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2005-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme

 2005 
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–––> ET AUSSI...

AFGHANISTAN

_29 juin, Vienne. L’Afghanistan a fourni 87% de la production mondiale d’opium en 2004, inique le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc). Les surfaces allouées au pavot à opium (qui permet de fabriquer l’héroïne) ont augmenté de 62%, atteignant le chiffre "sans précédent" de 130'000 hectares. Le régime des talibans avait quasiment mis fin à cette culture en 2001, quand la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis les en a chassés du pouvoir.

_13 mai, Kaboul. La rancoeur antiaméricaine s'étend en Afghanistan, où les manifestations de protestation contre de présumées profanations du Coran par des soldats américains, sur la base de Guantanamo Bay, à Cuba. Quinze personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées lors de ces violences consécutives aux révélations de possibles profanations du Livre sacré par l'hebdomadaire américain Newsweek.

[La publication par Newsweek d'informations selon lesquelles un exemplaire du Coran aurait été jeté dans des toilettes du camp américain de Guantanamo Bay a fait réagir le monde musulman. Au Pakistan, en Indonésie, dans la bande de Gaza ou en Egypte, des manifestations ont rassemblé quelques milliers de personnes scandant des slogans antiaméricains. La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice avait déclaré qu'"un manque de respect pour le Coran est pour nous tous quelque chose d'odieux", promettant "des mesures adéquates" si les faits étaient prouvés.]

ALGERIE

_8 mai, Sétif. L'Algérie célèbre à Sétif, dans l'est du pays, le 60e anniversaire de la répression des manifestations indépendantistes qui firent "45'000 martyrs", selon Alger, le 8 mai 1945.

[Le 8 mai 1945, à Sétif, des militants du Parti du peuple algérien se rassemblent pour réclamer la libération de leur dirigeant Messali Hadj. Cent deux Français sont tués. La répression qui s'ensuit est terrible : 10'000, 15'000, 20'000 morts ? Le bilan exact ne sera jamais connu. Les émeutes de Sétif s'étendent à Guelma, puis dans tout le Constantinois.

Dans un geste inédit, le 27 février, l'ambassadeur de France à Alger, Colin de Verdière, avait évoqué une "tragédie inexcusable" et regretté qu'un "abîme d'incompréhension entre les communautés" algérienne et française ait produit "cet enchaînement d'un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d'assassinats et de massacres".

Dans un message lu en son nom, le 6 mai, le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a affirmé que "le peuple algérien […] attend encore de la France [que] les déclarations de l'ambassadeur de France soient suivies d'un geste plus probant".]

-> Le message du président algérien
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ARGENTINE

_14 juin, Buenos-Aires. La Cour suprême de justice déclare inconstitutionnelles les lois d'amnistie qui ont permis à un millier de militaires, coupables d'atteintes aux droits de l'homme sous la dernière dictature (1976-1983), d'échapper à la justice.

Ces lois dites du "Point final" ["punto final"] et du "Devoir d'obéissance" ["Obediencia debida"] avaient été votées en 1986 et 1987 pendant l'administration du président radical Raul Alfonsin, sous la pression des militaires. Son successeur péroniste, Carlos Menem, avait ensuite gracié un grand nombre de militaires. En août 2003, peu après l'élection de Nestor Kirchner, le Parlement argentin avait voté l'abrogation de ces lois.

La décision de la Cour va permettre de traduire devant les tribunaux la centaine de militaires inculpés depuis le vote du Parlement.

[Des dizaines de milliers d'opposants ont été torturés et 30'000 d'entre eux ont disparu durant la dictature, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Bon nombre des ces "desaparecidos", comme on les appelle en Argentine, ont été assassinés, après avoir été torturés, leurs enfants nés en captivité adoptés par des militaires... Certains ont été jetés dans le Rio de la Plata du haut d'hélicoptères, au cours de "vols de la mort".]

_19 avril, Madrid. L'ancien capitaine de corvette argentin Adolfo Scilingo condamné par l'Audience nationale, la plus haute instance pénale espagnole, à 640 années de prison pour crimes contre l'humanité, détentions illégales et tortures. Mais l'emprisonnement ne pourra excéder 30 ans, dont il a déjà purgé 4 ans.

[Pour la première fois, un militaire argentin est condamné à l'étranger, en sa présence, lors d'un procès contradictoire, pour des crimes commis en Argentine pendant la dictature (1976-1983). Le capitaine Alfredo Astiz a été condamné en France, en 1990, pour l'assassinat de deux religieuses françaises, Alice Domond et Léonie Duquet, mais par contumace, comme l'ont été en 2000 sept militaires argentins en Italie.] #

ARMENIE

_24 avril, Erevan. Des dizaines de milliers de personnes se recueillent devant le monument aux victimes du génocide de 1915, pour le 90e anniversaire des massacres perpétrés par les Turcs, qui ont fait 1,5 million de victimes. La Turquie rejette toujours la thèse du génocide, estimant qu’il s’agissait d’une répression dans un contexte de guerre civile et limite son estimation entre 300'000 et 500'000 victimes.

BIRMANIE

_19 juin, Rangoon. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et dirigeante de l'opposition birmane, célèbre son 60e anniversaire seule chez elle, à Rangoon, où elle est assignée à résidence par le gouvernement militaire depuis bientôt deux ans. Symbole incontesté en Occident du combat pour la démocratie, Aung San Suu Kyi a été arrêtée en mai 2003, après être tombée avec des militants de son parti dans une embuscade.

[La Ligue nationale pour la démocratie ( LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, avait alors remporté, lors du scrutin du 27 mai 1990, 392 des 485 sièges, lors des élections jugées libres et équitables par la communauté internationale. Mais la junte au pouvoir en Birmanie depuis 1962 avait refusé d'abandonner le pouvoir.]

CHINE /Hongkong

_4 juin, Hongkong. Des dizaines de milliers de personnes se rassemblent à l’occasion du 16e anniversaire de la répression sanglante du "printemps de Pékin" sur la place Tiananmen, le 4 juin 1989.

_14 avril, Pékin. Le gouvernement publie un Livre blanc sur les droits de l’homme, qui se flatte des "progrès" enregistrés dans ce domaine. Le rapport reconnaît des abus dont se rendent coupables policiers et officiels, notamment au niveau provincial, et cite des cas de "détentions illégales", d'"aveux forcés" de "violences et de tortures sur des détenus". Il se félicite du lancement de campagnes ayant abouti à la "condamnation" de 1'595 responsables et à "la remise en liberté, l'année dernière, de 10'000 personnes injustement emprisonnées" [Le Monde, 16 avril 2005].#

COTE D’IVOIRE

_14 mai, Yamoussoukro. L'armée et la rébellion ivoiriennes signent un accord fixant les modalités pratiques du désarmement des belligérants en Côte d'Ivoire. Le désarmement, qui doit commencer le 27 juin et s'achever le 10 août, doit aboutir à la démobilisation, selon des "chiffres indicatifs", de 42'500 combattants de la rébellion et de 5'500 chez les loyalistes.

L'accord prévoit qu'une armée "refondée et restaurée" sera mise en place à partir du 26 septembre.

_26 avril, Abidjan. Répondant favorablement à une demande de son homologue sud-africain, Thabo Mbeki, chargé par ses pairs africains de mener une médiation en Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo annonce qu'il accepte que l'ancien premier ministre Alassane Ouattara participe à l'élection présidentielle d'octobre 2005. Le président ivoirien reprochait au leader du Rassemblement des républicains, principal parti d’opposition, son "ivoirité douteuse".

_6 avril, Pretoria. Le président sud-africain Thabo Mbeki fait accepter par les principales parties au conflit de Côte d'Ivoire, un plan de paix prévoyant notamment la fin des hostilités et préparant le désarmement des milices.

Ce texte "de fin de guerre" en 18 points, signé par les principaux leaders ivoiriens (le président Laurent Gbagbo, le chef de la rébellion Guillaume Soro, l'ancien premier ministre Alassane Ouattara, l'ancien président Konan Bédié et le premier ministre de transition Seydou Diarra), annonce l'arrêt "immédiat et définitif" des hostilités, ainsi que le démantèlement des milices. Il reste vague sur l'organisation de l'élection présidentielle en octobre 2005.

[Le pays est divisé en deux, depuis la tentative de coup d'Etat contre Laurent Gbagbo en 2002, le Nord du pays étant tenu par les rebelles des Forces nouvelles (FN).]

CUBA

_20-21 mai, La Havane. 200 dissidents cubains se réunissent librement, près de La Havane, à l'initiative de l'Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC), la branche considérée comme la plus "droitière" de la dissidence, pour dénoncer le régime "stalinien et totalitaire" de Fidel Castro. #

Dans leur résolution finale, les dissidents réclament "le retour immédiat" à Cuba "des traditions démocratiques, de la pluralité des partis, des programmes, des idéologies politiques et des candidats". Ils demandent également "des changements profonds qui apportent la liberté économique aux citoyens" pour en finir avec "la situation de crise", conséquence directe de "l'actuel système économique inopérant".

[Le Mouvement chrétien Libération (MCL), d'Oswaldo Paya, prix Sakharov européen des droits de l'homme en 2002, a refusé de se joindre au "rassemblement" organisé par Marta Beatriz Roque, 59 ans, économiste, l'animatrice de l'APSC.]

ESPAGNE

_30 juin, Madrid. Les députés espagnols adoptent, par 187 voix contre 147 et 4 abstentions, une loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe et l’adoption par les couples homosexuels. « L’Espagne est aujourd’hui un pays plus décent, parce qu’une société décente est celle qui n’humilie pas les membres qui la composent ».

[L’Espagne devient le quatrième pays, après les Pays-Bas, la Belgique et le Canada, à autoriser le mariage entre personnes du même sexe et le deuxième pays, après le Canada, à leur accorder le droit d’adopter sans conditions particulières. D’autres pays, comme la France et la Suisse, ont adopté des mesures différentes comme le pacs (pacte civil de solidarité) ou un ”partenariat”.]

_21 avril, Madrid. Par 183 voix pour, 136 contre et 6 abstentions, les députés espagnols votent en faveur de la législation autorisant le mariage entre personnes du même sexe. Si ce vote est confirmé par la suite, au Sénat, l'Espagne deviendra le troisième pays européen, après les Pays-Bas et la Belgique, à autoriser les unions entre homosexuels. Elle sera même le premier pays à permettre l'adoption par des couples d'homosexuels.

[Le 20 avril, dans un communiqué conjoint de hauts dignitaires de l'Eglise catholique, de l'Eglise orthodoxe, de la fédération des Communautés juives d'Espagne, et des entités religieuses évangéliques en Espagne avait demandé aux députés "une profonde réflexion, un ample dialogue et un consensus social".]

ETAT-UNIS

_26 juin, New York. Les organisations de défense des droits civiques Human Rights Watch (HRW) et le Syndicat américain des libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) rendent public un rapport qui dénonce les détentions arbitraires de suspects de terrorisme aux Etats-Unis. Les personnes interpellées plusieurs centaines d'arrestation - ont souvent été détenues pendant des mois au secret, sans mise en accusation et sans accès à un avocat, au mépris de leurs droits constitutionnels.

"Opérant derrière un mur du secret, le département de la justice a jeté de nombreux musulmans vivant aux Etats-Unis dans un monde kafkaïen de détention sans limites et sans inculpation, et d'accusations sans fondements de terrorisme. Ils se sont retrouvés non pas à Guantanamo où à Abou Ghraib, mais dans le système carcéral fédéral américain, victimes du détournement de la loi sur le témoin essentiel [material witness]. Au moins un quart d'entre eux sont des citoyens américains. Et près de la moitié n'ont jamais été présentés à un grand jury ou devant un tribunal", souligne le rapport.

L'étude, intitulée "Témoin des abus : les droits de l'homme bafoués par la loi sur les témoins essentiels depuis le 11-Septembre", recense "au moins 70 cas" de détentions arbitraires de personnes. A une seule exception, elles étaient toutes de confession musulmane. Leurs droits fondamentaux ont été déniés. "Beaucoup n'ont pas été informées des raisons de leur arrestation, n'ont pas eu accès immédiatement à un avocat et n'ont pas été autorisées à accéder aux preuves retenues contre elles. Les procédures devant les tribunaux ont été menées en secret et tous les documents scellés... De nombreux témoins essentiels ont été arrêtés et incarcérés avec des éléments qui n'auraient jamais été suffisants pour justifier une procédure criminelle et une détention préventive", soulignent les deux organisations.

"La précipitation, l'incompétence et les préjugés ont joué un rôle important", affirme Anjana Malhotra, auteur du rapport. "Ces hommes ont été victimes de la décision du département de la justice de contourner la loi, ajoute Jamie Fellner, directeur du programme américain de Human Rights Watch (HRW). Les criminels sont mieux traités que ces témoins essentiels". Source : le Monde, 28 juin 2005.

_14 juin, Washington. La Suisse demande aux Etats-Unis de respecter les Conventions de Genève dans le traitement des détenus sur la base de Guantanamo à Cuba.

["Nous avons fait part de l'exigence concrète que les Etats-Unis respectent les dispositions des Conventions de Genève", a déclaré le secrétaire d'Etat Michael Ambühl, en visite aux Etats-Unis. Le diplomate a ajouté que ses interlocuteurs avaient bien compris que la Suisse, en tant qu'Etat dépositaire de ces textes, ait une opinion différente [que la leur] sur la question de Guantanamo.]

_13 juin, Washington. Le Sénat américain s'"excuse" officiellement d'avoir renoncé à interdire explicitement les lynchages, des crimes racistes qui ont fait quelque 4'750 morts, dont les trois quarts des victimes étaient des Noirs, entre 1881 et 1964. Le nombre des victimes de ces actes pourrait se rapprocher des 10'000 morts si on prenait en compte les anonymes d'avant 1881.

A trois reprises, entre 1920 et 1940, la Chambre des représentants avait adopté un texte anti-lynchage. Chaque fois, ces initiatives étaient restées lettre morte en raison de l'opposition du Sénat. La proposition de loi du Sénat rappelle que "près de 200 propositions de loi contre le lynchage ont été présentées au Congrès durant la première moitié du XXe siècle, et qu'entre 1890 et 1952 sept présidents des Etats-Unis avaient demandé au Congrès de "mettre fin à cette pratique".#

[Des lynchages ont eu lieu sur la quasi-totalité du territoire américain, à l'exception de quatre Etats de Nouvelle-Angleterre (Nord-Est), avec une prévalence particulièrement marquée dans les Etats du Sud, en particulier Mississippi, Georgie, Texas et Louisiane.]

_16 mai, Washington. "Sur la base de ce que nous savons maintenant, nous retirons notre article qui faisait état de profanations du Coran à Guantanamo", déclare Mark Whitaker, rédacteur en chef de Newsweek. L'hebdomadaire affirmait, dans son dernier numéro, que des interrogateurs américains sur la base cubaine avaient profané le Coran. La Secrétaire d'Etat, Condoleezza Rice, qualifie d'"effroyable" l'impact de cet article, qui a "causé beaucoup de tort". Des émeutes en Afghanistan ont fait 16 morts et plus d'une centaine de blessés.

[D'anciens détenus britanniques de Guantanamo ont affirmé, le 16 mai, répétant des témoignages livrés en 2004, que des soldats américains avaient profané le Coran à Guantanamo et dans les prisons d'Afghanistan. Libéré en mars 2004, Jamal Al-Harith a ainsi assuré : "Quand ils fouillaient les cages, les gardes jetaient parfois le Coran au sol. Durant un interrogatoire, un gardien a piétiné le Coran." Si aucun de ces témoins n'a vu jeter un Coran dans les toilettes de Guantanamo, plusieurs ont estimé qu'un tel incident était "largement connu". Source : Agences de presse.

Après avoir vérifié "plus de 30'000 pages" de rapports, le porte-parole du Pentagone, Lawrence DiRita, a assuré que les enquêteurs n'avaient pas trouvé trace de l'incident décrit par "Newsweek". Mais, a-t-il ajouté, il est arrivé qu'un Coran "tombe sur le sol pendant la fouille d'une cellule". Mais la philosophie générale est de traiter les objets religieux "avec le plus grand respect". Les autorités militaires américaines ont publié, en janvier 2003, un mémorandum sur "le respect de la culture et de la dignité du Coran". Il recommande d'enfiler des gants avant de toucher le livre, de le porter à deux mains comme s'il s'agissait d'un "objet d'art" et de ne pas le placer dans un endroit proche des toilettes. Source : Le Monde.

Les prisonniers ont affirmé au CICR qu'il y avait eu plusieurs cas de profanation du Coran sur la base américaine de Guantanamo à Cuba, a déclaré le 19 mai 2005, à Genève, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ces informations sur des profanations "nous ont été rapportées par les prisonniers", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Vincent Lusser, porte-parole du CICR, qui a ajouté que cette question avait été évoquée avec les autorités américaines. "La question du respect de la religion des prisonniers est sensible et est évoquée dans le droit humanitaire international. Un prisonnier a le droit de pratiquer sa religion et doit pouvoir compter sur le respect de sa foi".]

EUROPE

_23 juin, Bruxelles. Le premier ministre britannique présente les priorités de la présidence britannique qui débute le 1er juillet. Il appelle à un débat "ouvert et franc" sur l'avenir de l'Union européenne (UE), loin des "échanges d'insultes". #

Niant toute responsabilité dans l'échec du sommet de Bruxelles sur le budget 2007-2013 de l'UE, Tony Blair dément vouloir "changer la politique agricole commune" européenne "maintenant". Il réaffirme sa volonté de "moderniser" le "modèle social européen" et avance que le Royaume-Uni "garde l'option ouverte" d'une adhésion à l'euro.

FRANCE

_26 juin, Paris. Dalil Boubakeur, réélu président du Conseil français du culte musulman (CFCM) pour un mandat de trois ans, se veut le défenseur d'un islam du "juste milieu", tolérant et respectueux des règles de la société française. Le recteur de la Mosquée de Paris fixe une série d'objectifs au CFCM, parmi lesquels la formation des imams, les carrés musulmans dans les cimetières, la construction de mosquées, l'enseignement du fait religieux et le marché halal.

Comme en 2003, année d'installation du CFCM, il devra compter avec deux vice-présidents. Le premier est Fouad Alaoui de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans). Le second est Abdallah Boussouf, représentant de la Fédération nationale des musulmans de France (proche du Maroc).

_21 juin, Lyon. L’ancien imam (salafiste) de Vénissieux (Rhone), Abdelkader Bouziane, jugé pour des propos incitant à la violence contre les femmes, déclaré non coupable par le Tribunal correctionnel de Lyon. Il s’était déclaré favorable aux châtiments corporels à l’égard des épouses infidèles. Le président du tribunal estime que l’imam ”s’est limité à expliquer ce que dit sa religion au travers du Coran”. Tout en admettant le ”caractère choquant et non conforme aux valeurs de la laïcité républicaines” de ses propos, le juge n’a pas voulu ”porter une appréciation sur un texte ou un commentaire du Coran que les auteurs les plus savants s’accordent à reconnaître polysémique et parfois ambiguë”.

[La Ligue du droit international de la femmes (LDIF), fondée en 1983 par Simone de Beauvoir, a fortement régi, parlant de ”scandale”. ”Quand les juges comprendront-ils que si la démocratie doit respecter toutes les religions, celles-ci sont tenues de respecter les lois de la République, y compris dans leurs textes fondateurs” ?, indique un communiqué de la LDIF.]

_23 juin, Paris. Jacques Chirac plaide pour la diversité sociale et culturelle dans les grandes écoles et l'entreprise, au nom de l'égalité des chances, tout en réaffirmant son opposition au concept de "discrimination positive" défendu notamment par le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy.

Jacques ChiracIntervenant lors de la réception à l'Elysée à l'occasion de l'installation officielle de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), qui, sous la présidence de Louis Schweitzer, aura pour mission de combattre toutes les formes de discrimination - racisme, sexisme, intolérance religieuse, homophobie, le président français, a assuré que "les discriminations sont un poison pour notre démocratie et notre cohésion nationale. […] La couleur de la peau, la consonance d'un nom ou d'un prénom, l'accent, voire une simple adresse, tous ces signes ne veulent rien dire en République. […] Pour que la France reste elle-même, nous devons désamorcer les tensions qui traversent aujourd'hui notre société et qui risquent de déchirer notre pacte républicain."

-> Le discours de Jacques Chirac

[Jacques Chirac a jugé qu'"il y a une limite que nous ne devons pas franchir", au risque de tomber dans le "communautarisme". "Elle toucherait à ce qui fait à mes yeux notre identité même. Elle consisterait à choisir une conception dans laquelle certains Français devraient se définir par rapport à leur origine pour faire valoir leurs droits", a expliqué M. Chirac. C'est "une conception qui conduirait à consacrer juridiquement les inégalités et qui ouvrirait la voie au communautarisme".]

_19 juin, Paris. Election des instances régionales et nationales du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui représente la deuxième religion du pays. La Fédération nationale des musulmans de France (FNMF, proche du Maroc, 19 sièges) distance l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, placée dans la mouvance du fondamentalisme des Frères musulmans, 10 sièges) et la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l'Algérie, 10 sièges).#

Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF) obtient un siège, la liste d'union des mosquées de l'île de la Réunion deux sièges et les indépendants conduits par la mosquée Al-Islah de Marseille un siège. Quelque 5'232 délégués représentant 1'221 lieux de culte étaient appelés à élire le nouveau CFCM. La participation s'est élevée à 85 %.

-> Le Monde Islam du juste milieu

[Les instances du CFCM avaient été élues en avril 2003 pour la première fois pour deux ans. Cette fois-ci, elles sont désignées pour trois ans afin de gérer des questions touchant au culte musulman comme l'abattage des moutons lors de la Fête du sacrifice, l'organisation du pèlerinage à La Mecque ou celle du marché de la nourriture halal, le développement de carrés musulmans dans les cimetières].

_12 juin, Paris. La journaliste Florence Aubenas arrive à Paris après 157 jours de captivité en Irak. La veille, accompagnée de son guide irakien, elle a été remise à des membres des services secrets français (DGSE) à Bagdad par ses ravisseurs, avant d'être rapatriée, via Chypre. Florence Aubenas a brièvement évoqué - non sans humour - des conditions de détention "sévères" avant de retrouver sa famille.

-> Serge July, Libération Merci à vous

[Florence Aubenas, 44 ans, journaliste au quotidien Libération, et son guide, Hussein Hanoun, avaient été enlevés le 5 janvier 2005 à Bagdad. Le prolongement de leur captivité avait entraîné une immense mobilisation, en France mais aussi à l'étranger. Les autorités françaises démentent le versement d'une rançon.]

_25 mai, Madrid. Le prix du prince des Asturies de Coopération internationale 2005 attribué à Simone Veil qui "incarne les idéaux et les réalisations d'une Europe unie et la projection des valeurs européennes sur le reste du monde". Dans un communiqué, le jury salue la "cohérence, la force et la constance" apportée par l'ancienne ministre pour défendre ”les valeurs et objectifs" de l'Europe à un moment de l'histoire où "certains doutes" font surface sur son avenir.

Simone Veil s "s’est toujours caractérisée par son combat pour la défense de la liberté, de la dignité de la personne, des droits de l’homme, de la justice, de la solidarité et du rôle de la femme dans la société moderne", note encore le jury. #

[Rescapée du camp de concentration d'Auschwitz, Simone Veil, présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, a été la présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel de 1979 à 1982.]

_5 juin, Paris. Jean-Pierre Dubois, 53 ans, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Paris-XI, élu président de la Ligue des droits de l'homme (LDH) en remplacement de l'avocat Michel Tubiana.

[Jean-PierreDubois entend faire "de la lutte pour les droits sociaux un des axes prioritaires de travail pour la Ligue. "Face aux inégalités, à la précarité, il faut construire un nouveau code du travail garantissant à tous des droits minimums. Et là, la Ligue a toute légitimité à intervenir auprès des syndicats", a-t-il expliqué.

"Le deuxième axe de travail de M. Dubois sera la défense du droit des femmes, "parce que -celles-ci- n'ont plus la notion du combat collectif d'il y a trente ans". "Le combat pour l'égalité n'est pas encore gagné. La société est aujourd'hui guettée par une certaine régression sexiste. Il faut donc trouver un nouveau mode d'expression collective du féminisme", a-t-il affirmé, se défendant de vouloir créer une machine de guerre contre Ni putes ni soumises, à l'égard de laquelle il est très critique.

"Enfin, il s'agira pour la Ligue de continuer à débattre de la "conciliation entre diversité culturelle et universalité des droits". "On veut nier le multiculturalisme de la société française. Il est pourtant une réalité. Nous ne voulons pas du communautarisme mais reconnaissons l'appartenance collective des individus. Il faut refuser aussi bien l'universalisme abstrait que la concurrence identitaire", a défendu M. Dubois". Le Monde, 7 juin 2005 ]

_24 avril, Paris. "La Shoah interpelle chacun de nous au-delà de toute mesure. Elle est pour nous tous une exigence de réflexion et d'action", déclare Jacques Chirac, à l'occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. "Elle nous fait devoir de lutter sans merci contre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, contre toute forme de révisionnisme, contre tous ceux qui proclament l'inégalité entre les hommes. Aujourd'hui, nous savons qu'il faut être toujours en veille".

-> Le discours de Jacques Chirac

[Le président français a pris la parole lors d'une cérémonie sur le parvis des droits de l'Homme, en présence de plusieurs centaines de personnes, dont d'anciens déportés. "La liberté, l'égalité et la fraternité, mais aussi la démocratie et la paix ont un prix : celui de ces générations entières qui se sont battues pour elles jusqu'au sacrifice de leur vie. Elles sont des conquêtes de chaque instant", a-t-il rappelé.] #

_12 avril, Paris. La Ligue des droits de l'homme (LDH) présente son rapport 2005 sur "L'état des droits de l'Homme en France" qui montre que "nous sommes sur une mauvaise pente [...], il y a péril pour la démocratie". Pour la seconde année consécutive, la LDH établit un diagnostic, non exhaustif, dans divers domaines tels que la justice, la police, les droits des étrangers, des femmes, des enfants, et elle alerte sur l’insuffisance des dispositifs de lutte contre la discrimination.

-> Plus d’information

GRANDE-BRETAGNE

_6 juin, Londres. Le secrétaire aux affaires étrangères britannique Jack Straw annonce, à la Chambre des communes, la suspension du référendum sur la Constitution européenne en Grande-Bretagne, qui était prévu au printemps 2006.

Il indique cependant que "si les circonstances changeaient", il pourrait représenter ce projet de loi devant les Communes. "Pour l'instant, il n'y a cependant pas de raison d'agir ainsi. […]
Tant que les conséquences de l'incapacité de la France et des Pays-Bas à ratifier le traité constitutionnel ne seront pas clarifiées, il ne serait pas raisonnable à notre avis de fixer une date pour une seconde lecture" de ce projet de loi.

_5 mai, Londres. Tony Blair remporte un troisième mandat aux élections législatives britanniques. Le premier ministre ressort toutefois fragilisé d'un scrutin marqué par le net recul de sa majorité travailliste. Alors que son parti, le Labour, disposait d'une majorité de 161 voix dans la chambre des Communes issue du scrutin de juin 2001, il ne comptera plus que 60 à 80 voix de majorité dans la nouvelle assemblée. Avec 36 % des voix, le Parti travailliste devance les conservateurs (33 %) et les libéraux-démocrates (22 %).

L'intervention britannique en Irak semble avoir divisé les électeurs. "Il est clair que le peuple britannique a souhaité le retour d'un gouvernement travailliste, mais avec une majorité réduite", déclare Tony Blair. Il reconnaît que "l'Irak est un sujet qui a divisé notre pays". "Mais, ajoute-t-il, j'espère que nous pourrons être de nouveau unis".#

IRAN

_29 juin, Téhéran. "Une nouvelle Révolution islamique a eu lieu grâce au sang des martyrs et, si Dieu le veut, elle déracinera l'injustice dans le monde". déclare Mahmoud Ahmadinejad, le futur président iranien. "L'ère de l'oppression, du régime hégémonique, de la tyrannie et de l'injustice s'achève", assure-t-il, désignant à l'évidence les Etats-Unis.

_25 juin, Téhéran. Mahmoud Ahmadinejad remporte l'élection présidentielle en Iran.
L'ultra-conservateur maire de Téhéran obtient 61,69 % des suffrages au second tour du scrutin. Il s'est engagé à bâtir un Etat islamique "exemplaire et puissant". Son rival, le conservateur modéré Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, ne recueille que 35,92% des voix. Le taux de participation s'élève à un peu moins de 60 %.

Mahmoud Ahmadinejad Agé de 48 ans, Mahmoud Ahmadinejad est le premier laïc à devenir chef de l'exécutif depuis les deux brèves présidences de l'après-Révolution entre 1979 et 1981. "Mais avec cet homme qui prêche un strict respect des valeurs islamiques, ainsi que l'intransigeance envers les Occidentaux - au moment où ceux-ci essaient d'obtenir des Iraniens la garantie qu'ils ne fabriquent pas l'arme nucléaire - la République islamique risque de s'engager sur la voie de la radicalisation, commente le quotidien Le Monde. En outre, avec l'élection de M. Ahmadinejad, les conservateurs ont désormais la main sur tous les leviers du pouvoir".

[L'Union européenne (UE) s'est dite "prête à travailler avec tout gouvernement" iranien ouvert à des progrès les "droits de l'homme, [la] non prolifération, [et la] lutte contre le terrorisme et Proche-Orient", a indiqué un porte-parole du Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana. L'Union, qui regrette "que de nombreux candidats n'aient pas été en mesure de se présenter", a fait valoir que "seules la liberté d'expression et la liberté d'assemblée garantissent un processus électoral véritablement libre et équitable".

Pour leur part, les Etats-Unis ont exprimé leur soutien à "ceux qui appellent à plus de liberté pour le peuple iranien". "Nous soutenons fermement des élections libres et justes, qui permettent aux Iraniens d'exprimer leur volonté".]

ITALIE

_22 juin, La Spezia (Ligurie). Le tribunal militaire de La Spezia condamne à la peine de prison à perpétuité dix anciens soldats nazis, jugés par contumace, pour le massacre de 560 civils italiens, dont 120 enfants, commis en 1944 dans un petit village de Toscane, Sant’Anna di Stazzema.

[Le procureur Marco De Paolis a souligné, au cours de son réquisitoire, que les accusés avaient tous un rôle important dans leur unité et qu’aucun d’eux "n’a pu citer un seul cas concret de militaire passé par les armes pour avoir désobéi aux ordres" et refusé de fusiller les civils.]

JAPON

_22 avril, Djakarta. Lors du sommet afro-asiatique de Djakarta, le premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, présente des excuses pour les "énormes souffrances et dégâts" infligés pendant la seconde guerre mondiale en Asie par le Japon, dans le but apparent de raccommoder les relations de son pays avec la Chine.

"Par le passé, le Japon, à travers son administration et son agression coloniales, a causé des torts et des souffrances à des peuples de nombreux pays, en particulier de nations asiatiques. Le Japon regarde droit en face ces faits historiques, dans un esprit d'humilité", déclare Junichiro Koizumi. "Et, avec un sentiment de profond remords et des excuses sincères toujours présentes à l'esprit, le Japon s'est constamment résolu, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à ne pas devenir une puissance militaire mais une puissance économique, résolvant tous ses problèmes d'une voie pacifique, sans recourir à la force".

KOSOVO

_27 mai, New York. La Suisse demande que les discussions sur le futur statut du Kosovo débutent d'ici à la fin 2005. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, son représentant permanent Peter Maurer se prononce pour l'indépendance du Kosovo. "Un retour du Kosovo sous souveraineté serbe n'est ni souhaitable ni réaliste", précise-t-il. Le cheminement vers une indépendance formelle du Kosovo doit cependant passer par une étroite surveillance internationale ainsi que des négociations avec les autorités de Belgrade”.

[Depuis l'intervention de l'OTAN, en 1999, le Kosovo se trouve de facto séparé de la Serbie et Monténégro, bien qu'il en fasse légalement partie.]

KOWEÏT

_15 mai, Koweït. Les députés du Parlement koweïtien adoptent un amendement de la loi électorale accordant le droit de vote et d'éligibilité des femmes. Une première pour cette monarchie conservatrice du Golfe. Celles-ci doivent néanmoins se conformer aux "normes islamiques".#

LIBAN

_2 juin, Beyrouth. Assassinat de Samir Kassir, journaliste de renom et éditorialiste au quotidien ”Al-Nahar”. Le journaliste a toujours été un farouche opposant à la présence syrienne au Liban.

[”L'éditorialiste du quotidien An-Nahar a sans doute payé de sa vie la liberté de ton, le courage et la vigueur avec lesquels il dénonçait le déficit démocratique du régime baasiste de Damas et son emprise mafieuse et sécuritaire au Liban, écrit Le Monde, dans son éditorial des 5-6 juin 2005. Un nouveau symbole de la liberté d'expression est tombé, victime de la mission qu'il s'était lui-même assignée : défendre l'Etat de droit au Liban, mais aussi au Proche-Orient et, finalement, partout ailleurs.

”La société civile libanaise a perdu un observateur sans concession, mais aussi l'un de ses représentants les plus indépendants et un membre actif de l'opposition. Il avait donc contribué à obtenir, sous la pression des Etats-Unis et de la France, le départ des troupes syriennes après l'assassinat, le 14 février, de l'ancien premier ministre Rafic Hariri, tout en parvenant à se maintenir à l'écart des manoeuvres et des divisions politiciennes locales”.]

_26 avril, Masnaa. Les derniers soldats syriens quittent le Liban après une cérémonie qui met fin à une présence militaire de la Syrie de presque trois décennies au Liban. Selon le général libanais Elias Farhat, porte-parole de l'armée libanaise, il ne reste "plus aucun militaire ou membre des services de renseignement syriens au Liban". Avant le début du retrait, il restait encore sur le sol libanais 14'000 soldats syriens.

_7 avril 2005, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies décide, afin "d'aider les autorités libanaises", de créer une Commission d'enquête internationale sur l'attentat à la bombe qui a coûté la vie à l'ex-premier ministre libanais, Rafic Hariri, le 14 février 2005 à Beyrouth - commission chargée identifier les auteurs, commanditaires, organisateurs et complices de l’attentat.

Le Conseil demande également au gouvernement libanais de "traduire en justice les auteurs, organisateurs et commanditaires de l'attentat terroriste" et "l'exhorte à veiller à ce que les conclusions de la commission d'enquête soient pleinement prises en compte".

_3 avril, Damas. Accord entre Terje Roed-Larsen, représentant spécial de Kofi Annan pour la mise en oeuvre de la résolution1559 (2004) et le gouvernement syrien concernant le retrait "total et complet, d'ici au 30 avril 2005, des troupes, arsenal militaire et appareil de renseignement syriens", conformément aux exigences de la résolution 1559. Une équipe de vérification des Nations unies sera dépêchée afin de vérifier le retrait total de la Syrie du Liban. #

Terje Roed-Larsen indique qu'il existe à présent un accord entre les Nations unies et la Syrie pour que la mise en œuvre du retrait soit "conduite d'une manière qui garantisse la stabilité et l'unité tant du Liban que de la Syrie".

MAROC

_12 avril, Rabat. Le journaliste Ali Lamrabet condamné à 10 ans d'interdiction d'exercer le métier de journaliste au Maroc et à une amende de 50'000 dirhams (environ 4'500) - et à payer 1 dirham symbolique au plaignant, Ahmed El Kher, porte-parole de l'Association des parents des Sahraouis victimes de la répression dans les camps de Tindouf (Pasverti).

"A l'origine[des] nouveaux démêlés judiciaires [d’Ali Lamrabet], écrit Florence Beaugé dans Le Monde, la plainte pour diffamation de l'"Association des parents des Sahraouis victimes de la répression dans les camps de Tindouf", jusqu'alors inconnue, le poursuivait pour ses déclarations, le 12 janvier 2005, à l'hebdomadaire marocain arabophone Al-Mustakil. Ali Lmrabet, de retour de Tindouf (sud-est de l'Algérie), avait déclaré que ces Sahraouis ne sont pas des "séquestrés", mais des "réfugiés". Des propos qui vont à l'encontre de la position officielle marocaine, selon laquelle les réfugiés sahraouis sont retenus contre leur gré par le Front Polisario, l'organisation armée qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental avec le soutien de l'Algérie" ["Le Monde", 14 avril 2005].

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) se dit "extrêmement choquée et inquiète" par ce verdict. "C'est la première fois dans l'histoire de la presse marocaine qu'un journaliste est condamné à une peine aussi lourde pour une simple accusation de diffamation".

[Directeur de publication des hebdomadaires Demain magazine (francophone) et Doumane (arabophone), désormais interdits, Ali Lamrabet a été condamné en appel le 17 juin 2003, à 3 ans de prison pour "outrage à la personne du roi", "atteinte au régime monarchique" et à "l'intégrité territoriale du Royaume". Sous la pression internationale, il est gracié par Mohammed VI en janvier 2004, après 7 mois d'emprisonnement. Depuis cette date, il collabore au quotidien espagnol El Mundo.]

NATIONS UNIES

_11 juin, Londres. Dix-huit des pays les plus pauvres de la planète vont bénéficier d'une annulation de leur dette envers le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, annoncent les ministres des finances des pays du G8 réunis à Londres. Cette décision est unanimement qualifiée d'"historique". #

_24 mai, Nations unies [New York]. Manuel de Oliveira Guterres, ancien premier ministre du Portugal et parlementaire européen, universitaire et membre fondateur du Conseil portugais pour les réfugiés, nommé par Kofi Annan à la tête de l'agence des Nations unies pour les réfugiés. Ce choix doit encore être entériné par l'Assemblée générale des Nations unies.

”Le secrétaire général a demandé aujourd'hui à l'Assemblée générale d'élire Antonio Manuel de Oliveira Guterres […] au poste de haut commissaire pour les réfugiés, pour un mandat de trois ans prenant effet le 15 juin 2005”, indique un communiqué des Nations unies.

[Manuel de Oliveira Guterres a été premier ministre du Portugal de 1996 à 2002. Il a également été membre du Parlement de 1976 à 1983 et de 1985 à 1995. Il a, en outre, été de 1981 à 1983, membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Il est également depuis 2003, Conseiller auprès du Conseil d'administration de la deuxième banque la plus importante du Portugal, Caixa Geral de Depósitos. Il est depuis 1999 Président de l'Internationale socialiste. Professeur invité de l'Instituto Superior Técnico, il occupe les chaires du développement durable et de l'innovation.

L'UNHCR, dont le siège est à Genève, compte 6'000 employés dans quelque 115 pays du monde entier, beaucoup d'entre eux travaillent dans des régions difficiles et isolées. L'agence pour les réfugiés, fondée en 1950, est venue en aide à plus de 50 millions de personnes au cours des dernières décennies.]

_25 avril, Bangkok. L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) annonce l'entrée en vigueur du Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, additionnel à la Convention contre la criminalité transnationale organisée, après que la Zambie est devenu le 40ème pays à l'avoir ratifié. Les pistolets, mitraillettes, grenades et systèmes de missiles antiaériens sont prohibés aux termes de cette Convention.

-> Plus d’information

NIGERIA

_30 mai, Paris. Dans un entretien publié par l’hebdomadaire ”L’intelligent”, le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, écarte la possibilité de remettre l’ancien président et chef de guerre libérien Charles Taylor à la justice internationale qui veut le juger pour crimes de guerre.#

OUZBEKISTAN

_13 mai, Andijan. Des soldats tirent sur la foule rassemblée sur la place centrale d’Andijan, dans l’est du pays. Des milliers de manifestants avaient afflué sur cette place en signe de soutien à une insurrection déclenchée la nuit précédente. Des témoignages concordants font état de 500 à 700 morts (en majorité des civils tués par des tirs de soldats) et de centaines de blessés. Les autorités ouzbèkes, elles, annoncent un bilan de 169 tués, majoritairement des "terroristes".

[Le président ouzbek Islam Karimov accuse des groupes islamistes liés au parti interdit Hizbi Tahrir d'être derrière l'insurrection, au cours de laquelle des rebelles ont pris d'assaut une garnison et une prison de haute sécurité pour protester contre le procès en cours de 23 personnes accusées de propager des idées islamistes radicales, et pour les faire libérer.]

Selon la Fédération Helsinki pour les droits de l'homme et la Société des droits de l'homme d'Ouzbékistan, l'intervention des forces armées ouzbèkes contre des manifestants a fait jusqu'à 1'000 morts, des civils non armés, et environ 2'000 blessés. 745 personnes auraient trouvé la mort à Andijan, lorsque des soldats ont ouvert le feu à la mitrailleuse lourde sur la foule de protestataires, et environ 200 autres personnes auraient été tuées dans une autre localité, à Pakhtabad. "L'attaque contre les manifestants a été suivie, dans certains cas, d'exécutions sommaires des blessés, ainsi que d'arrestations et détentions arbitraires", ont affirmé, le 19 mai, les deux organisations.]

PAYS BALTES

_Riga (Lettonie). Avant de participer à Moscou aux cérémonies de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe., Goerges Bush, accueilli en Lettonie, rend hommage aux victimes de "l'oppression communiste". "Je reconnais que pour l'Ouest, la fin de la seconde guerre mondiale a signifié la paix mais dans les pays baltes cela a amené l'occupation et l'oppression communiste. Et les Américains n'oublieront jamais l'occupation et l'oppression communiste des Baltes. Nous reconnaissons votre histoire douloureuse", déclare le président américain lors d'une conférence de presse conjointe avec les présidents de ces pays, la Lettonne Vaira Vike-Freiberga, l'Estonien Arnold Ruutel et le Lituanien Valdas Adamkus.

->Le Monde La liberté indivisible
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[Les trois pays baltes, occupés par les troupes soviétiques dès la fin de la guerre en 1945, n'ont retrouvé leur indépendance qu'en 1991. Lors de son allocution radio-diffusée hebdomadaire, à Washington, George Bush a rappelé que "ces événements vont commémorer le triomphe du bien sur le mal". "La défaite de l'Allemagne nazie a mis un terme à la guerre en Europe. Malheureusement, pour des millions de gens sur ce continent, la tyrannie est restée, sous un autre uniforme", a-t-il ajouté, faisant référence à l'occupation par les Soviétiques des pays de l'Europe de l'Est.]

RUSSIE

_25 avril, Moscou. "La chute de l'URSS a été la plus grande catastrophe géopolitique du siècle dernier. Pour le peuple russe, cela a représenté un véritable drame", déclare Vladimir Poutine devant les deux chambres de l'Assemblée nationale réunies au Kremlin.

"Il faut préserver nos valeurs, ne pas perdre nos acquis et trouver notre voie propre vers la démocratie, a ajouté le président. J'estime que notre principale tâche politique et idéologique est le développement de la Russie en tant qu'Etat libre et démocratique", ajoute le président russe.

SOUDAN

_14 avril, New York. Dans une tribune publiée par le quotidien ”The New York Times”, Kofi Annan exhorte les donateurs à convertir leurs promesses de dons pour le Sud Soudan en argent liquide au plus vite et à renforcer les troupes de l'Union Africaine en mission au Darfour pour que les scénarios du Rwanda et de la Bosnie ne se répètent pas de nouveau.

-> Plus d’information

SUISSE

_5 juin, Berne. Les Suisses approuvent par 54,6 % des voix l'accord bilatéral de Schengen/Dublin, qui vise à améliorer la coopération de la Suisse avec l’Union européenne (UE) en matière de coopération policière et d'asile. Les cantons romands ont dit "oui", contre une minorité en Suisse alémanique. L’espace Schengen rassemble treize pays membres de l’Union européenne, plus la Norvège et l’Islande.#

_29 mai, Rorschach. La section suisse d'Amnesty International invite la Suisse à corriger le tir en matière d'asile. Elle demande en outre à Berne de respecter le principe du non-refoulement lors des renvois de requérants. Depuis fin 2003, Amnesty a eu connaissance d'au moins trois cas de personnes emprisonnées suite à leur renvoi de Suisse, indique l’organisation suisse. Parmi les personnes menacées de renvoi se trouvent des Kurdes de Syrie et des ressortissants de pays à risques. Amnesty demande au Conseil d'Etat d'annuler sa décision de renvoi.

_24 avril, Genève. Les électeurs genevois disent oui au droit de vote des étrangers sur le plan communal à une majorité de 52 %. Les nouveaux électeurs doivent avoir résidé en Suisse depuis au moins huit ans. Le droit d'éligibilité communal des étrangers a en revanche été refusé par 53 % des votants. Genève rejoint ainsi Neuchâtel, Jura, Fribourg, Vaud et Appenzell Rhodes-extérieures, cantons qui ont accordé des droits politiques aux étrangers.

_24 avril, Genève. Cérémonie à la mémoire de l'opposant iranien Kazem Radjavi, assassiné le 24 avril 1990 près de Coppet (Canton de Vaud). Le conseiller administratif (exécutif) de la ville de Genève Christian Ferrazino a posé une plaque commémorative sur un immeuble où a vécu Kazem Radjavi. Il a rendu hommage à un "défenseur des droits humains, tombé pour la liberté et la démocratie en Iran". Dans son discours, il a fait allusion à la "lâcheté des autorités politiques suisses", qui enquêtent sur l'assassinat. Quinze ans après les faits, l'enquête est toujours en cours en Suisse.

[Le fils aîné de Kazem Radjavi, Stéphane Radjavi, a dénoncé "l'impunité intolérable dont jouissent les assassins" de son père et demandé à la justice vaudoise "d'assumer ses responsabilités judiciaires" en décernant un mandat d'arrêt international contre l'ancien ministre iranien des renseignements Ali Fallahian.]

_17 avril, Genève. Plusieurs croix gammées et des inscriptions antisémites ont découvertes sur la grande synagogue de Genève. Les inscriptions, des éloges d'Adolf Hitler et des slogans antisémites peints en bleu, ont été retrouvées sur la stèle des déportés et tout autour de l'édifice.

[Cet incident intervient alors que la Coordination inter-communautaire contre l'antisémitisme et la diffamation (CICAD) a publié, fin mars, le premier ”rapport sur la situation de l'antisémitisme en Suisse romande”. Entre octobre 2003 et novembre 2004, 34 actes de nature antisémite ont été recensés.]

SYRIE

_30 mai, Damas. Libération des huit membres du forum Atassi.#

_24 mai, Damas. Le régime syrien arrête les huit membres du forum Atassi - du nom de feu un opposant célèbre, Jamal Al-Atassi-, le dernier ”salon politique” du pays.

[Le 16 mai, l’un des responsables pour la Syrie de l’Organisation arabe des droits de l’homme (OADH) a été arrêté dans la ville de Lattaquié.]

TAWAIN

_14 mai, Taiwan. Les Taiwanais confirment leur soutien à la politique indépendantiste du président Chen Shui-ban envers la Chine lors d'élections organisées pour renouveler les 300 membres de l'Assemblée nationale.

Le Parti progressiste démocratique (DPP), favorable à la proclamation solennelle de l'indépendance de l'ancienne Formose, arrive en tête avec 42,52 % des suffrages (1,64 million de voix), contre 38,92 % (1,5 million de voix) au principal parti d'opposition, le Kuomintang (KMT). L'Union Solidarité Taiwan, petite formation qui défend la création d'une République de Taiwan, recueille 7,05 % des voix, devant le Premier parti populaire (PFP), qui représente l'opposition favorable à l'unification avec la Chine continentale (6,11 %).

TOGO

_10 juin, Genève. Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, envoi au Togo "mission d'établissement des faits pour enquêter sur des allégations de violations des droits de l'homme qui se seraient produites au Togo entre le 5 février et le 5 mai" 2005, lors de l’élection présidentielle. La mission, dirigée par Doudou Diène, expert des droits de l'homme, est composée de fonctionnaires des droits de l'homme et de médecins légistes.

_13 mai, Lomé. Selon un rapport de la Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH), la répression liée à l’élection présidentielle qui a porté au pouvoir Faure Gnassingbé a fait 811 morts et à 4'508 blessés pendant les trois mois ayant suivi la mort du général Eyadéma, le 5 février. Parmi ces personnes, 790 auraient été tuées et 4'345 blessées depuis le début de la campagne électorale elle-même.

Le rapport de la LTDH dénonce "du jamais vu dans l'histoire du Togo" et demande "l'intervention urgente d'une force d'interposition et la mise sur pied d'une commission d'enquête sur les crimes abominables perpétrés par les putschistes contre le peuple togolais".#

_27 avril, Lomé. Affrontements entre manifestants et forces de l'ordre (22 morts), au lendemain de la victoire du candidat du parti au pouvoir, Faure Gnassingbé. Le candidat de la coalition de l'opposition à la présidentielle, Emmanuel Akitani Bob, se proclame président, affirmant que "40 % des cartes d'électeur n'avaient pas été distribuées dans la région maritime", réputée favorable à l'opposition.

_26 avril, Lomé. Faure Gnassingbé, le candidat du parti au pouvoir remporte l'élection présidentielle avec 60,22 % des suffrages devant le candidat de l'opposition, Emmanuel Akitani Bob (38,19 %), et Harry Olympio (0,55 %), annoncé la Commission électorale. Le nouveau président devrait composer un gouvernement d'union nationale.

TUNISIE

_20 avril, Tunis. Les autorités tunisiennes s'engagent à ne plus maintenir de prisonniers en cellule d'isolement prolongé plus de dix jours, ainsi que l'exige d'ailleurs la législation tunisienne. Dans le même temps, la Tunisie autorise l'organisation internationale de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) à se rendre dans les prisons suspectées de pratiquer l'isolement prolongé.

[L'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP) avance le chiffre de 500 prisonniers "victimes de décisions arbitraires et de procès inéquitables". Il s'agit, dans leur très grande majorité, d'islamistes appartenant au mouvement Ennadha, un parti interdit depuis 1990.]

TURQUIE

_12 mai, Strasbourg. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) juge inéquitable le procès qui a conduit, en 1999, à la condamnation à mort - commuée en peine de prison à perpétuité en 2002 - du leader séparatiste kurde Abdullah Öcalan et exige un nouveau procès.

-> L’arrêt de la CEDH [pdf 108 ko]

[La Turquie entend se conformer à l'arrêt de la CEDH. Le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gül, promet "le même châtiment" à l'ex-chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Pour le ministre de la justice, Cemil Cicek, "ce n'est pas la fin du monde. l'opinion publique [turque] doit se faire à cette idée [d'un nouveau procès] : il faut faire confiance aux institutions de l'Etat, à la justice".

Six ans de procédure. 15 février 1999 : Abdullah Öcalan, chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), est capturé à Nairobi (Kenya) par les services de sécurité turcs. 28 avril 1999 : ouverture du procès devant la Cour de sûreté de l'Etat. 29 juin 1999 : Abdullah Öcalan est condamné à mort pour "trahison" et "tentative de diviser la Turquie". 3 octobre 2002 : la peine de mort est commuée en réclusion à perpétuité. 12 mars 2003 : la CEDH donne partiellement raison aux plaintes d'Abdullah Öcalan, estimant son procès "inéquitable". La Turquie fait aussitôt appel. 12 mai 2005 : la CEDH confirme la condamnation de la Turquie pour "procès inéquitable".] #

_14 avril, Ankara. Le ministre des affaires étrangères, Abdullah Gul, déclare devant le Parlement que le gouvernement turc appelle l'Arménie à participer à une commission commune d'enquête sur les massacres des Arméniens pendant et après la première guerre mondiale. Le ministre précise que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a envoyé une lettre au président arménien Robert Kotcharian, pour inviter l'Arménie à créer une commission de recherche commune.

[La Turquie, qui n'entretient aucune relation diplomatique avec l'Arménie, ne reconnaît pas le génocide arménien, tandis que l'Arménie accuse la Turquie d'avoir tué jusqu'à 1,5 million d'Arméniens pendant le premier conflit mondial et à la chute de l'empire ottoman dans le cadre d'une campagne pour forcer les Arméniens à quitter l'est de la Turquie. Seuls deux pays, la France et la Russie, ont officiellement reconnu le génocide arménien.

[Plusieurs organisations arméniennes françaises ont dénoncé la proposition turque. ”Cette proposition est une mascarade, a déclaré Harout Mardirossian, président du Comité de Défense de la Cause Arménienne (CDCA). C’est une tentative de diversion qui, sous l’apparence d’un discours d’ouverture, réaffirme la négation d’un génocide. La Turquie a décidé d’intensifier son action contre la reconnaissance du génocide arménien et à 6 mois de l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union Européenne, le premier ministre turc tente une opération séduction. Nous appelons les dirigeants européens à ne pas tomber dans le piège tendu par la Turquie puisque le génocide arménien est indiscutable et sa réalité non négociable”.

Pour Mourad Papazian, président de la FRA Dachnakstoutioun (Parti Socialiste Arménien), ”la réalité du génocide arménien est prouvée. Les historiens ont déjà fait leur travail sur la base d’archives internationales. Les Nations unies et le Parlement Européen ont reconnu le génocide arménien, ainsi qu’une vingtaine d’Etats dont la France. La vérité a déjà été établie. Toute remise en cause des conclusions s’apparente à une démarche négationniste”.]

VATICAN

_9 juin, Rome. Benoît XVI s'engage à "continuer sur le chemin" du développement des relations avec le peuple juif emprunté par Paul VI et Jean Paul II, en recevant au Vatican des représentants du Comité international juif pour les consultations inter religieuses (IJCIC).

"Mes prédécesseurs Paul VI et tout particulièrement Jean Paul II ont accompli des pas significatifs dans le développement des relations avec le peuple juif", à la suite du concile Vatican II, déclare le pape. "Mon intention est de poursuivre ce chemin".#

Benoît XVI souligne que "la mémoire du passé reste pour les deux communautés [juive et chrétienne] un impératif moral […] Cet impératif doit comprendre une réflexion continue sur les questions historiques, morales et théologiques posées par l'expérience de la Shoah", a-t-il estimé.

_6 juin, Rome. Le pape Benoît XVI réaffirme les dogmes de l'Eglise catholique sur l'intangibilité de la vie humaine, à quelques jours d'un référendum en Italie (les 12 et 13 juin) sur la procréation médicalement assistée. Il réitère sa condamnation des manipulations sur "la vie qui naît" (l'embryon) et invite les familles chrétiennes à défendre "l'intangibilité de la vie humaine, de la conception à son terme naturel".

_15 mai, Rome. Benoît XVI déclare que le rôle de l'Eglise est d'ouvrir les frontières entre les peuples et d'abattre les barrières entre les classes et les races, durant la messe d'ordination de 21 nouveaux prêtres dans la basilique Saint-Pierre. "L'Eglise doit devenir toujours plus ce qu'elle est déjà : elle doit ouvrir les frontières entre les peuples et abattre les barrières entre les classes et les races", déclare le pape dans son homélie.

_13 mai, Rome. Ouverture d'une procédure exceptionnelle pour hâter la béatification du pape Jean-Paul II.

_12 mai, Rome. Lors de son premier discours de politique internationale, devant les 174 ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, Benoît XVI lance un appel aux pays avec lesquels le Saint-Siège n'a toujours pas de relations officielles. Certains "se sont associés aux célébrations à l'occasion de la mort de [son] prédécesseur et de [son[ élection" , souligne-t-il, avant de souhaiter les voir "au plus tôt" représentés près du Vatican.

[Les funérailles du pape et l'élection de Benoît XVI, le 19 avril, avaient permis de nouer des échanges sans précédent avec le Vietnam, l'Arabie saoudite et surtout la Chine.]

_6 mai, Aix-en-Provence. Devant le synode annuel de l'Eglise réformée de France (ERF), l'archevêque d'Aix-en-Provence, Mgr Claude Feidt, représentant l'Eglise catholique, lit un message émanant de la secrétairerie d'Etat [l'organe de gouvernement du Saint-Siège]. Le texte affirme que le nouveau pape Benoît XVI "salue cordialement tous les participants de l'Eglise réformée de France, les assurant de sa prière".

"En méditant sur l'importance de la confiance en Dieu dans la société actuelle, avec le souci de marcher vers l'unité de tous les disciples du Christ, puissent les membres du synode prendre avec audace leur part dans l'annonce de l'Evangile afin de rendre témoignage, par leurs paroles et par leurs actes, à Celui qui est venu en ce monde pour visiter tous ceux qui attendent le salut et pour les conduire vers le Père !", indique le texte. #

_27 avril, Rome. Benoît XVI relance le débat sur les racines chrétiennes de l'Europe, auxquelles, dit-il, "on ne saurait renoncer", lors de sa première audience générale place Saint-Pierre. Devant plus de 15'000 pèlerins, le pape rappelle qu'il a choisi son nom en référence à Saint Benoît, le saint patron de l'Europe qui, précise-t-il, "représente un point de repère fondamental pour l'unité de l'Europe et un rappel fort aux racines chrétiennes de sa culture et de sa civilisation, auxquelles on ne saurait renoncer".

[Jean Paul II insistait régulièrement sur les valeurs chrétiennes de l'Europe, et sous son pontificat, le Vatican avait officiellement "regretté" l'absence de mention de ses "racines chrétiennes" dans la nouvelle Constitution européenne, exprimant son "amertume" à la suite de cette décision. Il avait critiqué le texte de la Constitution pour l'absence explicite de référence à ses racines chrétiennes, affirmant, lors de l'Angelus, qu'"on ne coupe pas les racines" qui sont à nos origines.]

_24 avril, Rome. 350'000 personnes assistent à la messe d’inauguration du pontificat de Josef Ratzinger. Dans son homélie, le pape reprend l’héritage de Jean-paul II. "N’ayez pas peur. Ouvrez tout grand les portes du Christ", déclare-t-il, reprenant les mots prononcés par Jean-paul II le 22 octobre 1978, jour de son intronisation. Et il ajoute : "Celui qui fait entrer le Christ dans sa vie ne perd rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande […]. N’ayez pas peur du Christ. Il n’enlève rien et il donne tout".

_20 avril, Rome. Le nouveau pape Benoît XVI prend l'engagement, dans sa première homélie, prononcée en latin à la chapelle Sixtine, de "travailler sans épargner l'énergie à la reconstitution de l'unité pleine et visible de tous les chrétiens". S'exprimant devant tous, il s'engage à "dialoguer avec ceux qui suivent d'autres religions" et avec les autres civilisations, ainsi qu'avec les non-croyants. Il déclare que son élection à la tête de l'Eglise catholique l'a surpris et "dépasse toutes ses attentes".

-> La pensée de Benoît XVI

_19 avril, Rome. "Habemus papam": Josef Ratzinger. Le cardinal allemand, 78 ans, désigné pour succéder à Jean Paul II par les 115 cardinaux électeurs. Ancien préfet de la doctrine, il incarne la continuité avec Karol Wojtyla. Son autorité naturelle et la fermeté de sa ligne doctrinale ont été plébiscitées à la tête d'une Eglise qui préfère la sécurité aux réformes.

Présenté comme "conservateur" et "gardien de la doctrine", Josef Ratzinger a pris le nom de Benoît XVI. Il est le 265e pape de l'histoire du Vatican et le 8e originaire d'Allemagne. Son élection, saluée un peu partout dans le monde, provoque néanmoins la déception de la frange réformatrice de l'Eglise catholique.#

Benoît XVI[Le 18 avril, dans son homélie prononcée lors de la messe célébrée dans la basilique Saint-Pierre "pour l'élection du pontife", le cardinal Joseph Ratzinger s'était prononcé pour la défense de la doctrine de l'Eglise et avait fermement condamné "la dictature du relativisme qui est en train de s'affirmer, qui ne reconnaît rien comme définitif et qui n'a comme dernière mesure que son propre ego et ses désirs", ajoutant qu'"avoir une foi claire selon le credo de l'Eglise est souvent étiqueté comme fondamentalisme, alors que le relativisme, c'est-à-dire le fait de se laisser emporter ici et là par n'importe quel vent de doctrine, apparaît comme la seule attitude à la hauteur des temps d'aujourd'hui".

"Combien de vents de doctrine avons nous connu ces dernières décennies, combien de courants idéologiques, combien de modes de pensée", avait rappelé le doyen des cardinaux."La petite barque de la pensée de nombreux chrétiens a été souvent agitée par ces vagues, jetée d'un extrême à l'autre: du marxisme au libéralisme, jusqu'au libertinage, du collectivisme à l'individualisme radical, de l'athéisme à un vague mysticisme religieux, de l'agnosticisme au syncrétisme, et ainsi de suite".]

_8 avril, Rome. Les funérailles du pape Jean Paul II rassemblent des dizaines de dirigeants venus du monde entier, à l’exception notable de la Chine, et des milliers de personnes sur la place Saint-Pierre à Rome.

-> L’homélie prononcée par le cardinal Ratzinger

[Des millions de téléspectateurs ont également pu suivre le déroulement des obsèques au cours desquelles le cercueil du pape est resté exposé devant la basilique Saint-Pierre. Hommages et messes solennelles à la mémoire du pape se sont succédées dans le monde entier.]

_4 avril, New York. Kofi Annan salue en Jean-Paul II un défenseur de la paix, du dialogue entre les confessions et un moteur du rôle critique au sein de l'Eglise. "Outre son rôle de guide spirituel de plus d'un milliard d'hommes, de femmes et d'enfants, c'était un défenseur sans relâche de la paix, un véritable pionnier du dialogue entre les confessions, et une force vive de l'évaluation critique menée par l'Eglise elle-même", déclare le secrétaire général des Nations unies, qui souligne l’engagement du pape "à faire en sorte que l'ONU devienne, comme il l'a dit lors de son allocution devant l'Assemblée générale en 1995, "un centre moral où toutes les nations du monde se sentiraient chez elles et pourraient développer une conscience commune de faire partir d'une "famille de nations". #

_3 avril, Rome. Le porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro Valls, annonce que Jean-Paul II, âgé de 84 ans, "est mort ce soir à 21 h 37 dans son appartement privé". Premier pape non Italien depuis plus de quatre siècles, le Polonais Karol Wojtyla avait été élu le 16 octobre 1978.

Des millions de fidèles à travers le monde sont plongés dans le recueillement et la prière après la disparition du pape. Le rôle historique de Jean-Paul II est salué unanimement.

-> Dossier "Le Monde" Le pape des multitudes [pdf 1 Mo]
-> Dossier "Le Temps" Jean-Paul II, pélerin de Dieu [pdf 1.2 Mo]
-> Ce que Jean-Paul II a dit sur....
-> Lu dans la presse
-> Les encycliques de Jean-Paul II

YOUGOSLAVIE [EX-]

_25 mai, Sarajevo. Proclamation de la "République de Titoslavija", un Etat sans territoire, sans reconnaissance internationale, destiné à "vivre dans le coeur" de ses citoyens. Selon son créateur, Jezdimir Milosevic, ce pays virtuel qui n'existe que sur le Web (www.titoslavija.com), "se propose de rassembler des gens du monde entier qui partagent les idées de Tito, notamment la cohabitation pacifique".

"Jezdimir cultive la nostalgie d'un pays où il existait un système de valeurs. Face à ces fascismes serbe, croate et autres, la création de Titoslavija est un acte de résistance", assure Svetlana Broz, petite-fille de Tito, écrivain et militante des droits de l'homme [Source : Le Monde].

–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––


_ARMEMENT NUCLEAIRE

_2 mai, New York. Ouvrant la Conférence d'examen des Parties au Traité de non prolifération nucléaire (TNT), qui a lieu tous les cinq ans, Kofi Annan rappelle le devoir qui pèse sur tous les Etats d'empêcher une catastrophe nucléaire tout en préservant les usages pacifiques de l'énergie atomique et à reconnaître les dangers pour tous du maintien des arsenaux actuels. Le secrétaire général des Nations unies assure que le traité (TNP) est menacé d'obsolescence par l'avancée de la technologie et de la mondialisation et doit donc être revu.
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_DROITS DE L’ENFANT

Ann Veneman_2 mai, New York. Ann Veneman, ex-ministre de l'agriculture des Etats-Unis, prend ses fonctions à la tête de l’Unicef, l'agence des Nations unies pour l'enfance, s'engageant à agir pour aider la communauté internationale à atteindre les ”Objectifs du Millénaire pour le développement”.

_27 avril, New York. La directrice du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), Carol Bellamy, achève son mandat et transmet à son successeur - Ann Veneman, ancienne ministre de l'agriculture des Etats-Unis - "un héritage centré sur la lutte pour la survie des enfants, mais aussi sur la protection des enfants contre l'exploitation", indique un communiqué publié par les Nations unies.

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_GUERRE (des étoiles)

_15 mai, Cannes. Projection de La Revanche des Sith, ultime volet de la série Star Wars, présenté en avant-première mondiale au festival de Cannes par George Lucas. Le réalisateur et producteur américain explique que sa saga visait, dès l'origine, à montrer comment "une démocratie devient une dictature" et établit un "parallèle" avec le conflit actuel en Irak.

[Le premier épisode de La Guerre des étoiles, sorti en 1977, a été écrit à une époque - "sous la présidence de Richard Nixon, à fin de la guerre du Vietnam - "où " nous, les Américains, n'étions pas encore en guerre en Irak. On ne considérait pas Saddam Hussein comme un ennemi, on lui offrait des armes de destruction massive. Il y a un parallèle incroyable entre la guerre au Vietnam et en Irak, sur ce que nous, Américains, y faisons".
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Avec "La Revanche des Sith", George Lucas a voulu montrer comment "une démocratie devient une dictature, comment quelqu'un de bon pouvait devenir mauvais [...]. J'ai beaucoup étudié l'histoire, la période de l'Empire romain, et essayé de comprendre pourquoi après avoir assassiné César le pouvoir a été donné à son neveu; pourquoi la France, après l'Ancien Régime, est passée à Napoléon. Ces thèmes sont récurrents". Il a ajouté : "Peut-être que ce film pourra réveiller les gens aux Etats-Unis, notamment face aux menaces contre la démocratie".]

_LIBERTE DE LA PRESSE

_3 mai, New York. Kofi Annan rend hommage aux journalistes victimes des dangers de leur profession et salué leur courage pour défendre la liberté d'expression. ”Les journalistes travaillent en première ligne de l'actualité. Leurs outils sont les mots et les images, leur credo est la libre expression et c'est grâce à leurs efforts que nous, individus et sociétés, sommes en mesure de prendre en mains notre propre destin”, déclare le secrétaire général des Nations unies, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

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_MONDIALISATION

_26 mai, Genève. Le Français Pascal Lamy, 58 ans, officiellement porté à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) par les 148 pays membres, avec pour mission de mener à bien les négociations multilatérales sur la libéralisation des échanges. il remplace le Thaïlandais Supachai Panitchpakdi.

Pascal Lamy[Sous le titre : "Le défi de Pascal Lamy", le quotidien Le Monde écrit : L'arrivée de Pascal Lamy, un Français donc et un Européen, est salutaire en ce moment de tensions extrêmes dans le commerce international. La menace qui pèse est celle d'un retour au protectionnisme après soixante ans d'ouverture et de baisse des droits de douane. […]

Militant engagé du multilatéralisme, diplomate d'expérience en matière économique, M. Lamy n'aura pas trop de ses talents et de sa puissance de travail pour éviter que la mondialisation, butant sur ces nombreux obstacles, ne reparte vers ce qu'elle quittait : le protectionnisme au coup par coup, les accords bilatéraux et la constitution de blocs, c'est-à-dire la loi du plus fort.
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Beaucoup va se jouer dès cette année, chargée de rendez-vous cruciaux destinés à conclure le cycle de Doha. Le but est de poursuivre les politiques d'ouverture commerciale en veillant cette fois à ce que les pays en développement, souvent pénalisés jusqu'ici, en soient bénéficiaires. Une conférence déterminante est prévue en décembre à Hongkong [Le monde, 28 mai 2005].

_13 mai, Genève. Le Français Pascal Lamy désigné comme le seul candidat au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’ancien commissaire européen a profité du retrait de l’Uruguayen Carlos Perez del Castillo et bénéficié du soutien des Etats-Unis. Il aura pour tâche principale de mener à terme les négociations commerciales internationales lancées en novembre 2001.

_PEINE DE MORT

_5 avril, Londres. Dans un rapport sur la peine capitale, Amnesty International révèle qu'au moins 3'797 personnes ont été exécutées dans 25 pays en 2004. Il s'agit du deuxième chiffre le plus élevé depuis que l'organisation a commencé, il y a vingt-cinq ans, à recenser systématiquement les exécutions dans le monde. Le record remonte à 1996, avec 4 272 exécutions recensées. Dans le détail, 97 % des exécutions connues ont eu lieu en Chine (3'400 personnes exécutées), en Iran (159), au Vietnam (64) et aux Etats-Unis (59).

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-> Faits et chiffres [pdf 95 ko]

_PEUPLES AUTOCHTONES

_16 mai, Nations unies [New York]. Louise Fréchette, vice secrétaire générale des Nations unies lance un appel aux Etats membres de l’organisation internationale afin qu'ils adoptent enfin une Déclaration des droits des peuples autochtones, objet de négociations depuis plusieurs années.

”Dans de nombreux pays, les peuples autochtones appartiennent souvent aux catégories les plus pauvres et les plus marginalisées. Elles sont souvent victimes des conflits armés. Et au niveau international, les États Membres n'ont toujours pas adopté la déclaration des droits des peuples autochtones, malgré plusieurs années de négociations”, a déploré Louise Fréchette.]

[Les Nations unies ont accueilli, du 16 au 27 mai 2005, quelque 1'500 dirigeants et autres représentants des peuples autochtones qui ont participé à une session de l’Instance permanente sur les questions autochtones.]

_TRAVAIL

_11 mai, Genève. Plus de 12,3 millions de personnes dans le monde sont victimes du travail forcé; ils rapportent 32 milliards de dollars par an à ceux qui les exploitent, selon un rapport du Bureau international du Travail (BIT). Ce ”fléau social” touche principalement l'Asie, qui compte 9,5 millions de victimes, mais se développe partout dans le monde. Les pays industrialisés ne sont pas épargnés.

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