capables, seules, de répondre aux menaces [posées par les forces insurgées] d'ici au 30 juin, quand un gouvernement irakien assumera la souveraineté", déclare l'administrateur américain dans un communiqué publié sur le site internet de l'Autorité provisoire de la coalition."Au lieu de ça, l'Irak et des troupes de nombreux pays, y compris les Etats-Unis, seront des partenaires pour fournir la sécurité dont les Irakiens ont besoin". Affirmant sa foi dans l'"avenir d'espoir" de l'Irak, Paul Bremer souligne par ailleurs que "dans les semaines qui viennent, les Nations unies vont revenir en Irak finir le processus de consultation avec les Irakiens" sur la façon de le mettre en uvre. Il précise qu'il reviendra conjointement à l'envoyé spécial des Nations unies Lakhdar Brahimi, à la Coalition, au Conseil de gouvernement irakien, ainsi qu'au "peuple irakien" de désigner un gouvernement intérimaire, chargé de "gérer les affaires courantes" du pays avant les élections prévues en janvier 2005.
Le premier ministre britannique affirme également sa détermination à poursuivre la reconstruction de l'Irak tout en soulignant que les Nations unies auront un "rôle central" dans le développement de la démocratie en Irak. "L'ONU aura un rôle central comme maintenant pour développer le programme et l'organisation d'une transition politique vers une démocratie irakienne complète". _15 AVRIL. Fabrizio Qattrocchi, enlevé le 11 avril avec trois compatriotes par un groupe se faisant appeler la "Brigade verte", est exécuté. Selon la coalition, une quarantaine de ressortissants étrangers sont détenus en otage. Le journaliste français Alexandre Jordanov a été libéré le 14 avril après trois jours de détention.
Le président américain rend responsable de la violence en Irak une minorité composée d'anciens partisans de Saddam Hussein, de militants islamistes, de terroristes venus de l'étranger et sur les miliciens du chef chiite Moqtada Al-Sadr. "La plus grande partie de l'Irak est relativement stable. La plupart des Irakiens rejettent la violence et s'opposent à la dictature", souligne-t-il, ajoutant que "si des troupes supplémentaires sont nécessaires, je les enverrai". Quelque 135.000 soldats américains se trouvent actuellement en Irak. _11 AVRIL. Les enlèvements de ressortissants étrangers se multiplient, une quinzaine de personnes étant retenues en otage. La dégradation de la situation ne justifie cependant pas, selon le général américain Ricardo Sanchez, commandant en chef des forces terrestres, un nouveau déploiement de troupes sur le terrain. _10 AVRIL. Le premier anniversaire de la fin du régime de Saddam Hussein est marqué par un soulèvement généralisé contre les troupes de la coalition. A Fallouja, les combats entre la guérilla sunnite et les forces américaines auraient fait, selon la chaîne Al-Jazira, plus de 400 morts et près de 1'000 blessés irakiens. Plusieurs marines ont également été tués, portant à 449 le nombre de soldats américains tués ces 12 derniers mois. Sept étrangers, dont trois Japonais, ont été enlevés. Nouri Badrane, ministre de l'intérieur, et Abdel Bassat Turqui, ministre des droits de l'homme choisissent de démissionner du Conseil intérimaire de gouvernement (CIG). Un membre chiite du Conseil, Abdulkarim Al-Mohammedawi, suspend sa participation. L'iman Moqtada Al-Sadr met en garde Georges Bush. "Tu combats maintenant toute une nation, du sud au nord, d'est en ouest, et nous te conseillons de retirer [les troupes] d'Irak". Le président américain réaffirme, de son côté, que le transfert de souveraineté aix Irakiens aura lieu le 30 juin. "Notre offensive, déclare-t-il, continuera dans les semaines à venir jusqu'à ce que les auteurs des attaques soient vaincus". _7 AVRIL. L'Irak, entre révoltes et chaos, titre en une le quotidien français Le Monde, qui relève que de violents combats opposent, en particulier à Bagdad et à Fallouja, les forces de la coalition et les partisans du chef chiite Moqtada Al-Sadr. Selon l'Agence France-Presse les affrontements, qui se poursuivent, ont fait au moins 156 tués depuis le 4 avril, dont 136 Irakiens et 20 soldats de la coalition (18 Américains, un Salvadorien et un Ukrainien). Moqtada Al-Sadr, déclaré "hors la loi" par les Américains, fait l'objet d'un mandat d'arrêt. "Nous attaquerons pour détruire l'armée d'al-Mahdi. Ces attaques seront volontaires, précises et seront couronnées de succès", déclare le général Mark Kimmitt, l'un des officiers les plus hauts gradés de l'armée américaine présent en Irak. "Si [Moqtada A-Sadr] veut calmer la situation [ ], il peut se rendre à un poste de la police irakienne et se préparer à être jugé". _5 AVRIL. Le président américain, George Bush affirme que le 30 juin reste la date prévue pour le transfert de souveraineté en Irak. "Notre intention est de nous assurer que l'échéance reste la même [...] Plus nous nous rapprocherons de l'échéance, plus ils nous attaqueront", ajoute-t-il. Quant au dirigeant chiite Moqtada Al-Sadr, "plutôt que de laisser la démocratie s'épanouir, il veut recourir à la force et cela nous ne pouvons le permettre. [...] Nous devons garder le cap et nous garderons le cap", assure-t-il. 4 AVRIL. De véritables batailles rangées entre forces de la coalition - Américains et Irakiens -et des miliciens radicaux chiites de l'Armée du Mehdi [l'imam attendu], la formation paramilitaire de l'imam Moqtada Al-Sadr, dans la ville sainte de Nadjaf et dans le quartier d'Al-Sadr City à Bagdad, font huit morts parmi les soldats (7 Américains et 1 Salvadorien) et 21 parmi les fidèles chiites. Le nombre de blessés s'élève à plusieurs centaines. |