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L'actualité des droits de l'homme [Le Rapport des experts [ [Jugements 2003 et 2004] |
TIMOR-LESTE, 2006 / UN RAPPORT SUR LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME PENDANT L'OCCUPATION INDONESIENNE
Le rapport (de 2500 pages) de la CARV, fruit de trois ans d'enquêtes minutieuses par des organisations de défense des droits de l'homme, les exactions commises par l'armée indonésienne dans l'ancienne colonie portugaise, indépendante depuis 2002, constituent des "crimes de guerre" et des "crimes contre l'humanité". La CARV a entendu plus de 7'000 victimes. Privation de nourriture, tortures, violences sexuelles : la politique indonésienne a entraîné la mort de 84'000 à 183'000 personnes entre 1975 et 1999, soit un tiers de la population de l'époque. La grande majorité des victimes sont mortes de maladies et de famines orchestrées par l'armée indonésienne, qui, dès l'invasion de 1975, a "brûlé et empoisonné les récoltes et tué le bétail", usant de la faim comme d'une "arme de guerre, faisant partie d'une stratégie de destruction de la résistance". En remettant le document aux Nations unies, le président du Timor-Leste a écarté toute idée de "justice punitive". Le gouvernement timorais n'est pas intervenu dans le travail de la Commission : "la preuve en est que les violations des droits de l'homme commises par la partie timoraise y sont également consignées". L'important est selon lui d'"établir la vérité" pour "en tirer les leçons". "Le principal objectif du rapport est de dire ce qui s'est passé pendant vingt-quatre années de guerre. Les chiffres contenus dans ce rapport peuvent être contestés, mais l'important est non seulement de rappeler à notre génération future de ne pas répéter les erreurs du passé, mais aussi de rappeler à la communauté internationale que cela ne peut plus se reproduire ailleurs", a-t-il ajouté. "Le rapport de la Commission doit aider à panser les blessures". Xanana Gusmão a aussi estimé que le concept de justice ne pouvait pas se limiter à traduire en justice les auteurs d'atrocités. "Il faut aussi prêter attention aux anciens combattants, aux veuves et aux orphelins sans quoi notre lutte aura été vaine", a-t-il dit. "Pousser pour un tribunal international détruirait notre relation avec l'Indonésie et fragiliserait nos démocraties naissantes", a expliqué, de son côtè, José Ramos-Horta, le ministre des affaires étrangères timorais. "Et à court terme, aucun leader indonésien ne sera assez fort pour faire juger de hauts responsables militaires", a-t-il estimé.
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