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15 NOVEMBRE Début du procès de trois
membres de l'Armée de libération du Kosovo (ALK)
- plus connu sous son sigle albanais, l'UCK (Ushtria Çlirimtare
ë Kosovë) - accusés de crimes contre l'humanité
et de crimes contre les lois de la guerre.
Fatmir Limaj, Haradin Bala et Isak Musliu
sont accusés d'avoir participé à une entreprise
criminelle conjointe, née avant mai 1998 et qui s'est poursuivie
au moins jusqu'en août 1998, qui avait pour but de cibler
des civils serbes et ceux qui étaient perçus comme
des collaborateurs albanais "à des actes d'intimidation,
d'emprisonnement, de violence et de meurtre".
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11 NOVEMBRE Slobodan Milosevic redemande au Tribunal de citer à comparaître l'ancien président américain Bill Clinton et le Premier ministre britannique Tony Blair. Il réclame également les témoignages de l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright, du chancelier allemand Gerhard Schroeder et de son ancien ministre de la défense Rudolf Sharping.
10 NOVEMBRE Les Serbes bosniaques s'excusent pour le massacre de Srebrenica. Le gouvernement de la République serbe de Bosnie (RS) présente, pour la première fois, ses excuses aux proches de plus de 7'800 musulmans tués à Srebrenica, dans lest de la Bosnie, par les forces serbes bosniaques lors de la guerre de Bosnie (1992-1995) et s'engage à traduire en justice les coupables. Bien que décrétée zone de sécurité par les Nations unies, l'enclave de Srebrenica était tombée le 11 juillet 1995 aux mains des forces serbes de Bosnie. Les casques bleus néerlandais, chargés de protéger l'enclave, n'avaient pas été en mesure d'empêcher les massacres.
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1er NOVEMBRE Slobodan Milosevic à nouveau maître de sa défense. Slobodan Milosevic peut reprendre la direction de sa défense tant que sa santé le lui permettra, décide la Chambre d'appel du Tribunal, qui maintient toutefois l'attribution d'un avocat d'office qui restera dans l'ombre.
Maintenant l'imposition d'un avocat de la défense, mais
revenant sur les "modalités" de son intervention,
la Chambre d'appel indique que, si un avocat reste formellement
attribué à Slobodan Milosevic, la Chambre de jugement
devra "mettre en place un régime qui en minimise l'impact
sauf lorsqu'il y va de l'intérêt de la justice".
En d'autres termes, l'ex-dirigeant serbe est présumé
pouvoir prendre la direction de sa défense, "lorsqu'il
est physiquement capable de le faire".
Il pourra ainsi "choisir les témoins à présenter,
les interroger avant que l'avocat commis d'office ne puisse le
faire, présenter ses propres arguments au tribunal, présenter
ses conclusions finales et, de manière générale,
prendre les décisions stratégiques de base dans
la présentation de sa défense", indique la
décision de la Chambre d'appel.
Cette dernière, composée des Juges Meron, le
Président du Tribunal, et des juges Pocar, Mumba, Güney
et Weinberg de Roca, précise que "cette présomption
reste ce qu'elle est, c'est-à-dire une présomption".
La décision de la Chambre de jugement d'assigner d'office
un avocat à Slobodan Milosevic avait été
motivée par la nécessité de lui garantir
un procès équitable en raison de la détérioration
de son état de santé, due à des problèmes
cardiaques.
14 OCTOBRE Une commission officielle serbe bosniaque remet au gouvernement local une liste de "plus de 7'000" Musulmans tués par les forces serbes en juillet 1995 à Srebrenica.
11 OCTOBRE Le procureur du Tribunal fustige le manque de coopération des serbes de Bosnie. "Nous n'avons aucune coopération avec la Republika Srpska [l'entité serbe de Bosnie]. Ils n'ont pas arrêté un seul fugitif. C'est incroyable ! Radovan Karadzic y est toujours",
rappelle Carla Del Ponte, lors d'une conférence
de presse à Luxembourg. Radovan Karadzic "est protégé
par tous", car on le considère comme "un héros",
ajoute-t-elle.
10 OCTOBRE L'un des principaux accusés du massacre de Srebrenica, Ljubisa Beara, incarcéré à
la prison du Tribunal. Ancien chef de la sécurité
de l'état-major militaire des Serbes de Bosnie, le colonel
Beara - qui était l'un des adjoints du général
Mladic, le principal responsable du massacre, toujours
en fuite - est accusé de génocide, crimes
contre l'humanité et violations des lois de la guerre pour
les crimes perpétrés à Srebrenica
en 1995.
Selon un communiqué officiel de Belgrade, Ljubisa Beara
se serait rendu aux autorités de Serbie pour "protéger
les intérêts de l'Etat et de sa famille".
SUR 14 INCULPES, 6 EN FUITE, 6 CONDAMNES
Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a ouvert une enquête sur le massacre de Srebrenica.
Les inculpés. A ce jour, 14 personnes ont été inculpées, parmi lesquelles six sont en fuite - dont les chefs politiques et militaires, Radovan Karadzic et Ratko Mladic -, deux sont en attente de leur jugement et six ont été condamnées parmi lesquelles quatre ont plaidé coupable.
Condamné. Le général Radislav Krstic, bras droit de Ratko Mladic, a été condamné à 35 ans de prison. Lors de son procès en appel le 19 avril 2004, les juges ont établi qu'un génocide avait été perpétré à Srebrenica.
Slobodan Milosevic. Son procès se déroule actuellement devant le Tribunal. Il est lui aussi accusé, entre autres crimes, de génocide à Srebrenica.
6 OCTOBRE Début du procès de Naser
Oric, ancien commandant dans l'armée des Musulmans
de Bosnie, accusé de violences anti-serbes avant les
massacres de Srebrenica, en juillet 1995. Le procureur accuse
l'officier de l'armée bosniaque de violations des lois
de la guerre perpétrées deux ans auparavant à
l'encontre des Serbes.
Naser Oric doit répondre de meurtres, traitements cruels
contre des Serbes et destructions de villages commis en 1992 et
1993 dans la région de Srebrenica.
2 SEPTEMBRE Au deuxième jour de l'audience de la défense de Slobodan Milosevic devant le Tribunal
et sur un constat de mauvaise santé de l'accusé,
le Tribunal décide de nommer d'office un avocat pour l'appuyer
dans sa défense qu'il a pour l'instant toujours insisté
pour assurer seul. 
"Conformément à la décision de la
Chambre de première instance de nommer un conseil, il est
ordonné au Greffe du [Tribunal] de nommer un conseil pour
l'accusé. Le Greffe tâchera dans un premier temps
d'obtenir la nomination de M. Kay et de Mme Higgins et devra prendre
des dispositions en vue d'un financement approprié des
personnes désignées et des membres de leur équipe
afin de leur permettre de mener à bien leurs obligations",
indique le Tribunal, qui précise toutefois que "la
possibilité reste ouverte à l'accusé d'inviter
la Chambre de première instance, ultérieurement,
à considérer une requête raisonnable en vue
d'obtenir la permission de nommer son propre conseil".
[Le 18 août2004, répondant à une
demande du Tribunal, des experts de la Cour, désignés
sous le terme d'amici curiae, avaient conclu qu'il ne serait pas
souhaitable de désigner un avocat d'office en dépit
du refus de M. Milosevic.
Ces derniers, M. Kay et de Mme Higgins, qui sont pour l'instant
les deux conseils désignés par le TPIY, concluaient
: "personne ne connaît l'affaire de Slobodan Milosevic
mieux que lui-même. Il serait irréaliste d'assumer
qu'un conseil commis d'office serait en mesure de présenter
une défense, le 31 août 2004, sans demander un ajournement".]
1er SEPTEMBRE Un ancien responsable bosno-serbe
condamné à 32 ans de prison. Le Tribunal condamne
un ancien haut responsable politique serbe de Bosnie, Radoslav
Brdjanin, 56 ans, à 32 ans de réclusion pour
crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour des crimes
commis en 1992 contre des Musulmans et des Croates de Bosnie en
Krajina (nord-ouest de la Bosnie)", mais l'acquitte de génocide.
["Au regard des éléments de preuves en présence",
le Tribunal "n'a pas pu conclure au-delà de tout doute
raisonnable qu'un génocide a été commis dans
la région autonome de Krajina", a déclaré
le juge Carmel Agius. Les juges ont cependant conclu que
Radoslav Brdjanin était coupable d'avoir aidé et
encouragé des persécutions contre les civils musulmans
et croates de Bosnie.]
31 AOUT Slobodan Milosevic entame sa défense
devant le TPIY. L'ancien président yougoslave Slobodan
Milosevic présente sa défense devant le Tribunal
où il répond de génocide, crimes de guerre
et crimes contre l'humanité pour trois guerres dans les
Balkans. Niant les crimes dont il est accusé, il estime
que les accusations qui pèsent sur lui sont des "mensonges
éhontés" et accuse la communauté internationale
d'être "la principale force" responsable de la
destruction de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.
Il dispose de 150 jours pour présenter ses témoins.
Les charges qui pèsent contre Milosevic
["Vous parlez de crimes que nous [les Serbes et lui-même] n'avons pas commis, vous les expliquez par des projets que nous n'avons pas eus", a déclaré M. Milosevic en terminant la déclaration liminaire de sa défense. "Cet acte d'accusation est une addition de mensonges sans scrupules et de manipulations", a-t-il encore lancé.
Parlant sans notes et s'adressant directement à la Cour, il a estimé que l'accusation avait "collecté mécaniquement une série d'actes, dont certains sont bien entendus criminels, sans la moindre preuve".
"Cette prétendue accusation a fabriqué
ce concept unique en son genre d'"entreprise criminelle conjointe"
parce qu'elle n'arrive pas à prouver la culpabilité.
C'est une construction nébuleuse. Cela fut conçu
pour pouvoir mettre en accusation des innocents sans prouver leur
culpabilité", a-t-il ajouté.
Le principe du "plaider coupable" est selon lui "un
exemple de fabrication de faux témoins". "Messieurs,
vous ne pouvez pas imaginer le privilège, même avec
les conditions que vous m'imposez, d'avoir la vérité
et la justice de mon côté", a-t-il dit aux juges
en conclusion de sa présentation. Agences de presse AFP
et Reuters.]
6 AOUT Milosevic dénonce un procès "politique". Slobodan Milosevic déclare, dans un entretien que publie le quotidien français Le Figaro, que son procès devant le Tribunal pénal international est éminemment "politique" et que "les juges ont reçu des instructions de la part des gouvernements occidentaux qui ont juré [sa] perte". Il assure que les crimes commis en Bosnie et en Croatie sont étrangers à sa personne et qu'il a tout fait pour tenter d'arrêter une guerre civile "où il était évident dès le départ qu'il n'y aurait à la fin que des perdants". Il estime que le commandant des troupes bosno-serbes, le général Mladic, n'a "pu ordonner une chose aussi contraire à l'honneur militaire serbe que l'exécution de prisonniers de guerre" à Srebrenica en 1995.
29 JUILLET Milan Babic, l'ancien Président de la République serbe de Krajina (RSK), une entité créée en 1990 par des sécessionnistes serbes de Croatie, condamné à 13 ans de prison pour crimes contre l'humanité et violations des lois ou coutumes de la guerre. Les activités reprochées à Milan Babic portent sur la période allant d'août 1991 à juin 1992. L'acte d'accusation, établi en novembre 2003, reprochait à Milan Babic d'avoir pris part à une entreprise criminelle visant à éliminer par la force et de façon permanente la plupart des Croates et des autres populations non-serbes d'un tiers du territoire de la Croatie.
En février 2004, le Tribunal avait accepté l'accord de coopération conclu entre l'ancien Président de la "République serbe de Krajina" et le Procureur, par lequel ce dernier reconnaissait sa culpabilité à l'égard du chef d'inculpation l'accusant de persécutions pour motifs politiques, raciaux et religieux en tant que crimes contre l'humanité.
En contrepartie, les quatre autres chefs d'accusation retenus contre Milan Babic au titre des violations des lois et coutumes de la guerre, dont des meurtres et des destructions de biens, avaient été abandonnées. Milan Babic avait aussi accepté la qualification de co-auteur d'une entreprise criminelle conjointe (au lieu de complice), ce qui impliquait qu'il acceptait de coopérer en témoignant dans plusieurs procès en cours dont celui de Slobodan Milosevic.
29 JUILLET La cour d'appel du Tribunal libère le général croate Tihomir Blaskic. La chambre d'appel
du Tribunal réduit la peine du général croate
de Bosnie Tihomir Blaskic de 45 ans à 9 ans de prison,
après l'avoir acquitté de 16 chefs d'accusation
sur les 19 pour lesquels il avait été condamné
en première instance. Le président du Tribunal,
quelques heures après l'annonce du nouveau verdict, a accepté
la mise en liberté anticipée de l'accusé,
en détention provisoire depuis le début de son procès,
le 24 juin 1997.
Tihomir Blaskic était accusé d'avoir commis,
entre 1992 et 1994, en tant que commandant des forces armées
du Conseil de défense croate ("HVO") de la communauté
de Herceg-Bosna ("HZ-HB"), d'avoir commis ou laissé
commettre des violations graves du droit international humanitaire
en attaquant la population civile musulmane dans les villes, villages
et hameaux de Bosnie centrale, ainsi que lors d'affrontements
avec l'Armée bosniaque musulmane. Il avait notamment été
reconnu coupable du massacre de plus de cent civils, le 16
avril 1993, dans le village d'Ahmici. Les juges avaient décrit
l'attaque comme la répétition générale
des massacres à venir dans les villages alentour, commise
dans le cadre d'une politique d'épuration ethnique dûment
planifiée.
La chambre d'appel du Tribunal a maintenu les condamnations
au titre des crimes liés à la détention des
prisonniers, notamment l'usage de personnes protégées
pour la construction d'installations militaires défensives
et l'usage de détenus comme boucliers humains, précise
le communiqué du TPIY.
"Le jeune général - il a aujourd'hui 43 ans - avait reconnu les faits, mais rejeté toute responsabilité. Quatre ans plus tard, les juges d'appel lui ont donné raison. La pièce à conviction D269, ordre d'attaque signé par l'accusé, n'incitait pas aux massacres, écrivent-ils. "L'accusé avait des raisons de croire qu'une attaque serait lancée" par les forces musulmanes de Bosnie, il a donc agi militairement, mais les exactions perpétrées contre les civils ont été le fait de la police militaire, qui, selon les magistrats, n'était pas placée sous ses ordres. [
]
"Au terme de l'audience de jeudi, une juriste s'est exclamée
: "Ce n'est pas top pour l'image du tribunal !" Plus
posément, à Zagreb, le président Stipe Mesic
a salué cette décision qui, selon lui, "prouve
que le TPI n'est pas une institution politique". En Bosnie,
des victimes ont mal reçu la décision de La Haye,
la qualifiant de "farce". Stéphanie Maupas,
Le Monde, Paris, 31 juillet 2004.
16 JUILLET Un ex-dirigeant des Serbes de
Croatie pendant la guerre serbo-croate (1991-1995), Goran
Hadzic, 45 ans, résidant actuellement en Serbie, inculpé
de crimes contre l'humanité pour des persécutions
de civils croates et pour le massacre de l'hôpital de Vukovar.
L'accusé était l'un des dirigeants des sécessionnistes
serbes en Slavonie orientale jusqu'en février 1992 avant
de devenir le président de la République serbe unilatéralement
proclamée de Krajina à la suite de Milan Babic.
Goran Hadzic est notamment accusé d'être impliqué
dans le massacre d'environ 264 Croates et non serbes qui
avaient trouvé refuge dans l'hôpital de Vukovar
(est de la Croatie). Pour le procureur, Goran Hadzic a participé
à une entreprise criminelle commune qui visait à
"chasser à jamais la majorité des Croates et
autres non-Serbes d'environ un tiers du territoire de la Croatie".
Hormis le massacre de Vukovar, son acte d'accusation mentionne
l'exécution de "centaines de civils croates dans plusieurs
municipalités, l'emprisonnement forcé de centaines
d'autres", des tortures, des passages à tabac ainsi
que des pillages et destructions de bâtiments civils.
16 JUIN Les juges du Tribunal décident le maintien
de la charge de génocide dans l'acte d'accusation de
l'ancien président Slobodan Milosevic, rejetant
une demande des "amici curiae", les avocats désignés
par le Tribunal pour veiller à l'équité du
procès, qui affirmaient que le procureur n'était
pas parvenu à apporter assez d'éléments de
preuve pour soutenir la charge de génocide. Ils avaient
demandé que cette charge "soit supprimée de
l'acte d'accusation sur la Bosnie à ce stade des procédures".
Les juges ont estimé qu'il "existait une entreprise
criminelle commune incluant des leaders serbes de Bosnie [...]
ayant commis le crime de génocide à Brcko, Prijedor,
Sanski Most, Srebrenica, Bijeljina, Kljuc et Bosanski Novi (Bosnie-Herzégovine)".
Les éléments de preuve rassemblés sont suffisamment
pertinents pour qu'une chambre d'instance puisse éventuellement
conclure à la participation de Milosevic à cette
entreprise criminelle.
La Serbie contre le TPIY
Slobodan Milosevic est accusé de génocide
pour la guerre de Bosnie (1992-1995). Il doit par ailleurs répondre
de crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour ce
conflit et pour les guerres en Croatieet au Kosovo (1998-1999).
Un seul accusé, le général serbe de Bosnie
Radislav Krstic, a été jusqu'à présent
reconnu coupable de génocide, pour le massacre de Srebrenica
(Bosnie occidentale) qui avait coûté la vie à
plus de 7'000 Musulmans.

Le génocide est la destruction de tout ou partie
d'un groupe national, ethnique ou religieux en tant que tel. Ce
crime exige que soit démontrée "l'intention
spécifique" de destruction de ce groupe de la part
de l'accusé.
11 JUIN [Sarajevo] La Republica Srpska (RS),
la République serbe de Bosnie, reconnaît,
pour la première fois depuis la fin de la guerre de Bosnie
(1992-1995), le massacre par les forces serbes bosniaques,
de "plusieurs milliers de musulmans" à
Srebrenica en 1995. Le rapport de la commission gouvernementale chargée de l'enquête note "la participation [au massacre] d'unités militaires et policières, y compris d'unités spéciales du ministère de l'intérieur de la Republica Srpska". "Les auteurs ont dissimulé leurs crimes", précise le texte transmis à la communauté internationale.
Les autorités serbes de Bosnie refusaient jusqu'ici
d'admettre les faits. Plus de 7'000 personnes ont été
tuées dans ce massacre. Le rapport n'évoque toutefois
pas la notion de génocide, contrairement au jugement
rendu en 2004 par le TPIY.
25 MAI Le général croate Mirko
Norac, 36 ans, inculpé de crimes contre l'humanité
et crimes de guerre commis contre des civils serbes de Croatie
dans la poche de Medak (centre de la Croatie) en 1993. Selon le
procureur du Tribunal, Carla Del Ponte, il a "individuellement
ou de concert avec d'autres, planifié, instigué,
ordonné ou de toute autre manière aidé à
commettre [...] des persécutions contre des civils serbes
de la poche de Medak pour des motifs raciaux, politiques
ou religieux".
Les forces croates avaient attaqué cette zone, située
dans la république autoproclamée des Serbes de Croatie,
le 9 septembre 1993. A l'époque des faits, Mirko Norac
était commandant de la neuvième brigade motorisée
des forces croates.
Le général Norac avait déjà
été condamné, en mars 2003, par la justice
de Croatie à douze ans de prison pour avoir organisé
l'exécution sommaire d'au moins 50 civils serbes de Croatie
en octobre 1991 dans la région de Gospic (210 km au sud
de Zagreb). Carla Del Ponte va demander le transfert du dossier
du général Norac à la justice croate qui
serait alors chargée d'organiser son procès.
31 MARS Les Etats-Unis suspendent leur aide à la Serbie pour défaut de coopération avec le TPIY. Les différentes étapes de l'intégration de la Serbie aux institutions économiques, politiques et militaires internationales sont en effet conditionnées à sa coopération avec le tribunal des Nations unies. A cette date butoir du 31 mars, la Serbie aurait dû livrer Ratko Mladic au Tribunal.
Accusé de génocide et crimes contre l'humanité pour le massacre de Srebrenica en 1995 et les trois cents jours du siège de Sarajevo, le chef militaire des Serbes de Bosnie est en fuite depuis bientôt neuf ans.
11 MARS Un Serbe de Bosnie condamné à
18 ans de prison pour crimes de guerre. Le Tribunal
condamne un ancien membre des forces de police serbe de Bosnie,
Ranko Cesik, à 18 ans de prison pour crimes de guerre
et crimes contre l'humanité commis contre des musulmans
à Brcko (nord de la Bosnie).
Arrêté en mai 2002, Ranko Cesik a admis avoir
tué au moins dix civils détenus dans le camp
de Luka mis en place par les forces serbes de Bosnie en mai
1992 dans la région de Brcko. Il a également reconnu
avoir contraint deux frères musulmans à avoir des
relations sexuelles entre eux. Des centaines de musulmans et de
Croates ont été détenus au camp de Luka,
entre mai et juillet 1992, dans le contexte de l'opération
de nettoyage ethnique lancée par les Serbes au début
de la guerre de Bosnie (1992-1995).
4 MARS Deux généraux croates inculpés.
Selon la télévision croate, Le TPIY a inculpé
deux généraux croates à la retraite - les
généraux Ivan Cermak et Mladen Markac
- de crimes de guerre pour des crimes commis contre des Serbes
pendant et après une opération militaire menée
en 1995 visant à reprendre le contrôle d'une région
située autour de la ville de Knin, en Krajina (sud de la
Croatie), et tenue par des séparatistes serbes.
Jusqu'à présent, le Tribunal a inculpé
trois officiers croates : Ante Gotovina, Rahim Ademi et Janko
Bobetko. Rahim Ademi s'est rendu en 2001 au TPI et a été
mis en liberté provisoire en 2002. La Croatie avait refusé
d'extrader Janko Bobetko, qui est décédé
à Zagreb en 2003.
27 JANVIER L'ancien chef des Serbes de Croatie plaide
coupable d'"égoïsme ethnique".
Milan Babic plaide coupable devant le Tribunal de crime contre
l'humanité, expliquant avoir agi par "égoïsme
ethnique". Il se reconnaît coupable de "persécutions",
un chef d'accusation légalement qualifié de crime
contre l'humanité.
En échange de cette reconnaissance de culpabilité,
l'accusation a accepté, de son côté, de requérir
contre lui une peine ne dépassant pas 11 ans de prison.
Elle a également accepté d'abandonner les charges
de crimes de guerre qui pesaient contre lui.
[Milan Babic, 47 ans, était le président
de la "République serbe de Krajina" (RSK) unilatéralement
proclamée par les séparatistes serbes de Croatie.
Plus de 25'000 personnes ont été tuées durant
la guerre de Croatie (1991-1995).]

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