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L'actualité des droits de l'homme 2005 |
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Ce programme commencé en 2002 pour les réfugiés afghans au Pakistan et en Iran, a permis le retour au pays de plus de 1,2 millions de réfugiés en Iran et au total - Iran et Pakistan confondus - le retour de plus de 3,7 millions de réfugiés. Presque 1,6 millions d'Afghans sont retournés au Pakistan au cours de l'année 2002 dans le cadre du programme mis en place par la HCR, puis 340'000 en 2003 et plus de 390'000 en 2004. Le HCR estime à 400'000 le nombre de réfugiés afghans au Pakistan qui rentreront dans leur pays en 2005. _17 juillet, Londres. Le chef de guerre afghan, Zardad Khan, 42 ans, condamné par un tribunal de Londres à une peine de 20 ans de réclusion pour torture et prise d'otages dans son pays. Zarda Khan avait été interpellé en Grande-Bretagne en 2002, pays où il était arrivé en 1998 avec l'intention de demander l'asile politique. [Cette condamnation a été rendue possible par l'adhésion du Royaume-Uni à la convention internationale contre la torture qui permet de juger un étranger pour des faits commis en dehors du pays.] _17 juillet, Kaboul. Une organisation indépendante fondée en 2001, Un projet de justice pour l'Afghanistan (AJP) publie un rapport qui accuse des responsables afghans de "crimes de guerre et crimes contre l'humanité" commis de 1978, date de l'entrée des troupes soviétiques, à la chute des talibans, en 2001. Le rapport liste les "incidents dans lesquels des officiers supérieurs et des commandants ont ordonné des actions qui relèvent des crimes de guerre, ou ont permis le déroulement de telles actions, ou n'ont rien fait pour les arrêter ou les prévenir". Celles-ci consistent en exécutions sommaires, viols, disparitions, destructions systématiques de biens communs, etc. On retrouve notamment dans ce rapport les noms de responsables de l'administration actuelle : Karim Khalili, vice-président de la République; Abdul Rasul Sayyaf, conseiller du président Hamid Karzaï; Abdul Rashid Dostom, qui occupe un haut poste au ministère de la défense; le général Baba Jan, chef de la police de Kaboul; le "maréchal" Fahim, ancien vice-président et ministre de la défense. _6 juillet, New York. Human Rights Watch (HRW) demande que les nombreux chefs de guerre afghans impliqués dans des crimes commis au début des années 1990 - et aujourd'hui ministres, conseillers du gouvernement ou commandants régionaux - soient jugés pour ces actes. Le rapport publié par l'organisation américaine décrit des faits commis entre le printemps 1992 et le printemps 1993, au début des affrontements entre factions qui ont ensanglantés Kaboul, près la chute du régime communiste. Sont notamment cités Abdul Rachid Dostom, Abdul Rassoul Sayyaf, Mohammad Fahim et Abdul Karim Khalili, du côté des autorités, ainsi que Gulbuddin Hekmatyar, du côté des opposants armés à l'actuel gouvernement afghan. ALGERIE_14 août, Alger. Le président Abdelaziz Bouteflika appelle les Algériens à se prononcer par référendum le 29 septembre sur un projet de "charte pour la paix et la réconciliation nationale" afin de rétablir la paix et la sécurité dans le pays. L'objectif est de tourner la page après plus d'une décennie de violences, qui ont commencé en 1992 après l'annulation par l'armée d'élections que le Front islamique du salut (FIS) était en passe de gagner. [Le projet est constitué d'une série de mesures juridiques et sociales qui s'adressent aux membres des groupes armés islamistes non impliqués dans "des massacres collectifs, des viols ou des attentats à l'explosif dans des lieux publics". Il prévoit la "fin des poursuites judiciaires" pour des milliers de membres des différents groupes armés qui avaient rejoint la trêve décrétée en 1997 par l'Armée islamique du salut (AIS), le bras armé du FIS, avant de se rendre définitivement au début de l'année 2000. ALLEMAGNE_19 septembre, Berlin. Les deux principaux candidats, la chrétienne-démocrate Angela Merkel et le chancelier sortant Gerhard Schröder, revendiquent la direction du gouvernement après l'annonce des résultats des élections législatives, le 18 septembre. Avec 35,2 % des voix et 225 sièges, lUnion chrétienne démocrate (CDU) dépasse d'à peine un point le Parti social-démocrate (SPD, 34,2% et 222 sièges), ce qui lui enlève la possibilité de posséder une majorité au Bundestag. Percée du Parti libéral (FDP, 9,8%, 61 sièges) et du nouveau Parti de gauche (néocommuniste, 8,7%, 54 sièges). Les Verts recueillent 8,1% des suffrages et 51 sièges. Les deux principaux partis disent refuser l'idée d'une "grande coalition" qui permettrait de sortir de l'impasse actuelle. _21 juillet, Berlin. Le président de la République, Horst Köhler, dissout le Bundestag, l'Assemblée nationale allemande, et convoque aux urnes, le 18 septembre, les 61 millions d'électeurs. Il estime que la coalition au pouvoir depuis 1998, composée du Parti social-démocrate (SPD) et des Verts, ne jouit plus d'une majorité parlementaire suffisante pour mener sa politique. ANGLETERRE_26 septembre, Paris. Le prédicateur islamiste Omar Bakri Mohammed, chef du mouvement extrémiste autodissous Al-Mouhadjiroun, interdit de séjour au Royaume-Uni depuis août, appelle tous les musulmans à quitter l'Europe, dans une interview diffusée par la chaîne France 3 dans son magazine d'information "Pièces à conviction". "Il faut qu'il y ait deux camps distincts et que tous les musulmans quittent l'Europe", lance Omar Bakri, qui se déclare persuadé que le "drapeau islamique flottera un jour sur Downing Street". ARABIE SAOUDITE
_1er août, Ryad. Mort du roi Fahd Ben Abdel Aziz Al-Saoud à l'âge de 84 ans, après avoir régné pendant plus de deux décennies. Le prince héritier Abdallah Ben Abdel Aziz Al-Saoud lui succède, et le ministre de la défense, Sultan Ben Abdel Aziz Al-Saoud, devient prince héritier. Fahd avait accédé en 1982 au trône de l'Arabie saoudite, une monarchie wahhabite conservatrice, qui est le premier producteur et exportateur mondial de pétrole. Se posant en leader du monde islamique, il s'était conféré en 1986 le titre de "Gardien des deux saintes mosquées", La Mecque et Médine.[Né en 1921, selon les estimations les plus fiables, il était un des 45 fils du fondateur de l'Arabie saoudite, Abdel Aziz Ibn Saoud, dont 25 sont toujours en vie. La famille royale saoudienne compte environ 25 000 membres, dont 200 princes exerçant une influence politique. Fahd était devenu prince héritier en 1975 lors de l'accession au trône de Khaled, à la suite de l'assassinat du roi Fayçal.] AUTRICHE_20 septembre, Vienne. Mort de Simon Wiesenthal, le célèbre "chasseur de nazis" autrichien, à l'âge de 96 ans.Il était né en 1908 en Ukraine et avait contribué à la capture de plus de 1'100 criminels de guerre nazis, "malgré l'apathie et l'indifférence du monde", note le Simon Wiesenthal Center, basé à Los Angeles. C'est lui qui, dès 1953, signala la présence en Argentine d'Adolf Eichmann, un des principaux exécutants de la "solution finale", finalement jugé et exécuté en Israël en 1962. Son grand regret aura été de n'avoir pas pu faire traduire en justice le Dr Josef Mengele, l'"Ange de la Mort", du camp de concentration d'Auschwitz. "Simon Wiesenthal était devenu le représentant permanent des victimes, résolu à traîner en justice tous les auteurs du plus grand crime de l'Histoire. Il était la conscience de la Shoah", rappelle le rabbin Marvin, doyen et fondateur du Centre Simon-Wiesenthal. Lorsque l'Holocauste pris fin en 1945, "le monde entier rentra à la maison pour oublier. Pas lui. [ ] Il avait une tâche que personne d'autre ne voulait, alors que les Alliés s'intéressaient surtout à la guerre froide".
[Né en 1908 dans une famille juive à Buczacz, près de Lvov (Ukraine), Simon Wiesenthal échappa à la police secrète soviétique. Il fut libéré en 1945 du camp de concentration de Mauthausen par les Américains. C'était-là son cinquième camp de la mort parmi la dizaine de camps nazis où il a séjourné. Il avait expliqué qu'il s'était alors rapidement rendu compte qu'il "ne pouvait y avoir de liberté sans justice", et avait décidé de consacrer "quelques années" à la justice. "Ces années se sont transformées en décennies", avait-il ajouté. BELGIQUE_29 septembre, Bruxelles. La Belgique lance un mandat d'arrêt international à l'encontre de Hissène Habré, réfugié au Sénégal, pour "violations graves du droit humanitaire international", annonce jeudi la ministre belge de la justice, Laurette Onkelinx. Ce mandat d'arrêt, délivré le 19 septembre par un juge d'instruction bruxellois, a été adressé aux autorités sénégalaises par le biais d'Interpol. L'ancien président tchadien était arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat militaire en juin 1982. Il avait perdu le pouvoir en décembre 1990. "Hissène Habré se voit reprocher les agissements de la DDS (services de renseignements de l'Etat tchadien), à laquelle est notamment imputée des arrestations collectives et arbitraires, des meurtres en masse et des actes systématiques de torture, dirigés contre les membres de certaines ethnies du pays", indique un communiqué. [Hissène Habré, âgé de 63 ans, est poursuivi à la suite de plaintes déposées par plusieurs victimes tchadiennes, réfugiées en Belgique, dont l'une a acquis la nationalité belge. Les poursuites se basent sur la dernière version, datant de 2003, de la loi belge de "compétence universelle", qui autorise dans certaines conditions les tribunaux à juger les auteurs présumés de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, quels que soient la nationalité de leur auteur et l'endroit où ils ont été commis.] BIRMANIE [Myanmar]_28 septembre, New York [Nations unies]. Paulo Sergio Pinheiro, Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme sur la situation des droits de l'homme au Myanmar [Birmanie], dénonce dans un rapport remis à l'Assemblée générale des Nations unies le non respect des libertés civiles, la torture dans les centres de détentions, les graves violations des droits de l'homme contre les minorités ethniques et les allégations de travail forcé et de viol par les forces gouvernementales.
BURUNDI_26 août, Bujumbura. Prestation de serment de Pierre Nkurunziza, élu président de la République par le Parlement. Après dix ans d'une guerre civile meurtrière, qui a fait près de 300'000 morts, l'inespéré s'est produit, note le quotidien Le Monde. Le mouvement rebelle hutu - les Forces de défense de la démocratie (FDD) -, transformé en parti politique, a pris le pouvoir par les urnes.
Ce rapport sur "la situation des droits de l'homme au Burundi" au cours du deuxième trimestre 2005 relève également 127 cas de viols, dont la majorité des victimes sont des mineures, des arrestations arbitraires et illégales, des enlèvements par l'armée ou les FNL, des cas de torture ou de lynchage. La grande majorité de ces "atteintes à la vie" ont été relevées dans les provinces de Bujumbura rural et de Bubanza, proches de la capitale et principale zone d'activité des FNL. ["Les auteurs des cas d'atteinte à la vie ne sont pas toujours identifiés et dans ce cas, les autres (armée, administration, ...) ont tendance à montrer du doigt les rebelles des FNL", souligne le chef de la section "droits de l'homme" des Nations unies, Ismaël Diallo. "Lorsque les auteurs sont identifiés, ils sont souvent de l'armée et, dans ce cas, nous n'avons jamais pu présenter ces gens devant la justice par manque de collaboration de la hiérarchie militaire". CHILI_15 septembre, Santiago. La Cour suprême ordonne la relaxe d'Augusto Pinochet dans le cadre de la procédure judiciaire sur l'opération Condor, plan concerté des dictatures sud-américaines en vue d'éliminer leurs opposants, confirmant la décision de la Cour d'appel de Santiago qui avait mis fin aux poursuites engagées contre Pinochet le 7 juin 2005. [L'ancien dictateur avait été inculpé le 13 décembre 2004 par le juge Juan Guzman pour un assassinat et neuf disparitions d'opposants dans le cadre de l'Opération Condor. La Cour d'appel avait prononcé un non-lieu, en reprenant les arguments qu'avait avancés en 2002 la Cour suprême sur la "démence modérée" de Pinochet pour l'absoudre.] _14 septembre, Santiago. La Cour suprême - la plus haute instance juridique du pays - lève l'immunité d'Augusto Pinochet dans le cadre de l'enquête sur l'opération Colombo, pour laquelle il aurait couvert l'exécution de 119 opposants politiques il y a trente ans. Confirmant la décision prise par la Cour d'appel de Santiago en juillet, cette résolution est définitive et non susceptible d'appel. La Cour suprême a toutefois ordonné que l'ex-dictateur, âgé de 89 ans, passe des examens médicaux avant son éventuel interrogatoire, afin de déterminer si sa condition physique lui permet d'affronter un procès. [L'opération Colombo désigne l'assassinat attribué au régime militaire de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien, dont les cadavres avaient été retrouvés en Argentine et au Brésil en juillet 1975. A l'époque, la DINA, la police secrète sous la dictature chilienne, avait officiellement conclu que ce massacre était le résultat de règlements de comptes entre des mouvements de guérilla. L'enquête sur l'opération Colombo, actuellement confiée au juge Victor Montiglio, a d'abord été instruite par le juge Juan Guzman Tapia, aujourd'hui à la retraite.] _10 août, Santiago. Augusto Pinochet inculpé pour détournement de fonds, enrichissement illicite et fraude fiscale - sa femme, Lucia Hiriart, et son fils cadet, Marco Antonio Pinochet, sont eux inculpés de complicité de fraude fiscale. [L'ancien dictateur ne peut être mis en détention car il bénéficie de l'immunité accordée aux anciens présidents. Cette immunité a été levée en juin 2005 par la Cour d'appel de Santiago, mais les avocats de Pinochet ont interjeté appel devant la Cour suprême de justice. Mme Pinochet a été remise en liberté le 11 août en raison de son âge et de problèmes de santé, mais son fils reste détenu.] _16 août, Santiago. Le Congrès adopte (par 150 voix favorables contre 3 et une abstention) une réforme modifiant la Constitution imposée en 1980 par Augusto Pinochet. Cadre institutionnel de la transition démocratique après 17 ans de dictature militaire (1973-1990), cette Constitution avait permis à l'ancien dictateur de conserver le contrôle des armées après son départ du pouvoir et de limiter le plein exercice de la démocratie. La nouvelle Constitution "fait désormais du Chili un membre à part entière de la communauté démocratique", déclare le président Ricardo Lagos (socialiste). [Le chef de l'Etat a désormais le pouvoir de destituer les commandants en chef des forces armées et des carabiniers. Les huit sièges de sénateurs désignés sans vote - dont quatre occupés par des militaires - et ceux de sénateurs à vie, réservés aux anciens présidents, sont abolis. Le mandat présidentiel a été réduit de six à quatre ans, sans possibilité de réélection.] _6 juillet, Santiago. La Cour d'appel de Santiago ordonne la levée de l'immunité d'Augusto Pinochet, ouvrant la voie à son jugement pour le meurtre de 119 membres du mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR), dans l'opération Colombo. [Le 7 juin, l'ancien dictateur avait bénéficié d'un non lieu de la Cour d'appel pour ses responsabilités dans un assassinat et 19 disparitions de l'opération Condor, un plan concerté des dictatures sud-américaines en vue d'éliminer leurs opposants.] CHINE_31 août, Pékin. Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme et le gouvernement chinois signent un accord visant à aider la Chine à mettre en uvre les recommandations relatives au Pacte international sur les droits économiques et sociaux et à faciliter la ratification du Pacte sur les droits civils et politiques, entré en vigueur en mars 1976. [Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, tenu de faire respecter les engagements prévus dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ratifié par la Chine en 2001, avait relevé, en mai 2005, de nombreuses violations des droits économiques et sociaux : travail forcé, avortements forcés, exploitation des enfants, expulsions]. CONGO / République démocratique (RDC)_3 octobre, Kinshasa. Des ossements humains découverts dans trois fosses communes datant probablement du milieu des années 1990 à Rutshuru, au Nord-Kivu, dans lest du pays. Selon un officier congolais, "il sagit de Hutus congolais et de réfugiés rwandais qui ont été massacrés par larmée rwandaise en 1996 et au cours des années suivantes". [Après le génocide de 1994 contre les Tutsis, des milliers de Hutus avaient fui le Rwanda pour gagner le Congo. Profitant de larrivée massive de ces réfugiés, des extrémistes hutus rwandais sétaient regroupés dans lest du pays, à proximité de la frontière avec le Rwanda. Larmée rwandaise est intervenue à plusieurs reprises dans le Kivu, avec pour but affiché de combattre ces extrémistes hutus.] _2 août, Kinshasa. La Mission des Nations unies en RDC (Monuc) se déclare "extrêmement préoccupée par les rapports concordants qui lui ont été faits de nombreux cas de harcèlements, pillages et de graves violations des droits de l'homme commis par des éléments des troupes FARDC" (Forces armées congolaises), basées dans le Sud Kivi (est du pays). La Monuc, qui "impute notamment cette situation déplorable au vide persistant de commandement à la tête de la 10e région militaire (Sud-Kivu)", lance un "appel urgent aux autorités congolaises pour qu'elles remédient immédiatement à cette situation". [L'armée congolaise a lancé à la mi-juillet une offensive contre des rebelles hutus rwandais à Luhwinja, un des plus importants site miniers aurifères du Sud-Kivu, que les rebelles contrôlent depuis des années. Des témoignages font état de pillages et d'incendie de maisons perpétrés par des soldats congolais.] _10 juillet, Kinshasa. Plus de 30 civils, en majorité des femmes, brûlés vifs, et une cinquantaine d'autres blessés, dans la nuit du 9 au 10 juillet, dans le Sud-Kivu, à l'est du pays, dans une attaque attribuée aux rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Le massacre pourrait avoir été organisé en représailles à une récente offensive de l'armée congolaise dans un secteur proche - ainsi qu'à une opération de sécurisation menée par les Nations unies. [Les casques bleus de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc) ont lancé, le 20 juillet, une opération de grande envergure au Sud Kivu (dans les territoires de Kabare et de Walungu), afin de protéger la population des groupes armés, notamment des FDLR. Selon la MONUC, les FDLR se sont repliées dans une zone forestière non peuplée de civils, à l'ouest de Kabare, et hors du territoire. COREE DU NORD_27 septembre, New York (Nations unies). "Les violations souvent flagrantes des droits de l'homme exigent que des mesures soient immédiatement prises afin d'empêcher les abus et de redresser la situation", indique un rapport des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord."Le caractère antidémocratique du pouvoir en République populaire démocratique de Corée gêne considérablement la jouissance des droits de l'homme, tandis que le caractère centralisé des autorités nationales, qui s'emploient à garantir la survie du régime au sommet [ ] s'oppose au respect des droits de l'homme", écrit Vitit Muntarbhorn, Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme dans ce rapport. COTE DIVOIRE_8 septembre, New York. La tenue d'une élection présidentielle cruciale en Côte d'Ivoire ne "va pas être possible" le 30 octobre (2005) en raison du retard dans les préparatifs, déclare Kofi Annan, qui évoque la menace de sanctions internationales. "Il y a certaines choses qu'on doit faire avant des élections en octobre. On n'a même pas pu constituer la Commission électorale. Pratiquement, sur le plan technique, ce n'est pas possible" d'organiser un scrutin à la date prévue, indique-t-il dans un entretien diffusé par Radio France Internationale (RFI). "Tôt ou tard", ajoute le secrétaire général des Nations unies, le Conseil de sécurité "va être obligé" de prendre des sanctions contre les parties ivoiriennes. [En juillet 2005, le Conseil de sécurité avait mis en demeure les acteurs politiques en Côte d'Ivoire d'appliquer les engagements pris grâce à la médiation de l'Union africaine (UA) menée par le président sud-africain Thabo Mbeki concernant le processus de paix et les élections, sous peine de sanctions. _26 août, Abidjan. Le président Laurent Gbagbo appelle la communauté internationale à "trancher" sur la question de la tenue de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire prévue le 30 octobre. "C'est l'ONU qui va trancher. C'est le médiateur sud-africain qui va trancher". [Estimant que "les conditions d'un scrutin démocratique et transparent ne sont plus réunies", la rébellion des Forces Nouvelles (FN) - qui contrôle la moitié nord du pays - exige une "transition politique" excluant l'actuel chef de l'Etat ivoirien, et ne passant pas pour l'instant par une élection présidentielle. Laurent Gbagbo est, lui, favorable à l'organisation du scrutin à la date prévue.] _23 août, Abidjan. La Mission des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) dénonce "toute déclaration appelant au renversement des institutions de la république", après que l'ancien chef d'état-major des forces loyalistes, le général Mathias Doué, a menacé de "faire partir" le président Laurent Gbagbo "par tous les moyens". "De telles déclarations sont de nature à exacerber les tensions sociales et politiques déjà aiguës, à retarder la mise en oeuvre des Accords de Paix et à mettre en péril les efforts [ ] en vue de la restauration de la paix et de la stabilité dans ce pays", déclare Pierre Schori, Représentant spécial de Kofi Annan pour la Côte d'Ivoire et chef de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire. [La Mission des Nations unies a lancé un appel à toutes les parties ivoiriennes pour qu'elles "fassent preuve de retenue" et pour qu'elles "se réfèrent aux mécanismes prévus par les Accords de Paix pour le règlement de tout différend qui surviendrait entre elles". _16 août, Abidjan. Un officier ivoirien (aujourd'hui en dissidence), le lieutenant-colonel Yao Yao, ancien porte-parole de l'armée, dénonce des "escadrons de la mort" proches du président Laurent Gbagbo. La plupart des personnes présentées comme membres des escadrons de la mort sont des militaires. Le premier cité est le commandant de la garde républicaine, le lieutenant-colonel Bruno Dogbo Blé, "impliqué dans l'assassinat des aides de camp et des membres de la famille" de l'ancien président Robert Gueï. Sont également mis en cause le capitaine Seka Seka, "aide de camp de la Première dame", un commandant de la sécurité présidentielle, des sous-officiers ainsi que des civils, parmi lesquels Patrice Bai, un ancien professeur d'arts martiaux travaillant dans le sillage du capitaine Seka Seka. A une exception près, "tous les mis en cause sont issus de votre entourage", écrit l'officier à Laurent Gbagbo. "Les crimes de sang [dont ils se sont rendus coupables], ajoute-t-il, commis vraisemblablement à votre insu, pourraient vous éclabousser". Aussi, lui demande-t-il d'autoriser "l'ouverture d'une enquête indépendante, avec la communauté internationale, afin que votre honneur soit lavé". CUBA_22 juillet, La Havane. Interpellations, à quelques jours de la fête nationale cubaine, de dissidents. Cette "rafle" est la plus importante depuis la vague de répression de mars 2003, au cours de laquelle 75 opposants avaient été arrêtés et condamnés, au terme de procès expéditifs, à des peines allant de six à vingt-huit ans de prison. [Six des opposants interpellés ont été remis en liberté le 23 juillet, dont l'économiste Marta Beatriz Roque. La dirigeante de l'opposition a déclaré : "Le chemin passe par la rue et nous allons utiliser la rue dans tout le pays. Cela se fera de manière pacifique, avec les mains dans le dos".] _21 juillet, La Havane. Une réunion d'opposants cubains, affirmant regrouper quelque 360 organisations, présente un projet de "sortie" pacifique du régime cubain, en appelant à la désobéissance civile. Le projet dénommé "Initiative pour le changement" (Iniciativa Pro Cambio) a été approuvé en mai 2005 lors du congrès de l'Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC) de l'économiste Marta Beatriz Roque. Le congrès avait demandé le retour des "traditions démocratiques" à Cuba et qualifié de "stalinien" le régime du président Fidel Castro. "L'initiative postule le remplacement de l'actuel système politique à travers un programme de luttes civiques non violentes", indique une déclaration des opposant au régime, qui s'affirment partisans d'un Etat "démocratique, moderne, représentatif, pluripartiste, d'économie de marché, en se fondant sur un Etat de droit, l'indépendance des pouvoirs et le respect absolu des droits de l'homme". EGYPTE_9 septembre, Le Caire. Hosni Moubarak remporte lélection présidentielle avec 88,5 % des voix. Le taux de participation est de 23 %. A 77 ans, le président égyptien obtient un cinquième mandat de six ans, le premier obtenu à l'issue d'un scrutin historique multi-candidats et au suffrage universel, et non d'un référendum plébiscite comme depuis 24 ans. Ses principaux rivaux sont distancés : Ayman Nour, 40 ans, arrive second avec environ 10 % des suffrages, et Noamane Gomaa, 70 ans, chef du néo-Wafd, ne recueille que 3% des suffrages. Les partis de la gauche marxiste et nassérienne et le mouvement contestataire Kefaya ("Ça suffit") avaient appelé au boycottage. Les Frères musulmans, le puissant mouvement islamiste d'opposition, avaient appelé à participer à l'élection, sans toutefois donner de consigne de vote. ESPAGNE_30 septembre, Barcelone. Le Parlement catalan adopte (120 voix sur 135) un projet de nouveau statut pour la province de Catalogne destiné à remplacer celui de 1979 élaboré lors du retour de la démocratie en Espagne. Le texte dont le préambule précise que "La Catalogne est une nation", une affirmation a priori incompatible avec la Constitution espagnole, tend à renforcer l'autonomie de la région notamment au niveau financier. Le vote du Parlement catalan devra être approuvé par le Parlement espagnol (Cortes) où il pourrait être examiné à partir du début novembre. _29 septembre, Ceuta. Cinq migrants africains trouvent la mort lors d'une tentative de franchissement en force d'une clôture de sécurité à Ceuta, enclave espagnole au Maroc. D'autres incidents identiques ont lieu à Melilla, autre enclave espagnole située sur la côte marocaine.
ETATS-UNIS_24 septembre, New York. Des soldats américains ont fait subir des mauvais traitements à des détenus irakiens en 2003 et 2004 dans une base du pays, souvent sur ordre ou avec approbation d'officiers supérieurs, affirme un rapport de Human Rights Watch (HRW). Dans ce rapport, intitulé "Manquement du commandement : Témoignages directs de torture de détenus irakiens par la 82ème Division aéroportée", deux sergents et un capitaine racontent les brimades quotidiennes et les coups portés aux prisonniers de la base Mercury, près de Falloujah. _15 septembre, Washington. La commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants se prononce à une large majorité (40 voix contre 7) en faveur de la reconnaissance du "génocide arménien". [Les Arméniens affirment que jusqu'à 1,5
million des leurs ont péri entre 1915 et 1917 lors de massacres
orchestrés par l'empire ottoman, auquel a succédé
la République turque. La Turquie soutient que 300'000
Arméniens et au moins autant de Turcs ont été
tués au cours de troubles suscités par le soulèvement
des Arméniens, qui ont fait cause commune avec les armées
russes en guerre contre l'empire ottoman, et lors d'une déportation
rendue nécessaire par cette sédition. _3 septembre, La Nouvelle-Orléans. Chaos à La Nouvelle-Orléans et en Louisiane, quatre jours après le passage de l'ouragan Katrina, qui a ravagé le sud des Etats-Unis. La surface dévastée est équivalente à 235'000 km2, soit près de la moitié de la superficie de la France. Les autorités locales craignent que le bilan des victimes ne se chiffre à plusieurs milliers de morts, des pauvres et des Noirs en majorité. La Nouvelle-Orléans est une ville noire à 67% et 30% de sa population vit sous le seuil de pauvreté. De nombreux pays, ainsi que les Nations unies, ont proposé leur assistance. ["Rien ne permet d'établir aujourd'hui si le cyclone Katrina constitue un effet direct du réchauffement climatique ou s'il entre dans la variabilité naturelle du Climat" estime le climatologue français Jean Jouzel, du CNRS. "Mais il est vrai que le phénomène ressemble aux effets attendus de la hausse des gaz à effet de serre et du changement climatique, reconnaît l'expert. "Il est donc clair qu'avec un climat de plus en plus chaud, le nombre de zones atteignant ces températures va augmenter et, avec elles, le risque de cyclones dans des endroits jusqu'alors épargnés".] _3 août, Londres. Dans un rapport publié à Londres, Amnesty International dénonce lexistence de centres de détention tenus secrets par larmée et les services secrets américains. Les Américains sont soupçonnés de détenir secrètement des suspects dans des pays tels que la Jordanie, le Pakistan, lEgypte, la Thaïlande et lAfghanistan. FRANCE_27 septembre, Paris. Dans le premier rapport du Conseil d'analyse de la société (CAS) quil préside, Luc Ferry rejette le principe de discrimination positive. A ce concept, défendu par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, lancien ministre de léducation préfère celui de "société de la nouvelle chance", pour "redonner à ceux qui sont dans une impasse les moyens de reprendre en main leur destin". "La tradition républicaine ne suffit plus à réparer un certain nombre d'injustices. Les tenants de la discrimination positive posent une vraie question", reconnaît Luc Ferry. Mais la réponse consistant à réserver des postes aux populations victimes de discriminations n'est pas la bonne, souligne-t-il. "Il ne s'agit pas d'être contre les quotas parce que c'est contraire à la tradition française", mais bien parce que la discrimination positive "finit par se retourner contre ceux qu'elle prétend aider". _31 août, Bordeaux. Bruno Gollnisch définit l'antiracisme comme un "sida mental". Comparant l'antiracisme à "une religion" avec "ses dogmes", "ses prêtres, ses inquisiteurs, ses procès en sorcellerie", le délégué général du Front national (FN) estime que "c'est cette fausse religion qui est aujourd'hui le véritable "opium des peuples". "Elle vise à affaiblir leurs défenses immunitaires, et mérite donc pleinement le nom de "sida mental". [ ] "L'histoire condamnera sévèrement les protagonistes du prétendu antiracisme, comme elle a condamné les responsables de la décadence de Rome, les collaborateurs des occupations étrangères, les complices de l'internationalisme marxiste. Mais en attendant, c'est vrai, ils règnent en maîtres", ajoute le numéro deux du parti de Jean-Marie Le Pen. INDONESIE_15 août, Helsinki (Finlande). L'Indonésie et les rebelles indépendantistes de la province d'Aceh signent un traité mettant fin à un conflit armé trentenaire, qui a fait une quinzaine de milliers de morts depuis 1976. Le texte signé par le ministre de la Justice Hamid Awaluddin pour le gouvernement indonésien et par Malik Mahmoud, le président de la délégation du Mouvement Aceh libre (GAM), prévoit notamment le retrait de l'armée indonésienne de la province et le désarmement des rebelles avant le 31 décembre. LES PRINCIPAUX POINTS DU TRAITE. Gouvernement. Une loi sera promulguée au plus tard le 31 mars 2006. La province d'Atjeh aura autorité sur les affaires publiques, à l'exception des affaires étrangères, de la défense, de la sécurité nationale, des questions monétaires et fiscales, de la justice et de la liberté religieuse. Atjeh aura le droit d'utiliser un drapeau, des armoiries et un hymne. IRAK_2 septembre, Bagdad. Le procès de lancien président Saddam Hussein devrait commencer dans la deuxième moitié doctobre, devant le Tribunal spécial irakien (PSI), indique un responsable gouvernemental. _31 août, Bagdad. Près de 1'000 pèlerins chiites périssent, noyés, étouffés ou piétinés, à la suite dun vaste mouvement de panique déclenché par la psychose de lattentat-suicide. Près de 500 autres sont blessés. Tous convergeaient en masse vers le mausolée de limam Moussa Al-Kazem, à loccasion de lanniversaire de sa mort, ou en revenaient. Ils franchisaient un pont sur le Tigre lorsque, selon un membre du service dordre, "quelquun a crié quil y avait dans la foule des kamikazes portant des ceintures dexplosifs". IRAN_21 août, Téhéran. Défendant son gouvernement devant le Parlement, le nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'en prend aux pays qui "veulent nous faire taire" et qui "ne sont pas prêts à reconnaître nos droits légitimes et entendent s'ingérer dans nos affaires par leurs accusations sans fondement et sous différents prétextes comme les droits de l'homme". [Mahmoud Ahmadinejada a, par ailleurs, dénoncé "les invasions culturelles et l'expansion de la pensée libérale, qui est devenue la justification de tous les phénomènes politiques, sociaux, historiques et culturels". "Nous devons étendre la culture de promotion de la vertu et de prohibition du vice, a-t-il ajouté, et favoriser les traditions islamiques comme le respect des parents, les visites à la famille, la générosité envers les orphelins, la philanthropie".] _16 août, Téhéran. Le programme général de politique intérieure et étrangère du président Mahmoud Ahmadinejad, entré en fonction le 3 août, prévoit des relations saines et actives avec tous les pays, à lexception du régime usurpateur de Qods [Jérusalem] pour toujours, et du régime politique américain, aussi longtemps quil ne respectera pas la grandeur et les intérêts du peuple iranien. _25 juillet, Téhéran. Un rapport officiel admet l'existence de la torture et du maintien à l'isolement dans les prisons iraniennes. Rédigé par le responsable de la justice de Téhéran, Abbas Ali Alizadeh, il fait indirectement état d'aveux extorqués, de mauvais traitements et de séjours de plusieurs années en prison sans jugement. Mais l'auteur du rapport assure que tout cela appartient au passé. Nous avons pris des mesures. Nous pouvons dire avec fierté que tous ces manquements ont disparu, déclare-t-il. Les prisons iraniennes sont aujourd'hui parmi les meilleures du monde. IRLANDE_26 septembre. Le général canadien John de Chastelain, chef de la Commission du désarmement, indique que l'Armée républicaine irlandaise (IRA) a respecté son engagement du 28 juillet 2005 à déposer les armes. Ce jour-là, après plus de trente ans d'une guerre civile qui a fait environ 3'600 morts, l'IRA, tout en gardant le cap d'une réunification de l'île et la fin du rattachement de l'Ulster au Royaume-Uni, avait annoncé l'abandon de la lutte armée. Ce désarmement devrait désormais permettre de relancer le processus de paix (établissant un partage du pouvoir, avec une assemblée locale et un gouvernement composés de représentants protestants et catholiques) issu des accords d'avril 1998- processus suspendu depuis 2002. JAPON_13 septembre, Tokyo. Large victoire du premier ministre japonais (libéral-populiste) Junichiro Koizumi aux élections législatives du 11 septembre. Son parti, le Parti libéral démocrate (PLD), remporte la majorité absolue. Cette victoire, commente Le Monde, permet à Junichiro Koizumi de "simposer face au courant naguère majoritaire de son parti, fondé sur le compromis social". _15 août, Tokyo. "Notre pays, par la domination coloniale et l'agression, a causé de terribles dégâts et souffrances aux peuples de nombreux pays, particulièrement à ceux des nations asiatiques", déclare Junichiro Koizumi, dans un communiqué publié à l'occasion du 60e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Asie. "J'affirme que la paix et la prospérité dont nous bénéficions aujourd'hui sont bâties sur les sacrifices de tous ceux qui ont perdu leur vie, contre leur gré, dans ce conflit", souligne-t-il. "Acceptant avec humilité ces faits historiques, nous exprimons à nouveau notre profond remords et nos excuses les plus sincères et nous présentons nos condoléances aux victimes de la guerre au Japon et à l'étranger", ajoute le premier ministre, qui promet de "bâtir des relations de coopération orientées vers l'avenir et fondées sur la confiance et la compréhension mutuelles" avec les pays de la région. [Le Japon a déjà présenté à plusieurs reprises ses "profonds remords" pour son passé impérialiste, mais les pays voisins, la Chine et les deux Corées en particulier, ne sont pas convaincus de la sincérité nippone.]
["Le 6 août, à 8h15, un vacarme assourdissant envahit Hiroshima, et un immense nuage horizontal se déploie. Un autre nuage, vertical, apparaît. Un champignon se forme à son sommet. Le bombardier américain Enola-Gay vient de lâcher "Little Boy", la première bombe atomique de l'histoire, à 540 mètres au-dessus de la ville japonaise. Près de l'épicentre, la température approche les 4'000 degrés. Tout est noir. En quelques secondes, 130'000 habitants sont carbonisés ou irradiés. Les morts côtoient les vivants. Peau arrachée, vêtements en lambeaux. Les rescapés diront avoir assisté à un spectacle apocalyptique. "C'est le plus grand événement historique de tous les temps", déclare Harry Trumnan, président des Etats-Unis. Trois jours plus tard, le 9 août, l'armée américaine utilise à nouveau l'arme nucléaire. La bombe "Fatman" tue 70'000 personnes à Nagasaki. le 2 septembre 1945, le japon capitule, la guerre s'achève sur cette double tragédie". Rodolphe Cazejust, Le Monde, 1er août 2005.] Soixante ans après, l'écho de la voix des victimes faiblit, tandis que la ville martyre peine à renouveler son message de paix, écrit Le Monde. Dans une "Déclaration de la paix du 6 août 2005", lue devant 55'000 personnes rassemblées dans le Parc de la Paix, le maire d'Hiroshima, Tadatoshi Akiba, exhorte les Nations unies à établir un comité spécial chargé d'étudier les moyens de bannir définitivement les armes nucléaires. Il accuse les huit puissances nucléaires de la planète (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, Chine, France, Inde, Israël et Pakistan) de "menacer la survie de l'espèce humaine".
De son côté, le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi promet que le Japon s'activera, à la tête de la communauté internationale, en faveur de "mécanismes globaux pour le désarmement nucléaire et la non prolifération" et fera "le maximum en vue de l'abolition des armes nucléaires". LIBAN
_1er septembre, Beyrouth. Le procureur général libanais, Saïd Mirza engage des poursuites judiciaires contre trois anciens officiers - Jamil Al-Sayed, ancien chef de la sûreté générale, d'Ali Al-Haj, ex-directeur des forces de sécurité intérieures, et Raymond Azar, chef des services de renseignement de l'armée -, ainsi que le chef de la garde présidentielle libanaise, Moustapha Hamdane, liés, selon l'enquête, à l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri. [Les quatre sont considérés comme des "suspects" qui "ont participé d'une certaine manière à la planification de l'attentat qui a coûté la vie à [Rafic] Hariri", a précisé le même jour, lors d'une conférence de presse, le juge allemand Detlev Mehlis, qui dirige la commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais. La suspicion qui pèse sur eux est fondée sur des "preuves matérielles et des témoignages", a-t-il précisé.] _30 août, Beyrouth. Selon Detlev Mehlis, le chef de la Commission d'enquête indépendante sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, le 14 février 2005, à Beyrouth, trois anciens chefs des services de renseignements et de sécurité du Liban ont été identifiés comme suspects et arrêtés. Trois anciens chefs des services de renseignements et de sécurité du Liban, le général de brigade Raymond Azar, le général-major Jameel al-Sayeed et Ali al-Hajj, ainsi quun ancien parlementaire, Nasser Kandil, figurent parmi les suspects dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, menée par Detlev Mehlis, indiquent les Nations unies. MAROC / Sahara occidental_17 août, Genève. Le Front polisario, qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental contrôlé par le Maroc, a libéré ses 404 derniers prisonniers de guerre marocains, dont certains étaient détenus depuis plus de 20 ans, annonce le Comité international de la Croix-Rouge internationale (CICR). La libération s'est déroulée dans les camps de réfugiés du Polisario, dans la région occidentale algérienne de Tindouf. MAURITANIE_2 septembre, Nouakchott. Le colonel Ely Ould Mohammed Vall, président du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), annonce une amnistie pour tous les Mauritaniens condamnés pour crimes et délits politiques, mesure visant selon lui à "leur permettre de participer à l'oeuvre de construction nationale". Cette amnistie concerne 115 Mauritaniens, parmi lesquels l'ancien président Mohamed Khouna Ould Haidalla, des personnes ayant participé aux putschs manqués de 2003 et 2004, ainsi que d'autres condamnés par contumace ou à la prison avec sursis depuis 1992. [Plusieurs mouvements d'opposition basés en Mauritanie et à l'extérieur, réunis au sein de la "Coalition des forces patriotiques mauritaniennes", ont qualifié le 3 septembre d'"immense pas vers la fin de la dictature" l'amnistie générale décrétée par le CMJD. _6 août, Nouakchott. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) au pouvoir en Mauritanie adopte une charte constitutionnelle définissant l'organisation et le fonctionnement des pouvoirs pendant une période de transition. Le texte, qui comporte 11 articles, proclame l'engagement du Conseil militaire "à respecter tous les engagements internationaux pris par l'Etat, les principes consacrés par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, par les Nations unies et par les autres organisations auxquelles le pays a adhéré (Union africaine et Ligue arabe notamment). "Il maintient les dispositions du préambule de la Constitution du 21 juillet 1991, notamment celles relatives à l'islam [la Mauritanie est une république islamique], aux libertés individuelles et collectives et aux droits et prérogatives de l'Etat". Selon le texte, "le président du Conseil militaire [le colonel Ely Ould Mohamed Vall] exerce le pouvoir exécutif, nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement de transition, qui sont tous responsables devant lui et le Conseil militaire". Les autres dispositions de la Constitution notamment relatives au Conseil constitutionnel, au Haut conseil islamique et à la Cour des comptes, sont maintenues. [Le nouveau premier ministre du gouvernement de transition mauritanien ,Sidy Mohamed Ould Boubacar membre du Parti républicain démocratique et social (PRDS, ancien parti au pouvoir) a déjà occupé ce poste entre 1992 et 1996, avant d'être nommé ambassadeur de Mauritanie en France.] _3 août, Nouakchott. L'armée mauritanienne annonce la création d'une junte militaire pour mettre fin au "régime totalitaire" du président Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya. "Les forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du régime dont notre peuple a tant souffert ces dernières années", indique le communiqué. "Ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l'avenir du pays. A cet effet, les forces armées et de sécurité ont décidé la mise en place d'un Conseil militaire pour la justice et la démocratie", indiquent les putschistes, qui s'engagent à "créer les conditions favorables d'un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement". "Les forces armées et de sécurité n'entendent pas exercer le pouvoir au-delà d'une période de deux ans, jugée indispensable pour la préparation et la mise en place de véritables institutions démocratiques", ajoute le texte. "Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie s'engage enfin à respecter tous les traités et conventions internationaux ratifiés par la Mauritanie". Le Conseil sera dirigé par le colonel Ely Ould Mohammad Vall. [Le coup d'Etat a été condamné par la communauté internationale. Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a été le premier à s'exprimer en rappelant que l'Union africaine (UA) rejetait "tout changement anticonstitutionnel de gouvernement". Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a également condamné le coup d'Etat en déclarant qu'il était "profondément troublé".] NATIONS UNIES_2 septembre, New York. L'archevêque sud-africain Desmond Tutu et l'ex-président iranien Mohamed Khatami ont été désignés pour faire partie d'un comité des sages de 19 personnes formé par les Nations unies pour promouvoir une Alliance des civilisations. Cette Alliance, destinée à rapprocher l'islam et l'Occident, avait été proposée en septembre 2004 par le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, aux Nations unies. Elle sera présidée par l'ancien directeur général de l'Unesco, Federico Mayor, et un ministre d'Etat et professeur de théologie turc, Mehmet Aydin. _19 août, New York. Kofi Annan déplore que lattentat commis il y a deux ans contre le QG de lorganisation internationale à Bagdad, qui avait fait 17 morts, dont son représentant spécial en Irak, Sergio Vieira de Mello, soit resté impuni. "La question de la justice continue aussi de se poser, car personne na eu à répondre de ce crime, offrant un nouvel exemple consternant de limpunité dont jouissent si souvent les auteurs de crimes contre les personnels des Nations unies", déclare le secrétaire général des Nations unies. SERBIE / Kosovo_26 juillet, Berne. "Il est temps d'envisager les voies d'une indépendance formelle" de la province du Kosovo, déclare Micheline Calmy-Rey, la ministre suisse des affaires étrangères. Le Kosovo est "une région d'importance" pour la Suisse, explique-t-elle dans une interview publiée dans "24 Heures" et la "Tribune de Genève". Les Kosovars qui vivent sur sol helvétique représentent 10 % de la population de la province. L'instabilité dans cette région des Balkans "a sans conteste des conséquences chez nous", relève la conseillère fédérale, pour expliquer qu'une solution politique à la question kosovare "est dans l'intérêt bien compris" de la Suisse. [Par la voix de son représentant aux Nations unies, Peter Maurer, la Suisse s'est exprimée en mai 2005 en faveur de l'"indépendance formelle" du Kosovo. Le diplomate a dit clairement qu'un retour de la province sous souveraineté serbe "n'est ni souhaitable ni réaliste".] SOUDAN
_21 septembre, New York [Nations unies]. Les violences sexuelles contre les femmes sévissent toujours et l'impunité continue de régner au Soudan et, plus particulièrement au Darfour, selon Rachel Mayanta, conseillère spéciale de Kofi Annan sur les questions de l'égalité entre les hommes et les femmes, qui a effectué, du 4 au 11 septembre 2005, un déplacement au Soudan. "Le gouvernement a fait quelques progrès pour s'attaquer aux problèmes de la violence contre les femmes, en adoptant un plan d'action, mais il reste encore beaucoup à faire", assure Rachel Mayanta. _4 août, Khartoum. Les émeutes qui ont éclaté au Soudan après l'annonce du décès du chef sudiste John Garang, ont fait 130 morts et 350 blessés. A Khartoum, on compte 84 personnes tuées, selon une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), tandis qu'au moins 18 autres seraient mortes à Juba, la principale ville du Sud-Soudan. _1er août, Khartoum. John Garang, vice-présidente et leader du Mouvement populaire de libération du soudan (SPLM) disparaît dans un accident d'hélicoptère, moins d'un mois après avoir rejoint le pouvoir central qu'il avait combattu pendant 2 ans.
[La disparition de John Garang, 60 ans, chef du Sud-Soudan animiste et chrétien, en rébellion contre le Nord musulman et pièce maîtresse du subtil accord de partage du pouvoir et des richesses conclu en janvier 2005, "jette une ombre sur la paix fragile concrétisée par sa nomination comme vice-président d'un pouvoir central qu'il avait combattu durant plus de deux décennies", écrit Philippe Bernard dans Le Monde (2 août 2005) _2 août, Khartoum. Nouveaux affrontements dans les faubourgs de Khartoum, au lendemain d'une journée d'émeutes déclenchées par l'annonce de la mort de John Garang . "Il y a des batailles de rues [...] entre des habitants originaires du Nord et des assaillants venant du Sud", a déclaré un habitant contacté par téléphone par l'agence Reuters. On compte plus de 60 morts, ainsi que des dizaines de blessées. SRI LANKA_12 août, Colombo. Le chef de la diplomatie, Lakshman Kadirgamar, 73 ans, assassiné par des tireur embusqués dans une maison proche de la résidence privée du ministre, dans le centre de Colombo. "Nous soupçonnons fortement les rebelles des LTTE (Liberation Tigers of Tamil Eelam) car il avait reçu des menaces de leur part" et, il y a deux semaines, "nous avons arrêté deux membres présumés des Tigres, qui espionnaient" les allées et venues du ministre, déclare le porte-parole de l'armée, Daya Ratnayake. SUISSE_25 septembre, Berne. Les Suisses acceptent par référendum (56% de oui) d'étendre aux dix pays qui ont adhéré en mai 2004 à l'Union européenne (UE) un accord de libre circulation des personnes qui est déjà entré en vigueur en 2002 avec l'Europe des Quinze. [Lextension de cet accord permettra aux ressortissants des dix nouveaux pays membres de s'établir et de travailler en Suisse plus facilement. Cette ouverture se fera progressivement, avec des contingents jusqu'en 2011 au moins et une priorité donnée aux Suisses, à qualification égale, pendant cette période de transition. Le 5 juin, la Suisse avait confirmé par référendum son entrée dans l'espace Schengen qui supprime les contrôles des personnes aux frontières terrestres (54,6% de oui).] _19 septembre, Berne. La Suisse va ouvrir une enquête contre Dogu Perincek, chef du Parti des travailleurs turcs, accusé par la police d'avoir tenu, lors d'une réunion publique le 18 septembre à Berne, des propos condamnables par les lois anti-racisme qui interdisent la négation du crime de génocide. [Dogu Perincek avait déjà été interpellé brièvement en juillet 2005 en Suisse pour avoir qualifié le génocide arménien de "mensonge international" et les lois anti-racisme suisses "d'inquisition médiévale". Le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, avait alors jugé cette interpellation "inacceptable".] _8 septembre, Berne. Pornographie enfantine : la police lance une campagne de prévention contre la pornographie enfantine sur internet. Intitulée "Stop à la pornographie enfantine sur internet", la campagne pilotée par la Prévention suisse de la criminalité (PSC) met en lumière les différents types de délits possibles via le web et montre à chacun comment se protéger. "Aujourd'hui, les individus qui s'engagent dans la cyberpornographie doivent s'attendre en permanence à être découverts", assurent les responsables de la PSC. La cible principale de cette campagne de prévention sont toutefois les malfaiteurs potentiels car il n'y a pas que les pédophiles "classiques" qui utilisent le réseau anonyme. "Nous voulons leur faire comprendre que derrière chaque image il y a une victime". TOGO_26 septembre, Genève. Un rapport du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme attribue à l'Etat togolais "la responsabilité principale de la violence politique et des violations des droits de l'homme" qui ont accompagné lélection présidentielle davril 2005 - et qui ont fait "entre 400 et 500 morts". _20 juillet, Paris. Publication par Amnesty International d'un rapport sur les atteintes aux droits de l'homme qui ont accompagné le scrutin remporté par Faure Gnassingbé, le fils du dictateur Gnassingbé Eyadéma mort, en février 2004, après trente-huit ans de règne. Recueillis, en mai et juin, lors d'une mission d'enquête au Bénin, dans les camps de réfugiés où les Togolais victimes de la répression continuent d'affluer, les témoignages d'Amnesty confirment et précisent les précédents récits publiés depuis les événements. Les arrestations et enlèvements des partisans de l'opposition, qui ont débuté dès le scrutin, se sont multipliés dans les jours qui ont suivi la proclamation des résultats. Jeunes opposants tués par des militaires ou des miliciens, manifestants roués de coups, victimes de violences sexuelles : le rapport d'Amnesty International dénonce l'action d'un "appareil de répression au service exclusif du pouvoir". Alors qu'un bilan de 811 morts avait été dressé par la Ligue togolaise des droits de l'homme (proche de l'opposition), contrastant avec les cinquante-huit décès recensés surtout parmi les partisans du régime par un mouvement des droits de l'homme proche du pouvoir, Amnesty dit avoir établi une liste de 150 noms de victimes. Le rapport met en cause les forces armées togolaises, mais pointe aussi l'aide que leur fournit la France. TUNISIE_1er octobre, Tunis. "La France considère que la question des droits de l'homme constitue un élément du dialogue politique entre [la Tunisie et la France], mais aussi avec l'Union européenne dans le cadre de l'accord d'association. Nous souhaitons que la Ligue tunisienne des droits de l'homme [harcelée par le régime tunisien] et les autres organisations non gouvernementales puissent continuer à apporter leur contribution à la promotion des droits de l'homme et des libertés publiques", déclare Philippe Douste-Blazy, ministre français des Affaires étrangères. Il indique avoir "très clairement exprimé" ce souhait à son homologue tunisien, Abdelwahab Abdallah. TURQUIE_11 août, Istanbul. Recep Tayyip Erdogan promet de résoudre le problème kurde par "plus de démocratie". Le premier ministre turc assure qu'il n'y aura "pas de régression dans le processus démocratique" lancé pour résoudre "le problème kurde". Il ajoute : "Nous allons tout résoudre avec plus de démocratie, plus de droits civils et plus de prospérité", ajoute-t-il, demandant à la population à participer à la "lutte contre la terreur" en empêchant ses enfants de rejoindre la guérilla du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes), qui a repris en 2004 ses actions après une trêve de six ans. VATICAN_20 août, Cologne. Lors d'une rencontre avec des représentants de la communauté musulmane d'Allemagne, en marge des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), Benoît XVI souligne la nécessité de lutter en commun contre le "terrorisme", notamment en éduquant les jeunes générations. "Je suis certain que je fais écho à vos propres pensées lorsque je fais de la propagation du terrorisme l'une de nos préoccupations", déclare le pape, ajoutant : "Vous guidez les fidèles musulmans et vous les élevez dans la foi islamique. L'enseignement est le véhicule par lequel les idées et les convictions sont transmises. Les mots ont donc une haute influence sur la formation de l'esprit". Evoquant les croisades du Moyen Age, il souhaite que les chrétiens et les musulmans tirent les leçons de ces "atrocités commises au nom de Dieu".] [Nadeem Elyas, chef du Conseil central islamique d'Allemagne et représentant des quelque 3,2 millions de musulmans du pays, d'origine turque pour la plupart, a lui aussi souligné que le terrorisme était "l'ennemi commun" de l'islam et de la chrétienté. Au lendemain des attentats du 7 juillet à Londres, Benoît XVI avait déclaré : "C'est une affaire de musulmans fanatisés, cela n'a rien à voir avec le véritable islam. Je ne crois pas à un choc de civilisations".] _19 août, Cologne (RFA). Au deuxième jour de son séjour en Allemagne pour les Journées mondiales de la jeunesse, le pape Benoît XVI, reçu à la synagogue de Cologne, appelle juifs et chrétiens à combattre les "forces du mal" et agir ensemble pour que "jamais plus les forces du mal n'arrivent au pouvoir". [Inaugurée en 1899, la synagogue de Cologne avait été détruite par les nazis en 1938, puis reconstruite et inaugurée en 1959, un an après la création de la société colonaise pour la coopération judéo-chrétienne.] VIETNAM_18 août, Hanoï. Le gouvernement vietnamien rend publique sa première déclaration sur la situation des droits de l'homme dans le pays, dans laquelle il admet des "points faibles", mais rejette toujours les accusations les plus graves à son encontre. "Nous sommes toujours un pays pauvre et peu développé, et nous avons donc encore des points faibles" en ce qui concerne les droits de l'homme, reconnaît le vice-ministre vietnamien des Affaires étrangères Le Van Bang, en présentant ce document à la presse. Le ministre, qui n'a pas précisé de quels "points faibles" il s'agissait, a implicitement admis que les minorités ethniques du Vietnam étaient défavorisées :"Dans une certaine mesure il existe des différences de développement entre les régions du Vietnam". Cette déclaration a été reçue avec scepticisme dans certaines chancelleries occidentales, note l'Agence France-Presse. Un diplomate ayant requis l'anonymat considérait ainsi le document vietnamien comme "de la langue de bois [...] qui n'incite pas à l'optimisme quant a une amélioration des droits de l'homme". ZIMBABWE_22 juillet, New York [Nations unies]. Dans un rapport qualifié de profondément alarmant par Kofi Annan, Anna Tibaijuka, directrice de l'Agence des Nations unies pour les établissements humains (Onu-Habitat), a dénoncé les destructions de quartiers entiers de bidonvilles par les autorités du Zimbabwe, sans discernement et de manière injustifiée, dans l'indifférence à la souffrance humaine, et en violation du droit international. Ces destructions, qui ont laissé 700'000 personnes sans abri ou sans travail, ont provoqué une grave crise humanitaire.
> ET AUSSI... <
_25 septembre, Washington. Après les gouvernements du G8, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont décidé d'annuler les dettes contractées par 18 pays africains, une mesure qui sera étendue à 20 autres Etats pauvres dans le monde d'ici à la fin de l'année 2005. Une mesure qualifiée d'"historique" et qui porte sur quelque 57 milliards de dollars. Plusieurs organisations non gouvernementales (Ong), dont la britannique Oxfam, qui ont milité pour l'annulation de la dette, estiment qu'il s'agit d'un premier pas dans l'aide au développement des pays pauvres. [Les pays riches se sont engagés à assurer "dollar pour dollar" le coût de l'effacement de ces sommes dues pour 70 % à la Banque mondiale, le reste au FMI et à la Banque africaine de développement. Les premières mesurent concernent le Bénin, la Bolivie, le Burkina Faso, l'Ethiopie, le Ghana, la Guyana, le Honduras, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie. _30 août, Pékin. Dans un message prononcé, le 29 août 2005, à Pékin, au nom de Kofi Annan, à l'occasion 10e anniversaire de la Conférence mondiale de Pékin [Beijing] sur les femmes, Louise Arbour, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a appelé à redoubler d'efforts pour traduire dans la réalité les engagements pris dans la Déclaration et le Programme d'action de Pékin. "189 pays ont adopté à l'unanimité la Déclaration et le Programme d'action de Beijing, qui reconnaissent que l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes sont un moyen essentiel d'assurer le développement, la paix et le respect des droits de l'homme. Véritable stratégie pour l'autonomisation des femmes, le Programme d'action met l'accent non seulement sur l'égalité des sexes et l'élimination de la discrimination, mais aussi sur la nécessité de considérer les femmes comme des partenaires à part entière et sur un pied d'égalité", a également rappelé Louise Arbour. _DROITS DE LHOMME _8 septembre, Mar del Plata (Argentine). Louise Arbour rappelle que l'interdiction de la torture est être absolue, y compris pour les gouvernements qui luttent contre le terrorisme. Selon le haut commissaire des Nations unies, "il existe certaines limites à ne pas franchir quand les gouvernements s'occupent d'améliorer leur législation pour combattre le terrorisme, le trafic de drogue et la délinquance, et parmi celles-ci figure notamment l'interdiction de la torture". _ENVIRONNEMENT _5 septembre, Vienne. Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et de cinq autres agences internationales réunies dans un Forum de Tchernobyl, ramène à 4'000 le nombre de décès liés à l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) intervenu le 26 avril 1986. Jusqu'alors, le bilan de la catastrophe de Tchernobyl faisait état de dizaines de milliers de morts. Le rapport est intitulé : "Le Legs de Tchernobyl : conséquences sur la santé, l'environnement et socio-économiques." Plus de 600'000 personnes ont été largement exposées à la radioactivité, à savoir 200'000 militaires et civils envoyés en urgence, des employés de la centrale, et les habitants des zones voisines, selon son décompte. Depuis l'accident, quelque 4'000 cas de cancers de la thyroïde ont été enregistrés, surtout des enfants ou jeunes au moment de l'accident. "Au total, 4'000 personnes pourraient mourir pour avoir été exposées aux radiations après l'accident [...] Le bilan est donc bien en deçà des spéculations antérieures qui parlaient de dizaines de milliers de morts possibles", selon un communiqué des Nations unies."Les effets de l'accident sur la santé ont été horribles, mais au total [...] les effets en termes de santé publique n'ont pas été aussi graves et de loin qu'on avait pu le craindre initialement", déclare Michael Repacholi, responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) cité dans le rapport. [D'après une déclaration du ministre ukrainien de la santé en 1997, Andry Serdiouk, 12'519 personnes envoyées à Tchernobyl pour murer le réacteur nucléaire et nettoyer la zone contaminée étaient décédées dans les douze ans ayant suivi la catastrophe. Au total, près de 3 millions de personnes avaient été irradiées dans la région, d'après une expertise du Conseil de l'Europe réalisée en 1997.] _LIBERTE DE LA PRESSE _14 août, Paris. Pour s'implanter en Chine, les sociétés Internet étrangères doivent non seulement investir massivement mais aussi se plier à la "censure imposée à l'univers d'Internet", écrit Le Monde. "Tous les moteurs de recherche et portails doivent appliquer des filtres interdisant des mots clés comme "démocratie", "indépendance Taïwan", "droits de l'homme" ou "Tiananmen". Pour ne l'avoir pas appliqué assez diligemment, Google a vu son accès en mandarin plusieurs fois bloqué - et les Chinois n'ont pas accès à Google, MSN ou Yahoo en version originale. Il est demandé aux grands sites de contenus de signer un accord avec l'Association chinoise de l'Internet pour s'engager à "ne pas produire de documents nuisibles à la sécurité nationale et à la stabilité sociale". Ils doivent aussi surveiller les espaces d'expression de leurs utilisateurs (forums de discussion, blogs)". _POPULATION MONDIALE _23 juillet, Tours (France). Moins féconde, vivant plus longtemps, l'humanité vieillit. C'est l'avertissement lancé par près de 2'000 chercheurs - démographes, économistes, sociologues, géographes, urbanistes, spécialistes de santé publique - réunis pour le 25e Congrès international de la population. En 2050, la population mondiale, actuellement de 6,5 milliards de personnes, devrait se stabiliser autour de 9 milliards dindividus : entre 7,6 milliards (variante basse des projections des Nations unies) et 10,6 milliards (variante haute) - et donc loin des 15 milliards annoncés il y a cinquante ans. Cette croissance, très inégalement répartie, sera, pour l'essentiel, le fait des pays du Sud. L'Afrique, qui - contrairement à ce que l'on imagine souvent en songeant aux ravages du sida - devrait voir sa population presque doubler, pour atteindre 1,5 milliard d'habitants. |