droitshumains.org
2004-L'actualité des droits de l'homme dans le monde
:: LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME - 2004





LE TERRORISME  DANS LE MONDE

2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003 | 2002 |


Janvier| Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre |
| Octobre | Novembre | Décembre

> DECEMBRE

_17 décembre, Moscou. Un projet de loi sur la lutte antiterroriste adopté en première lecture à la Douma (chambre basse du Parlement. Le texte justifie le recours à un "régime de menace terroriste" sur la foi d'"informations faisant état de la préparation d'un attentat, même si la situation ne permet pas de vérifier les informations". Ce régime d'exception est possible 60 jours sur une partie ou la totalité du territoire.

_16 décembre, Londres. La législation antiterroriste britannique permettant d'incarcérer de façon illimitée, sans inculpation et sans procès, tout citoyen étranger soupçonné de terrorisme, est illégale, affirme les Law Lords [magistrats membres de la chambre des Lords], la plus haute instance judiciaire du pays. "La détention de détenus [étrangers] dans le cadre de la section 23" de la loi antiterroriste britannique "viole les obligations légales du Royaume-Uni vis-à-vis de la Convention européenne des droits de l'homme".

[Les mesures législatives antiterroristes prises après le 11 septembre 2001 autorisent la détention illimitée, sans inculpation ni procès d'étrangers soupçonnés d'activités terroristes. 11 ressortissants étrangers sont encore détenus sans inculpation à la prison de Belmarsh, surnommée "le Guantanamo britannique".

En dérogeant à la section de la Convention européenne des droits de l'homme sur le droit de toute personne à un procès équitable, les autorités britanniques "ont adopté des mesures fondamentalement en infraction avec les valeurs au coeur de la démocratie et de la justice", avait plaidé Ben Emmerson, l'un des deux avocats des détenus. La dérogation de la Grande-Bretagne à la Convention européenne des droits de l'homme avait été justifiée par le fait qu'Al-Qaïda représentait un "danger à l'ordre public" et une "menace pour la nation".]

_16 décembre, Dubaï. Dans un message audio diffusé sur internet, Oussama Ben Laden appelle à des attaques contre les installations pétrolières, notamment en Irak et "dans le Golfe" , et pour s'en prendre au régime saoudien. "La responsabilité de la situation actuelle en Arabie saoudite incombe au régime", déclare-t-il. "J'adresse un message bref aux gouvernants de Ryad". […] "Les musulmans sont déterminés à recouvrer leurs droits quel qu'en soit le prix. Ou bien vous leur restituez ce qu'ils vous ont confié [le pouvoir], en leur permettant de choisir leurs gouvernants ou bien vous refusez". Mais dans ce cas, prévient-il, "lorsque les peuples bougent pour demander leurs droits, les services de sécurité ne peuvent pas les en empêcher". #

> NOVEMBRE

_17 novembre, Paris. "Je ne suis pas sûr du tout que l'on puisse dire que le monde est plus sûr. Il n'y a pas de doute que le terrorisme s'est accru", affirme Jacques Chirac dans un entretien à la BBC, à l'occasion de sa visite en Grande-Bretagne. "Dans une certaine mesure, ajoute le chef de l'Etat français, le départ de Saddam Hussein a été une chose positive mais il a aussi provoqué des réactions comme la mobilisation dans un certain nombre de pays islamiques d'hommes et de femmes qui font que le monde est plus dangereux."

_14 novembre, St-Sébastien (Espagne). Le parti nationaliste basque Batasuna, interdit par le gouvernement espagnol, qui voit en lui l'expression politique du mouvement séparatiste basque ETA, annonce, lors d'un rassemblement à St-Sébastien, une nouvelle étape de son combat en appelant "au dialogue politique" et en rendant publiques de nouvelles propositions baptisées "Maintenant le peuple, maintenant la paix". "Le combat politique et militaire doit quitter la rue pour être transféré dans le débat démocratique, il faut l'amener à la table des négociations", a affirmé Arnaldo Otegi, le porte-parole de Batasuna.

Cette "contribution pour la résolution du conflit en Pays basque" envisage la conclusion d'un accord entre les séparatistes de l'ETA, d'une part, les gouvernements espagnol et français de l'autre, pour "démilitariser" ce conflit vieux de trente-six ans.

[L'ETA, qualifiée d'"organisation terroriste" tant par l'Union européenne (UE) que par les Etats-unis, est tenue pour responsable de la mort de quelque 850 personnes depuis 1968. Elle a décrété la lutte armée clandestine pour tenter d'obtenir la création d'un Etat basque indépendant à cheval sur le nord-ouest de l'Espagne et le sud-ouest de la France.]

_11 novembre, La Haye. Le gouvernement néerlandais annonce un nouveau plan antiterroriste destiné essentiellement à lutter conte l’islamisme radical. La surveillance de certaines mosquées sera renforcée. Les personnes agissant contre ”les intérêts vitaux” de l’Etat et dotés d’une double nationalité pourront être déchus plus rapidement de leur nationalité néerlandaise.

_3 novembre, Madrid. Six dirigeants historiques de l'ETA, actuellement en prison, ont envoyé au mois d'août à la direction de l'organisation séparatiste armée, dont les attentats terroristes ont fait plus de 800 morts depuis 1968, une lettre appelant à l'abandon de la lutte armée. Cette lettre, diffusée par la presse espagnole, explique que "la lutte armée ne sert à rien actuellement" et que "la stratégie politico-militaire a été dépassée par la répression de l'ennemi contre nous."

Ces six détenus ajoutent : "Jamais dans l'histoire de cette organisation nous n'avons été aussi mal." Incarcérés depuis une dizaine d'années en moyenne, ils prônent le passage "à la lutte institutionnelle et à la lutte de masses." Le plus connu d'entre eux, Francisco Mujica Garmendia, dit Pakito, a été condamné à 4'645 années de prison pour avoir été à l'origine de 23 assassinats commis par le commando Argala, composé d'étarras français. #

> OCTOBRE

_30 octobre, Kaboul. Oussam Ben Laden est "probablement toujours entre le Pakistan et l'Afghanistan", affirme un porte-parole de l'armée américaine en Afghanistan. "Mais nous ne savons pas exactement où il se trouve".

_29 octobre, Vatican. Jean Paul II lance un appel en faveur d'une "action courageuse" contre le terrorisme en recevant le nouvel ambassadeur iranien près le Saint-Siège, Mohammad Javad Faridzadeh, qui lui présentait ses lettres de créances.

"Pour parvenir à un ordre international équilibré, face notamment au terrorisme qui veut imposer sa loi, affirme le pape, la volonté de construire un avenir commun garantissant la paix pour tous suppose l'engagement des Etats de se donner des moyens stables, efficaces et reconnus, comme l'Organisation des Nations unies et les autres organisations internationales".

"Cette action en faveur de la paix, ajoute-t-il, implique également une action courageuse contre le terrorisme et pour construire un monde dans lequel tous puissent se reconnaître fils du même Dieu tout-puissant et miséricordieux".

Oussama Ben Laden_29 octobre. Oussama Ben Laden, le chef du réseau terroriste Al- Qaida, fait un retour sur les écrans d'Al-Jazira, à moins de quatre jours de l'élection présidentielle américaine. Dans une vidéo diffusée par la chaîne arabe, il s'adresse au peuple américain, menaçant de nouvelles représailles et attentats tous ceux qui menacent "notre sécurité" : "Votre sécurité n'est entre les mains ni de [John] Kerry ni de [George] Bush ni d'Al-Qaida. Votre sécurité est entre vos mains. Tout mandat [présidentiel] qui ne met pas à mal notre sécurité assurera automatiquement sa sécurité". La vidéo montre Ben Laden derrière une table, vêtu d'une tunique blanche et d'un "thoub" (sorte de cape lui couvrant les épaules) de couleur ocre, la tête coiffée d'un turban blanc.

Répliques immédiates de George Bush et de John Kerry, les deux candidats à l'élection présidentielle. En campagne dans l'Ohio, Georges Bush assure que l'Amérique "ne se laissera pas intimider" et répète sa détermination à lutter contre le terrorisme. Le candidat démocrate, John Kerry, qui se trouve en Floride, promet qu'il fera "tout pour chasser, capturer ou tuer les terroristes", soulignant que George Bush avait laissé s'échapper Ben Laden en Afghanistan.

Le chef d'Al-Qaida n'était plus apparu sur les écrans d'Al-Jazira depuis le 3 novembre 2001, à la veille de la chute du régime des talibans.#

_19 octobre, Londres. L'organisation terroriste Al-Qaida serait présente dans plus de 60 pays, selon le rapport 2004/2005 de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) sur l'état des forces dans le monde. La guerre en Irak a accru, au moins à court terme, le risque terroriste pesant sur le monde occidental. De plus l'islam radical progresserait en Europe de l'Ouest, où les musulmans se sentent souvent marginalisés.

L'IISS estime que "globalement, les risques terroristes contre les Occidentaux et les intérêts occidentaux dans les pays arabes semblent avoir augmenté après le début de la guerre en Irak, en mars 2003. […] Avec l'invasion militaire et l'occupation de l'Irak, les Etats-Unis ont démontré leur désir de changer le statu quo politique dans le monde arabe pour promouvoir les intérêts stratégiques et politiques américains".

Le rapport de l'IISS souligne également que "même si le mouvement "djihadiste" semble redoubler d'efforts pour déstabiliser le régime saoudien, "l'ennemi proche", le discours public d'Al-Qaida indique clairement que les Etats-Unis, "l'ennemi éloigné", restent son principal adversaire".

_8 octobre, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité vote à l’unanimité une résolution qui vise à renforcer la lutte contre le terrorisme, à faciliter la mise œuvre de poursuites judiciaires et de procédures d’extradition contre des individus ou des groupes accusés de mener des activités terroristes. La résolution, ”qui ne criminalise pas les actes de résistance”, condamne pour la première fois des actes criminels ”notamment dirigés contre des civils”.

->  En savoir plus

_7 octobre, Taba (Egypte). 28 personnes au moins, dont 23 Israéliens et cinq Egyptiens, tuées, et plus de 120 blessées, après une série d'attentats perpétrée contre un hôtel de Taba et deux autres lieux touristiques fréquentés par des touristes israéliens sur les bords de la mer Rouge, à Nuweibeh et Ras Chatan, dans le Sinaï, en Egypte. Des voitures piégées ont explosé presque simultanément dans ces lieux fréquentés par des touristes israéliens, sur les bords de la mer Rouge.

Ces attentats ont été revendiqués par deux groupes se présentant comme islamiques et jusque-là inconnus. Pour les responsables israéliens, elles portent la marque d'Al-Qaida. Les forces de sécurité israéliennes avaient mis en garde récemment les touristes contre tout séjour dans les stations égyptiennes de la mer Rouge, estimant qu'elles risquaient d'être prises pour cibles par des activistes palestiniens.

_6 octobre, Islamabad. Un attentat anti-sunnite - l'explosion de deux bombes pendant une réunion de musulmans sunnites à Multan (centre du Pakistan)- fait plus de 30 morts et 70 blessés. Ce nouvel acte de violence interconfessionnelle intervient six jours après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Sialkot (est du Pakistan) qui avait fait plus de trente morts.

Les violences interconfessionnelles entre extrémistes sunnites et chiites ont fait plus de 4'000 morts depuis le début des années 80. Les chiites représentent 15% de la population pakistanaise et les sunnites 80%. #

_3 octobre, Paris. Le numéro un de l'appareil politique de l'ETA depuis 1992, Mikel Albizu Iriarte, 43 ans, alias "Antza", et sa compagne Soledad Iparragirre Genetxea, dite "Anboto" - considérée comme responsable des commandos dits "légaux" de l'organisation séparatiste basque -, recherchés depuis plusieurs années, arrêtés à Salies de Béarn, dans le sud-ouest de la France.

Au cours de l'opération anti-terroriste, la police française a interpellé 17 autres personnes et découvert sept caches contenant des armes de guerre.

> SEPTEMBRE

_27 septembre, Madrid. L’organisation séparatiste basque ETA, dont les attentats ont fait plus de 800 morts depuis 1968, envoi au journal ”Gara” une cassette vidéo justifiant la nécessité persistante de la lutte armée ”afin de récupérer les droits de notre peuple”. Le document indique cependant qu’il y a ”une nouvelle opportunité” pour ”trouver une solution”, et que la clé en est l’autodétermination.

_17 septembre, Moscou. Le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, leader du mouvement séparatiste radical, revendique, dans une lettre publiée sur le site internet Kavkazcenter [proche des indépendantistes], la prise d'otages de Beslan. Il attribue toutefois l'ampleur du drame à l'assaut donné par les forces russes.

"Nous affirmons que les services spéciaux russes ont lancé l'assaut", affirme-t-il, soulignant que les murs à l'intérieur du gymnase où étaient détenus les otages ne portaient pas les traces de l'explosion et que toutes les bombes étaient reliées entre elles. Si l'une avait explosé, "les 20 bombes auraient explosé". Il propose une enquête indépendante sur les événements de Beslan qui serait menée par les Nations unies ou l’Union européenne, et se dit prêt à coopérer à cette enquête.

_12 septembre, Paris. Le ministre français de l'intérieur, reconnaît, sur la chaîne LCI, qu'il y a "un problème" en Tchétchénie. "Bien évidemment, le terrorisme […] doit être condamné sous toutes ses formes, déclare Dominique de Villepin, mais ne soyons pas aveugles : la force seule, face au terrorisme, ne conduit qu'à l'impasse. C'est vrai en Israël, c'est vrai en Russie, c'est vrai aux Etats-Unis".#

_9 septembre, Djakarta. Attentat meurtrier devant l'ambassade d'Australie, faisant au moins 9 morts et 182 blessés. Le gouvernement australien, qui participe à la coalition en Irak, avait invité ses citoyens à éviter les voyages en Indonésie en raison de menaces terroristes de groupes islamistes liés à Al-Qaida.

[Le groupe Jamaah Islamiyah (JI), un réseau terroriste islamiste de l'Asie du sud-est soupçonné d'être lié à Al-Qaïda, a revendiqué l'attentat dans un communiqué. "Nous avons décidé de régler son compte à l'Australie, l'un des pires ennemis de Dieu et de l'islam (…) C'est la première d'une série d'attaques […], nous conseillons aux Australiens d'Indonésie de quitter ce pays, faute de quoi nous le transformerons en un cimetière pour eux. Nous conseillons au gouvernement australien de retirer ses troupes d'Irak".]

Al-Jazira_9 septembre, Qatar. Le numéro deux d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, affirme qu'une "défaite" des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan est "une question de temps, dans un enregistrement vidéo diffusé par la télévision Al-Jazira. "Dans les deux pays, les Américains sont entre deux feux: s'ils y restent, ils saigneront jusqu'à la mort, et s'ils s'en retirent ils auront tout perdu". Ayman Al-Zawahiri, un chirurgien égyptien, âgé de 53 ans, est considéré comme le véritable théoricien du réseau terroriste Al-Qaïda.

"L'ensemble de l'Est et du Sud de l'Afghanistan est devenu un terrain (d'action) ouvert aux moujahidine", affirme Ayman Al-Zawahiri, qui avertit les Américains que "l'ère de la sécurité est terminée et qu'ils ne pourront plus en bénéficier tant que leur gouvernement n'aura pas arrêté ses crimes contre les musulmans en Irak, en Aghanistan et en Palestine".

_8 septembre, Moscou. La Russie se dit prête à procéder à "des frappes préventives pour liquider les bases terroristes dans n'importe quelle région" du monde, selon les déclarations de son nouveau chef d'état-major, le général Iouri Balouevski.

[Le Service fédéral de sécurité russe (FSB, ex-KGB) a annoncé qu'il offrait 10 millions de dollars pour toute information susceptible de "neutraliser" le chef de guerre radical tchétchène Chamil Bassaev, ainsi que l'ex-président indépendantiste Aslan Maskhadov, auteurs d'"actes terroristes inhumains".]

_7 septembre, Moscou. Répondant à l'appel des autorités, des dizaines de milliers de personnes - 100'000 selon les organisateurs - manifestent à Moscou et dans toute la Russie pour affirmer que le pays ne plierait pas face au terrorisme.

[Vladimir Poutine a de nouveau rejeté tout dialogue avec les séparatistes tchétchènes, tenus responsables de la tragédie de Beslan. "Pourquoi ne rencontrez-vous pas Oussama ben Laden, ne l'invitez-vous pas à Bruxelles ou à la Maison blanche pour engager des négociations, lui demander ce qu'il souhaite et le lui donner, de sorte qu'il vous laisse en paix ?", a lancé le président russe aux représentants de la presse étrangère. Au moins 335 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont péri dans la prise d'otages de Beslan, selon le bilan officiel.]

_3 septembre, Moscou. Les forces spéciales russes prennent le contrôle de l'école de Beslan, où un millier de personnes (et non pas quelques centaines) étaient retenus par un commando tchétchène. Au moins 340 personnes ont été tuées (dont 155 enfants et les preneurs d'otages) et quelque 700 blessés ont été hospitalisées, dont 227 enfants, après l’assaut des forces russes. #

Selon les autorités, les membres du commando ont provoqué une ou des explosions à l'intérieur de l'école, puis ont tiré sur ceux qui tentaient de s'enfuir, incitant les forces de l'ordre à lancer l'assaut. Mais à Beslan, nombre d'habitants mettent en cause les forces de l'ordre et les accusent d'être à l’origine du massacre.

->Libération  Sanguinaires

[Pour Akhmed Zakaïev, porte-parole du dirigeant indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov, "les preneurs d'otages étaient ingouches, ossètes, russes, mais pas tchétchènes".]

_1er septembre, Moscou. Un commando de 17 hommes et femmes, portant pour certains des ceintures d'explosifs, prend en otage une école de Beslan, en Ossétie du Nord, une République russe du Caucase limitrophe de la Tchétchénie. Selon les autorités locales, 132 élèves ainsi que plusieurs dizaines d'adultes sont prisonniers du commando, qui se réclamerait d'un mouvement proche du leader islamiste tchétchène Chamil Bassaïev.

> AOUT

_31 août, Moscou. Dix personnes tuées et une trentaine d'autres blessées dans une explosion devant l'entrée d'une station de métro et près d'un supermarché, sur l'avenue Prospekt Mira, dans le nord de la ville. Les services spéciaux russes attribuent l'explosion à un attentat commis par une terroriste kamikaze tchétchène.

Les "Brigades Islambouli" affirment, dans un communiqué dont l'authenticité n'a pu être vérifiée, avoir mené "cette opération héroïque en soutien aux musulmans tchétchènes".

_30 août, Moscou. Les deux avions de lignes, tombés simultanément le 24 août, peu après leur décollage de Moscou, "se sont brisés à la suite d'attentats terroristes", déclare le général Andreï Fetissov, responsable des services secrets russes (FSB). Les autorités russes soupçonnent deux femmes tchétchènes d'être à l'origine du crash des deux avions, qui a causé la mort de 90 passagers et membres d'équipages. La destruction des deux appareils a été revendiquée le 27 août par un groupe islamiste du nom de "Brigades Islambouli".

_30 août, New York. La lutte contre la menace terroriste soulevée par Al-Qaida et les taliban ne pourra être menée à bien par la seule voie militaire mais par la diplomatie et le multilatéralisme et par la participation de tous, selon le président du Comité des sanctions contre Al-Qaida - comité connu aussi sous le nom de Comité 1267, en référence à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui l'a créé -, qui souligne qu'il s'agit d'une menace mondiale qui est loin de viser uniquement les Etats-Unis et l'Europe. #

->  En savoir plus

_21 août, Paris. Les services européens engagés dans la lutte antiterroriste sont revenus de leur scepticisme initial sur la réalité de la menace ayant conduit les Etats-Unis à relever le niveau d'alerte sur leur territoire le 1er août, écrit le quotidien "Le Monde" qui note que, "après trois semaines d'examen des renseignements recueillis à la faveur des dernières arrestations, au Pakistan et en Grande-Bretagne, ils constatent une évolution des réseaux décidés à commettre des attaques de grande ampleur. Si la cellule de tête d'Al-Qaida existe toujours sous une forme "historique", la structure des réseaux semble s'être décentralisée par souci d'"efficacité".

Le journal ajoute : "Des groupes d'activistes autonomes tentent d'enrôler des membres moins suspects, aux yeux des polices, que des personnes d'origine arabe, comme l'indiquent les arrestations, à Londres, de Pakistanais naturalisés britanniques".

["Le réseau "historique", qui est passé à l'action dès 1993, comptait quelque 5 000 combattants, dont 80 % ont été éliminés. Certains observateurs se demandent même si Ben Laden n'a pas déjà été arrêté. Après avoir été délogée d'Afghanistan, une cellule opérationnelle s'est réfugiée à Karachi, où les services américains et pakistanais l'ont démantelée. De nouveaux réseaux se sont mis en place, pas toujours liés à la structure d'Al-Qaida, comme celui d'Abou Moussab Al-Zarkaoui. Un "noyau dur" existe encore, composé de quelques opérationnels qui n'ont qu'un objectif : réaliser un attentat plus meurtrier encore que ceux du 11 septembre 2001. Ils ont mis en place des réseaux dans divers pays, qu'ils ne contrôlent pas et que l'arrestation de Ben Laden ne démobiliserait pas". Eric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), auteur de "Guerre secrète contre Al-Qaida", (2002), propos recueillis par "Le Monde", Paris, 21 octobre 2004.]

_8 août, Washington. Les autorités américaines multiplient les déclarations pour justifier leur décision de hausser le niveau d'alerte à Washington et à New York - décision résultant de l'arrestation de plusieurs terroristes présumés au Pakistan et à Londres. Ces alertes, indique Le Monde, "soulèvent la suspicion en Europe", où l'on redoute qu'elles aient été influencées par l'échéance de l'élection présidentielle, le 2 novembre.#

_7 août, Bagdad. Contre le terrorisme et la poursuite de la résistance, le gouvernement intérimaire irakien rétablit la peine de mort pour les meurtriers et les individus menaçant la sécurité du pays.

_5 août, Ryad. Le ministère de l'intérieur saoudien annonce l'arrestation de Farès al-Zahrani, l'un des extrémistes islamistes les plus recherchés dans le pays. Membre de l'organisation "Al-Takfir", qui accuse les autres musulmans d'être des hérétiques afin de légitimer la violence contre eux, il figurait sur la liste de 26 islamistes soupçonnés de liens avec le réseau terroriste Al-Qaida publiée en décembre 2003 par les autorités saoudiennes.

> JUILLET

_22 juillet, New York. Selon le rapport de la Commission d'enquête sur "les attaques terroristes [du 11 septembre 2001] contre les Etats-Unis", les deux administrations concernées, celles de Bill Clinton et de Georges Bush, ont "échoué à protéger le peuple américain". L'administration américaine était dans l'impossibilité de prévenir les attaques terroristes - qui ont fait 2'749 morts - du fait qu'elle "n'avait pas mesuré la gravité de la menace". La Commission demande une profonde réforme des organes de sécurité américains.

> JUIN

_19 juin, Ryad. Les autorités saoudiennes annoncent avoir tué Abdel Aziz ben Issa Al-Mouqrin, le chef du réseau terroriste Al-Qaïda en Arabie saoudite, peu après que son groupe eut décapité un otage américain - un ingénieur en aéronautique de 49 ans employé par la compagnie Lockheed Martin. Annonce confirmée peu après par un communiqué signé de "Al-Qaïda dans la péninsule arabique". "Le commandant combattant Abdel Aziz ben Issa Al- est tombé en martyr vendredi en même temps que les combattants Fayçal ben Abdel Rahmane al-Dékhil, Ibrahim ben Abdallah al-Draihem et Turki ben Fouhaid al-Moutairi, dans une embuscade que leur ont tendue les soldats de la tyrannie dans le quartier Malaz à Ryad".

_1er juin, Karachi [Pakistan]. Un attentat-suicide fait 19 morts dans une mosquée chiite située non loin du quartier où le mufti sunnite Nizamuddin Shamzai, 70 ans, avait été tué le 31 mai. L'attentat s'est produit alors que des dizaines de fidèles assistaient à la prière du soir.

Les violences inter-confessionnelles entre sunnites majoritaires et chiites ont fait à Karachi - un port de 14 millions d’habitants - plus de 4'000 morts depuis les années 1980.#

> MAI

_30 mai, Ryad. 22 personnes, dont plusieurs Occidentaux, tuées lors d'attaques et d'une prise d'otages dans un complexe résidentiel de la ville pétrolière d'Al-Khobar, dans l'est du royaume.

Dans un message qui lui est attribué, Al-Qaida indique que les attaques et la prise d'otages ont été menées par "quatre moujahidine", ou combattants, dont un seul a été tué, en l'occurrence "le héros Nimer Ben Souhaj Al-Baqmi". "Nous renouvelons notre détermination à repousser les forces croisées et de l'arrogance, à libérer la terre des musulmans, à appliquer la charia [loi islamique] et à nettoyer la péninsule arabique des mécréants".

_29 mai, Washington. Les Etats-Unis s'inquiètent d'une nouvelle attaque préparée par Al-Qaida sur le territoire américain. Citant des informations "crédibles et provenant de plusieurs sources", le FBI diffuse les photos des sept personnes suspectées d'être liées au réseau terroriste.

27 mai, Londres. Le prêcheur islamiste Abou hamza Al-Masri, 46 ans, arrêté sur la base d'une demande d'extradition des Etats-Unis visant des faits de terrorisme. Il est poursuivi aux Etats-Unis pour onze chefs d'accusation. Il lui est notamment reproché sa participation à la prise d'otages de 16 touristes occidentaux en décembre 1988 au Yémen, ainsi qu'un soutien sans faille au mouvement Al-Qaida et aux talibans afghans.

_9 mai, Grozny. Le président tchétchène prorusse, Akhmad Kadyrov, tué dans un attentat à la bombe dans un stade de la capitale de la Tchétchénie, au cours d'une cérémonie commémorative de la victoire de 1945 sur les nazis. L’attentat a fait au total 32 morts et une cinquantaine de blessés, dont le commandant des forces russes en Tchétchénie, le général Valéri Baranov. Akhmad Kadyrov, 52 ans, avait été élu à la tête de la république en octobre 2003, à l'issue d'un scrutin controversé.

"Il ne fait aucun doute que le châtiment sera inévitable pour ceux contre lesquels nous nous battons aujourd'hui", a réagi le chef de l'Etat russe, Vladimir Poutine - qui avait engagé les troupes en Tchétchénie, en octobre 1999, alors qu'il était encore premier ministre, dans ce qu'il a toujours qualifié d'"opération antiterroriste".

_1er mai, Arabie saoudite. Deux Américains, deux Britanniques, un Australien et un membre de la Garde nationale saoudienne, tués par un commando armé qui fait irruption dans les locaux de l'entreprise helvético-suédoise ABB, à Yanbou, sur la mer Rouge, à quelque 850 kilomètres à l'ouest de Riyad, non loin de Médine. Trois des quatre membres du commando sont tués; le quatrième, blessé, a succombé plus tard à ses blessures. 28 Saoudiens et ressortissants étrangers ont également été blessés.#

> AVRIL

_27 avril, Damas. Attentat (contre un bâtiment désaffecté qui avait abrité des bureaux des Nations unies) suivi d'une fusillade entre un "commando terroriste" et les forces de l'ordre dans un quartier abritant des misions diplomatiques. Selon les autorités syriennes, deux activistes, une passante et un policier ont été tués.

_27 avril, Damas. Attentat (contre un bâtiment désaffecté qui avait abrité des bureaux des Nations unies), suivi d’une fusillade entre un "commando terroriste" et les forces de l’ordre dans un quartier abritant des misions diplomatiques. Selon les autorités syriennes, deux activistes, une passante et un policier ont été tués.

_15 avril. Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaida propose dans un message sonore, diffusé par la chaîne de télévision Al-Arabiya (basée à Dubaï), une "initiative de réconciliation" aux pays s'engageant à "ne pas agresser les musulmans". Cette offre, rejetée par les Européens, vise à les séparer des Etats-Unis, accusés de mener un "complot contre le grand monde islamique".

_3 avril, Madrid. Serhane Ben Abdelmajid Fakhet, connu comme "le Tunisien", figure parmi les terroristes morts dans l'explosion qu'il ont eux-mêmes provoquée au terme d'une opération menée par la police espagnole à Leganes, une cité-dortoir de la banlieue sud de Madrid. "Le noyau central de ceux qui ont commis les attentats terroristes est sous les verrous ou bien mort", déclare le ministre de l'intérieur, Angel Acebes.

> MARS

_26 mars, Islamabad. Dans une cassette audio, qui semble authentique, le numéro deux d'Al-Qaida, Ayman Al-Zawahri, nargue l'armée pakistanaise et appelle à se débarrasser du président Pervez Moucharraf. Diffusé par la chaîne par satellite en arabe Al-Jazira, le discours s'adresse tour à tour aux Pakistanais en général, à l'armée, aux tribus et aux oulémas (docteurs de la Loi chez les sunnites). "Tout musulman, au Pakistan, doit tenter de se débarrasser de ce gouvernement traître qui se rend aux Américains, ce qui aboutira à la destruction du Pakistan et à son contrôle par les Indiens", affirme-t-il.

Aux tribus, pour lesquelles le code de l'hospitalité est aussi sacré que le Coran, il lance : "Vos frères talibans et leurs partisans sont vos frères et vos hôtes... Comment pouvez-vous permettre aux agents des croisés et des juifs de leur porter atteinte ? " La voix appelle enfin les oulémas à "révéler le vrai visage de Moucharraf, le traître et le meurtrier des musulmans" [d'après "Le Monde", 27 mars 2004]. #

_26 mars, Bruxelles. Les dirigeants européens renforçent l'arsenal anti-terroriste de l'Union européenne (UE) en nommant un "Monsieur Terrorisme" - l'ancien secrétaire d'Etat à l'intérieur néerlandais Gijs de Vries - chargé de coordonner la lutte contre le fléau. Ils décident de faire du 11 mars une journée européenne commémorant les victimes du terrorisme.

_19 mars, Bruxelles. L'Union européenne renforce la coopération antiterroriste entre les Etats membres. Les ministres européens de la justice et de l'intérieur des pays membres proposent la création d'une "instance opérationnelle d'échange de renseignements".

Dr Ayman Al-Zawahri_19 mars, Islamabad. L'armée pakistanaise lance l'assaut contre les forteresses d'Al-Qaida dans la zone du Waziristan, une zone tribale insoumise proche de la frontière afghane. Des milliers d'hommes, appuyés par de l'aviation et de l'artillerie lourde, tentent de contrôler un ensemble de "maisons-forteresses", dans lesquelles pourraient se trouver 200 à 300 combattants du réseau terroriste d'Oussama Ben Laden, dont le Dr Ayman Al-Zawahri, numéro 2 du réseau.

_17 mars, Londres. Un communiqué attribué à Al-Qaida, reçu par le quotidien arabe basé à Londres Al-Qods Al-Arabi, menace d'attentats similaires à ceux de Madrid "les valets de l'Amérique". Le texte cite le Japon, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Arabie saoudite, l'Australie et le Pakistan.

Le communiqué, signé des "Brigades Abou Hafs Al-Masri/Al-Qaida", indique qu'Al-Qaida a décidé de ne pas mener d'attentat d'envergure aux Etats-Unis pour ne pas provoquer la défaite de Georges Bush à la présidentielle de novembre 2004, car "la nation islamique a besoin de la stupidité et du chauvinisme religieux d'un tel président pour se réveiller".

Le texte appelle aussi ses "brigades" en Europe à suspendre "les opérations contre les civils en Espagne, en attendant de connaître les orientations du nouveau gouvernement qui a promis de retirer son armée d'Irak et qu'on s'assure de sa non-ingérence dans les affaires des musulmans".

_17 mars, Paris. Un courrier, non encore authentifié, adressé au Premier ministre et envoyé au Monde et au Parisien, menace la France. Signé par le Commando Mosvar Barayev, inconnu des services de renseignement, ce courrier exige le retrait immédiat de la loi sur la laïcité. Jean-Pierre Raffarin "prend les menaces terroristes au sérieux", mais se veut rassurant.

_16 mars, Paris. Jacques Chirac appelle la communauté internationale à se "rassembler pour lutter contre le terrorisme de toutes ses forces et sans relâche" et pour "mettre un terme aux conflits" qui sont les "terreaux de la violence".#

"Mais soyons lucides. Nous devons aussi nous rassembler pour mettre un terme aux conflits qui alimentent la colère et la frustration des peuples, pour lutter contre la misère, l'humiliation et l'injustice qui sont les terreaux de la violence", ajoute le président français, au cours d'une réunion de presse conjointe avec le chancelier allemand Gerhard Schroeder.

"Nous devons choisir l'espoir, la solidarité et le dialogue des cultures contre la prétendue fatalité d'un choc des civilisations. […] Face au terrorisme, nous devons opposer force et détermination. Mais nous devons aussi affirmer dans le monde les valeurs de respect, de justice et de solidarité".

_16 mars, Madrid. La police espagnole soupçonne un seul et même groupe d'être à l'origine des attentats du 11 mars à Madrid et de ceux de Casablanca en mai 2003. Jamal Zougam, arrêté le 12 mars, serait l'un des dirigeants d'Al-Qaida en Espagne.

_15 mars, Europe. Trois minutes de silence, à midi, en Europe en hommage aux victimes des attentats de Madrid. L'Allemagne demande une réunion des ministres de l'intérieur européens. La France souhaite une réunion des chefs de la diplomatie. Romano Prodi, président de la Commission européenne, appelle à l'élaboration d'un plan d'action antiterroriste.

14 mars, Rome. Jean Paul II exprime sa "condamnation absolue" du terrorisme après les attentats de Madrid. Le pape, qui se dit révulsé par un "crime horrible", se demande "comment l'âme humaine peut arriver à concevoir des méfaits aussi exécrables".

_12 mars, Madrid. " ETA ou Al-Qaida, Basta Ya ! ". L'Espagne dans la rue contre la terreur, titre le quotidien français Le Figaro. De gigantesques "manifestations de deuil" ont lieu dans tout le pays.

Mobilisation espagnole contre le terrorisme, écrit le quotidien Le Monde, qui note que "des manifestations d'ampleur historique", rassemblant plus de onze millions d'Espagnols dans les rues des villes d'Espagne, "ont répondu au massacre terroriste sans précédent" du 11 mars qui a fait 200 morts et 1'463 blessés.

"Tous madrilènes", titre, pour sa part, le quotidien Libération, qui relève que l'ETA nie toute implication dans les attentats, relançant ainsi "la piste d'Al-Qaida". A Madrid, la grande manifestation nationale, à laquelle ont participé le chef du gouvernement, José Maria Aznar, et de très nombreuses personnalités étrangères (dont le Commissaire européen, Romano Prodi; le Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin; le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi; le ministre allemand des affaires étrangères, Joschka Fischer), rassemble 2,3 millions de personnes. #

->  Dans la presse européenne

Une de Libé_11 mars, Madrid. Près de 200 personnes tuées et 1'400 blessées, selon un bilan provisoire, dans les attentats simultanés perpétrés contre quatre trains de banlieue à Madrid. Les autorités espagnoles accusent l'organisation séparatiste basque ETA, mais un texte attribué à Al-Qaida revendique les attaques.

Dix bombes ont explosé, visant quatre trains dans trois gares de la capitale espagnole et de sa banlieue, autour d'une même ligne ferroviaire. Sept bombes ont explosé à la gare centrale d'Atocha, une des plus grandes de Madrid, une dans la gare de Santa Eugenia et deux dans celle du Pozo, dans la banlieue madrilène. Les artificiers de la police en ont fait exploser trois autres.

Le Premier ministre, Jose Maria Aznar, appelle à des manifestations massives à travers le pays ce soir. Le roi d'Espagne, Juan Carlos, dans une intervention télévisée exceptionnelle, appelle à "l'unité et à la fermeté" pour lutter contre "la barbarie terroriste". Les Nations unies jugent "monstrueux" l'acte terroriste, tandis que le président américain Bush "se tient aux côtés du peuple espagnol". Les députés européens observent une minute de silence. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se dit "profondément choqué et indigné".

->  La condamnation du Conseil de sécurité

Arnaldo Otegi, le dirigeant de Batasuna, parti radical basque interdit pour ses liens avec l'ETA, condamne de son côté ces "actions aveugles", et les a attribuées à la "résistance arabe". Batasuna n'a jamais, dans le passé, condamné d'actions terroristes de l'ETA.

[Le quotidien de Londres Al-Qods al-Arabi a publié, le 12 mars 2004, un communiqué daté du jeudi 11 mars et signé des "Brigades Abou Hafs al-Masri/Al-Qaida". "L'escadron de la mort [des Brigades Abou Hafs al-Masri] a réussi à pénétrer au cœur des Croisés européens et à infliger un coup douloureux à l'un des piliers de l'alliance croisée, l'Espagne", affirme le texte dont l'authenticité n'a pu être vérifiée. Cette attaque "fait partie du règlement d'un vieux compte avec l'Espagne croisée, l'alliée de l'Amérique dans la guerre contre l'islam", ajoute le communiqué. L'Espagne a été l'un des principaux alliés des Etats-Unis dans la guerre contre l'Irak.]

_4 mars, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies débat en séance publique de la création d'une "direction exécutive" visant à renforcer et institutionnaliser la Commission contre le terrorisme (CCT) mise en place au lendemain des attaques d'Al-Qaïda contre les Etats-Unis. La CCT a été mise en place par la résolution 1373 du 28 septembre 2001 afin de guider et surveiller tous les Etats membres des Nations Unies qui ont l'obligation de mettre en place des législations nationales permettant une lutte effective contre le terrorisme.#

La trentaine d'orateurs qui se sont succédés à la tribune du Conseil ont souligné la nécessité de lutter contre le terrorisme qui, selon l'expression de l'ambassadeur de Suisse, Jenö Staehelin, "concerne l'ensemble de la communauté internationale".

> FEVRIER

Oussama ben Laden_23 février, Kaboul. "Les leaders du mouvement taliban [Al-Qaïda], nos commandant militaires et plus particulièrement nos invités Oussama ben Laden et [l’Egyptien] Ayman Al-Zawahiri sont en vie et sont actuellement en Afghanistan, occupés à planifier des opérations anti-américaines", affirme un communiqué signé du "Centre d'information de mollah Omar" et transmis à l'Agence France-Presse (AFP) par un responsable de la milice islamiste.

"Les Américains ont lancé leur propagande en affirmant qu'ils arrêteraient avant la fin de l'année certains de nos leaders", affirme ce communiqué qui ajoute: "Tout cela est un mensonge, un jeu de George W. Bush pour remporter les élections présidentielles américaines".

[Le 22 février, l'hebdomadaire britannique Sunday Express avait affirmé qu'Oussama ben Laden, 50 de ses partisans, ainsi que mollah Omar, s'étaient réfugiés dans la province pakistanaise du Baloutchistan, dans une zone montagneuse près de la frontière afghane.]

_6 février, Moscou. Un attentat à la bombe dans un wagon du métro fait 39 morts et une centaine de blessés. Cet attentat survient à quelques semaines de l'élection présidentielle russe, prévue le 14 mars. Une enquête est ouverte pour "terrorisme" et "assassinat prémédité". Depuis l'automne 1999, Moscou a été la cible de plusieurs actions terroristes tchétchènes.

Le président russe Vladimir Poutine accuse Aslan Maskhadov, l'ancien président de Techétchénie élu en 1996 et chef des indépendantistes tchétchènes. "Le fait même qu'après de tels crimes, des appels sont lancés en faveur de négociations avec Maskhadov prouve indirectement que les gens qui lancent ces appels lient Maskhadov et ses bandis au terrorisme. La Russie ne mène pas de négociations avec les terroristes, elle les élimine".

> JANVIER

_30 janvier, Nations unies [New York]. "Nous avons tiré les leçons de nos erreurs passées et supprimé les failles qui existaient dans le système précédent", déclare le président du Comité des sanctions, Heraldo Muñoz, après que le Conseil de sécurité ait décidé de renforcer le régime de sanctions contre Al-Qaida et les talibans.#

Le dispositif précédent prévoyait que les Etats devaient geler les ressources financières et les avoirs des talibans, y compris les fonds générés par des entreprises leur appartenant ou sous leur contrôle. Ils devaient également geler les fonds et autres avoirs financiers appartenant à Ousama Ben Laden et ses associés d'Al-Qaida et empêcher leur entrée ou leur transit sur leurs territoires. Ils devaient par ailleurs empêcher la fourniture, la vente ou le transfert d'armes et de matériel militaire à ces individus ou entités.

La résolution adoptée par le Conseil accroît les mesures antérieures, notamment celles adoptées après les attaques à la bombe perpétrées en 1998 par Al-Qaida contre les ambassades de Nairobi et Dar Es-Salaam, en élargissant le champ des avoirs financiers couverts et en prévoyant des mécanismes pour s'assurer de son application.

->  La résolution du Conseil de sécurité

_30 janvier, Montevideo (Uruguay). Les 34 pays membres de l'Organisation des Etats américains (OEA) réaffirment dans une "Déclaration de Montevideo" leur engagement à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes y compris les nouvelles comme le bioterrorisme ou le cyberterrorisme.

Le texte indique que le terrorisme constitue "une grave menace pour les valeurs et principes qui soutiennent l'ordre interaméricain et les institutions et libertés démocratiques" - menace "aggravée par ses connexions avec le trafic de drogue, le trafic d'armes, le blanchiment d'actifs et d'autres formes de délinquance organisée transnationale".

La Déclaration recommande aux pays de l'OEA d'accélérer la ratification de la Convention interaméricaine contre le terrorisme adoptée en juin 2002 et demande aussi à tous les gouvernements de l'hémisphère d'adapter leur législation afin de pouvoir "juger et sanctionner les personnes responsables de la planification, du financement et de la réalisation d'actes terroristes".

Les Etats américains s'engagent à "identifier et combattre les menaces terroristes émergentes, indépendamment de leur origine ou motivation, comme les menaces à la sécurité cybernétique, le bio-terrorisme" entre autres.

La Déclaration souligne également "l'importance de promouvoir la meilleure sécurité possible pour le transport dans toutes ses modalités, y compris les aéroports, ports et frontières, sans porter préjudice aux engagements internationaux sur le libre mouvement des personnes et la facilitation du commerce international dans la région".
#