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14 OCTOBRE. Le procès de quatre officiers supérieurs
de l'ancienne armée rwandaise accusés de génocide,
dit "procès des militaires", suspendu
jusqu'au 12 janvier 2005. La Cour n'a pas expliqué
les raisons de cette suspension.
L'accusation avait appelé à la barre des rescapés,
des militaires condamnés pour génocide et des observateurs
étrangers, dont le commandant des Casques bleus pendant
le génocide, le général canadien Roméo
Dallaire. Le procureur avait également cité des
experts, dont le professeur belge Filip Reyntjens et l'historienne
américaine Alison Des Forges, militante des droits de l'homme.
Tous les deux sont des spécialistes reconnus du Rwanda.
Le TPIR a également reporté au 10 janvier 2005
le procès des anciens chefs d'état-major de l'armée
et de la gendarmerie. Le premier militaire à avoir
été jugé par le TPIR, le lieutenant Samuel
Imanishimwe, ancien commandant du camp Karambo (sud) a été
condamné à 27 ans de prison le 25 février
2004 [Source : agence Hirondelle].
11 OCTOBRE. Le génocide commis au Rwanda d'avril
à juillet 1994 était initialement programmé
le 23 février de la même année, selon
un témoin cité dans le procès dit "des
militaires". Selon le témoin, un officier de l'ancienne
armée rwandaise, un télégramme de l'état-major
en date du 22 février 1994 avait annoncé que "les
activités prévues pour le lendemain étaient
suspendues". Ces "activités" devaient consister
à tuer les Tutsis et les opposants hutus, a affirmé
le témoin, qui déposait sous le pseudonyme de "XXQ".
Cette suspension, a poursuivi le témoin, avait été
motivée par le souci d'attendre les vacances scolaires,
de façon qu'aucun Tutsi ne puisse survivre, même
les jeunes écoliers.
Quand l'avion du président Habyarimana a été
abattu dans la soirée du 6 avril 1994, aucune nouvelle
date n'avait encore été fixée pour les massacres,
a encore affirmé l'ancien officier rwandais. Il a ajouté
que les quatre accusés faisaient partie d'un groupe d'officiers
hostiles au partage du pouvoir avec la rébellion tutsie
du Front patriotique rwandais (FPR) actuellement au pouvoir.
Le principal accusé de ce "procès des militaires",
qui s'est ouvert le 2 avril 2001, est l'ancien directeur de cabinet
au ministère de la Défense, le colonel Théoneste
Bagosora, considéré par l'accusation comme "le
cerveau" du génocide. Il est jugé avec l'ancien
responsable des opérations militaires à l'état-major
de l'armée, le général de brigade Gratien
Kabiligi, l'ancien commandant de la région militaire
de Gisenyi (nord), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva
et l'ancien commandant du bataillon para-commando de Kanombe (Kigali),
Aloys Ntabakuze.
Les quatre officiers, qui plaident non coupables, sont poursuivis
pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité
[Source : agence Hirondelle].
11 OCTOBRE. Un témoin entendu par le Tribunal
dans le procès dit "gouvernement II" de quatre
ex-ministres du gouvernement intérimaire en place pendant
le génocide a déclaré que l'administration
incitait à tuer les Tutsis dès 1990.
Les responsables gouvernementaux s'exprimaient sur les radios
et lors de rassemblements appelant aux massacres de Tutsis "à
travers le pays", a raconté le témoin, qui
déposait sous le pseudonyme de "GFG". Il a indiqué
qu'à la suite de ces appels, des Bagogwe [pasteurs du nord
apparentés aux Tutsis] furent tués en 1991 dans
la province de Gisenyi.
Après le lancement de l'offensive du Front patriotique rwandais (FPR) en octobre 1990, "le gouvernement a entrepris d'expliquer à travers des réunions publiques et les médias que les Inyenzi - Inkotanyi [
] avaient infiltré [le pays] et qu'ils utilisaient beaucoup d'astuces pour rentrer au pays". Inkotanyi est le nom rwandais du FPR, tandis
que le terme Inyenzi [littéralement cafard] désignait,
dans le registre extrémiste hutu, la communauté
tutsie. Les autorités se rendaient souvent sur les collines
pour encourager l'entraînement militaire de la jeunesse
hutue, a ajouté le témoin.
Ce procès, qui s'est ouvert le 6 novembre 2003, met
en cause les anciens ministres de la santé, Casimir
Bizimungu ; des affaires étrangères Jérôme
Bicamumpaka ; du commerce, Justin Mugenzi, et de la fonction publique, Prosper Mugiraneza. Accusés de
génocide et crimes contre l'humanité, ils plaident
non coupable [Source : agence Hirondelle].
27 SEPTEMBRE. Début du procès d'un prêtre catholique, le père Athanase Seromba, 41 ans, accusé
d'avoir participé à l'assassinat de 2'000 Tutsis
réfugiés dans l'église de sa paroisse à
Nyange, dans la région de Kibuye, à l'ouest
du Rwanda.
Premier religieux catholique à être jugé
par le Tribunal pour sa participation présumée au
génocide de 1994, Athanase Seromba s'était réfugié,
après le génocide, dans l'ex-Zaïre [aujourd'hui
République démocratique du Congo, RDC], puis au
Kenya, avant d'être accueilli en Italie, notamment dans
le diocèse de Florence (centre), qui lui a permis d'exercer
dans un village de Toscane. Il s'est rendu aux autorités
judiciaires en février 2002.
Le religieux hutu, qui plaide non coupable, a souhaité
"que la vérité éclate et fasse taire
la rumeur". Il est défendu par un avocat béninois,
Me Alfred Pognon, et un avocat camerounais Me Patrice Monthe.
Me Pognon avait auparavant défendu l'évêque
rwandais Augustin Misago, qui a été acquitté en 2000 par la justice rwandaise.
15 JUILLET. Le Tribunal condamne à
la prison à vie l'ancien ministre rwandais des finances
pendant le génocide, Emmanuel Ndindabahizi. A l'unanimité, les juges ont déclaré l'accusé "coupable de génocide, extermination (crime contre l'humanité) et assassinat (crime contre l'humanité)", a indiqué le juge président le Norvégien Erik Mose.
Selon le Tribunal, l'ex-ministre "a distribué des grenades et des machettes" pour tuer les Tutsis et "incité les assaillants à attaquer les Tutsis qui s'étaient réfugiés" sur la colline de Gitwa près de la ville de Kibuye (ouest du Rwanda). Ndindabahizi est originaire de Kibuye.
Les juges ont estimé que l'accusé "avait l'intention de détruire en tout ou en partie le groupe ethnique tutsi. Du fait de sa qualité de membre du gouvernement, ses paroles et ses actes ont apporté un important soutien moral aux assaillants. Les circonstances aggravantes l'emportent sur les circonstances atténuantes", souligne le jugement faisant remarquer que l'accusé était "bien connu et influent à Kibuye".
17 JUIN. L'ancien bourgmestre de la commune de Rusomo, Sylvestre Gacumbitsi, accusé de crimes contre l'humanité, condamné à 30 d'emprisonnement. Il a été reconnu coupable de génocide et d'extermination et de viol en tant que crimes contre l'humanité.
Selon les trois juges du Tribunal, l'accusé a planifié le génocide des Tutsi dans la commune de Rusumo, entre les 7 et 14 avril 1994, en participant à des réunions avec des responsables militaires et des Interhamwe, en assurant la distribution d'armes, en organisant des réunions au cours desquelles il a incité la population à tuer les Tutsi. De même, par ses actes et paroles, il a clairement manifesté son intention génocidaire.
La chambre de première instance du TPIR s'est en particulier dit convaincue de la participation de Sylvestre Gacumbitsi au massacre des Tutsi à la paroisse de Nyarubuye, les 15, 16 et 17 avril 1994.
16 MARS. Près de 40% des quelque 76'000 détenus
rwandais accusés de participation au génocide
de 1994 ont avoué leurs crimes avant la date butoir du
15 mars 2004, et devraient par conséquent bénéficier
de remises de peine, indique à l'Agence France-Presse le
procureur général du Rwanda, Jean de Dieu Mucyo.
Selon les lois rwandaises régissant la justice en matière
de génocide, les personnes qui avouent et demandent pardon
peuvent bénéficier d'importantes remises de peine.
En 2003, cette mesure avait permis de libérer plus de 22'000
détenus. Depuis le lancement de la procédure d'aveux
en 1998, quelque 60'000 prisonniers ont confessé leurs
crimes.
"Environ 30'000 prisonniers ont avoué depuis les dernières libérations de détenus", qui avaient eu lieu fin janvier 2003, a-t-il déclaré, précisant qu'il s'agissait d'un chiffre provisoire. "Ce chiffre comprend "les aveux des détenus de la première catégorie, qui ne peuvent être libérés". La "première catégorie" regroupe les "planificateurs" du génocide, les "tueurs de grand renom" et les "violeurs".
27 FEVRIER. La principale association de rescapés
du génocide rwandais en 1994, Ibuka, dénonce
les acquittements de l'ancien ministre rwandais des Transports
et communications, André Ntagerura et de l'ex-préfet
de Cyangugu (sud-ouest), Emmanuel Bagambiki, qui étaient
accusés de génocide et de crimes contre l'humanité,
prononcés par le TPIR, estimant qu'avec ce jugement, la
juridiction "niait l'existence du génocide".
"Acquitter les planificateurs du génocide, c'est
nier l'existence du génocide des Tutsis au Rwanda",
affirme Ibuka dans un communiqué. L'association demande
au gouvernement rwandais de "faire tout ce qui est en son
pouvoir pour que cette mesure [l'acquittement] soit revue".
Officiellement, Ibuka est une association indépendante.
Toutefois les observateurs estiment qu'elle exprime souvent le
point de vue du gouvernement rwandais.
25 FEVRIER. Le Tribunal acquitte l'ancien ministre rwandais
des Transports et communications, André Ntagerura,
et l'ancien préfet de Cyangugu (sud-ouest), Emmanuel
Bagambiki, accusés de génocide et crimes contre
l'humanité. L'ancien commandant du camp militaire de Karambo,
dans la province de Cyangugu, le lieutenant Samuel Imanishimwe,
qui comparaissait sous les mêmes chefs d'accusation, est
condamné à 27 ans de prison.
Les magistrats du Tribunal ont estimé que l'accusation
"n'a pas apporté de preuve solide ou crédible
que M. Ntagerura avait supervisé les massacres à
Cyangugu", selon l'énoncé du jugement. De même,
ils ont jugé que l'ancien préfet Bagambiki "ne
peut être tenu responsable au plan criminel", faute
de "preuve suffisamment solide" contre lui. En revanche,
le lieutenant Imanishimwe a été reconnu "responsable
d'avoir ordonné le massacre, la torture et l'emprisonnement
de nombreux civils au camp de Karambo".
Le procureur avait requis la prison à vie contre les
trois accusés. C'est la deuxième fois que le Tribunal
prononce un verdict d'acquittement. Il avait déjà
acquitté en 2001 Ignace Bagirishema, l'ancien maire
de Mabanza, dans la province de Kibuye (nord-ouest).
19 FEVRIER. Le Rwanda va libérer les prisonniers
accusés de participation au génocide de 1994 ayant
avoué leur crime et ayant passé en détention
préventive plus de temps que la peine encourue, annonce
le procureur général, Jean de Dieu Mucyo.
"Plusieurs dizaines de milliers" de prisonniers seraient
concernés.
Une fois remis en liberté provisoire, les détenus
devront probablement passer un ou deux mois dans les "camps
de solidarité" - camps qui, selon les autorités rwandaises, servent à "rééduquer" les anciens combattants et les ex-prisonniers, et à les informer sur les changements intervenus au Rwanda depuis 1994.
22 JANVIER. L'ancien ministre rwandais de l'enseignement
supérieur, Jean de Dieu Kamuhanda, 51 ans, condamné
à la prison à vie par le Tribunal. Il a été
reconnu coupable de "génocide" et "extermination
comme crime contre l'humanité". Ministre pendant le
génocide de 1994, il était accusé d'avoir
personnellement dirigé des attaques perpétrées
contre des civils à Gikomero, dans le centre du Rwanda.
Arrêté en France en 1999, il est le troisième
membre du "gouvernement du génocide" à
être jugé par le Tribunal.
21 JANVIER. L'ancien ministre rwandais des Affaires
étrangères, Jérôme Bicamumpaka,
a déclaré "aucun Tutsi ne doit survivre",
au début du génocide en avril 1994, affirme un témoin
devant le Tribunal.
"Aucun Tutsi ne doit survivre dans la préfecture
de Ruhengeri. Ils doivent tous être exterminés",
aurait lancé Jérôme Bicamumpaka, lors d'une
réunion dans les locaux de la préfecture, "entre
le 19 et le 25 avril 1994", à l'occasion de la prise
de fonction du nouveau préfet, Basile Nsabumugisha. Le
ministre aurait expliqué que le mandat du nouveau préfet
consistait notamment à veiller à l'exécution
d'un plan spécifiant que "tout Tutsi encore en vie
devait être tué et que toute personne qui cachait
chez elle un Tutsi avait l'obligation de le tuer".
Jérôme Bicamumpaka et les anciens ministres
de la Santé, Casimir Bizimungu, du Commerce, Justin
Mugenzi, et de la Fonction publique, Prosper Mugiraneza,
répondent de six chefs d'accusation de génocide
et de crimes contre l'humanité portant sur des massacres
de Tutsis en divers endroits du Rwanda entre avril et juin 1994.
Ils plaident non coupables.
21 JANVIER. Le général canadien Roméo
Dallaire déclare que les rebelles de l'époque,
aujourd'hui au pouvoir, avaient planifié "un pays
dominé par les Tutsi" lors de leur lutte armée
contre le gouvernement contrôlé par l'ethnie Hutu.
Le FPR, souligne-t-il, "n'avait pas nécessairement
parmi ses priorités le bien-être des populations
de l'intérieur mais un plan longtemps élaboré
qui aboutirait à un pays dominé par les Tutsi".
Le général Dallaire avait déjà remarqué
"l'intransigeance politique" du FPR au début
de 1994, lors de l'échec de la mise en oeuvre des accords
de paix conclus à Arusha (Tanzanie) en août 1993.
20 JANVIER. Le général canadien Roméo
Dallaire, qui dirigeait la Mission des Nations unies au Rwanda
(Minuar) pendant le génocide en 1994 "charge"
le principal accusé du procès, le colonel Théoneste
Bagosora, ancien directeur de cabinet du ministre de la Défense
et présenté par l'accusation comme "le cerveau
du génocide".
Selon lui, le colonel Bagosora, au début du génocide,
donnait l'impression de "planifier" les massacres. Il
ajoute que le colonel Bagosora était impliqué dans
l'entraînement des miliciens, principaux bras armés
du génocide rwandais.
Le colonel Bagosora comparaît dans le procès
"des militaires" avec l'ancien responsable des opérations
militaires à l'état-major de l'armée, le
général de brigade Gratien Kabiligi, l'ancien
commandant de la région militaire de Gisenyi (ouest du
Rwanda), le lieutenant-colonel Anatole Nsengiyumva, et
l'ex-commandant du bataillon para-commando de Kigali, le major
Aloys Ntabakuze.
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