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LE TERRORISME  DANS LE MONDE

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 7 et 21 JUILLET. UNE SERIE D'ATTENTATS ENSANGLANTENT LONDRES

_23 décembre, Paris. Le directeur de Scotland Yard, cité par Le Monde, assure qu'un nouvel attentat à Londres "est probable", ajoutant : "Il n'y a aucun doute à ce propos. Mais quand ?" "Au moment où nous parlons, précise, Sir Ian Blair, il y a des gens qui sont en train de préparer des atrocités et des opérations suicides".

Le Monde Selon un rapport publié en septembre 2005 par le directeur du centre d'études sur le renseignement de l'université Brunel, Anthony Glees, indique le quotidien français, "des groupes extrémistes ou terroristes" ont été détectés dans plus de trente universités britanniques, dont celles de Birmingham, Durham, Manchester et la prestigieuse London School of Economics.

"Des activités subversives s'y déroulent, dans l'ignorance, le plus souvent, des autorités universitaires", affirme le professeur Glees. Elles sont notamment le fait du mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir, qui interdit sur les campus par les syndicats étudiants, agit sous des noms d'emprunt innocents, comme La Société idéologique, Le Forum du millénaire ou La Société du nouveau monde. Le Monde, 23 décembre 2005.

_11 novembre, Amman. La branche irakienne d'Al-Qaïda assure, sur un site Internet, que les auteurs des attentats d'Amman sont quatre Irakiens, dont une femme. "Le groupe était composé de trois hommes : les commandants Abou Khabib, Abou Mouaz et Abou Oumaira : Le quatrième était la vénérable Oum Oumaira, qui a choisi de suivre son mari, Abou Oumaira, sur la voie du martyre".

_10 novembre, Djakarta. L'Indonésie confirme la mort du Malaisien Azahari Husin, accusé d'avoir organisé certains des plus importants attentats de ces dernières années, dont ceux d'octobre 2002 (202 morts) et d'octobre 2004 (23 morts), à Bali, dans un raid policier contre une maison où il avait trouvé refuge.

[Azahari était soupçonné d'être l'artificier de la Jamaah Islamiyah (JI), groupe terroriste lié au réseau Al-Qaïda en Asie du Sud-Est.]

_9 novembre, Amman. Trois attentats-suicide frappent, quasi simultanément, trois hôtels de luxe - particulièrement prisées des touristes occidentaux et israéliens - de la capitale jordanienne. Ils ont fait au moins 57 morts et 115 blessés.

[Les attentats ont été revendiqués par Al-Qaïda, dans un communiqué publié sur Internet : "Un groupe de nos meilleurs lions a lancé une nouvelle attaque contre quelques repaires. [...] Après avoir examiné les cibles, des hôtels ont été choisis pour avoir été transformés par le despote jordanien en arrière-cour des ennemis de la foi, les juifs et les croisés". Les autorités jordaniennes mettent en cause le Jordanien Abou Moussab al Zarkaoui, responsable d'Al-Qaïda en Irak.]

_29 octobre, New Delhi. Des attentats terroristes, qui ont visé deux marchés très fréquentés et un autobus de la capitale indienne, font 61 morts et quelque 188 blessés.

[A Srinagar, capitale d'été du Cachemire indien, un homme affirmant se nommer Ahmed Yaar Ghanavi a revendiqué les trois attentats au nom d'un groupe peu connu, Islamic Inquilab Mahaz (Font du soulèvement islamique). Selon les autorités indiennes, ce groupe a des liens avec l'organisation islamiste armée Lashkar-e-Taiba, active au Pakistan depuis son interdiction par Islamabad.

_26 octobre, New York [Nations unies]. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme pour la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme, Martin Sheinin, présente son premier rapport et indique travailler à une liste de dix pays, pour l'instant confidentielle. #

Dans le cadre de son mandat , le rapporteur souhaite visiter des pays qui préparent des mesures contre le terrorisme, afin de ne pas intervenir après leur adoption, mais au cours du processus, en étudiant les projets soumis aux parlements par exemple. Il envisage également d'étudier les pays qui respectent les droits de l'homme afin d'en tirer les "meilleures pratiques" et de pouvoir les diffuser.

_19 septembre, Qatar. Un enregistrement vidéo, diffusé par la chaîne Al-Jazira, souligne, pour la première fois explicitement, la responsabilité du mouvement Al-Qaida dans les attentats de Londres du 7 juillet, qui ont fait 52 morts. Ayman Al-Zawahiri, numéro deux et idéologue de l'organisation d'Oussama Ben Laden, déclare que "la conquête bénie de Londres est l'une des conquêtes qu'Al-Qaida a eu l'honneur de mener contre l'arrogance sioniste et britannique". Il ajoute que les kamikazes qui ont organisé ces attentats ont donné "de grandes leçons à la nation musulmane en général et en particulier aux musulmans du Pakistan".

_1er septembre, Qatar. La chaîne Al-Jezira diffuse des extraits d'une cassette vidéo dans laquelle le réseau Al-Qaida évoque les attentats du 7 juillet. Dans une séquence apparaît un homme enturbanné présenté comme Mohammed Sidique Khan, l’un des auteurs des attentats; dans une autre, filmée dans un autre décor, Ayman al-Zawahri, numéro deux d'Al-Qaida, est filmé avec un fusil automatique.

Mohammed Sidique Khan ne revendique pas directement les attentats de Londres, mais déclare : "Jusqu'à ce que nous nous sentions en sécurité, vous serez nos cibles, et jusqu'à ce que vous cessiez de bombarder, de gazer, d'emprisonner et de torturer mon peuple, nous ne cesserons pas le combat. Nous sommes en guerre, et je suis un soldat". Il explique ses actes en rejetant la responsabilité des attentats de Madrid et Londres sur les Occidentaux : "Vos gouvernements démocratiquement élus continuent de perpétrer des atrocités contre mon peuple à travers le monde entier".

Al-Zawahri décrit, lui, les attentats "comme une gifle à la politique Blair", estimant que "ces opérations ont porté la bataille sur le territoire de l'ennemi". Et il menace de nouveaux attentats les pays occidentaux "qui ont pris part à l'agression de l'Irak, de l'Afghanistan et de la Palestine".

[Des sources proches des services de sécurité britanniques estiment que rien n'étaye l'hypothèse qu'un membre haut placé d'Al-Qaida ait planifié l'attaque. Selon ces sources, Khan, l'un des deux membres du commando à s'être rendu dans une école coranique au Pakistan, son pays d'origine, et aussi le plus âgé - 30 ans -, serait le meneur du groupe.]

_17 août, Londres. La chaîne ITV rend publics rend publics des témoignages et des photographies qui contredisent la version officielle des faits selon laquelle Jean-Charles de Menezes, 27, ans avait "reçu des sommations" et avait "refusé d'obéir aux instructions de la police", avant d’être abattu le 21 juillet dans le métro londonien.#

Les documents d'ITV montrent le jeune Brésilien, vêtu d'un léger blouson en jean et entrant calmement dans la station de métro, prenant le temps de ramasser un journal gratuit avant de courir pour attraper une rame de métro. Ces révélations portent un sérieux coup à la stratégie de "tirer pour tuer" adoptée par Scotland Yard au lendemain des attentats du 7 juillet.

_16 août, Londres. "Aucun lien direct n'a encore été établi" entre les attentats du 7 juillet, qui ont fait 56 morts à Londres, et ceux du 21 juillet, qui n'ont pas fait de victime, déclare le ministre de l'intérieur britannique, Charles Clarke. "Il est évident qu'un groupe a opéré le 7 juillet et un autre le 21 juillet. […] L'étendue du soutien dont ils bénéficiaient, leur entraînement, l'implication de personnes extérieures à ces groupes, tout cela doit encore faire l'objet d'investigations. [...] L'étendue exacte des liens internationaux avec les attentats de juillet doit être clarifiée."

_16 août, Washington. La Grande-Bretagne violera le droit international si elle expulse des suspects vers la Jordanie ou d'autres pays comme l'Egypte et l'Algérie, en raison du risque élevé de torture, avertit Human Rights Watch (HRW). "Le Royaume-Uni ne peut pas expulser des suspects en matière de sécurité vers la Jordanie sans violer la législation internationale qui interdit d'envoyer des personnes vers des pays où elles sont exposées à de sérieux risques de torture", affirme l'organisation de défense des droits de l'homme.

[La Jordanie a signé le 10 août un accord de principe avec la Grande-Bretagne permettant d'expulser des ressortissants indésirables des deux pays. Les deux pays sont signataires de la Convention contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui interdit la torture, ainsi que le transfert, le rapatriement ou l'expulsion d'individus vers des pays où ils risquent d'être torturés.]

_11 août, Londres. Dix étrangers, présumés appartenir à la mouvance radicale islamiste, arrêtés pour "menace contre la sécurité nationale". Ils risquent l'expulsion. Abou Qatada, un Palestinien de 44 ans présenté comme le chef spirituel d'Al-Qaida en Europe, figure parmi les personnes interpellées.

[Après l'arrestation d'Abou Qatada, le "Londonistan", fief de l'islam radical, est privé de ses principaux leaders. L'islamiste palestinien, arrêté une première fois en 2002, détenu à Londres à la prison de haute sécurité de Belmarsh, avait été libéré le 11 mars et mis en résidence surveillée. Des cassettes de ses prêches enflammés avaient été retrouvées dans l'appartement de Hambourg occupé par Mohamed Atta, l'un des chefs du commando auteur des attentats du 11 septembre 2001.

Le deuxième leader du "Londonistan", Abou Hamza Al-Masri, Britannique d'origine égyptienne, ancien imam de la mosquée salafiste de Finsbury Park, est à Belmarsh depuis mai, poursuivi pour seize chefs d'inculpation, notamment pour activité terroriste.

Quant au troisième, Omar Bakri, 46 ans, d'origine syrienne et de nationalité libanaise, il a quitté le Royaume-Uni de son plein gré, le 7 août, officiellement pour des vacances au Liban. Source : Le Monde.]

_7 août, Londres. Trois des quatre auteurs présumés des attentats manqués du 21 juillet - Yassin Hassan Omar, Ibrahim Muktar Said et Ramzi Mohammed -, inculpés de complot d'homicide et de tentative d'homicide, des chefs d'inculpation qui peuvent leur valoir une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Trois autres suspects en détention également inculpés pour leur rôle présumé dans la préparation des attaques du 21 juillet.

_7 août, Paris. Le comportement des auteurs des attentats du 7 juillet soulève des interrogations que l'enquête n'a pas encore résolues, relève Marc Roche dans le quotidien Le Monde. "Pourquoi les quatre jeunes gens photographiés par les caméras de télésurveillance de la gare de Luton, le jour des attentats, à 7 h 21, avaient-ils acheté des billets aller-retour ? Dans leur sac à dos, ils avaient laissé des documents, notamment des cartes de crédit, qui ont permis de les identifier.

"La présence dans le parking de leur voiture de location, dont le coffre contenait des explosifs, est également intrigante. La voiture, dont l'emplacement avait été réservé pour sept jours, aurait pu être reprise par un complice. Si tel avait été le cas, pareil plan aurait présenté beaucoup de risques. D'un autre côté, bien intégrés dans la société britannique, ils devaient être conscients de l'omniprésence de la vidéosurveillance dans les gares et stations de métro.

"De surcroît, la police n'a jamais reconnu explicitement qu'il s'agissait bien d'attentats-suicides. […] Une explication parmi d'autres est que les membres de la cellule auraient pu être manipulés pour qu'ils périssent dans l'attentat afin de lui donner davantage de retentissement médiatique ou pour être sûr du résultat. La simultanéité des explosions pourrait appuyer cette thèse".

_3 août, Londres. Ismael Abdurahman, 23 ans, de Kennington (sud de Londres), est inculpé dans l'enquête sur les attentats du 21 juillet. Il lui est reproché d'avoir détenu "entre le 23 et le 28 juillet" des informations qui pouvaient "aider à l'arrestation, la poursuite ou la condamnation d'une autre personne pour perpétration, préparation ou instigation d'un acte terroriste".

Th Sun

La une de The Sun ["Nous tenons les salauds"].


_29 juillet, Londres et Rome. Trois nouveaux auteurs présumés des attentats du 21 juillet arrêtés dans la capitale britannique; la police italienne en interpelle un quatrième. Après ces arrestations, tous les suspects de ces attentats seraient sous les verrous : Ramzi Mohammed, le poseur de bombes de l'attentat contre la station de métro Oval, et Mokhtar Saïd Ibrahim, 27 ans, rejoignent derrière les barreaux un autre suspect, Yacine Hassan Omar, interpellé le 27 juillet à Birmingham.

Un quatrième membre présumé du groupe, Hamdi Adus Isaac (alias Osman Hussain) 27 ans, un Britannique d’origine éthiopienne, d'origine somalienne, est arrêté à Rome - et inculpé "d'association ayant pour finalité le terrorisme international" et détention de faux papiers. Un cinquième homme, Wahbi Mohammed, est appréhendé à Londres.#

_29 juillet, Bruxelles. La Commission européenne annonce la présentation, en décembre 2005, d'un plan pour désamorcer la radicalisation des jeunes musulmans en Europe en renforçant le dialogue avec l'islam modéré. Dans un entretien au Monde, Franco Frattini, commissaire européen à la justice, à la liberté, à la sécurité, déclare que le "but" des Européens "est d'isoler les extrémistes en travaillant avec les tenants de l'islam modéré".

Plus d'info

_27 juillet, Birmingham. Yacine Hassan Omar, Britannique de 24 ans d’origine somalienne, interpellé à Birmingham (centre de l'Angleterre). Il est soupçonné d'avoir tenté de faire exploser une bombe dans la station de métro de Warren Street, au nord de Londres, le 21 juillet. Les trois autres terroristes présumés sont recherchés par la police.

[Au total 12 personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 21 juillet. Par ailleurs, la police britannique a découvert plusieurs bombes dans un véhicule abandonné par les auteurs des attentats du 7 juillet à Londres.]

_25 juillet, Londres. En déplacement à Londres, Dominique de Villepin réaffirme devant Tony Blair la volonté de la France de lutter contre le terrorisme et de proposer des solutions communes dans ce domaine (échanges d’informations, conservation des données, protection des sites vulnérables, identification des sources du terrorisme).

La première mesure et "priorité" annoncée par les deux premiers ministres concerne le développement de la recherche d’informations. Elle passe, selon eux, par un meilleur partage des "informations sensibles [...] qui concernent les djihadistes" en mettant en commun, par exemple, les listes concernant les individus "passés par des camps en Afghanistan, en Iran, en Bosnie" et qui représente une "menace particulière".

_25 juillet, Londres. Deux des quatre hommes, auteurs présumés des attentats manqués du 21 juillet, formellement identifiés par Scotland Yard. Muktar Sahid Ibrahim, 27 ans, serait le kamikaze présumé du bus 26 et Yasin Hassan Omar aurait lui tenté de se faire exploser à la station de métro de Warren Street. Tous les deux, comme les autres suspects non encore identifiés auraient pris le métro à la station Stockwell avant de se disperser. Portés dans des sacs à dos, les explosifs qui ont fait long feu étaient placés dans des conteneurs alimentaires en plastique fabriqués en Inde et vendus dans de nombreux magasins du Royaume-Uni.#

[La découverte le 23 juillet dans le parc de Little Wormwood Scrubs d'un sac abandonné avec une bombe identique à celles utilisées le 21 juillet laisse supposer qu’il y aurait un cinquième homme dans le réseau et vraisemblablement plusieurs autres.]

_23 juillet, New York. Dans une tribune libre intitulée "Ce que nous avons vu à Londres", publiée par le New York Times, le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush, Stephen Hadley, et la conseillère à la sécurité intérieure, Frances Fragos Townsend, présentent leur vision de la "guerre au terrorisme" en la présentant comme une "lutte idéologique", une "guerre des idées" contre un "système totalitaire", associé au nazisme et au communisme.

"Les attentats de Londres ont permis de montrer que nous faisons face à un ennemi déterminé à détruire notre mode de vie et à y substituer la vision fanatique d'une dictature théocratique", ajoutent-ils. "A sa racine, le combat est une lutte idéologique, une guerre des idées qui nous engage tous, fonctionnaires et citoyens privés, quelle que soit notre nationalité".

"Le combat contre le terrorisme demande la force des armes, mais ne sera pas gagné uniquement par les armes", souligne le texte en faisant référence à la Seconde Guerre mondiale "qui n'a pas été terminée avant que le plan Marshall garantisse l'avenir politique démocratique de l'Allemagne".

Dans la lutte contre le communisme, "c'est l'appel supérieur à la liberté des hommes - pas les bombes ni les balles - qui a finalement mené au triomphe de la démocratie", ajoutent les deux responsables américains. "Les amoureux de la liberté doivent se servir de tous les moyens - communications, commerce, éducation - pour soutenir les courageux musulmans qui disent la vérité sur leur fière religion et leur histoire, et empêcher [de parler] ceux qui voudraient la détourner vers le mal", concluent-ils.

_23 juillet, Londres. Une cellule d'Al-Qaida revendique les attentats manqués. Les Brigades Abou Hafs Al-Masri affirment avoir lancé ainsi "un avertissement" aux pays qui " suivent" la politique américaine en Irak. "Nous ne nous calmerons que lorsque toutes les forces infidèles auront quitté l'Irak. Nos prochaines frappes seront un enfer pour les ennemis de Dieu. Nos prochaines paroles s'exprimeront au coeur des pays européens, à Rome, Amsterdam et au Danemark, dont les soldats sont toujours en Irak".

_22 juillet, Londres. La police tue un homme - Jean Charles de Menezes, un électricien brésilien âgé de 27 ans - sur un quai de la station de métro Stockwell, au sud de Londres, dans sa traque contre les terroristes. Scotland Yard affirme que le suspect n’a pas répondu aux sommations. Le "Financial Times" évoque "un virage potentiellement dangereux" pris par les forces de sécurité.

[Le maire de Londres, Ken Livingstone, a entièrement justifié le comportement des policiers qui ont pris le jeune Brésilien pour un kamikaze : "Si vous avez affaire à un kamikaze potentiel, qui peut déclencher des explosifs, la politique qui s'applique est celle du "tirer pour tuer""."Nous comprenons le fléau qui frappe en ce moment la population britannique", a déclaré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim au cours d'une conférence de presse conjointe avec son homologue britannique Jack Straw, le 25 juillet à Londres. "J'ai eu l'occasion de faire part de notre choc. Nous avons toujours insisté sur le fait - et je l'ai encore fait aujourd'hui - que le combat contre le terrorisme doit se faire dans le total respect des droits de l'homme".]#

La police a rendu publiques les photos de 4 hommes soupçonnés d'avoir provoqué les explosions.

Selon la police, l'enquête sur les attentats "progresse très, très vite", grâce notamment à la mine d'indices laissés par les poseurs de bombes. Celle-ci a arrêté, dans le quartier de Stockwell, et dans le cadre d'une perquisition, deux hommes qu'elle soupçonne de "préparation, instigation et accomplissement d'actes de terrorisme". Les photos des terroristes, clairement reconnaissables, ont été diffuées par la police.

_21 juillet, Londres. Quatre "tentatives d'explosion" dans trois stations de métro, ainsi que dans un autobus, sèment la panique à Londres. Le premier ministre, Tony Blair, indique lors d'une conférence de presse que, contrairement aux explosions du 7 juillet qui ont fait 56 morts, celles-ci, "destinées à faire peur à la population", n’ont pas fait de victime (un seul blessé).

-> Libération La stratégie de la peur

The SunLe scénario a été identique. Trois explosions ont été signalées quasi simultanément, aux environs de 12h30, dans le métro à Warren Street (nord), Oval (sud) et Shepherd's Bush (ouest). Un autre "incident" a été rapporté, un peu plus tard, dans un autobus à Hackney Road, dans l'est de Londres. Selon le chef de Scotland Yard, l’intention des auteurs ”devait être de tuer”.]

_20 juillet, Londres. Le ministre britannique de l'Intérieur Charles Clarke annonce devant la Chambre des communes l'établissement d'une liste de "comportements inacceptables" - "prêches, tenue de sites internet, ou encore la rédaction d'articles qui ont pour but de fomenter ou de provoquer le terrorisme" - en liaison avec le terrorisme et précise que les étrangers qui s'en rendront coupables seront expulsés du pays ou interdits de séjour.

Il ajoute :"J'ai revu les pouvoirs du gouvernement en matière d'expulsion [...] et ces pouvoirs doivent être appliqués plus largement et systématiquement, avant que les gens n'arrivent au Royaume-Uni, mais aussi quand ils y sont".#

[S'exprimant également devant les Communes, Tony Blair a annoncé qu'il envisageait de réunir, en septembre, une conférence internationale sur le terrorisme.]

_19 juillet, Paris. ”Nous devons être beaucoup plus sévères à l’endroit de ceux qui embrigadent les jeunes kamikazes”, déclare le ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, dans un entretien au quotidien Libération. Je vais relancer les procédures de déchéance de nationalité à l’égard des imams français qui tiennent des discours violents et intégristes, expulser systématiquement ceux qui ne respectent pas nos valeurs et ne sont pas français. […] Ce sera tolérance zéro.”

_19 juillet, Londres. Lors d'une rencontre avec 25 représentants des musulmans britanniques, Tony Blair exhorte ses interlocuteurs à "affronter cette idéologie du mal [d'Al-Qaida], à lutter contre elle et à la défaire par la force de la raison et du débat".

_19 juillet, Londres. La participation de l'armée britannique à la guerre en Irak a rendu le Royaume-Uni plus vulnérable aux attaques d'Al-Qaida. Telle est la principale conclusion, d'un rapport rédigé par le Royal Institute of International Affairs (RIIA).

Le rapport admet que "la Grande-Bretagne était sur la liste des cibles bien avant l'invasion de l'Irak". Mais, la situation dans ce pays "a imposé des difficultés particulières au Royaume-Uni et à la coalition". "Cela a donné un coup d'accélérateur à la propagande, au recrutement et à la collecte de fonds du réseau Al-Qaida. Cela a […] offert aux terroristes à la fois une cible et un terrain d'entraînement, et a détourné des res sources qui auraient pu être employées à soutenir le gouvernement afghan et à amener Ben Laden devant la justice".

Le rapport critique aussi la grande tolérance de la Grande-Bretagne envers la mouvance islamiste jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001. "Au milieu des années 90, rappelle-t-il, les services de renseignement et la police savaient parfaitement que Londres servait de base à des individus engagés dans la promotion, le financement et la préparation du terrorisme au Moyen-Orient et ailleurs. Néanmoins ces individus n'étaient pas considérés comme une menace pour la sécurité intérieure, on les laissait poursuivre leurs activités avec une relative impunité". Source : Le Monde, 20 juillet 2005.

_16 juillet, Islamabad. L'enquête internationale sur les attentats de Londres se poursuit au Royaume-Uni, au Pakistan, en Egypte et en Israël. Selon des sources de sécurité pakistanaises, trois des quatre kamikazes britanniques d'origine pakistanaise ont séjourné au Pakistan en 2003, 2004 et 2005.

Tony Balair[A Londres, Tony Blair appelle à "une lutte mondiale" contre "l'idéologie du mal" d'Al-Qaida, en demandant que le combat soit mené jusqu'au sein de l'islam. "Ce n'est pas un choc des civilisations , a-t-il déclaré, tous les gens civilisés, musulmans ou autres, ressentent de la révulsion. C'est une bataille des idées, des coeurs et des esprits, tant au sein de l'islam qu'à l'extérieur. Elle doit être remportée pas seulement contre leurs méthodes, mais contre leurs opinions […], pas seulement contre ce q u'ils font, mais contre ce qu'ils pensent".]#

_15 juillet, Le Caire. Arrestation de l'Egyptien Magdi Mahmoud Moustafa Nashar, 33 ans, étudiant en biochimie à Leeds, suspecté d'avoir fourni les explosifs des attentats de Londres. Le suspect nie toute implication dans les attentats.

A Londres, le chef de la police affirme que l'enquête en cours permet d'établir "un lien avec le Pakistan et d'autres pays". Il juge également "fortement possible […] un lien clair avec [le réseau terroriste] Al-Qaida".

A Madrid, le ministre de l'intérieur français, Nicolas Sarkozy, annonce son intention "d'expulser systématiquement les imams présents en France qui tiendraient des prêches radicaux" appelant "à la haine et à l'assassinat".

_14 juillet, Londres. La police britannique annonce avoir identifié le quatrième kamikaze (mort dans l'attentat de Russel Square), Lindsay Germaine, un Britannique d'origine jamaïcaine, qui vivait à Ailesbury, au nord-ouest de Londres.

Les quatre terroristes le matin du 7 juillet à la gare de Luton où ils prendront le train pour Londres.

[Au matin du 7 juillet, il a été rejoint à Luton, au nord de Londres, par les trois autres terroristes - Shehzad Tanweer, Hasib Mir Hussain et Mohammed Sidique Khan - partis de Leeds. Les quatre hommes ont alors gagné Londres par le train. Un cinquième homme, vu sur le quai de la gare de Luton, le matin des attentats, en train de parler aux quatre kamikaze, est recherché.]

_13 juillet, Londres. La police britannique annonce avoir identifié les quatre auteurs présumés des attentats, des kamikazes décédés lors des explosions. C'est la première fois qu'un tel procédé, déjà familier au Proche-Orient et utilisé lors des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, se produit en Europe.

Trois des quatre auteurs de ces attentats-suicides sont des jeunes gens nés et élevés dans la région de Leeds, dans le nord de l'Angleterre - des britanniques appartenant à la communauté pakistanaise. Le Times publie l'identité et l'âge de deux des suspects : Hasib Hussain, 19 ans, et Shezad Tanweer, 17 ans. Ce dernier, diplômé en sport, est décrit comme "un type agréable qui s'entendait avec tout le monde, ayant un sens de l'humour incroyable". le troisième kamikaze, Mohammad Siodique Khan, 30 ans, travaillait comme aide-éducateur dans une école de la banlieue de Leeds.#

_11 juillet, Londres. Selon Sir John Stevens, ancien patron de Scotland Yard, les poseurs de bombe sont "presque certainement nés au Royaume-Uni" et ils ne correspondaient pas "à la caricature de fanatiques d'Al-Qaida venus de quelque village du fond de l'Algérie ou de l'Afghanistan". "J'ai bien peur, ajoute-t-il, qu'il y ait assez de gens dans ce pays désireux de devenir des terroristes islamistes. Ils n'ont pas besoin d'être recrutés à l'étranger. Environ 3'000 personnes nées ou élevées en Grande-Bretagne sont passées par les camps d'entraînement de Ben Laden. Certains ont franchi le pas". Imaginer que les terroristes sont venus de l'étranger, souligne-t-il, "est une illusion dangereuse".

-> La presse saoudienne dénonce le laxisme de Londres

A la Chambre des communes, Tony Blair promet que la police mènera une traque "intense et vigoureuse" contre les terroristes : "Nous allons poursuivre les responsables de ce carnage épouvantable - pas seulement les auteurs mais aussi les planificateurs - où qu'ils se trouvent et nous continuerons jusqu'à ce qu'ils aient été identifiés et, si cela est possible, livrés à la justice". Le Royaume-Uni, ajoute le premier ministre "ne sera pas vaincu par le terrorisme", "les terroristes peuvent tuer, mais ils ne détruiront jamais le mode de vie que nous partageons et chérissons".

[Tony Blair s'est dit "fier" de la communauté musulmane de Grande-Bretagne : "Nous étions fiers de [sa] contribution avant [le 7 juillet], nous en restons fiers aujourd'hui. Nous travaillerons avec [cette communauté] pour que la vraie voix modérée de l'islam soit entendue comme elle doit l'être".]

Dans un entretien au quotidien Le Monde, Christophe Chabout, chef de l'unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) estime que "la guerre en Irak a relancé la logique du combat total contre l'Occident". Selon lui, Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef d'Al-Qaida en Irak, "devient un modèle pour les djihadistes qui rêvent de faire en Europe ce qui accomplit en Irak".

-> Le Monde Kamikazes maison

_7 juillet, Londres. 8h47 : trois bombes explosent quasi simultanément dans le métro de Londres, touchant un train de la Circle Line entre Aldgate et Liverpool Street, puis un second à la station d'Edgware, enfin un troisième sur la Piccadilly Line entre King's Cross et Russell Square. A 9h47, une quatrième bombe explose dans un bus à deux étages à Tavistock Square.#

["Ce n'est pas une attaque contre une nation, mais contre toutes les nations et le monde civilisé", a déclaré Tony Blair. Face à un acte "barbare", le premier ministre anglais oppose les "valeurs" de la société anglaise. "Notre détermination à défendre nos valeurs et notre "way of life" est plus grande que [la] détermination [des terroristes] à engendrer mort et destruction pour des gens innocents, dans leur désir d'imposer l'extrémisme au monde". Il a ajouté : "Nous sommes unis dans notre détermination à affronter et défaire le terrorisme. […] Tous nos pays ont souffert de l'impact du terrorisme, leurs responsables n'ont aucun respect pour la vie humaine. Nous ne permettrons pas à la violence de changer nos sociétés et nos valeurs".
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Un groupe affirmant s'appeler l'Organisation Al-Qaida pour l'Europe a revendiqué les attentats via Internet. Ces attentats meurtriers interviennent au lendemain de la décision du Comité olympique international (CIO) d'attribuer à la capitale britannique l'organisation des Jeux olympiques de 2012 - et alors que le sommet des pays du G8, réuni à Gleneagles (Ecosse) commençait ses travaux sous la présidence de Tony Blair. Dans une déclaration commune, les membres du G8 ont condamné "sans réserve les attentats barbares" de Londres.]



 DANS LE MONDE... 

Drapeau Belgique_23 décembre, Bruxelles. Les sénateurs belges adoptent, trois jours après les députés belges, une loi destinée à renforcer la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité.

Présentée par la ministre de la Justice Laurette Onkelinx, le texte crée des postes de juges antiterroristes spécialisés qui pourront agir à l'échelle du royaume. Il permet la constitution de dossiers confidentiels ("limités", affirme l'auteur) sur certains suspects, et légalise, pour des policiers spécialement formés, des "méthodes particulières de recherche", comme le recours aux indicateurs, les infiltrations, les surveillances "discrètes" de lieux privés (à l'exception du domicile), la pose de balises, etc. Ces perquisitions et ces fouilles, de jour comme de nuit, pourront se faire à l'insu des personnes visées.

[La loi adoptée par les parlementaires belges été dénoncé comme "liberticide" par la Ligue des droits de l'homme belge, qui accuse la ministre (socialiste) de s'être transformée en "vassale des services de police". Des associations de journalistes et d'éditeurs de journaux ont protesté contre son adoption - la loi remet en cause, selon eux, le principe de la protection du secret des sources, pourtant inscrit dans la législation belge.

Avocate, Laurette Onkelinx estime que son texte constitue le meilleur équilibre entre les nécessités de la répression et la protection des libertés. "Ce n'est pas une question de choix, mais de nécessité face à des organisations utilisant des méthodes d'une violence inouïe", a-t-elle déclaré. Elle a dénoncé les "démocrates de façade", qui, a-t-elle dit, feignent d'ignorer que certains services utilisent déjà des "méthodes particulières" d'enquête. Elle a également affirmé qu'il fallait avoir le courage de dire aux policiers "ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire".]

Drapeau France_22 décembre, Paris. Le Parlement adopte jeudi un projet de loi contre le terrorisme qui complète l'arsenal juridique français concernant la prévention et la répression d'actes terroristes.

Le texte autorise le développement de la vidéosurveillance (dans les transports en commun, aux abords des gares et des aéroports et dans différents lieux accueillant du public, en particulier les commerces et les lieux de culte), des contrôles administratifs et prévoit une aggravation des sanctions pénales pour actes de terrorisme (30 ans - au lieu de 20 - pour les commanditaires, 20 ans - au lieu de 10 - pour participation à des associations de malfaiteurs terroristes). La durée maximale de garde-à-vue est portée de quatre à six jours.

Drapeau US_21 décembre, Washington. Le Sénat américain prolonge de six mois le Patriot Act, la loi qui fonde la législation antiterroriste depuis le 11 septembre 2001 et devait expirer à la fin de l'année.

"C'est une solution de bon sens qui donne au Sénat plus de temps pour dégager un texte de consensus destiné à promouvoir notre sécurité tout en préservant notre liberté", a souligné Patrick Leahy, membre démocrate de la commission des lois du Sénat.#

[La mise en place du Patriot Act, au lendemain des attentats du 11-Septembre, avait été largement mise en cause par les défenseurs des libertés publiques et par plusieurs personnalités comme le réalisateur Michael Moore ou le révérend Jesse Jackson.]

_18 décembre, Amman. Le chef de la branche irakienne d'Al-Qaïda, le Jordanien Abou Moussa Al-Zarkaoui, condamné à mort par contumace, pour la deuxième fois par la Cour de sûreté de l'Etat. Il est accusé d'avoir préparé un attentat en décembre 2004 à la frontière jordano-irakienne.

Drapeau France_29 novembre, Paris. Le projet de loi sur la lutte antiterroriste adopté à l'Assemblée nationale par 373 voix (UMP et UDF) contre 27 (PCF et Verts). Le Parti socialiste s'abstient, certains députés jugeant ”dangereuses” pour les libertés l'extension de la garde à vue ou le contrôle renforcé des déplacements des particuliers.

_1er décembre, Islamabad. L'un des chefs opérationnels du groupe terroriste Al Qaïda, Hamza Rabia, tué dans le Waziristan, zone pakistanaise tribale frontalière de l'Afghanistan. L'Egyptien dirigeait le "ministère des affaires étrangères" d'Al Qaïda.

_1er décembre, Paris. Dix ans après les attentats dans les stations de métro parisiennes de Saint-Michel, du Musée d'Orsay et de Maison Blanche (8 morts et 200 blessés), l'islamiste algérien Rachid Ramda, 35 ans, soupçonné d'avoir participé à leur financement, déféré au parquet de Paris puis incarcéré.

[Rachid Ramda, parfois présenté comme l'un des principaux dirigeants du GIA algérien (Groupe islamique armé) en Europe, a été extradé de Grande-Bretagne au terme d'une bataille judiciaire de dix ans. Il est sous le coup de quatre mandats d'arrêt français : l'un, correctionnel, pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", les trois autres, criminels, pour sa participation aux trois attentats de 1995. Il a également été condamné à mort en 1993 par contumace en Algérie, pour un attentat contre l'aéroport d'Alger qui avait fait 9 morts et 123 blessés.]

_1 décembre, New York. Kofi Annan se déclare "déçu" d'apprendre que la Sixième Commission de l'Assemblée générale, chargée des affaires juridiques, n'a pas été en mesure de parvenir à un accord sur un projet de convention générale sur le terrorisme international, comme convenu lors du sommet des chefs d'Etat de septembre 2005.

[Le 17 novembre, Jean Elliason, président de l'Assemblée générale, avait affirmé que les Etats membres étaient "très près" d'un accord sur l'adoption d'une convention. Les négociations achoppent sur la question de "la référence aux principes de base du droit international et, plus particulièrement, sur le droit à l'autodétermination et le droit de résister à l'occupation", avait-il cependant regretté (voir notre dépêche du 17 novembre 2005).

Dans le document final du sommet de septembre, les chefs d'Etat avaient condamné pour la première fois "tous les actes de terrorisme, quels qu'en soient les motifs, où qu'ils soient commis et quels qu'en soient les auteurs" et s'étaient engagés à conclure, au cours de la 60e session de l'Assemblée, une Convention générale relative au terrorisme international. Ils n'étaient en revanche pas parvenus à se mettre d'accord sur une définition commune du terrorisme comme le suggérait le secrétaire général des Nations unies dans son rapport "Une plus grande liberté".]#

Swiss flag_24 novembre, Berne. Le Conseil fédéral (exécutif suisse) prolonge de trois ans l'ordonnance interdisant le groupe terroriste Al-Qaïda et ses organisations apparentées. L'interdiction est valable jusqu'à fin 2008. Elle avait été prononcée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

Plus d'info

Drapeau US_11 novembre, Tobyhanna (Pennsylvanie). S'adressant à un auditoire composé de militaires et d'anciens combattants, George Bush condamne l'idéologie du terrorisme et présente une stratégie destinée à la vaincre, affirmant que l'avenir appartient aux peuples libres "car les peuples libres croient en l'avenir".

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_9 novembre, Londres. Par 322 voix (dont une quarantaine de travaillistes) contre 291, les députés britanniques rejettent un projet de loi qui visait à allonger de 14 à 90 jours la durée de la garde à vue pour des personnes soupçonnées de terrorisme. Une majorité identique a préféré opter pour un allongement à 28 jours.

[Le débat entre le nécessaire renforcement de la sécurité et la conciliation avec les libertés resurgit dans toutes les démocraties - et cela a été le cas en France - dès qu'un gouvernement cherche à combattre plus efficacement le terrorisme, écrit le quotidien Le Monde, dans son éditorial du 11 novembre 2005. Mais M. Blair s'est entêté sur un projet qui mettait à mal les tables de la loi. Secoué par son échec, le premier ministre britannique a manifesté son incompréhension d'un raisonnement consistant à dire que "les libertés civiles d'un petit nombre de suspects de terrorisme passent avant la liberté civique fondamentale d'être protégé du terrorisme". M. Blair est allé plus loin encore dans son courroux, en jugeant que le Parlement "s'est comporté de manière profondément irresponsable". "Les députés représentent le peuple, mais, en l'occurrence, a-t-il ajouté, ils auraient dû l'écouter un peu plus".]

Drapeau US_ 28 octobre, Norfolk (Virginie). S'adressant à un auditoire de militaires, George Bush rappelle les grandes lignes de la stratégie antiterroriste des Etats-Unis, "qui ne reculeront pas devant leur mission qui est de vaincre les terroristes qui cherchent à établir un empire totalitaire où toute liberté politique et religieuse est refusée".

George Bush [L'idéologie qui pousse les terroristes à tuer sans discernement est claire et bien définie, a expliqué le président américain. "Certains la qualifient de radicalisme islamique, d'autres de militantisme djihadiste, et d'autres, de fascisme islamique. Quel que soit le nom qu'on lui donne, cette idéologie se démarque très nettement de l'islam en tant que religion. Cette forme de radicalisme exploite l'islam pour servir une vision violente et politique", a-t-il souligné.
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Et, s'ils obtenaient le pouvoir économique, militaire et politique accru qu'ils convoitent, les terroristes seraient en mesure d'atteindre leurs objectifs, à savoir :- mettre au point des armes de destruction massive; - anéantir Israël; - intimider l'Europe; - attaquer le peuple américain; - et, par le chantage, acculer le gouvernement des Etats-unis à l'isolationnisme.

"La détermination de notre ennemi est immuable [...] Le monde civilisé n'ignore pas que d'autres fanatiques, durant l'histoire, d'Hitler à Staline en passant par Pol Pot, ont ravagé des pays entiers dans la guerre et le génocide avant de quitter la scène de l'histoire", a rappelé George Bush, soulignant que les Etats-Unis n'étaient pas les instigateurs de cette lutte à l'échelle mondiale. Source : Département d'Etat, octobre 2005.]

Drapeau France _26 octobre, Paris. Renforcement de la vidéosurveillance, consultation facilitée des fichiers informatiques par les policiers, durcissement des peines : tels sont les principaux points du projet de loi antiterroriste que le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a présenté en conseil des ministres. Ce projet sera débattu en urgence à l'Assemblée nationale "à partir du 22 novembre" afin d'être adopté "pour la fin de l'année".

"A l'heure où la menace terroriste pèse sur la France, l'intérêt national commande de mieux assurer le droit à la sûreté, dans le respect des libertés", est-il indiqué dans l'exposé des motifs du texte. Une des mesures phares concerne le renforcement des peines de prison encourues : trente ans au lieu de vingt pour les dirigeants d'une "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" qui vise à commettre un crime d'atteinte aux personnes, et vingt ans - au lieu de dix - pour ceux qui facilitent ce projet, autrement dit les "petites mains".

Plus d'info Le projet du gouvernement

[Saisie par le gouvernement, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a rendu, le 10 octobre 2005, un avis négatif sur le projet. Dans cet avis, elle exprime sa préoccupation à l'égard de certaines de ses dispositions qui touchent à la protection de la vie privée et aux libertés individuelles et demande qu'un meilleur équilibre soit recherché entre les impératifs de la sécurité et le respect de ces valeurs fondamentales de la démocratie.

Plus d'info L'avis du CNIL

_1er octobre, Bali [Indonésie]. Trois ans après les attaques d'octobre 2002, Bali est de nouveau la cible d'attentats à la bombe. Trois explosions ont lieu, à quelques minutes d'intervalle, dans les stations balnéaires de Djimbaran et de Kuta. Au moins 26 personnes (dont quatre étrangers) sont tuées et plus d'une centaine blessées. De nombreux Indonésiens sont au nombre des victimes. Les enquêteurs privilégient la thèse d'attentats-suicides.#

_26 septembre, Bagdad. Le numéro deux présumé d'Al-Qaida en Irak, Abou Azzam, a été tué lors d’une opération conjointe irako-américaine à Bagdad, affirment les autorités irakiennes.

[Selon le général Myers, chef d'état-major interarmées américain en Irak, "plus de 600" dirigeants du réseau Al-Qaida ont été capturés depuis les attentats du 11 septembre 2001. "Les responsables de l'époque du 11-Septembre ont tous été arrêtés à l'exception de Ben Laden, Zawahiri et Zarkaoui".]

_26 septembre, Madrid. L'Audience nationale, la plus haute instance judiciaire espagnole, condamne à 27 ans de prison Imad Eddine Barakat Yarkas, chef d'Al-Qaïda en Espagne, reconnu coupable de conspiration avec les auteurs des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Yarkas, d'origine syrienne, était accusé d’avoir organisé en juillet 2001, avec deux complices, le Marocain Driss Chebli (condamné à six ans de prison) et le Syrien Ghasoub al Asbrash Ghalyoun (acquitté), une réunion au cours de laquelle les attentats du 11 septembre auraient été préparés.

_14 septembre, Londres. Le ministre de l'intérieur, Charles Clarke, déclare que le gouvernement envisage de porter à 3 mois - contre 15 jours actuellement - la durée maximale de la garde à vue en matière de terrorisme. Pendant cette période, les suspects pourront être détenus sans être inculpés. Le maintien en détention devrait être approuvé chaque semaine par un juge.

Le délai de trois mois n'interviendrait, selon le ministre, que dans des cas "très rares". Actuellement, la légitimité de la garde à vue est contrôlée par un magistrat tous les cinq jours. Amnesty International craint des abus tels que cette mesure "constituerait un internement qui ne dirait pas son nom".

Plus d'info Le projet de loi sur la lutte antiterroriste

[L'extension de la garde à vue est l'une des mesures contenues dans le projet de loi antiterroriste rendu public par Charles Clarke et qui sera soumis au Parlement en octobre. Le texte prévoit de punir la préparation d'attentats de la prison à vie, l'incitation "indirecte" à de tels actes de sept ans de détention, et de dix ans l'entraînement au terrorisme. Il envisage, en outre, de réprimer la "glorification" du terrorisme et la "propagation" de publications terroristes et pourrait autoriser les tribunaux à examiner comme preuves le contenu d'écoutes téléphoniques.]

_14 septembre, New York, Dans une résolution adoptée à l'unanimité de ses membres réunis, fait exceptionnel, au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, le Conseil de sécurité des Nations unies condamne "avec la plus grande fermeté tous les actes de terrorisme, quels qu'en soient les motifs, où qu'ils soient commis et quels qu'en soient les auteurs".#

Plus d'info La résolution du Conseil de sécurité

_11 septembre, Paris. Quatre ans après les attentats du 11 septembre 2001 à New York et à Washington, qui ont fait basculer le monde dans l’ère de la menace terroriste, le bilan de la lutte contre le réseau Al-Qaida et ses alliés est mitigée, écrit le quotidien Le Monde.

"Oussama Ben Laden est en liberté. Par ailleurs, le nombre d'attentats a triplé en 2004, du moins si l'on y inclut les actions menées en Irak : 198 des 655 attentats recensés dans le monde [en 2004] ont été commis dans ce pays. La menace d'autres attaques semble présente un peu partout, du Golfe persique à l'Asie, de l'Europe à l'Afrique, et divers services de renseignement redoutent que des groupes djihadistes ne recourent, pour la première fois, à des armes "sales". Enfin, si, de l'avis unanime, le noyau dur d'Al-Qaida a été détruit grâce, notamment, aux actions menées en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, l'idéologie du terrorisme islamiste international serait, elle, en train de se répandre".

Drapeau US_24 août, Etat de l’Idaho. Devant des membres de la Garde nationale, George Bush donne les grandes lignes de sa politique de lutte contre le terrorisme. Le président américain affirme que les États-Unis resteraient "sur l'offensive" dans la guerre contre le terrorisme et qu'ils ne reviendraient pas sur leur décision de poursuivre ce qu'il a appelé une "sorte de guerre différente" à l'aide de la puissance militaire, de la puissance diplomatique, des services de renseignement et des services de police.

Plus d'info Le discours de George Bush

_24 août, Londres. Les autorités britanniques présentent les nouvelles "règles du jeu" contre le terrorisme promises par Tony Blair, dressant la liste des "comportements inacceptables au Royaume-Uni " qui pourront conduire à l'expulsion des imams extrémistes et autres figures de proue du "Londonistan", la mouvance islamiste radicale installée à Londres.

La liste comprend notamment le fait de "fomenter, justifier ou glorifier la violence terroriste", de "chercher à provoquer des actes terroristes" ou de "fomenter la haine pouvant mener à des violences entre les différentes communautés au Royaume-Uni".

_23 août. Le groupe du terroriste jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef de l'organisation Al-Qaida en Irak, revendique les tirs de roquettes katioucha qui ont visé le 19 août le port d'Akaba, dans le sud de la Jordanie, et la station balnéaire d'Eilat, à la pointe sud d'Israël.#

"Vos frères de la branche militaire de l'organisation d'Al-Qaida en Mésopotamie ont planifié la conquête d'Akaba depuis longtemps", indique un communiqué publié sur le site Internet du groupe. Il y est précisé que les objectifs visés étaient "les bâtiments des forces croisées américaines mouillant dans le port d'Akaba et Eilat", que les auteurs de l'attaque "sont revenus sains et saufs" et que c'est "la direction de l'organisation" qui a supervisé l'opération. Le groupe promet de "continuer à frapper les bases de l'infidélité et de l'apostasie".

_20 août, Cologne. Lors d'une rencontre avec des représentants de la communauté musulmane d'Allemagne, en marge des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), Benoît XVI souligne la nécessité de lutter en commun contre le "terrorisme", notamment en éduquant les jeunes générations.

"Je suis certain que je fais écho à vos propres pensées lorsque je fais de la propagation du terrorisme l'une de nos préoccupations", déclare le pape, ajoutant : "Vous guidez les fidèles musulmans et vous les élevez dans la foi islamique. L'enseignement est le véhicule par lequel les idées et les convictions sont transmises. Les mots ont donc une haute influence sur la formation de l'esprit". Evoquant les croisades du Moyen Age, il souhaite que les chrétiens et les musulmans tirent les leçons de ces "atrocités commises au nom de Dieu".]

_19 août, Hambourg. Le Marocain Mounir Al-Motassadeq, 31 ans, soupçonné avoir "appartenu" à un groupe terroriste ayant commis les attentats du 11 septembre 2001à New York, condamné à 7 ans de prison. Le tribunal de Hambourg le reconnaît coupable de terrorisme, mais n'établit pas de lien direct avec les attentats.

[C'est à Hambourg que Mounir Al-Motassadeq avait côtoyé l'Egyptien Mohammed Atta, le chef des commandos-suicides, et deux autres pilotes des avions qui s'étaient écrasés contre des bâtiments américains. En février 2003, les magistrats l'avaient reconnu coupable de "complicité" des attentats et condamné à 15 ansde prison. Ce verdict avait été cassé en mars 2004 par la Cour fédérale de justice de Karlsruhe.]

_17 août, Ryad. L'un des chefs du réseau terroriste Al-Qaïda, Saleh Al-Oufi, abattu par la police saoudienne à la suite de raids menés à Médine et à Ryad par les forces de sécurité du pays.

_5 août, Londres. ”Personne ne doit douter du fait que les règles du jeu ont changé", déclare Tony Blair, qui présente une série de mesures pour lutter contre le terrorisme. Le premier ministre annonce l'interdiction de séjour en Grande-Bretagne aux extrémistes musulmans professant la violence. D'autre part, quiconque sera impliqué dans des activités terroristes se verra refuser le droit d'asile en Grande-Bretagne. Ces décisions font partie d'un train d'une dizaine de mesures, dont certaines seront présentées au Parlement à l'automne.#

Tony Blair envisage également de modifier la loi sur les droits de l'homme, qui tient compte de la Convention européenne des droits de l'homme, afin de faciliter l'expulsion de ceux qui incitent au terrorisme. "Les circonstances [entourant] notre sécurité nationale ont à présent changé de façon évidente, et nous pensons que nous pouvons obtenir les assurances nécessaires des pays vers lesquels ces personnes seront renvoyées […], assurances selon lesquelles elles ne seront pas sujettes à la torture ou à de mauvais traitements".

Plus d'info Les mesures proposées par Tony Blair

_4 août, Los Angeles. "La guerre des idées est au cœur de la guerre contre le terrorisme, un conflit entre l’idéologie totalitaire des extrémistes et la vision des sociétés libres", déclare le ministre américain de la défense Donald Rumsfeld. Cette "guerre globale", qui s’intitule désormais "guerre contre l’extrémisme violent", nécessite des réponses militaire, diplomatique et économique. "Mais ne vous y trompez pas : c’est une guerre".

_4 août, Qatar. Le numéro deux du réseau terroriste Al-Qaida, Ayman Al-Zawahiri, menace les Etats-Unis de "catastrophes pires que ce qu'ils ont connu au Vietnam", et la Grande-Bretagne de "davantage de destructions" dans une vidéo diffusée par la chaîne qatari Al-Jazira.

"Les pertes en Afghanistan et en Irak ne sont que des premières pertes, et si vous vous obstinez dans cette même politique d'agression contre les musulmans, vous verrez des catastrophes pires que celles que vous avez connues au Vietnam", menace Al-Zawahiri.

_4 août, Paris. La guerre contre le terrorisme vient de changer de nom, relève Eric Leser dans le quotidien Le Monde. "Elle s'appelle désormais "global struggle against violent extremism" (combat mondial contre l'extrémisme violent). Aveu d'impuissance ou changement de stratégie afin de ne plus négliger la dimension politique et idéologique du conflit ? Les deux. La réponse militaire aux attaques du 11 septembre 2001 a donné des résultats indéniables, mais n'a pas affaibli les partisans de la guerre sainte".

Eric Leser note que, "depuis quatre ans, la menace n'a pas diminué et s'est même accrue. Selon le tout nouveau Centre national contre le terrorisme des Etats-Unis, le nombre d'attentats a triplé en 2004, s'élevant à 655 (contre 175 en 2003), tuant 1'907 personnes et en blessant plus de 7'000. Ces données comprennent le massacre des enfants de Beslan en Ossétie et les attentats de la gare d'Atocha à Madrid. Il y a eu 198 attaques terroristes comptabilisées en Irak, neuf fois plus qu'en 2003".#

[La traque contre le réseau terroriste Al-Qaida s'est traduite par la mort ou la capture de milliers de ses membres. Les deux tiers environ des dirigeants du réseau ont été capturés ou tués "à la suite d'une des plus importantes chasses à l'homme de l'histoire".

Les plus connus d'entre eux sont Ramzi Benalshibh, appréhendé en septembre 2002, puis Abdel Rahim Al-Nashiri (octobre 2002), Abou Zubaida (novembre 2002), Khaled Cheikh Mohammed (mars 2003) et Riduan Isammundin, dit Hambali (août 2003).

D'autres ont été éliminés, à l'image de Qaed Senyan Al-Harthi au Yémen, en novembre 2002, ou Mohammed Atef en Afghanistan, en décembre 2001.]#

ONU_29 juillet, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité approuvé, à l'unanimité, une résolution américaine élargissant les sanctions imposées à Al-Qaida et aux talibans, aux individus et entités qui leur sont affiliés. A l'heure actuelle, la liste inclut 143 individus et entités associés aux talibans, ainsi que 182 individus et 117 entités (ONG, sociétés et associations) liés à Al-Qaida.

Les 191 Etats membres des Nations unies sont désormais tenus de bloquer les avoirs, d'empêcher l'entrée sur leur territoire - ou le transit par leur territoire -, la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects d'armes et de matériel militaire aux individus et entités figurant sur la liste.

Plus d'info La résolution du Conseil de sécurité

[Le Conseil de sécurité a imposé des sanctions aux talibans en novembre 1999 après leur refus d'extrader le chef d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden, alors en Afghanistan, vers les Etats-Unis ou vers un autre pays afin qu'il y soit jugé pour activités terroristes, en relation avec les attentats antiaméricains de 1998 en Tanzanie et au Kenya. Ces sanctions ont ensuite été élargies à Al-Qaida.]

_28 juillet, Belfast. Après des décennies de violence et de terrorisme, L'Armée républicaine irlandaise (IRA) annonce qu'elle renonce à la lutte armée. "La direction de l'IRA a ordonné formellement de mettre fin à la lutte armée. [] Toutes les unités de l'IRA ont reçu ordre de déposer les armes", indique un communiqué du mouvement clandestin irlandais, qui demande à ses militants de poursuivre l'objectif de la réunification de l'Irlande et de la fin de l'autorité britannique sur l'Irlande du Nord par des moyens uniquement politiques : "Les volontaires ont reçu instruction de contribuer au développement d'un programme purement politique et démocratique par des moyens exclusivement pacifiques".

Du début des années 1970 à 2005, le combat mené par l'IRA pour chasser les Britanniques d'Irlande du Nord, l'Ulster, et réunir l'île, a fait plus de 3'600 morts, dont une moitié imputable à l'IRA.. Cette annonce survient onze ans après le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par l'IRA et huit ans après l'arrêt de ses opérations militaires. #

-> Libération Horizon dégagé

[Cette décision historique de l'IRA, qui observe un cessez-le-feu depuis 1997, doit entraîner la mise en sommeil de l'ensemble de son appareil paramilitaire. Gerry Adams, le chef du Sinn Fein, l'aile politique de l'IRA, avait appelé, le 6 avril, à Belfast, l'IRA à faire taire ses armes de façon définitive. Selon lui, la lutte pour l'unification politique de l'île pouvait "désormais être menée par d'autres moyens". "Par le passé, avait-il expliqué, j'ai défendu le droit de l'IRA à avoir recours à la lutte armée, je l'ai fait parce qu'il n'y avait aucune autre solution pour ceux qui refusaient d'être mis à genoux. [...] Maintenant, il y a une solution", avait-il encore souligné, faisant allusion au processus de paix.

Le premier ministre britannique Tony Blair a salué "un pas d'une ampleur sans précédent [...] Nous avons aujourd'hui l'espoir de voir un avenir en Irlande du Nord où la violence sera bannie pour toujours". Le Premier Ministre irlandais, Bertie Ahern, a proclamé, de Dublin : "La guerre est finie, la lutte armée de l'IRA est finie, le paramilitarisme est fini, et je crois que nous pouvons désormais compter sur un avenir de paix et de prospérité fondé sur la réconciliation et la confiance mutuelle".

Gerry Adams, le président de Sinn Féin, la branche politique de l'IRA, et dirigeant historique de la lutte républicaine, a confirmé que la déclaration de l'IRA signifie bien que les membres de l'organisation armée "s'engagent dorénavant à utiliser exclusivement des méthodes pacifiques et démocratiques". S'adressant directement aux "Volontaires" (combattants) de l'organisation, il a ajouté que "la lutte de libération nationale connaît différentes phases. Il y a un temps pour la lutte, un temps pour la guerre, mais également un temps pour mettre la guerre derrière nous : aujourd'hui est venu le moment de le faire".]

_27 juillet, Londres. Les premiers ministres anglais et espagnol, Tony Blair et José Luis Rodriguez Zapatero, prônent la création d’une ”alliance des civilisations” destinée à réunir occidentaux et musulmans contre ”la barbarie du terrorisme”. ”Ce terme ”alliance des civilisations”, explique Tony Blair, est en opposition directe avec l’idée que nous sommes dans un ”choc des civilisations”. Ce sont les terroristes qui veulent attiser ces différences entre l’islam et le reste du monde”.

_27 juillet, Moscou. "Les explosions récentes à Londres, les attentats en Irak, Turquie, Israël, ceux qui viennent de frapper l'Egypte, les crimes contre les représentants du pouvoir en Tchétchénie et au Daguestan en Russie montrent que le terrorisme reste l'une des menaces principales dans le monde", déclaré Vladimir Poutine.#

Concernant la Tchétchénie, le président russe affirme que "130 rebelles ont été neutralisés au cours des six premiers mois de 2005". "Mais, ajoute-t-il, les terroristes poursuivent leurs tentatives pour empêcher la normalisation en Tchétchénie et faire exploser l'équilibre de paix qui s'est instauré dans le Caucase de Nord".

_27 juillet, Londres. Le gouvernement anglais souhaite allonger la durée de garde à vue des suspects de terrorisme. Pour le premier ministre Tony Blair, il est "tout à fait raisonnable" d'allonger les périodes de détention dans les affaires de terrorisme. "Nous devons bien sûr nous interroger sur la durée et sur les implications judiciaires et faire très attention sur ce sujet. Mais, les gens attendent légitimement de nous que nous prenions les mesures nécessaires pour améliorer leur sécurité".

Drapeau France_26 juillet, Paris. La France va renforcer son arsenal antiterroriste. Les autorités préparent un projet de loi qui devrait être "prêt d'ici à la fin août pour pouvoir être discuté dès la rentrée" parlementaire en vue d'une adoption "avant Noël". Le ministère de l'intérieur assure que le projet respectera un "équilibre très rigoureux entre les nécessités de la lutte antiterroriste d'une part, et les libertés individuelles et les droits des personnes d'autre part". "Il n'est pas question d'empiéter sur la vie privée", ajoute-t-on.

[Le projet de loi devrait prévoir le renforcement de la vidéosurveillance dans les transports publics, le stockage des "données de connexions" téléphoniques et faciliter les contrôles d'identité des passagers dans les trains internationaux et les avions.]

_26 juillet, Amsterdam. Réclusion à perpétuité pour Mohammed Bouyeri, un islamiste maroco-néerlandais reconnu coupable de l'assassinat du cinéaste néerlandais Theo van Gogh dans un but terroriste.

["L'attentat terroriste contre Theo van Gogh a provoqué au sein de la société néerlandaise de graves sentiments de peur et d'insécurité", a déclaré le président du tribunal Udo Willem Bentinck. "L'accusé a juré lors du procès qu'il referait la même chose s'il était libéré [...] il n'y a donc qu'une seule peine adaptée à ce crime, la prison a vie", a ajouté le juge.]

_25 juillet, New York [Nations unies]. Kofi Annan estime "acceptable" la définition du terrorisme proposée par le président de l'Assemblée générale des Nations unies, Jean Ping, bien qu'elle soit un peu moins forte que celle qu'il avait proposée, et engagé les Etats membres à l'adopter lors du Sommet de septembre 2005.#

"Ce qui s'est produit ces dernières semaines, de Londres à Charm el-Cheikh et ailleurs, nous donne une raison supplémentaire de parvenir à une définition du terrorisme qui puisse satisfaire tout le monde", déclare le secrétaire général des Nations unies. "Les terroristes sont reconnaissables à leurs actions. Une simple et claire déclaration pourrait apporter un peu de clarté morale".

Plus d'info

_23 juillet, Charm El-Cheikh (Egypte). Une série d’attentats à la voiture piégée provoquent un véritable carnage, dans la nuit du 22 au 23 juillet, dans la station balnéaire de Charm El-Cheikh, sur la Mer Rouge, provoquant la mort d'au moins 88 personnes (dont huit ressortissants étrangers) et en blessant 150, dont 120 très grièvement. Ces attaques rappellent les pratiques de guérilla en Irak.

L'attentat le plus meurtrier est celui commis à l'Hôtel Ghazala Garden. "Une voiture piégée a forcé l'entrée de l'établissement et s'est encastrée dans la réception. Un employé de l'hôtel a tenté de la stopper. Puis il y a eu une énorme explosion", a raconté un employé de l'hôtel.

[Ces attentats sont les plus meurtriers en Egypte depuis le massacre de Louxor en 1997 qui avait fait 62 morts. Ils surviennent en pleine saison estivale dans cette station très fréquentée par des touristes. Selon les autorités égyptiennes, leurs auteurs pourraient avoir des liens avec ceux qui avaient perpétré les attaques à Taba, toujours dans le Sinaï, en octobre 2004, et ayant fait 34 morts, en majorité des Israéliens.

Un groupe lié au réseau terroriste Al-Qaida, "le groupe Al-Qaida au pays du Levant et en Egypte", a revendiqué les attentats dans un communiqué publié par un site islamiste.]

_16 juillet [réseau Internet]. L'un des groupes du réseau Al-Qaida ayant revendiqué les attentats du 7 juillet à Londres donne, via Internet, un mois aux nations européennes présentes en Irak pour en retirer leurs troupes, sous peine de lancer de nouveaux attentats en Europe.

"C'est un message que nous adressons aux Croisés qui sont toujours présents en Irak : le Danemark, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l'Italie et les autres pays dont les soldats continuent de sillonner le territoire irakien", indique le texte des Brigades Abou Hafs al-Masri - Qaida/Djihad - Division Europe. A l'expiration de l'ultimatum, "les moudjahidines, qui sont aux aguets, auront d'autres mots à dire dans vos capitales", avertissent les auteurs du texte. "Les attaques dirigées contre des villes européennes relèvent de la légitime défense et constituent une réponse à l'humiliation et à la honte dont souffre la nation islamique, du Golfe au Maghreb", ajoute le communiqué.#

[Les Brigades Abou Hafs al-Masri (du nom d'un chef d'Al-Qaida qui avait mené les opérations militaires de l'organisation jusqu'à sa mort en octobre 2001, au cours de la guerre en Afghanistan) avaient aussi revendiqué les attentats à la bombe du 11 mars 2004 à Madrid (191 morts), ainsi que le double attentat d'Istanbul en novembre 2003 (63 morts).]

_14 juillet, Bagdad. L'armée américaine annonce l'arrestation d'un membre important du réseau terroriste Al-Qaida en Irak, Khamis Farhan Khalaf Abed Al-Fahdawi, alias Abou Saba, soupçonné du meurtre du chargé d'affaires égyptien, Ihab Al-Chérifet, ainsi que d'attaques contre des diplomates.

[Le chargé d'affaires égyptien avait été enlevé le 2 juillet par des hommes armés à Bagdad avant d'être assassiné quelques jours plus tard. Le groupe d'Abou Moussab Al-Zarkaoui, chef d'Al-Qaida en Irak, avait revendiqué la responsabilité de cet assassinat.]

_12 juillet, Amsterdam. A la fin du procès intenté contre lui par le tribunal d'Amsterdam pour l'assassinat, le 2 novembre 2004, du cinéaste Theo Van Gogh, Mohammed Bouyeri, portant une barbe noire, vêtu d'une robe noire traditionnelle, coiffé d'un keffieh drapé, a réaffirmé ses convictions. Le jeune Néerlando-Marocain a revendiqué haut et fort son engagement pour un islam radical : "J'ai agi en accord avec ma foi. […] Si j'étais libéré, je ferais exactement la même chose".

_30 mai. Un enregistrement sonore attribué au chef présumé d’Al-Qaida en Irak diffusé sur un site Internet islamiste. Dans le message, Abou Moussab Al Zarkaoui affirme n’être que "légèrement blessé" et déclare se trouver toujours en Irak. "Je me trouve maintenant entre mes frères et les miens en terre de Mésopotamie [Irak] où je participe aux combats contre les croisés et les ennemis de la religion".

_24 mai. Selon un site Internet islamiste, le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarkaoui, aurait été blessé. Aucune source n’est en mesure de confirmer l’information.

"O peuple de l'islam, [...] priez pour la guérison de notre cheikh Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui a été blessé sur la voie de Dieu, indique le communiqué attribué à la branche irakienne d'Al-Qaida. La blessure de notre dirigeant est un honneur, un encouragement à resserrer l'étau sur les ennemis de Dieu et une raison d'intensifier nos attaques contre eux", indique un communiqué publié sur le site.

_4 mai, Ialamabad. (Pakistan). Les autorités pakistanaises annoncent l’arrestation, près de Mardan, à 50 km au nord de Peshawar, capitale de la province frontalière de l'Afghanistan, du Libyen Abou Faraj Al-Libi, présenté comme le "numéro trois" de l’organisation terroriste Al-Qaida d’Oussama Ben Laden.

Premier sur la liste des "terroristes les plus importants" établie par les services pakistanais, recherché par les Etats-Unis, qui avaient offert une prime de 5 millions de dollars pour sa capture, Al-Libi est, selon le président pakistanais, le général Pervez Musharraf, le planificateur des deux attentats perpétrés contre lui en décembre 2003. Il est le premier responsable d’Al Qaida arrêté dans les zones tribales pakistanaises.

_13 avril. L'Assemblée générale des Nations unies adopte à l'unanimité une Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire. Le texte, adopté par consensus par les 191 Etats membres de l'organisation, ne concerne pas les guerres "classiques". Il sera présenté à la signature des chefs d'Etat ou de gouvernement à partir du 14 septembre 2005, lorsqu'ils seront réunis en sommet à New York, en prélude à la session annuelle qui marquera le 60e anniversaire de la création des Nations unies.#

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_11 mars, Madrid. Présent aux commémorations de l'attentat de la gare centrale - qui, le 11 mars 2004, a tué 192 personnes et blessé plus de 2'000 autres - Kofi Annan rappelle l'importance qu'il y a à protéger les droits de l'homme et à parvenir à une définition du terrorisme permettant une coopération multilatérale. Il souligne que "toute tentative de tuer des civils ou de mutiler des non-combattants est du terrorisme pur et simple, quelle qu'en soit la cause".

"En Espagne comme ailleurs, ces dernières années, le terrorisme semble faire partie du paysage", déplore le secrétaire général des Nations unies, relevant que "la vérité est que l'on peut faire beaucoup pour dissuader le terrorisme, et pour priver les terroristes des moyens de commettre de tels actes, sans sacrifier les droits de l'homme".#

Il ajoute : "Nous constatons une tendance à prendre des mesures tendant à saper les droits civils et les droits fondamentaux. […] En fait, dans certains pays, il suffit de taxer son opposant de terroriste, pour prendre n'importe quelle mesure à son encontre. […] Il faut s'assurer qu'il existe un équilibre entre les mesures de lutte contre le terrorisme et la protection des droits de l'homme, qui ne doit pas être considérée comme un compromis".

_10 mars, Madrid. La Commission islamique espagnole - interlocuteur officiel du gouvernement - lance une fatwa contre Oussama ben Laden, un texte de cinq pages qui décrète "hors de l'islam Oussama ben Laden, Al-Qaida et tous ceux qui prétendent justifier le terrorisme en se fondant sur le Coran".

"Nous, musulmans, devons chaleureusement remercier l'ensemble du peuple espagnol", déclare Riay Tatari, l'un des secrétaires généraux de cet organe représentatif de quelque 500'000 musulmans d'Espagne, soulignant que les Espagnols ont su "différencier clairement terrorisme et population musulmane" et voir que les attentats du 11 mars 2004, à Madrid, étaient le fait d'"une minorité animée d'une haine psychopathe".

_8 mars, Moscou. Le président indépendantiste tchétchène Aslan Maskhadov tué par les forces spéciales du service de sécurité fédérale (FSB), selon l'état-major russe dans le Caucase du Nord".

"Je confirme que Maskhadov [qui était recherché par les forces russes depuis le début de la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999] a été tué dans le village de Tolstoï-Iourt (à une dizaine de kilomètres de la capitale Grozny). Il y a eu là-bas des combats. Maskhadov se cachait dans un bunker sous l'une des maisons de ce village", déclare le général Ilia Chabalkine, cité par les agences russes.

_11 février, Strasbourg [Conseil de l’Europe]. Lors de sa dernière réunion, du 7 au 11 février, le Comité d'experts sur le terrorisme (CODEXTER) a préparé une nouvelle version de son projet de Convention européenne pour la prévention du terrorisme en tenant compte des avis fournis par l’Assemblée parlementaire et par le Commissaire aux droits de l’homme. Ce projet de Convention est désormais public et soumis à consultation.

-> Le projet de Convention [ 220 ko]

_30 janvier, Montevideo (Uruguay). Les 34 pays membres de l'Organisation des Etats américains (OEA) réaffirment dans une "Déclaration de Montevideo" leur engagement à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes y compris les nouvelles comme le bioterrorisme ou le cyberterrorisme.

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