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2006-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

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L'actualité des
droits de l'homme


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–––> ET AUSSI...

BRESIL

_29 octobre, Rio de Janeiro. Le président Luiz Inacio Lula da Silva remporte le second tour de l'élection présidentielle. Le fondateur du Parti des travailleurs (PT, gauche) obtient 60,83% des suffrages (58,23 millions de voix).

[Avec 187 millions d'habitants, le Brésil est le cinquième pays le plus peuplé au monde, derrière la Chine, l'Inde, les Etats-Unis et l'Indonésie. Selon la Banque mondiale, le pays est la neuvième pzuissance économique au monde.]

CANADA

_27 novembre, Ottawa. La Chambre de communes adopte une motion du gouvernement conservateur qui reconnaît que "les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni".

[Le Premier ministre, Stephen Harper a relevé le sens "culturel et sociologique" de cette reconnaissance, un "geste de réconciliation pour favoriser l'unité nationale".]

CHILI

_24 décembre, Santiago. Augusto Pinochet, décédé le 10 décembre, défend, dans un testament politique publié par la presse, son coup d'Etat et les méthodes qu'il a employées pendant ses dix-sept années passées à la tête du Chili. L'ancien dictateur y affirme avoir fait un putsch, le 11 septembre 1973, pour éviter que son pays ne bascule dans un régime communiste et empêcher une guerre civile entre partisans et adversaires du président socialiste Salvador Allende. "En toute sincérité, je déclare être fier de l'énorme action qu'il a fallu entreprendre pour empêcher le marxisme-léninisme de prendre tout le pouvoir", écrit-il.

"L'utilisation de différentes méthodes de contrôle militaire, comme les détentions temporaires, l'exil officiel et les exécutions sur décisions de cours martiales étaient nécessaires", affirme Augusto Pinochet. "Les conflits graves sont et seront toujours ainsi : la source d'abus et d'exagérations", poursuit l'ancien dictateur. Selon lui, il est difficile de comprendre "le comment et le pourquoi" des morts et disparitions survenues durant le régime, précisant qu'"il n'y a pas eu de plan institutionnel pour cela". L'ex-dictateur affirme également avoir agi "avec rigueur, mais avec beaucoup plus de flexibilité qu'on a bien voulu le reconnaître". Il ajoute : "Si l'expérience était à refaire, je préconiserais toutefois davantage de sagesse."

[On estime à 3'000 le nombre de personnes tuées par la police politique chilienne et à 30'000 le nombre de personnes torturées sous son règne. Augusto Pinochet n'a jamais été condamné de son vivant.]

_10 décembre, Santiago. L'ancien dictateur chilien, le général Augusto Pinochet, meurt à l'âge de 91 ans, une semaine après avoir été hospitalisé pour un infarctus du myocarde et un dème pulmonaire.

Sa mort tourne une page noire de l'histoire du Chili, où il avait imposé pendant 17 ans l'une des dictatures militaires (1973-1990) les plus dures d'Amérique latine, qui a fait 3'000 morts, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Le général Pinochet s'était emparé du pouvoir à la suite d'un coup d'Etat le 11 septembre 1973 contre le président socialiste Salvador Allende.

Malade, vieilli, presque cacochyme, Augusto Pinochet, qui est mort dimanche 10 décembre dans un hôpital de Santiago, aura réussi à échapper à la justice internationale comme à celle de son pays. L'ancien dictateur, arrivé au pouvoir en 1973 à la faveur d'un coup d'Etat sanglant contre un gouvernement d'"unité populaire" élu démocratiquement, avait sur la conscience la mort ou la disparition de milliers de victimes. Il n'était certes pas le premier caudillo d'Amérique latine. Pourtant, il était vite devenu le symbole d'un régime dictatorial qui mit au service de la répression les méthodes les plus brutales. En Argentine, en Uruguay, d'autres généraux pratiqueront aussi la torture et les assassinats pour faire taire toute opposition. Mais Pinochet est resté synonyme pendant plus de trente ans d'horreur et d'abjection. Editorial, Le Monde, Paris, 12 décembre 2006.

CHINE

_1e décembre, Pékin. Deux tribunaux condamnent à de lourdes peines de prison un collaborateur du "New York Times", jugé indiscret, et un juriste militant qui a eu le tort de révéler la pratique d'avortements coercitifs et de stérilisations forcées.

[Les deux prévenus chinois ont vu, en appel, leurs peines confirmées : 3 ans pour le journaliste Zhao Yan, 44 ans, et 4 ans et 3 mois pour l'avocat aveugle Chen Guangcheng, 35 ans,malgré les démarches de plusieurs capitales et organisations humanitaires. Tous deux ont été condamnés hier pour des motifs accessoires, l'un pour "fraude" et l'autre pour "trouble à l'ordre public" et "atteinte à la propriété".]#

_20 novembre, Pékin. La plupart des erreurs judiciaires en Chine sont la conséquence d'aveux extorqués sous la torture, selon Wang Zhenchuan, l'un des sept procureurs adjoints du parquet suprême de la République populaire - cité par la presse chinoise. Jamais, commente Le Monde, un haut responsable chinois n'avait dénoncé en public l'emploi de la violence durant les interrogatoires.

[A Pékin, un expert des questions juridiques chinoises remarque qu'un "débat de plus en plus intense sur l'Etat de droit, la peine de mort, la torture et la transparence des procédures" est en cours parmi les juristes. "Le gouvernement chinois est en train de jeter les bases d'un Etat de droit afin de reconquérir la confiance du public", analyse Xie Wangyuan, professeur de droit à l'université du peuple à Pékin. "Cela implique la protection des droits de l'homme, y compris celle des prévenus", ajoute-t-il.]

_31 octobre, Pékin. L'Assemblée nationale populaire (ANP) adopte une nouvelle loi concernant la peine de mort : la ”Cour supême du peuple” sera désormais seule habilitée à confirmer les peines de mort prononcées par les cours provinciales. Selon le président de la Cour, Xiao Yang, cette loi permettra ”d'éviter des sentences qui ont été prononcées à tort”.

[Amnesty international estime à 1'770 le nombre de prsonnes exéctées en 2005 en Chine, soit 80%du total des exécutions dans le monde. Selon Chen Weidong, professeur de droit à l'Université du peuple de Pékin, cette loi ”est une étape positive car, comme dans un jeu d'échecs, quand on bouge une pièce, c'est toute la partie qui est transformée”. ”La loi, ajoute-t-il, devrait entraîner une série de réfomes dans les procédures pénales de première instance, de l'appel, et même de l'enquête policière”. Source : ”Le Monde”]

CONGO / République démocratique

15 novembre, Kinshasa. Le général major Joseph Kabila, 35 ans, au pouvoir depuis 2001, obtient 58,05 % des suffrages exprimés, contre 41,95 % à son adversaire, Jean-Pierre Bemba, 44 ans, au second tour de l'élection présidentielle. Il est le premier président démocratiquement élu en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) depuis l'indépendance de cette colonie belge, en 1960.

[L'élection de Joseph Kabila marque le terme des quatre années de "transition", qui ont suivi une longue période de guerre (1996-2002) ayant causé la mort de plus de trois millions de personnes. Dès l'annonce des résultats, Joseph Kabila est intervenu à la télévision, se présentant comme "le président de tous" les Congolais, demandant à ses compatriotes de "rester unis et de vivre dans la fraternité et la tolérance".]

COREE DU NORD

_31 octobre, Pyongyang. La Corée du Nord accepte de reprendre les ”discussions à six” qui ont pour objectif d'aboutir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Ces négocations réunissent, outre un négociateur du régime nord-coréen, des représentants des Etats-Unis, de la Chine, de la Russie, du Japon et de la Corée du Sud.

_14 octobre, New York [Nations unies]. Le Conseil de sécurité adopte à l'unanimité une résolution [1718] imposant des sanctions économiques et commerciales à la Corée du Nord, en réaction à l'essai nucléaire revendiqué, le 9 octobre, par la Corée du Nord. La résolution prévoit un embargo sur "les armes et matériels connexes", "les matériels liés à la technologie nucléaire ou à celle des missiles", ainsi que sur "les produits de luxe".#

En application des ces mesures, le texte appelle tous les Etats membres, en conformité avec leur législation, à "agir dans la coopération pour assurer le respect de ces embargos, y compris en procédant à l'inspection de toute cargaison à destination ou en provenance de Corée du Nord".

La résolution demande par ailleurs le gel des actifs financiers détenus à l'étranger par toute personne ou organisation liée au programme nucléaire ou de missiles balistiques de la Corée du Nord. Enfin elle réclame la reprise du dialogue à six (Chine, les deux Corées, Etats-Unis, Japon, Russie).

["Il va sans dire que la résolution du Conseil de sécurité ne peut pas être interprétée autrement que comme une déclaration de guerre contre la RPDC (République populaire démocratique de Corée)", a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères nord-coréennes, le 17 octobre.

Le régime nord-coréen sera "implacable" à l'encontre de tout pays qui pourrait violer sa souveraineté dans le cadre des sanctions décrétées par le Conseil de sécurité.]

_9 octobre, Pyongyang. La Corée du Nord annonce avoir effectué un essai nucléaire souterrain, couronné de succès et sans émission radioactive, un "événement historique", selon le régime communiste, qui a suscité une levée de boucliers dans le monde.

[Cet essai nucléaire est l'aboutissement de l'escalade commencée en octobre 2002, lorsque les Etats-Unis ont accusé Pyongyang de poursuivre un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium. La Corée du Sud a averti qu'elle ne "tolérerait pas" une Corée du Nord nucléarisée.

Kofi Annan s'est déclaré "profondément préoccupé" par l'annonce de cet essai qui "viole les normes internationales relatives au désarmement et à la non-prolifération, ainsi que le moratoire actuel sur les essais nucléaires".

Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé toutes les parties "à répondre à ce grave défi de façon constructive" et "à la reprise urgente de sérieuses négociations dans le cadre des discussions à six", à savoir : la Corée du Nord, la Corée du Sud, La Fédération de Russie, la Chine, le Japon et les Etats-Unis.]

_6 octobre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une déclaration non contraignante exigeant de la Corée du Nord qu'elle renonce à effectuer un essai nucléaire. Pyongyang a annoncé, le 3 octobre, qu'il allait procéder à tel essai afin de contrer ce qu'il estime être la menace grandissante des Etats-Unis.

Le texte ne comporte pas de menace de sanctions et indique que "si la Corée du Nord ignore les appels de la communauté internationale, le Conseil de sécurité agira en conformité avec ses responsabilités aux termes de la Charte des Nations unies". Il souligne également qu'un éventuel essai nucléaire nord-coréen "représenterait une menace claire pour la paix et la sécurité internationale".

COTE D'IVOIRE

_1er novembre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte à l'unanimité une résolution qui institue une nouvelle phase de transition en Côte d'Ivoire. Le texte, qui suit la recommandation de l'Union africaine (UA), prolonge d'un an les mandats du président Laurent Gbagbo et du Premier ministre Konan Banny. Il accorde des pouvoirs élargis au chef du gouvernement pour mener à bien l'organisation d'élections libres d'ici un an, lui attribuant "toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues et une autorité totale". #

[Après l'échec de la précédente transition, qui devait déboucher sur des élections le 31 octobre 2006, le Conseil précise que cette nouvelle phase est "la dernière".]

CUBA

_2 décembre, La Havane. Le frère de Fidel Castro, Raul Castro, propose des négociations avec les Etats-Unis. Dans un discours prononcé à l'occasion des 50 ans des débuts de la révolution cubaine, Raul Castro affirme que les autorités cubaines sont prêtes "à résoudre autour d'une table de négociations le différend prolongé entre les Etats-Unis et Cuba, sur des principes d'égalité, de réciprocité, de non-ingérence et de respect mutuel".

[Les Etats-Unis ont rejeté toute éventualité de discussion : "C'est entre le régime cubain et le peuple cubain que le dialogue doit avoir lieu sur le futur démocratique de l'île", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, avant d'ajouter : "Comme nous l'avons dit, l'approfondissement de notre relation dépend de ce dialogue".]

ESPAGNE

_30 décembre, Un attentat à la voiture piégée, revendiqué par l'ETA, dans un parking de l'aéroport international de Madrid, fait deux morts et plusieurs blessés. Cet attentat marque la fin de la trêve que l'organisation indépendantiste basque respectait depuis le 24 mars 2006.

[Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé qu'il avait ordonné "la suspension de toutes les initiatives liées au développement" du processus de paix avec l'ETA, en réponse à cet attentat.]

ETATS-UNIS

_6 décembre, Washington. James Baker remet à George Bush le rapport du Groupe d'études sur l'Irak. Le rapport, qui contient 79 recommandations, vise un retrait des troupes américaines d'Irak d'ici à 2008. Il exhorte aussi le président américain à lancer une "offensive diplomatique" avant le 31 décembre 2006, en ouvrant un dialogue direct avec l'Iran et la Syrie. Il appelle enfin à un "engagement renouvelé" pour la résolution du conflit israélo-palestinien.

[Le rapport de James Baker souligne que les Etats-Unis sont confrontés en Irak à une situation "grave et [qui] se détériore". Et si la situation continue à se détériorer, il y a un risque de "glissement vers le chaos [qui] pourrait déclencher l'effondrement du gouvernement irakien et une catastrophe humanitaire".

Le rapport recommande également à George Bush de menacer le gouvernement irakien de perdre le soutien "politique, militaire et économique" des Etats-Unis s'il ne fait pas des progrès substantiels en termes de sécurité et de réconciliation nationale. "Si le gouvernement irakien ne fait pas des progrès substantiels vers des objectifs de réconciliation nationale, sécurité et gouvernance, les Etats-Unis devraient réduire leur soutien politique, militaire et économique au gouvernement irakien", indique-t-il.]

_5 décembre, Washington. Le futur secrétaire à la Défense américain Robert Gates estime que les Etats-Unis ne sont pas en train de gagner la guerre en Irak. Il se prononce contre une offensive contre l'Iran ou la Syrie qui conduirait à aggraver la situation en Irak.

["Nous ne sommes pas en train de gagner, mais nous ne sommes pas en train de perdre", a affirmé Robert Gates. Selon lui, tout retrait précipité d'Irak risque d'entraîner un conflit régional.]

_19 novembre, Washington. L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger juge impossible une victoire militaire américaine en Irak. "Si vous voulez dire par victoire militaire claire, un gouvernement irakien dont l'autorité s'étende à l'ensemble du pays, qui en finisse avec la guerre civile et les violences interconfessionnelles, je ne pense pas que cela soit possible".#

"Il faudrait convoquer une conférence internationale à laquelle participeraient les voisins [de l'Irak], peut-être les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays qui ont grand intérêt à ce que la situation soit résolue", ajoute Henry Kissinger.

_13 novembre, Washington. George Bush écarte, lors d'une réunion du Groupe d'études sur la question irakienne, toute discussion directe avec l'Iran et la Syrie, ainsi qu'un calendrier contraignant de retrait des troupes américaines. "Ma position n'a pas changé", affirme le président américain, qui se dit ouvert à des "nouvelles perspectives" à l'issue de la défaite du Parti républicain aux élections de mi-mandat du 7 novembre.

[Le Premier ministre britannique Tony Blair, principal allié de Bush en Irak, a quant à lui prôné une "évolution" de la politique en Irak dans le cadre d'une "stratégie globale au Proche-Orient".]

_8 novembre, Washington. Prenant acte de la victoire démocrate, George Bush annonce la démission du secrétaire à la défense, Donald Rusmfeld. Il devrait être remplacé par l'ex-directeur de la CIA, Robert Gates. "Avec Donald Rumsfeld, nous sommes tombés d'accord qu'un nouveau secrétaire [à la défense] était nécessaire", déclare le président américain, qui affirme qu'il n'est pas question d'un retrait des troupes en Irak avant une "victoire".

"Moi aussi, j'aimerais que nos soldats reviennent à la maison, mais avec une victoire. La défaite n'est pas une option en Irak et il est hors de question de rentrer en laissant derrière nous un abri pour Al-Qaida".

_6 novembre, Washington. Défaite du Parti républicain aux élections parlementaires organisées "à mi-mandat" du président américain. Les démocrates, minoritaires depuis 1994 à la Chambre des représentants, gagnent 27 sièges. Au Sénat, présidé par le vice-président Dick Cheney, ils disposent désormais de plus de la moitié des sièges. Les démocrates contrôlent désormais les deux Chambres du Congrès.

[George Bush, condamné à la cohabitation, "déçu", assume une "large part de responsabilité" dans cet échec. Il se dit prêt à collaborer avec la nouvelle majorité, notamment sur l'Irak.]

_8 novembre, Washington. Prenant acte de la victoire démocrate, George Bush annonce la démission du secrétaire à la défense, Donald Rusmfeld. Il devrait être remplacé par l'ex-directeur de la CIA, Robert Gates. "Avec Donald Rumsfeld, nous sommes tombés d'accord qu'un nouveau secrétaire [à la défense] était nécessaire", déclare le président américain, qui affirme qu'il n'est pas question d'un retrait des troupes en Irak avant une "victoire".

"Moi aussi, j'aimerais que nos soldats reviennent à la maison, mais avec une victoire. La défaite n'est pas une option en Irak et il est hors de question de rentrer en laissant derrière nous un abri pour Al-Qaida".

_6 novembre, Washington. Défaite du Parti républicain aux élections parlementaires organisées "à mi-mandat" du président américain. Les démocrates, minoritaires depuis 1994 à la Chambre des représentants, gagnent 27 sièges. Au Sénat, présidé par le vice-président Dick Cheney, ils disposent désormais de la moitié des sièges.

[George Bush, condamné à la cohabitation, "déçu", assume une "large part de responsabilité" dans cet échec. Il se dit prêt à collaborer avec la nouvelle majorité, notamment sur l'Irak.]
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ETHIOPIE

_12 décembre, Addis-Abeba. Au terme de douze années d'un procès fleuve, la justice éthiopienne reconnaît coupable l'ancien dictateur Mengistu Haïlé Mariam de "génocide", un terme qui, en droit éthiopien, inclut l'élimination de groupes non seulement ethniques mais également politiques.

Les membres de la junte "présents aujourd'hui devant [la Haute Cour fédérale] [...] ont conspiré pour détruire un groupe politique et tuer des individus en toute impunité (...) Ils ont mis en place des commandos de tueurs pour décimer, torturer et détruire des groupes d'opposants au régime", indique le jugement.

[Mengistu Haïlé Mariam, que l'on surnommait le "Négus rouge", risque la peine de mort. Il y a peu de probabilité qu'une condamnation à mort soit exécutée : Mengistu vit en exil au Zimbabwe où, fort du soutien de son président, Robert Mugabe, il s'était réfugié après avoir été chassé du pouvoir en 1991.]

EUROPE / Union

_18 décembre, Vienne. L'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) rend public un rapport accablant sur l'islamophobie dans les pays de l'Union européenne (UE).

L'Observatoire, qui publie une étude sur la population originaire de pays musulmans, estimée à 13 millions, soit 3,5 % de la population de l'Union, ne prend pas en compte son rapport à l'islam, ni sa pratique religieuse, mais conclut à un cumul, dans cette population dite "musulmane", des discriminations à l'emploi, à l'éducation et au logement.

Plus d'info

[L'Observatoire recommande aux pays européens d'appliquer sans délai toutes les directives de l'Union contre les discriminations à l'emploi. Il suggère de mener des politiques volontaristes, visant l'égalité à l'emploi, l'inclusion dans les programmes scolaires de cours sur le racisme. Les "musulmans" sont encouragés à participer à la vie publique, les médias à recruter des journalistes issus de cette minorité, les personnels de police à se former aux questions liées à la diversité culturelle et au racisme.]

_4 décembre, Bruxelles. L'Union européenne (UE) crée une agence chargée de superviser le respect des droits de l'homme en Europe. Basée à Vienne, l'agence, qui remplacera le Centre européen contre le racisme et la xénophobie, réunira des données, assurera des expertises auprès d'Etats et d'institutions de l'UE et publiera un rapport annuel sur le respect des droits de l'homme.

[L'agence veillera, dès le 1er janvier 2007, au respect des droits fondamentaux, notamment en matière de droit d'asile, de protection du consommateur et d'environnement, mais elle ne sera pas compétente pour les questions d'extradition ou de condamnations pénales.]

FRANCE

_19 décembre, Paris. 60'000 à 80'000 enfants seraient concernés par des pratiques sectaires, selon une commission d'enquête parlementaire présidée par le député Georges Fenech. "La situation est alarmante", prévient-il. Selon les estimations, on compterait notamment 45'000 enfants chez les Témoins de Jéhovah. Le recrutement se fait souvent par les parents, mais aussi par "l'instrumentalisation du soutien scolaire et du soutien à domicile", selon

["Ces enfants subissent un véritable enfermement social. Le temps de l'enfance n'existe pas", s'est inquiété le député Philippe Vuilque, rapporteur. "La souffrance de l'enfant, ainsi fermé au monde extérieur, entraîne souvent de graves conséquences psychologiques et physiques. Le mineur manque totalement d'esprit critique et de rationalité", a-t-il souligné, faisant état de "conditions de vie parfois déplorables" et de "conditions de soins souvent précaires, voire inexistantes".]#

_2 décembre, Paris. Stabilité du nombre de faits antisémites (-3,5%), baisse des actes racistes (-24.3%), indique une étude de la direction de la police nationale (DGPN). Au cours des dix premiers mois de l'année, 436 faits antisémites (menaces, insultes, dégradations, violences) ont été recensés, contre 452 sur la même période en 2005 (504 pour toute l'année). Après le pic de 2004 (974 faits), le volume total est en légère décrue. En revanche, les violences physiques sont plus nombreuses, passant de 85 à 97, soit + 14,1 % (200 en 2004).

_24 novembre, Paris. Deux membres du comité central de la Ligue des droits de l'homme (Ldh), Antoine Spire et Cédric Porin, démissionnent de ce mouvement qui "glisse vers le dialogue avec l'islamisme radical" et n'est plus "l'organisation conçue pour défendre Dreyfus".

Dans une déclaration intitulée "Pourquoi nous quittons la LDH", publiée en pages "Débats" du quotidien Le Monde, ils contestent une dérive qui leur est devenue intolérable avec l'affaire Redeker. Ils estiment que le "philosophe menacé de mort pour avoir critiqué l'Islam" a reçu un "soutien ambigu et timide", qui "s'accommode mal de l'intransigeance qu'exige le combat pour la liberté d'expression".

"Sans distance à l'égard du mouvement social, trop souvent ambigüe ou même compromise à l'égard d'un intégrisme islamiste dangereux, et en recul sur la lutte contre l'antisémitisme ou la défense de la liberté d'expression, la Ligue a perdu sa légitimité d'autorité morale de la République", écrivent-ils.

plus d'info La tribune libre d'Antoine Spire et Cédric Porin

_14 novembre, Paris. Le droit de la presse renforcé par une décision de justice. Poursuivi pour violation du secret professionnel, le magistrat Albert Lévy est relaxé par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Il lui était reproché d'avoir fourni en 1998 à un journaliste des pièces couvertes par le secret de l'instruction.

Le journaliste, Claude Ardid, poursuivi pour "recel de violation de secret professionnel et du secret de l'enquête et de l'instruction", est, lui aussi, relaxé.

[Le tribunal indique que "non seulement la production de pièces couvertes par le secret est admise", mais qu'elle est "le moyen le plus pertinent offert à la personne poursuivie en diffamation, en ce qu'il lui permet de respecter le secret des sources". Rappelant que le journaliste, qui n'est pas soumis au secret de l'instruction, "a pour seule mission, y compris sur les affaires judiciaires en cours, de contribuer à l'information du public", le tribunal déclare qu'il ne saurait en conséquence être "inquiété qu'à raison des abus de la liberté d'expression dont il se rendrait responsable".

Dans ces conditions, ajoute le tribunal, "la condamnation d'un journaliste pour recel de violation du secret professionnel et du secret de l'enquête et de l'instruction, du chef de la détention des pièces couvertes par le secret et utilisées par lui pour des publications contribuant à l'information du public, ne peut pas être considérée comme nécessaire dans une société démocratique".]

_12 octobre, Paris. Les députés français adoptent en première lecture, à 106 voix pour et 19 contre, la proposition de loi socialiste qui punit d'un an de prison et de 45'000 euros d'amende la négation du génocide arménien. #

[La Turquie a dénoncé un "coup dur" porté aux relations franco-turques. L'Union européenne (UE) a aussi estimé que le vote "empêcherait le dialogue pour la réconciliation" entre la Turquie et l'Arménie. De son côté, le gouvernement français a pris ses distances avec le texte, le Premier ministre Dominique de Villepin déclarant que ce n'était "pas une bonne chose que de légiférer sur l'histoire et la mémoire".]

GRANDE-BRETAGNE

_4 octobre, Londres. L'Armée républicaine irlandaise (IRA), il y a trois ans encore "la plus sophistiquée et la plus dangereuse des formations paramilitaires", a abandonné toute activité terroriste et s'est "engagée fermement dans une stratégie politique, rejetant le terrorisme et les autres formes de crime". Telle est la conclusion d'un rapport publié par les quatre membres internationaux de la Commission indépendante de surveillance (IMC), créée en octobre 2004 par Londres et Dublin pour surveiller l'évolution des groupes paramilitaires en Irlande du Nord.

IRAK

_30 DECEMBRE. L'ancien président Saddam Hussein pendu peu avant six heures du matin à Bagdad. Avant de mourir, il a mis le peuple irakien en garde contre la "coalition iranienne" qui gouverne son pays et exhorté les Irakiens à "rester unis". La télévision irakienne a diffusé, dans la matinée, des images de cette exécution.

[Agé de 69 ans, Saddam Hussein avait été arrêté en décembre 2003. Sa mort met fin à toutes les poursuites qui avaient été engagées contre lui, en particulier le procès Anfal, où il était jugé pour génocide contre la population kurde et accusé d'être responsable de la mort de 180'000 personnes en 1987-1988. L'ancien dictateur a été condamné à mort par pendaison le 5 novembre 2006 pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, au nord de Bagdad, tués en représailles après un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982. L'appel de sa condamnation avait été rejeté le 26 décembre.]

_28 DECEMBRE. La cour d'appel du Haut tribunal pénal rend public l'arrêt rejetant l'appel de Saddam Hussein et ordonnant sa condamnation à mort par pendaison sous 30 jours, "à n'importe quel moment à partir [du 27 décembre]".

La Cour a "approuvé la condamnation pour crime contre l'humanité et la peine, prononcée contre les condamnés Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, Awad al-Bandar, de pendaison jusqu'à ce que mort s'ensuive". Les juges ont estimé que "les actes attribués aux condamnés [...] sont des crimes nationaux et internationaux qui ont été commis en violation des lois irakiennes et internationales. Ils ne doivent pas rester impunis [...]. Il est du devoir de l'Etat d'appliquer son autorité contre les condamnés".

_27 DECEMBRE. Dans une lettre "au peuple irakien", rédigé en novembre, avant le rejet de son appel par la justice irakienne, Saddam Hussein appelle ses compatriotes à rester uni "face à ses ennemis".

"Je me sacrifie. Si Dieu le veut, il ordonnera de me placer auprès des martyrs et des vrais hommes", clame le dictateur déchu qui, en s'adressant aux Irakiens, affirme que "les ennemis du pays, les envahisseurs et les Perses [...] tentent de semer la haine entre vous".#

"Je vous appelle à ne pas céder à la haine. Je vous demande de ne pas haïr les peuples de ces gouvernements qui nous ont attaqués et de faire la différence entre les gouvernants et les citoyens d'un peuple", poursuit le texte, qui se conclut par "longue vie à l'Irak. Longue vie à la Palestine. Longue vie au jihad et aux moujahidin. Dieu est grand. Qu'il maudisse les misérables. Peuple fidèle, je te fais mes adieux alors que je remets mon âme au Dieu miséricordieux".

_26 DECEMBRE. La Cour d'appel du Haut Tribunal pénal a ratifié le verdict d'exécution de Saddam Hussein", déclare un porte-parole de l'institution, Raëd Jouy. L'ancien dictateur devrait être exécuté dans les trente jours, et "à n'importe quel moment à partir de mercredi [27 décembre]", a précisé un juge de la Cour d'appel.

Ce jugement doit encore être ratifié par le président de la République, Jalal Talabani, et les deux vice-présidents. Selon les statuts du tribunal, aucune autorité, pas même le président, ne peut user du droit de grâce ni commuer les peines prononcées.

La cour d'appel a également confirmé la peine de mort contre Barzan Al-Tikriti, demi-frère du président déchu et ancien chef des services de renseignement, et contre Awad Al-Bandar, président du tribunal de la révolution aujourd'hui dissous, ainsi que la condamnation à quinze ans de prison de trois autres accusés. Seule la peine de prison à perpétuité, qui avait été requise à l'encontre de l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, a été contestée. Les faits qui lui sont reprochés, a décidé la Cour, requièrent la peine de mort.

[Saddam Hussein avait été condamné à mort par pendaison le 5 novembre 2006 pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, mais l'ancien dictateur avait fait appel. Il est également poursuivi pour avoir ordonné les campagnes militaires d'Anfal en 1987 et 1988 au Kurdistan. Il y aurait eu 180'000 Kurdes tués. La décision de la Cour d'appel a été saluée par les Etats-Unis, qui ont estimé qu'elle "ferait date dans les efforts effectués par les Irakiens pour remplacer la loi du tyran par l'Etat de droit", ajoutant que l'ancien "tyran" avait eu un procès juste.]

IRAN

_23 décembre, New York. Dans une résolution [numérotée 1737], le Conseil de sécurité des Nations unies décide que l'Iran doit immédiatement "suspendre toutes ses activités nucléaires sensibles en termes de prolifération", de manière vérifiable par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le texte stipule que tous les Etats doivent "empêcher la livraison, la vente ou le transfert directs ou indirects à l'Iran [...] de tout matériel, équipement, bien et technologie qui puisse contribuer" aux activités de l'Iran dans les domaines nucléaire et balistique sensibles.

[La résolution est le fruit de deux mois de négociations acharnées entre les Occidentaux d'un côté, les Russes et les Chinois de l'autre. Elle définit strictement ces activités comme étant "l'enrichissement d'uranium et le retraitement, les projets liés aux réacteurs à eau lourde et le développement des vecteurs de lancement d'armes nucléaires".

Le régime iranien a riposté aux sanctions en promettant, le 24 décembre, d'accélérer son programme d'enrichissement d'uranium. "C'est notre réponse immédiate à la résolution et nous allons aller de l'avant à toute vitesse", a prévenu Ali Larijani, le négociateur iranien.

# Qualifiant la résolution des Nations unies de "morceau de papier déchiré", le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé pour sa part : "Que l'Occident le veuille ou non, l'Iran est un pays nucléaire et il est de son intérêt de vivre aux côtés de l'Iran nucléaire […]. Les signataires de la résolution vont bientôt regretter leur action superficielle et triviale".]

_12 novembre, Téhéran. Concluant une conférence négationniste sur la Shoah, organisée par le régime iranien, Mahmoud Ahmadinejad annonce une nouvelle fois la disparition de l'Etat d'Israël.

Pour le président iranien, qui avait déjà déclaré lors de sa prise de fonctions, en août 2005, qu'Israël constituait une "tumeur" au Proche-Orient et devait être "rayé de la carte", les jours du "régime sioniste" sont comptés. "Lorsque j'avais dit que ce régime disparaîtrait, j'avais exprimé ce que les peuples avaient dans leur coeur. Les réseaux du régime sioniste m'ont alors beaucoup attaqué. Mais tout comme l'URSS a disparu, le régime sioniste va bientôt disparaître", déclare-t-il. L'existence d'Israël, ajoute-t-il, est de moins en moins assurée, et sa disparition est "ce que Dieu a promis et ce que toutes les nations veulent".

plus d'info La réaction des Nations unies

[La "conférence" de Téhéran sur la Shoah, qui a suscité une condamnation unanime dans le monde, à commencer par celle des chefs de gouvernement israélien et allemand, a donné la parole à des négationnistes occidentaux célèbres, comme le Français Robert Faurisson et l'Australien Frederick Toeben, qui nient le génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a traité de thèmes comme : "Défi à l'histoire officielle de l'Holocauste", ou encore "L'Holocauste, talon d'Achille d'un cheval de Troie juif".

Le président français Jacques Chirac a demandé, le 15 décembre, l'ouverture d'une "enquête préliminaire", à la suite des propos tenus par Robert Faurisson dans le cadre de la conférence.]

JAPON

_25 décembre, Tokyo. Quatre condamnés à mort pendus au Japon. Selon la presse, l'un d'eux serait Hiroaki Hidaka, 44 ans, reconnu coupable du meurtre de quatre femmes.

[Ces premières exécutions capitales depuis septembre 2005 ont suscité de vives critiques.]

LIBAN

_21 novembre, Beyrouth. Le ministre de l'industrie libanais Pierre Gemayel - figure chrétienne du camp antisyrien - abattu par des hommes armés dans une zone chrétienne de la banlieue de Beyrouth.

[La Syrie, dont certains responsables auraient été impliqués dans le meurtre de l'ex-premier ministre Rafic Hariri, selon un rapport des Nations unies, est de nouveau été montrée du doigt. Le chef de la majorité parlementaire Saad Hariri a accusé la Syrie de vouloir "tuer tout homme libre" au Liban. Damas, à l'instar des capitales occidentales, a condamné ce "crime".]

LIBYE

_19 décembre. Tripoli. Peine de mort confirmée pour les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien détenus depuis sept ans en Libye. Ils sont accusés d'avoir délibérément inoculé le sida à 426 enfants. Leurs avocats ont fait appel devant la Cour suprême.

[Ce verdict a été condamné de façon unanime en Europe : Jacques Chirac s'est dit "choqué", le président bulgare, M. Parvanov, a exhorté la Libye à "intervenir immédiatement pour un réexamen immédiat de ce verdict absurde". L'Union européenne (UE), dont la Bulgarie sera membre au 1er janvier, a demandé à la Libye une mesure de clémence "humanitaire" pour les accusés.]#

MAROC

_8 octobre, Paris. Les conclusions d'un rapport confidentiel du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, daté de septembre 2006, rendues publiques par "Le Monde". Ce rapport, indique le quotidien français, "est le fruit d'une mission partie enquêter, en mai et juin [2006], sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf [où l'Algérie accueille près de 90'000 réfugiés sahraouis], en territoire algérien, à la suite de manifestations violentes qui avaient eu lieu, en 2005, dans la zone sous contrôle marocain".

Le rapport dénonce une "situation des droits de l'homme […] préoccupante, particulièrement dans la partie du Sahara occidental sous administration marocaine. Actuellement, le peuple sahraoui se voit dénier le droit à l'autodétermination [ainsi que] toute une série d'autres droits […]".

Plus d'info

NATIONS UNIES

22 décembre, New York. Intervenant une dernière fois devant le Conseil de sécurité, Kofi Annan salue le renforcement de l'efficacité des travaux du Conseil en dix ans et sa "bonne grâce" face aux critiques, et exprime le souhait qu'il saura se réformer pour devenir plus légitime.

"Je sais cependant que "la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales" que vous a confiée la Charte n'est pas une charge facile à supporter. D'ailleurs, il est beaucoup plus facile de critiquer le Conseil quand on n'en fait pas partie que de prendre des décisions quand on y siège", affirme le secrétaire général des Nations unies.

plus d'info L'intervention de Kofi Annan

19 décembre, New York. Interrogé sur "les meilleurs et les pires moments" de ses deux mandats, lors de sa dernière conférence de presse, Kofi Annan a cité "le travail accompli sur les droits de l'homme et l'approbation par les Etats membres de la responsabilité de protéger".

Kofi Annan En deuxième lieu, a continué Kofi Annan, "je citerai notre lutte pour l'égalité, notre détermination à faire en sorte que l'inégalité entre Etats et au sein des Etats soit réduite et à faire comprendre qu'un monde où coexistent l'extrême pauvreté et des richesses immenses n'est pas durable".

"Nous avons mis en place les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui sont aujourd'hui notre cadre commun pour le développement", a-t-il rappelé. "Je voudrais aussi citer les travaux sur les maladies infectieuses, du VIH/SIDA à ceux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la grippe aviaire", a ajouté le secrétaire général des Nations unies.

Troisièmement, Kofi Annan s'est félicité d'avoir "fait des Nations Unies une organisation travaillant véritablement en partenariat". "J'ai compris que nous ne pouvons pas tout faire, et que nous devons savoir ce que nous faisons le mieux et ce que les autres font mieux", a-t-il expliqué. "J'ai ouvert l'organisation au secteur privé, aux fondations, aux universités et à la société civile, ce qui a permis d'étendre nos activités", a-t-il précisé.#

S'agissant du pire moment, Kofi Annan a cité, "bien sûr", "la guerre en Irak". "Nous n'avons pas pu l'arrêter. J'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu pour voir si on pouvait l'empêcher", a-t-il affirmé.

_14 décembre, New York. Le Sud-coréen Ban Ki-moon officiellement investi nouveau secrétaire général des Nations unies. Il s'engagé à placer son mandat sous le signe de la confiance retrouvée dans l'organisation.

L'ancien ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud succède au Ghanéen Kofi Annan et prendra ses fonctions le 1er janvier 2007 pour cinq ans. Il devient le huitième secrétaire général des Nations unies et le premier asiatique à exercer cette charge.

Ban Ki-moonDans une conférence de presse donnée après sa prestation de serment, Ban Ki-moon a déclaré qu'il se considérait comme "un homme investi d'une mission" qui pourrait s'appeler "opération restaurer la confiance", confiance dans l'Organisation, "accusée d'inefficacité", et confiance entre les Etats membres, sans quoi "il sera difficile de faire des progrès".

Le secrétaire général "nommé" par l'Assemblée générale au mois d'octobre a affirmé qu'il orienterait ses efforts dans trois domaines d'action principaux : "continuer les efforts pour renforcer l'organisation", "s'entourer d'une équipe qui soit professionnelle, responsable, mobile et multitâche pour mieux répondre aux défis mondiaux du 21e siècle" et "cicatriser les divisions entre les Etats membres".

Renforcer les trois piliers des Nations unies - sécurité, développement et droits de l'homme - et régler les crises au Darfour et au Moyen-Orient, seront les priorités de Ban Ki-Moon.

_Genève, 8 novembre. La Chinoise Margaret Chan désignée pour prendre la direction de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Margaret Chan [Margaret Chan est une personnalité bien connue en raison du rôle qu'elle a joué dans la lutte contre les maladies infectieuses. Au cours des neuf années où elle a occupé le poste de directeur de la Santé à Hong Kong, le elle a eu à faire face à la première flambée humaine de grippe aviaire due au virus H5N1 en 1997 et a réussi à endiguer le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003.]

_13 octobre, New York. L'Assemblée générale des Nations unies élit, par acclamation, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Organisation mondiale. Il succédera à Kofi Annan le 1er janvier 2007.

Plus d'info

Ban Ki-moon_9 octobre, New York [Nations unies]. L'ambassadeur du Japon, Kenzo Oshima, qui préside le Conseil de sécurité, annonce que le ministre des affaires étrangères sud-coréen, Ban Ki-moon, a été désigné au poste de secrétaire général des Nations unies, pour prendre la succession de Kofi Annan qui termine son second mandat le 31 décembre 2006.

[Selon la Charte des Nations unies, le Secrétaire général de l'organisation internationale est nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité.]#

NEPAL

_7 novembre, Katmandou. Le Premier ministre, G.P. Koirala, et le chef des rebelles maoïstes, Pushpa Kamal Dahal, Prachanda de son nom de guerre, signent un accord de paix "historique" qui prévoit la participation des maoïstes à un gouvernement intérimaire formé d'ici au 1er décembre.

Le Parlement actuel sera remplacé, dès le 26 novembre, par une Chambre intérimaire formée de 330 membres (75 du parti du Congrès népalais, 73 du Parti communiste, 73 maoïstes et le reste à diviser entre les cinq autres partis de la coalition gouvernementale et les petits partis). Les membres de l'Armée de libération du peuple (ALP) maoïste - 35'000 environ - seront regroupés dans sept camps, séparés de leurs armes qui seront stockées sous supervision des Nations unies. Les structures de gouvernement parallèles créées par les rebelles dans les zones sous leur contrôle seront dissoutes.

[Prachanda, le dirigeant des rebelles maoïstes, a annoncé publiquement, le 8 novembre, renoncer à la violence ainsi qu'à la lutte armée. _"Toutes ces dernières années, notre expérience a montré que nous ne pourrions pas atteindre nos objectifs par la révolution armée".

"Ainsi nous avons choisi la voie des négociations et formé une alliance avec les partis politiques pour répondre aux aspirations [...] de paix de la population", a-t-il assuré.]#

_7 novembre, Katmandou. Le Premier ministre, G.P. Koirala, et le chef des rebelles maoïstes, Pushpa Kamal Dahal, Prachanda de son nom de guerre, signent un accord de paix "historique" qui prévoit la participation des maoïstes à un gouvernement intérimaire formé d'ici au 1er décembre.

Le Parlement actuel sera remplacé, dès le 26 novembre, par une Chambre intérimaire formée de 330 membres (75 du parti du Congrès népalais, 73 du Parti communiste, 73 maoïstes et le reste à diviser entre les cinq autres partis de la coalition gouvernementale et les petits partis). Les membres de l'Armée de libération du peuple (ALP) maoïste - 35'000 environ - seront regroupés dans sept camps, séparés de leurs armes qui seront stockées sous supervision des Nations unies. Les structures de gouvernement parallèles créées par les rebelles dans les zones sous leur contrôle seront dissoutes.

[Prachanda, le dirigeant des rebelles maoïstes, a annoncé publiquement, le 8 novembre, renoncer à la violence ainsi qu'à la lutte armée. "Toutes ces dernières années, notre expérience a montré que nous ne pourrions pas atteindre nos objectifs par la révolution armée".

"Ainsi nous avons choisi la voie des négociations et formé une alliance avec les partis politiques pour répondre aux aspirations [...] de paix de la population", a-t-il assuré.]

NICARAGUA

_7 novembre, Managua. Daniel Ortega élu président du Nicaragua dès le premier tour de l'élection présidentielle du 5 novembre, avec 38,07% des voix. Le candidat de l'Alliance libérale nicaraguayenne (ALN, droite), le banquier Eduardo Montealegre, n'a rassemblé que 29 % des suffrages.

[Les Etats-Unis ont réagi prudemment à la victoire de l'ancien marxiste. Ils "travailleront avec leurs dirigeants sur la base de leurs engagements et de leurs agissements en faveur de l'avenir démocratique du Nicaragua". Les dirigeants vénézuélien, Hugo Chavez, et cubain, Fidel Castro, se sont, quant à eux, félicités de cette "victoire grandiose", qui, selon La Havane, "couvre d'opprobre le gouvernement terroriste et génocidaire des Etats-Unis".]#

NIGER

_4 décembre, Niamey. Quelque 2'000 musulmans traditionalistes manifestent au Niger contre le projet de ratification du protocole de Maputo sur les droits des femmes. Les députés du pays ont déjà rejeté le document, passant outre l'avis du gouvernement. Dans ce pays, dont 95 % de la population est de confession musulmane, les lois et les traditions islamiques, interprétées par les "oulémas" [docteurs de la foi], y régissent la société et la famille.

[Adopté par les chefs d'Etat africains réunis dans la capitale mozambicaine le 11 juillet 2003, le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes vise à garantir les droits des femmes sur l'ensemble du continent africain en matière d'égalité et de parité avec les hommes dans tous les domaines de la vie en société. Il interdit notamment l'excision; il interdit ou décourage la polygamie et le mariage des enfants - des pratiques encore répandues dans la société traditionnelle au Niger.]

PAKISTAN

_29 septembre, Londres. Plusieurs centaines de suspects arrêtés au Pakistan dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" ont disparu après avoir été mis en détention, affirme Amnesty International (AI), dans un rapport publié à Londres.

Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, nombre de ces suspects ont été torturés, y compris des enfants, et "littéralement vendus aux autorités américaines par des chasseurs de primes". Dans certains cas, Amnesty fait état de "preuves d'implication directe de représentants de services américains (CIA, FBI) dans les vagues de disparitions au Pakistan et de violations des droits de l'homme".

Plus d'info

RUSSIE / TCHÉTCHENIE

_23 novembre, Moscou et Paris. Les pratiques d'enlèvements et de tortures se poursuivent en Tchétchénie en toute impunité, selon un rapport de l'organisation russe Memorial et de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Depuis le début de l'année, Memorial a enregistré 143 cas d'enlèvements : 54 personnes sont portées disparues, les corps de huit personnes ont été retrouvés avec des traces de tortures, souligne le rapport.

Entre 2002 et 2005, Memorial, dont le travail ne porte que sur 25 à 30% du territoire tchétchène, a répertorié 1'804 cas d'enlèvements parmi lesquels 986 disparus et 181 morts dont les corps ont été retrouvés. En chiffres absolus, le nombre d'enlèvements est en baisse : 539 en 2002, 497 en 2003, 448 en 2004 et 320 en 2005. Mais Memorial et la FIDH dénoncent une "stabilisation du cauchemar" là où Moscou affirme que la situation se normalise sept ans après le début de la seconde guerre de Tchétchénie.

_13 novembre, New York. Les forces fédérales du ministère russe de l'intérieur et celles du Premier ministre tchétchène, Ramzan Kadyrov, font un usage ”de la torture […] systématique et répandu” dans les centres de détention officiels et secrets de Tchétchénie, accuse Human Rights Watch (HRW). Les témoignages de 115 personnes, recueillis entre juillet 2004 et septembre 2006 par l'organisation de défense des droits de l'homme, soulignent la responsabilité des forces tchétchènes prorusses, les "kadyrovtsis".

Le rapport recense les méthodes de torture utilisées contre les détenus : coups de bottes, de bâton, de bouteilles remplies de sable ou d'eau, brûlures, chocs électriques. A cela s'ajoutent des pressions psychologiques, les abus sexuels. Les personnes interrogées racontent avoir été empêchées de choisir leur avocat ou d'avoir accès à un médecin.

[Les autorités tchétchènes ont démenti ces informations.]#

RUSSIE

_4 novembre, Moscou. De la Russie d'Europe (Moscou, Saint-Petersbourg) à celle d'Extrême-Orient (Blagovechtchensk, à la frontière avec la Chine) 150'000 personnes prennent part à des rassemblements xénophobes organisés par l'extrême droite dans vingt villes de la Fédération.

A Moscou, des milliers de manifestants ont réclamé la fin de l'immigration illégale et la protection des ”Russes ethniques”. Depuis 2005, la Russie a décidé de faire du 4 novembre ”la journée de l'Unité du peuple”, en souvenir de la libération de Moscou de l'occupation polonaise au XVIIe siècle.

_9 octobre, Dresde. En visite officielle à Dresde, dans l'est de l'Allemagne, Vadimir Poutine promet une "enquête objective" sur la "mort tragique" de la journaliste Anna Politkovskaïa. Le président russe déclare que cet assassinat est un acte "affreux" et "inacceptable". Ce crime "contre une femme et une mère" ne "doit pas rester impuni", ajoute-t-il, tout en estimant que l'influence de la journaliste, très critique à l'égard du Kremlin, "était insignifiante" pour la vie politique russe.

_7 octobre, Moscou. La journaliste Anna Politkovskaïa, 48 ans, abattue dans l'ascenseur de son immeuble, au centre de Moscou, par un tueur qui l'attendait, alors qu'elle rentrait de faire ses courses. Le parquet russe indique que l'assassinat est de toutes évidences lié à ses "activités professionnelles" et ouvre une enquête pour "meurtre avec préméditation".

plus d'info Portrait [Rsf]             plus d'info Les mots d'Anna Politkovskaïa

Anna Politkovskaïa [Célèbre dans le monde entier pour ses enquêtes sur les violations des droits de l'homme en Tchétchénie, Anna Politkovskaïa, s'apprêtait à publier, dans le bi-hebdomadaire "Novaïa Gazeta", une enquête sur la Tchétchénie, et les tortures menées par les milices de Ramzan Kadyrov, vice-premier ministre pro-russe de Tchétchénie.

L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, co-propriétaire de "Novaïa Gazeta", a dénoncé un meurtre politique. "Il est clair qu'on a voulu la faire taire [...] C'est un coup dur pour la liberté de la presse et pour qui se bat pour la démocratie dans notre pays", a-t-il dit.

Les Etats-Unis, ainsi que nombre d'autres pays et d'organisations, comme le Conseil de l'Europe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ), se sont dits choqués après le meurtre d'Anna Politkovskaïa, qualifié d'"ignoble" par la présidence finlandaise de l'Union européenne (UE).

Quatre livres de la journaliste russe ont déjà été publiés en France : "Voyage en enfer" (2000), "Tchétchénie, le déshonneur russe" (2003) , "La Russie selon Poutine" (2005), et "Douloureuse Russie" (2006).]#

SERBIE

_2 novembre, Belgrade. La nouvelle Constitution serbe intégrant le Kosovo approuvée à plus de 96% lors du référendum du 29 octobre, pour lequel 6,6 millions d'électeurs serbes étaient appelés à voter. Les Albanais du Kosovo, partisans de l'indépendance de leur province n'ont pas participé au scrutin

[La Constitution, qui comporte 206 articles, définit la Serbie comme un Etat indépendant pour la première fois depuis 1918, date de son intégration à la Yougoslavie, et remplace la constitution instituée sous Slobodan Milosevic en 1990. La principale disposition concerne le Kosovo, déclaré comme "partie intégrante de la Serbie" alors même que se poursuivent les négociations sur l'avenir de cette province considérée par les Serbes comme le berceau de leur nation. Composée à 90% d'albanophones, la région est administrée par les Nations unies et l'OTAN depuis 1999.]

SOMALIE

_28 décembre, Mogadiscio. Les troupes gouvernementales somaliennes, soutenues par l'Ethiopie, entrent dans Mogadiscio, désertée par les milices islamistes, assure le Premier ministre somalien, Ali Mohamed Gedi.

[Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi estime que les combats menés depuis le 24 décembre entre les troupes gouvernementales et les forces islamistes auraient fait "peut-être entre 2'000 et 3'000 morts" côté islamiste. Interrogé pour savoir quand se retirerait l'armée éthiopienne, M. Meles a répondu : "On espère dans les prochains jours, peut-être, ou dans les prochaines semaines, mais sûrement pas dans des mois".]

_24 décembre, Addis-Abeba. L'Ethiopie annonce son entrée en guerre en Somalie contre les islamistes somaliens, au côté du gouvernement intérimaire somalien retranché à Baidoa, pour "protéger sa souveraineté". "Les forces de défense éthiopiennes ont été contraintes d'entrer en guerre pour protéger la souveraineté de la nation et repousser les attaques répétées des terroristes des Tribunaux islamiques et des éléments anti-éthiopiens qui les soutiennent", déclare le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi dans une allocution télévisée.

SUISSE

_6 octobre, Berne. Christoph Blocher confirme son intention de "vouloir supprimer [la] contradiction ["entre le principe de la liberté d'expression et la norme pénale antiraciste"] par une révision de l'article 261bis du Code pénal". Le ministre de la justice considère comme "irritant qu'en raison d'une norme pénale, l'opinion d'un professeur posant un jugement sur des événements historiques turcs [le génocide arménien] déclenche des poursuites pénales".

[Selon Christoph Blocher, le ministre turc de la justice, Cemil Cicek, lui a donné "l'assurance que la Turquie était prête à mettre en place une commission composée d'historiens de différents pays qui auraient libre accès aux archives de Turquie et d'Arménie, et que la Turquie accepterait les résultats des investigations".]

_4 octobre, Ankara. En visite en Turquie, le ministre suisse de la justice et de la police, Christoph Blocher, critique l'article 261 bis du Code pénal suisse, qui réprime notamment les propos négationnistes.

"Cet article me fait mal au ventre", affirme le ministre. Il a été adopté en 1994 pour empêcher des propos négationnistes relatifs à l'Holocauste. "Personne n'aurait alors pensé qu'il traînerait en justice un éminent historien turc", l'historien turc Yusuf Halacoglu, poursuivi pour des propos niant le génocide arménien tenus en Suisse, assure Christoph Blocher, en invoquant la liberté d'expression.#

 plus d'info L'article 261 bis du Code pénal

[L'association Suisse-Arménie a qualifié ces déclarations d'"irresponsables". "Elles sont d'une gravité inouïe et portent atteinte à l'indépendance de la Suisse", a commenté son co-président Sarkis Shahinian. Selon lui, Christoph Blocher "ridiculise la Suisse en la transformant en tapis rouge pour les pires négationnistes. Et il se ridiculise lui-même en définissant Yusuf Halacoglu d'éminent historien turc".]

TURQUIE

_12 octobre, Oslo. Le Prix Nobel de littérature décerné à l'écrivain turc Orham Pamuk. Le comité Nobel a choisi de récompenser un écrivain "qui à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entralacement des cultures".

[Courroné de nombreux prix littéraires, Orhan Pamuk, 54 ans, est l'auteur d'une œuvre décrivant les déchirements de la société turque entre orient et occident. Il est la cible des nationalistes pour sa défense des causes arménienne et kurde.]

_5 octobre, Ankara. En visite officielle en Turquie, la chancelière allemande Angela Merkel demande à la Turquie de reconnaître Chypre. C'"est une condition préalable. Il faut pouvoir régler cette question pour la continuation des pourparlers" d'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, déclare-t-elle lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

[Angela Merkel a sommé la Turquie d'appliquer le protocole dit d'Ankara et d'ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes. La Turquie a en effet signé, en juillet 2005, ce texte qui étend son union douanière avec l'UE aux dix Etats membres entrés dans l'Union en 2004, dont la partie grecque de Chypre. Mais Ankara refuse toujours d'appliquer cet accord à la République de Chypre, internationalement reconnue, mais que la Turquie ne reconnaît pas.]

VATICAN

_25 décembre, Rome. Benoît XVI appelle à la fin des "conflits fratricides" au Darfour et dans toute l'Afrique, ainsi qu'à la réconciliation au Sri-Lanka, dans son message au monde prononcé le jour de Noël. "Je lance un appel à tous ceux qui ont entre les mains les destinées de l'Irak, pour que cesse la violence atroce qui ensanglante le pays".

"Avec une forte appréhension, je pense en ce jour de fête à la région du Moyen-Orient, marquée par d'innombrables et graves crises et conflits, et je souhaite qu'elle s'ouvre à des perspectives de paix juste et durables, dans le respect des droits inaliénables des peuples qui la composent", ajoute le pape.

Benoît XVI a salué "les signaux de reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens" et souhaité "que survive et progresse un Liban démocratique, ouvert aux autres, dans le dialogue entre les cultures et les religions".

_24 décembre, Rome. Benoît XVI rappelle "la valeur de la vie de tout être humain" à l'occasion de la prière de l'angelus précédant Noël. "Dans ce monde où Jésus a voulu se faire le compagnon de voyage de chacun de nous, personne n'est étranger", ajoute le pape. "C'est vrai, sous sommes tous de passage [..], mais il nous demande de rendre la maison accueillante à tous [...] à vaincre les préjugés, abattre les barrières et éliminer les oppositions qui divisent, ou pire qui opposent les individus et les peuples, pour construire un monde de justice et de paix". #

_28 novembre, Ankara. Après la violente controverse provoquée par les propos de Benoît XVI à Ratisbonne sur l'islam, le pape et les autorités turcs affichent leur volonté de conciliation. A son arrivée à Ankara, le pape, accueilli par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, appelle chrétiens et musulmans à "un dialogue authentique basé sur la vérité".

Benoît XVI souligne que ce dialogue est "une nécessité vitale, dont dépend dans une large mesure notre avenir". "Chrétiens et musulmans appartiennent à la famille de ceux qui croient en un Dieu unique", a-t-il rappelé en citant le concile Vatican II. "Le meilleur moyen d'aller de l'avant est un dialogue authentique entre chrétiens et musulmans, basé sur la vérité et inspiré du désir sincère de se connaître mieux l'un l'autre, en respectant nos différences et en reconnaissant ce que nous avons en commun", a estimé le chef de l'Eglise catholique.

[Le pape a insisté sur les présupposés d'un tel dialogue : les religions doivent respecter "la légitime autonomie des choses temporelles". Il leur est interdit de vouloir exercer "un pouvoir politique direct". Le croyant doit « renoncer à justifier le recours à la violence comme expression légitime de la pratique religieuse".

"Les religions sont faites pour la paix et la réconciliation et ne devraient pas être interprétées autrement", a rappelé Benoît XVI, qui a mis l'accent sur l'importance d'une liberté religieuse "garantie institutionnellement et respectée effectivement, aussi bien pour les individus que pour les communautés". Une telle liberté "constitue pour tous les croyants la condition nécessaire à leur contribution loyale à l'édification de la société", "spécialement envers les plus vulnérables et les plus pauvres", a-t-il souligné.]

VENUZUELA

_3 décembre, Caracas. Leader de la "révolution bolivarienne", Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1998, remporte sa troisième élection présidentielle, avec près de 62% des voix. Son challenger, le social-démocrate Manuel Rosales, reconnaît sa défaite.

[Dans un discours enflammé contre les Etats-Unis, et devant des milliers de personnes en chemise rouge, Hugo Chavez a averti que son pays ne serait "jamais une colonie américaine". "Longue vie à la révolution", a-t-il lancé.]


–––> ET AUSSI... <–––––––––––––––––––––––––

_LIBERTE DE LA PRESSE

_31 décembre, Paris. Le nombre de journalistes tués dans le monde a atteint 81 en 2006, l'année la plus meurtrière depuis 1994 (103), annonce Reporters sans Frontières (RSF), précisant que 56 autres avaient été enlevés, principalement en Irak et dans la bande de Gaza.

Selon l'organisation de défense de la liberté de la presse, les 81 journalistes tués "dans l'exercice de leur métier ou pour avoir exprimé leurs opinions" (63 en 2005) l'ont été dans 21 pays. Par ailleurs, précise-t-elle, 32 "collaborateurs des médias" ("fixeurs", chauffeurs, traducteurs, techniciens, agents de sécurité, etc...) ont également été trouvé la mort en 2005.

L'Irak reste, pour la quatrième année consécutive, le pays le plus dangereux pour les professionnels des médias (64 journalistes et collaborateurs tués), suivi par le Mexique (9), les Philippines (6), la Russie, le Liban...

_23 décembre, New York. Le Conseil de sécurité des Nations unies condamne les attentats délibérés perpétrés contre les journalistes et les professionnels des médias en période de conflit armé.

Par la résolution 1738, adoptée à l'unanimité, le Conseil, qui relève que les journalistes doivent être considérés comme des personnes civiles et doivent être respectés et protégés en tant que tels, à la condition qu'ils n'entreprennent aucune action qui porte atteinte à ce statut, ”rappelle les principes fondamentaux de la liberté de la presse et réaffirme la nécessité de prévenir les violences commises à l'encontre des journalistes et de juger leurs auteurs”.

 plus d'info La résolution du Conseil [pdf 40 ko]

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