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2006-L'actualité des droits de l'homme dans le monde


__L'Irak en proie à des affrontements qui opposent les communautés sunnites et chiites


 2006  | Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre |
| Octobre | Novembre | Décembre |

DECEMBRE 

_30 DECEMBRE. L'ancien président Saddam Hussein pendu peu avant six heures du matin à Bagdad. Avant de mourir, il a mis le peuple irakien en garde contre la "coalition iranienne" qui gouverne son pays et exhorté les Irakiens à "rester unis". La télévision irakienne a diffusé, dans la matinée, des images de cette exécution.

[Agé de 69 ans, Saddam Hussein avait été arrêté en décembre 2003. Sa mort met fin à toutes les poursuites qui avaient été engagées contre lui, en particulier le procès Anfal, où il était jugé pour génocide contre la population kurde et accusé d'être responsable de la mort de 180'000 personnes en 1987-1988. L'ancien dictateur a été condamné à mort par pendaison le 5 novembre 2006 pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, au nord de Bagdad, tués en représailles après un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982. L'appel de sa condamnation avait été rejeté le 26 décembre.]

_28 DECEMBRE. La cour d'appel du Haut tribunal pénal rend public l'arrêt rejetant l'appel de Saddam Hussein et ordonnant sa condamnation à mort par pendaison sous 30 jours, "à n'importe quel moment à partir [du 27 décembre]".

La Cour a "approuvé la condamnation pour crime contre l'humanité et la peine, prononcée contre les condamnés Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti, Awad al-Bandar, de pendaison jusqu'à ce que mort s'ensuive". Les juges ont estimé que "les actes attribués aux condamnés [...] sont des crimes nationaux et internationaux qui ont été commis en violation des lois irakiennes et internationales. Ils ne doivent pas rester impunis [...]. Il est du devoir de l'Etat d'appliquer son autorité contre les condamnés".

_27 DECEMBRE. Dans une lettre "au peuple irakien", rédigé en novembre, avant le rejet de son appel par la justice irakienne, Saddam Hussein appelle ses compatriotes à rester uni "face à ses ennemis".

"Je me sacrifie. Si Dieu le veut, il ordonnera de me placer auprès des martyrs et des vrais hommes", clame le dictateur déchu qui, en s'adressant aux Irakiens, affirme que "les ennemis du pays, les envahisseurs et les Perses [...] tentent de semer la haine entre vous".

"Je vous appelle à ne pas céder à la haine. Je vous demande de ne pas haïr les peuples de ces gouvernements qui nous ont attaqués et de faire la différence entre les gouvernants et les citoyens d'un peuple", poursuit le texte, qui se conclut par "longue vie à l'Irak. Longue vie à la Palestine. Longue vie au jihad et aux moujahidin. Dieu est grand. Qu'il maudisse les misérables. Peuple fidèle, je te fais mes adieux alors que je remets mon âme au Dieu miséricordieux".

_26 DECEMBRE. La Cour d'appel du Haut Tribunal pénal a ratifié le verdict d'exécution de Saddam Hussein", déclare un porte-parole de l'institution, Raëd Jouy. L'ancien dictateur devrait être exécuté dans les trente jours, et "à n'importe quel moment à partir de mercredi [27 décembre]", a précisé un juge de la Cour d'appel.

Ce jugement doit encore être ratifié par le président de la République, Jalal Talabani, et les deux vice-présidents. Selon les statuts du tribunal, aucune autorité, pas même le président, ne peut user du droit de grâce ni commuer les peines prononcées.

La cour d'appel a également confirmé la peine de mort contre Barzan Al-Tikriti, demi-frère du président déchu et ancien chef des services de renseignement, et contre Awad Al-Bandar, président du tribunal de la révolution aujourd'hui dissous, ainsi que la condamnation à quinze ans de prison de trois autres accusés. Seule la peine de prison à perpétuité, qui avait été requise à l'encontre de l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, a été contestée. Les faits qui lui sont reprochés, a décidé la Cour, requièrent la peine de mort.

[Saddam Hussein avait été condamné à mort par pendaison le 5 novembre 2006 pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, mais l'ancien dictateur avait fait appel. Il est également poursuivi pour avoir ordonné les campagnes militaires d'Anfal en 1987 et 1988 au Kurdistan. Il y aurait eu 180'000 Kurdes tués. La décision de la Cour d'appel a été saluée par les Etats-Unis, qui ont estimé qu'elle "ferait date dans les efforts effectués par les Irakiens pour remplacer la loi du tyran par l'Etat de droit", ajoutant que l'ancien "tyran" avait eu un procès juste.]

_6 DECEMBRE. James Baker remet à George Bush le rapport du Groupe d'études sur l'Irak. Le rapport, qui contient 79 recommandations, vise un retrait des troupes américaines d'Irak d'ici à 2008. Il exhorte aussi le président américain à lancer une "offensive diplomatique" avant le 31 décembre 2006, en ouvrant un dialogue direct avec l'Iran et la Syrie. Il appelle enfin à un "engagement renouvelé" pour la résolution du conflit israélo-palestinien.

[Le rapport de James Baker souligne que les Etats-Unis sont confrontés en Irak à une situation "grave et [qui] se détériore". Et si la situation continue à se détériorer, il y a un risque de "glissement vers le chaos [qui] pourrait déclencher l'effondrement du gouvernement irakien et une catastrophe humanitaire".

Le rapport recommande également à George Bush de menacer le gouvernement irakien de perdre le soutien "politique, militaire et économique" des Etats-Unis s'il ne fait pas des progrès substantiels en termes de sécurité et de réconciliation nationale. "Si le gouvernement irakien ne fait pas des progrès substantiels vers des objectifs de réconciliation nationale, sécurité et gouvernance, les Etats-Unis devraient réduire leur soutien politique, militaire et économique au gouvernement irakien", indique-t-il.]

K. Annan_4 DECEMBRE. Pour Kofi Annan, la situation en Irak est "pire" que la guerre civile. Dans un entretien à la BBC, le secrétaire général des Nations unies souligne "le niveau de violence, le nombre de personnes tuées, l'amertume et la façon dont les forces s'organisent les unes contre les autres". "Il y a quelques années, lorsque nous avons eu le conflit au Liban et ailleurs, nous qualifiions cela de guerre civile", précise-t-il. En Irak, "c'est encore pire".Haut de page

[Dans cet entretien, Kofi Annan reconnaît également que la vie des Irakiens est aujourd'hui plus difficile que lors de la dictature de Saddam Hussein. "Si j'étais un Irakien moyen, je ferais de toute évidence la même comparaison, à savoir qu'il y a eu un dictateur qui était brutal mais qu'à l'époque, les rues étaient sûres, ils pouvaient sortir, leurs enfants pouvaient aller à l'école et revenir à la maison sans qu'ils s'inquiètent".]

NOVEMBRE 

_27 NOVEMBRE. S'exprimant devant la presse à New York, Kofi Annan estime que l'Irak est au bord de la guerre civile, après des violences sans précédent qui ont fait plus de 200 morts parmi la population civile irakienne. ”Nous y allons, à moins de prendre des mesures urgentes pour mettre fin à la détérioration de la situation”, ajoute le secrétaire général des Nations unies.

[Le Représentant spécial de Kofi Annan pour l'Irak, Ashraf Qazi, a, de son côté, condamné ”le cercle vicieux des assassinats religieux perpétrés par vengeance, qui déchirent le tissu politique et social de l'Irak. Aucun pays ne saurait tolérer un tel cancer dans son corps politique”.]

_19 NOVEMBRE. L'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger juge impossible une victoire militaire américaine en Irak. "Si vous voulez dire par victoire militaire claire, un gouvernement irakien dont l'autorité s'étende à l'ensemble du pays, qui en finisse avec la guerre civile et les violences interconfessionnelles, je ne pense pas que cela soit possible".

"Il faudrait convoquer une conférence internationale à laquelle participeraient les voisins [de l'Irak], peut-être les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays qui ont grand intérêt à ce que la situation soit résolue", ajoute Henry Kissinger.

_22 NOVEMBRE. Le nombre de civils tués en Irak a atteint un niveau record en octobre. "Je pense que le type de violence a changé au cours de ces derniers mois", déclare Gianni Magazzeni, le chef de la Mission d'assistance des Nations unies à Bagdad. "Il y a eu une forte augmentation des violences interconfessionnelles, des activités terroristes et rebelles, mais aussi des violences des milices et des groupes criminels", ajoute-t-il, indiquant que "ce phénomène" s'était généralisé depuis le dynamitage en février, par des rebelles sunnites, d'un mausolée chiite à Samarra, au nord de Bagdad.

Cette violence provoque des déplacements de personnes et de communautés entières dans le pays, souligne par ailleurs le rapport. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est aussi de plus en plus inquiet face au nombre de déplacés en Irak et face à la hausse du nombre de réfugiés Iraquiens dans les pays voisins.

Le HCR estime à environ 1,6 millions le nombre d'Irakiens déplacés à l'intérieur de l'Irak et à plus de 1,8 million à l'extérieur. Beaucoup étaient déplacés avant 2003, mais un nombre de plus en plus important fuit maintenant.

[Le nombre de civils tués en Irak en un mois a atteint un niveau record en octobre avec 3'709 morts, selon le rapport des Nations unies. Ce nombre dépasse celui du mois de juillet, pendant lequel 3'590 personnes avaient été tuées. "Des dizaines de corps de personnes apparemment exécutées, mains ligotées, yeux bandés, portant des traces de torture, continuent d'apparaître dans différentes zones de Bagdad", souligne le rapport. "Des témoins ont rapporté que les auteurs de ces violences portent l'uniforme de milices, de la police ou de l'armée", précise-t-il. "La population civile continue d'être la victime d'actes terroristes, d'engins explosifs, de tirs, d'abus de la police et d'enlèvements et se trouve le plus souvent entre le feu de la police et des rebelles".]

_2 NOVEMBRE. Le président américain George Bush reconnaît de façon très nette que la situation en Irak est un "sérieux sujet d'inquiétude" pour lui-même et pour le peuple américain. Il appelle le gouvernement irakien à prendre des "mesures audacieuses" et affirme que la patience des Etats-Unis n'est "pas illimitée".Haut de page

OCTOBRE 

_19 OCTOBRE. Les autorités américaines reconnaissent que la mission de sécurisation de Bagdad est un échec. Lancée le 7 août, la campagne baptisée "Forward together" pour arrêter la violence à Badgad n'a pas donné les résultats espérés.

_13 OCTOBRE. Dans un entretien publié par le quotidien Daily Mail (conservateur), le chef de l'armée britannique, le général Richard Dannatt, préconise un retrait rapide des troupes britanniques déployées en Irak, car leur présence dans ce pays "exacerbe" les problèmes que la Grande-Bretagne rencontre en matière de sécurité. Le patron de l'armée souhaite que les quelque 7'000 soldats qui opèrent en Irak "se retirent bientôt".

”L'intention initiale était de mettre en place une démocratie libérale qui serve d'exemple pour la région, qui soit pro-occidentale et qui puisse avoir un effet bénéfique sur l'équilibre au Proche-Orient. C'était notre espoir, et quant à savoir si c'était un espoir raisonnable ou naïf, l'histoire en jugera. Je ne crois pas que nous soyons en train de réaliser ça. Je crains que nous ne devions réviser à la baisse notre ambition", déclare le général Dannatt.

SEPTEMBRE 

_30 SEPTEMBRE. George Bush rejette l'idée selon laquelle l'intervention des forces militaires des Etats-Unis et de la coalition en Irak en 2003 ait aggravé la menace terroriste. Il assure également qu'un retrait prématuré de ces forces enhardirait les extrémistes.

(vignettte Bush)
[Le président américain a fait ces déclarations en réaction à la divulgation récente à la presse de certains passages d'un rapport des services de renseignement américains qui, a-t-il dit, "ont suscité un vif débat [...] et beaucoup de malentendus concernant les conclusions du document".

Ce rapport, a-t-il précisé, conclut en fait que les extrémistes exploitent quatre facteurs afin d'attirer des partisans : "Tout d'abord, des griefs de longue date tels que la corruption, l'injustice et la crainte d'une domination occidentale ; deuxièmement, le djihad en Irak; troisièmement, la lenteur des réformes dans les Etats musulmans; enfin, un anti-américanisme très répandu".

Il ne faut pas "se laisser convaincre par la propagande de l'ennemi que les terroristes nous attaquent en raison de nos provocations", a souligné George Bush. Si les terroristes ciblent les Etats-Unis et les Américains, c'est "parce qu'ils détestent tout ce que représentent les Etats-Unis, et parce qu'ils savent que nous bloquons la voie à leur ambition de se rendre maîtres du Moyen-Orient".]

_27 SEPTEMBRE. Selon un rapport publié par les Nations unies, l'Irak est devenu "un excellent terrain d'entraînement" pour Al-Qaida. Le rapport, rédigé par le Comité sur les activités d'Al-Qaida et des talibans, relève que "de nouveaux engins explosifs sont maintenant utilisés en Afghanistan, dans le mois qui suit leur première apparition en Irak. Et, bien que l'on n'ait pas encore vu de talibans combattre ailleurs qu'en Afghanistan ou au Pakistan, selon certaines informations, certains suivraient un entraînement en Irak et en Somalie".

"La violence s'est considérablement intensifiée en Afghanistan et n'a pas diminué en Irak, où la part de violence imputable à Al-Qaida reste disproportionnée par rapport à ses effectifs, ajoute le rapport, qui précise que le mouvement terroriste joue un rôle central dans les combats et a encouragé la montée de la violence sectaire" en Irak. Haut de page

_11 SEPTEMBRE. "L'Irak est devenu aujourd'hui l'une des zones de conflit les plus violentes dans le monde" avec une centaine de morts par jour, affirme le dernier rapport de Kofi Annan. "D'après les chiffres les plus récents communiqués par le gouvernement irakien, le nombre de civils tués a augmenté considérablement et représente en moyenne une centaine de personnes par jour et plus de 14'000 personnes seraient blessées tous les mois, indique le rapport remis au Conseil de sécurité des Nations unies.

Pus d'info Le rapport des Nations unies [pdf 100 ko]

"Depuis l'attaque de Samarra, le 22 février 2006, environ 200'000 personnes ont été déplacées. Il s'agit là d'une évolution inquiétante qui, si elle se poursuit, risque d'entamer le tissu politique et social du pays", souligne le secrétaire général des Nations unies.

Selon le rapport, les attaques lancées par les insurgés, les milices et les terroristes, ainsi que les violations flagrantes des droits de l'homme - meurtres, enlèvements, tortures - sont toujours aussi nombreuses dans la plupart des régions. Un grand nombre de victimes sont des femmes, des enfants et des minorités.

"L'intensification des activités des milices est à la fois une cause et une conséquence de l'aggravation de l'insécurité et de la multiplication des violations des droits de l'homme. Tant que les Irakiens ne seront pas absolument convaincus que le nouveau gouvernement et ses forces de sécurité agissent de manière impartiale et responsable, on risque de voir apparaître un cercle vicieux où l'intensification des activités des milices engendre une peur et une insécurité croissantes, ce qui provoque à son tour un nouvel accroissement des activités des milices", estime Kofi Annan qui engage à "briser ce cercle vicieux".

_3 SEPTEMBRE. "Nous avons arrêté le numéro deux d'Al-Qaida en Irak, Hamed Joumaa al-Saïdi. C'est l'adjoint direct de Abou al-Masri, le chef d'Al-Qaida", déclare le conseiller à la sécurité Mouaffaq al-Roubaïe, sur la chaîne de télévision publique "Iraqia".

[Ce sont les informations recueillies après la mort du chef d'Al-Qaida, le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui ont conduit les forces de sécurité irakiennes à arrêter al-Saïdi. L'Egyptien Abou al-Masri a succédé à la tête d'Al-Qaida à Zarkaoui, tué le 7 juin 2006 dans une attaque aérienne de l'armée américaine près de Baaqouba, à une soixantaine de kilomètres au nord de Bagdad.]

_1er SEPTEMBRE. Le Pentagone [ministère américain de la défense] publie un rapport qui indique que "les conditions qui pourraient mener à une guerre civile sont réunies en Irak". C'est la première fois que la situation est officiellement dépeinte de façon aussi sombre par les Etats-Unis.

Selon ce rapport rédigé à la demande du Congrès, le nombre hebdomadaire d'attaques a augmenté de 15% en trois mois et celui des victimes irakiennes - civiles et militaires - de 51%. Le bilan est de 3'000 morts par mois, dont les deux tiers dans des violences interconfessionnelles. La morgue de Bagdad a reçu 1'600 corps en juin et 1'800 en juillet, dont 90 % portaient des traces d'exécution. "Le conflit central s'est transformé en un combat entre les extrémistes chiites et sunnites pour contrôler les secteurs clefs de Bagdad et détourner les ressources économiques. Les escadrons de la mort et les terroristes sont enfermés dans des cycles de violence qui se renforcent mutuellement", indique le rapport.

AOUT 

_3 AOUT. L'Irak peut sombrer dans la guerre civile si la violence sectaire à Bagdad n'est pas arrêtée" déclare, devant la commission des armées du Sénat, le général John Abizaid, qui dirige les forces américaines en Irak.Haut de page

Le général Abizaid, qui assure que "la violence sectaire en Irak est probablement la pire qu'[il a] jamais vue", définit trois objectifs pour le Pentagone au Moyen-Orient, "où la situation a rarement été aussi incertaine et volatile" : vaincre le réseau terroriste Al-Qaida, dissuader l'Iran de fabriquer l'arme nucléaire et trouver une solution au conflit israélo-arabe.

JUILLET 

_23 JUILLET. Les tortures et sévices commis par l'armée américaine dans les prisons en Irak étaient répandus et autorisés, y compris après le scandale d'Abou Ghraib, en 2004, selon Human Rights Watch (HRW), qui estime qu'il "est temps que les dirogeants amérivcains rendent compte de leurs actes".

L'enquête de l'organisation de défense des droits de l'homme, intitulée : "Pas de sang, pas de bavure. Récits de soldats sur les sévices infligés aux détenus en Irak" [ No blood, no foul : soldiers's accounts of detainee abuse in Iraq], rendue publique le 23 juillet 2006, est fondé sur des témoignages "de première main" recueillies par HRW auprès de "membres du personnel militaire américain", l'organisation évoque les sévices auxquels "ont été régulièrement soumis" les détenus "aux mains des Etats-Unis en Irak", entre 2003 et 2005.

La torture était, selon John Sifton, auteur du rapport, "une pratique bien établie et apparemment autorisée dans les procédures de détention et d'interrogatoires" américaines en Irak.

Plus d'info

_18 JUILLET. Quelque 5'818 civils ont été tués et au moins 5'672 blessés pendant les mois de mai et juin en Irak, indique un rapport des Nations unies, qui s'inquiètent du nombre de déplacés désormais voisin de 150'000 personnes. "Les assassinats, les enlèvements et la torture demeurent fréquents [...], le nombre de civils tués continue à croître", précise le rapport, qui note que 244 femmes et 71 enfants ont été tués pendant cette période. La grande majorité des victimes se situe à Bagdad.

Selon les Nations unies, cela porte à 14'338 civils tués sur les six premiers mois de l'année. Les professionnels de la justice, de l'éducation et de la santé sont particulièrement touchés. Depuis 2003, on dénombre - et le chiffre est "probablement en dessous de la réalité" - plus de "50'000 morts violentes".

[La Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (Manui) dénonce "le nombre croissant de pertes en vies humaines parmi la population civile, notamment les personnes tuées ou blessées au cours d'attaques perpétrées sans discernement ou ciblées, menées par les terroristes, les insurgés, ainsi que par les milices et les bandes de malfaiteurs". "L'enlèvement d'individus ou de groupes pour des motifs de rançon ou pour des motivations politiques continue également de croître", indique-t-elle.

Se félicitant de la libération de 3'000 détenus par le gouvernement, la mission des Nations unies exprime cependant sa préoccupation face aux allégations de torture dans les centres de détention administrés par le ministère de l'Intérieur.

Le rapport bimensuel souligne aussi que "si les forces de sécurité travaillent dans des conditions extrêmement difficiles", elles sont parfois la source des violations des droits de l'homme et autres. "Les violences sectaires continuent de forcer les populations à fuir à un rythme alarmant. Les mosquées et les chefs religieux ont été victimes d'attaques tandis que les professeurs, enseignants et étudiants continuent d'être gravement affectés par la violence".]Haut de page

_6 JUILLET. Le chaos s'étend dans la capitale irakienne. Des seigneurs de guerre, violents et puritains, s'y taillent des fiefs islamistes et imposent une "talibanisation" rampante à des millions d'habitants terrorisés, constate ”Le Monde” qui décrit, dans un reportage de son envoyé spécial, le ”chaos sécuritaire” (attentats, meurtres, enlèvements) qui règne à Bagdad.

Le quotidien français présente ainsi, en une, le reportage de Patrice Claude : "Bagdad sous la loi des seigneurs de la guerre et des islamistes. Un Etat fantôme, qui ne contrôle rien de la capitale irakienne, survit dans la "zone verte", 5 km2 ultra fortifiés au centre-ville de Bagdad. Les mouqanaayins, les "hommes masqués", sont maîtres de la ville, et Bagdad s'enfonce dans le chaos. Chaque quartier a désormais son "émir", seigneur de la guerre, juge de paix et cheikh religieux. Près d'un millier de personnes sont tuées chaque mois, pour rien, pour avoir fait du sport en short… Les femmes ne sortent plus sans chaperon et n'ont plus le droit de conduire. S'installe peu à peu une "talibanisation" rampante".

JUIN 

_13 JUIN. George W. Bush effectue une visite surprise en Irak. Il rencontre, à l'ambassade des Etats-Unis, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et ses ministres de la défense, de l'intérieur et du pétrole. Le président américain se dit déterminé à "réussir et à vaincre le terrorisme”. Il affirme que l'avenir de l'Irak est entre les mains des nouveaux dirigeants irakiens, mais que les Etats-Unis resteront à leurs côtés et leur apporteront leur aide.

_8 JUIN. Le chef présumé d'Al-Qaida en Irak, le Jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, a été tué, annonce le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki.

_31 MAI. Six mois après les faits, les mises en cause s'accumulent contre l'armée américaine, soupçonnée d'avoir tué 24 civils irakiens, dont des femmes et des enfants, le 19 novembre 2005, dans la ville irakienne de Haditha (nord-ouest de Bagdad) en représailles après la mort d'un de ses hommes.

Selon le "New York Times", le colonel Gregory Watt, l'officier en poste en Irak qui a conduit cette enquête en février et en mars, est parvenu à la conclusion que les victimes ont été exécutées par balle, vraisemblablement par les marines, victimes d'une embuscade de la guérilla.

[Les coupables seront punis, a affirmé George Bush. "Ceux qui ont enfreint la loi, si la loi a été enfreinte, seront punis", a déclaré le président américain, qui a rappelé que des "investigations approfondies", menées par les militaires, étaient en cours afin de savoir si les marines ont tenté de travestir la vérité après la tuerie.]

_20 MAI. Le Parlement irakien vote la confiance au gouvernement d'union nationale du nouveau Premier ministre Nouri Al-Maliki - un chiite. Deux femmes, dont une chrétienne, figurent au sein de ce gouvernement (portefeuilles des droits de l'homme et des affaires féminines). Les trois portefeuilles touchant à la sécurité (Défense, Intérieur et Sécurité nationale) n'ont pu être pourvus.

[Selon le président Jalal Talabani, un Kurde, le nouveau gouvernement "réalisera la sécurité, la stabilité, la paix et la prospérité. En travaillant avec notre peuple et nos alliés, [il] purgera l'Irak de ses forces malfaisantes, lui permettant de redevenir indépendant et prospère".]

MAI 

_23 MAI. Les droits de l'homme en Irak continuent de faire l'objet de graves menaces liées à l'augmentation de l'insécurité, au niveau élevé de violence et à la dissolution de l'ordre public suite aux actions des milices et des gangs criminels, indique un nouveau rapport de la Mission des Nations unies en Irak.Haut de page

"Depuis l'attaque du 22 février [2006] contre le mausolée d'Al Askari à Samarra, les meurtres interethniques, les intimidations et les menaces sont devenues l'une des formes les plus caractéristiques des violations des droits de l'homme. En conséquence, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays s'est considérablement accru, affectant de nombreuses communautés et causant des tensions supplémentaires liées aux conditions socio-économiques", indique la Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (Manui) dans son dernier rapport sur les droits de l'homme qui couvre la période du 1er mars au 30 avril 2006.

Plus d'info

AVRIL 

_21 AVRIL. Le Parlement irakien - élu le 15 décembre 2005 - désigne le chiite Jawad Al-Maliki comme premier ministre. Jawad Al-Maliki, 56 ans, qui dispose d'un délai maximum de trente jours pour former son gouvernement, a été l'un des principaux chantres de la politique de "débaassisation" des structures de l'Etat. Il était également un membre influent du comité chargé d'élaborer la Constitution.

Les députés ont élu l'Arabe sunnite Mahmoud Machhadani, président du Parlement. Le kurde sunnite Jalal Talabani a été reconduit dans sa fonction de président de la République - qu'il occupait à titre transitoire.

["Les trois nouveaux présidents se sont engagés à construire un Etat de droit pour tous les citoyens, sans distinction d'appartenance communautaire ou ethnique, écrit Mouna Naïm dans le quotidien Le Monde [25.04.06]. Le premier ministre a promis de fondre, au sein de l'armée nationale, les milices dont disposent la plupart des formations politiques. Une loi en ce sens avait été adoptée en 2004, sans être appliquée. Avant de la mettre en actes, M. Al-Maliki doit déjà relever le pari du choix des ministres, notamment les détenteurs des portefeuilles dits de souveraineté, convoités par les différents partis et communautés".]

_9 AVRIL. Série d'attentats sanglants contre la communauté chiite :

le 6 avril , un attentat fait 13 morts près d'un sanctuaire chiite à Najaf, dans le sud de l'Irak;
le 7 avril, trois kamikazes déguisés en femmes se font exploser dans la mosquée chiite de Bouratha, au nord de Bagdad, faisant 79 morts et près de 200 blessés;
le 8 avril, un kamikaze à bord d'une voiture piégée vise des pèlerins, près de mausolées chiites à Moussayeb, à 70 km au sud de Bagdad, faisant 6 morts et 21 blessés.

K. Annan [Kofi Annan a condamné "avec la plus grande fermeté" l'attentat de la mosquée Bouratha. "Cette attaque et l'attentat contre le lieu saint du tombeau de l'Imam Ali à Nadjaf démontrent clairement qu'il existe en Irak des forces déterminées à alimenter la violence interreligieuse et à exploiter les difficultés actuelles rencontrées dans la formation du nouveau gouvernement", a déclaré le secrétaire général des Nations unies. "Cela souligne qu'il faut que les leaders politiques résolvent d'urgence leurs désaccords, dans l'intérêt de la nation", a-t-il ajouté.
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Abdel Aziz Hakim "J'ai un message à l'intention des terroristes : nous allons vous combattre et vous anéantir avec la volonté de Dieu", a déclaré de son côté Abdel Aziz Hakim, le chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII - le parti le plus puissant de l'alliance chiite qui domine le gouvernement irakien). Les attentats sont destinés à "nous empêcher d'aller de l'avant dans le processus politique, de nous conduire dans une impasse et de nous terroriser", a-t-il affirmé. "Mais nous disons aux terroristes : vous ne pourrez pas arrêter notre marche quels que soient vos crimes. Vous n'êtes pas plus forts que Saddam [Hussein, le président déchu] que nous avons fini par chasser. Il est aujourd'hui en prison et vous avez la liberté", a encore souligné le chef chiite.

En février, une attaque contre la mosquée d'or de Samarra, lieu saint chiite, avait provoqué des violences entre sunnites et chiites qui avaient fait craindre le déclenchement d'une guerre civile en Irak.]

_1er AVRIL. Un lourd climat de guerre civile sur fond de terreur s'installe en Irak, s'alarme Le Monde, qui consacre un reportage à "la Saint-Barthélemy en Irak", où "assassinats ciblés, amitiés brisées, nettoyage "ethnique" accéléré, […] signes avant-coureurs d'une guerre civile entre chiites et sunnites, se multiplient".

Le Monde "Comment débute une guerre civile, s'interroge Patrice Claude, envoyé spécial du quotidien français à Bagdad ? A quels signes tangibles la reconnaît-on ? Sur le terrain, une sorte de "nettoyage ethnique" a commencé et des milliers de familles fuient les zones mixtes. Depuis le dynamitage de la "mosquée d'or" de Samarra, l'un des sites les plus sacrés du chiisme, le fossé s'est considérablement creusé entre les deux grandes traditions islamiques. Plusieurs dizaines d'Irakiens sont retrouvés morts, chaque jour ou presque, à Bagdad et ailleurs. Le plus souvent, les tués sont jeunes. Ils ont les mains liées dans le dos, une balle dans la nuque ou un garrot autour du cou. Leurs corps, dans l'immense majorité des cas, portent des marques de torture.

"Qui est responsable de ces horreurs ? Dans la majorité chiite qui "gouverne" aujourd'hui le pays, on accuse les takfiris, autrement dit les extrémistes sunnites du fanatique jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui, d'assassiner leurs coreligionnaires pour rendre les chiites responsables du déclenchement d'une guerre civile.

"La plupart des sunnites, eux, sont convaincus que les différentes milices chiites qui écument aujourd'hui le pays et se sont infiltrées dans toutes les forces de sécurité, ont décidé de les frapper collectivement pour qu'ils se replient dans "leurs" zones traditionnelles, à l'ouest du pays". Le Monde, Paris, 1etr avril 2006.

MARS 

_20 MARS. Des Marines américains ont tué 15 civils irakiens, dont sept femmes et trois enfants, dans leurs maisons, le 19 novembre 2005, à Haditha, selon l'hebdomadaire "Time" qui publie le témoignage d'une fillette de neuf ans qui a perdu sept membres de sa famille. D'après des associations de défense des droits de l'homme, si ces accusations se vérifient, il pourrait s'agir du pire massacre délibéré de civils irakiens perpétré par des militaires américains depuis le début de la guerre en Irak il y a trois ans, écrit "Time".

[L'armée américaine a ouvert une enquête sur ces événements pour déterminer si ses troupes ont usé de la force de façon appropriée, après l'explosion d'un engin explosif au passage de leur convoi à Haditha, le matin du 19 novembre - explosion qui a causé la mort d'un Marine âgé de 20 ans. Des témoignages recueillis sur place par le magazine américain "laissent craindre des représailles sanglantes de la part des militaires qui venaient de perdre l'un des leurs".] Haut de page

_20 MARS. "Week-end antiguerre", constate Libération, qui indique que des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, les 18 et 19 mars, pour protester contre la guerre en Irak. Une mobilisation très suivie notamment aux Etats-Unis, en Italie et en Grande-Bretagne. "Trois ans après le début du conflit, le président américain [George Bush] n'a plus le choix de sa politique tant la guerre est devenue impopulaire", relève le quotidien français.

plus d'info  Le Monde  La "drôle de guerre" civile

Irak-map[REPERES. Quelque 170'000 hommes d'une vingtaine de pays sont déployés en Irak au sein de la force multinationale placée sous commandement américain. Les principaux contributeurs sont : les Etats-Unis (140'000 hommes), la Grande-Bretagne 8'000), la Corée du Sud (3'000), l'Italie (2'600) et la Pologne (1'450). 2'313 militaires américains ont trouvé la mort en Irak depuis le début du conflit. Entre 33'679 et 37'795 civils irakiens ont été tués pendant la même période, selon Iraq Body Count.]

_16 MARS. "Nous sommes loin d'une guerre civile" en Irak, même si "la situation est très inquiétante" depuis l'attentat de la mosquée de Samarra et même si "la violence entre les communautés est devenue une menace pour la sécurité" du pays, estime Ashraf Qazi, représentant spécial de Kofi Annan pour l'Irak.

"Mais, remarque-t-il, la situation est inquiétante, la violence entre les communautés est devenue une menace pour la sécurité de l'Irak aussi grande que les attaques des insurgés" contre le gouvernement et la force multinationale.

[Le 12 mars, six véhicules piégés ont explosé sur quatre marchés populaires du quartier chiite de Sadr City faisant près de 70 morts et plus de 300 blessés. En représailles, 81 lieux de culte sunnites ont été attaqués à Bagdad et 8 détruits le même jour. "La situation sécuritaire se détériore ce qui est un problème car cela affecte la qualité de la discussion politique entre les parties et complique le processus en cours pour la formation d'un gouvernement", souligne le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies.]

_6 MARS. "Il y a des signes effrayants montrant que les leçons d'Abou Ghraib n'ont pas été retenues" : telle est la conclusion d'un rapport de 48 pages sur la situation dans les prisons irakiennes rendu public à Londres par Amnesty International (AI).

Dans ce rapport, intitulé "Au-delà d'Abou Ghraib : la détention et la torture en Irak", l'organisation de défense des droits de l'homme souligne que, trois ans après l'invasion de l'Irak, la situation des droits de l'homme reste "terrible", des dizaines de milliers de personnes étant détenues "par les forces étrangères, principalement. Amnesty cite les témoignages d'anciens détenus relatant les sévices qu'ils ont subis américaines, sans être inculpées ou jugées".

Plus d'info

FEVRIER 

_28 FEVRIER. Au moins 60 personnes ont été tuées à Bagdad, notamment dans un attentat contre une mosquée chiite, au cours de la journée la plus sanglante depuis deux mois. Pour le président américain George Bush, qui "n'adhère pas à l'hypothèse d'une guerre civile", les Irakiens doivent choisir "entre le chaos et l'unité".Haut de page

Depuis la destruction de la mosquée chiite de Samarra, le bilan s'établit à près de 400 morts, selon le gouvernement irakien. D'autres sources font état de plus d'un millier de personnes tuées.

_22 FEVRIER. L'Irak plongé dans une "guerre des mosquées" après la destruction partielle d'un lieu saint chiite - le mausolée des imams Ali Al-Hadi et Hassan Al-Askari, dixième et onzième imams vénérés par les chiites à Samarra - au nord de Bagdad. L'attentat n'a fait aucune victime, mais les dégâts matériels sont importants : une partie de la coupole couverte d'or s'est effondrée et l'un des minarets a été endommagé. C'est un joyau de l'islam qui est endommagé, l'un des quatre lieux saints les plus vénérés par les chiites en Irak.

Mausolée des imams Ali Al-Hadi et Hassan Al-AskariCet attentat contre un important lieu saint chiite fait surgir le spectre d'une guerre civile. "Pour les chiites, […] c'est une agression énorme, comparable à une attaque contre La Mecque pour l'ensemble des musulmans, explique Hazim al-Naimi, professeur de science politique à l'université Moustansiriya de Bagdad, cité par l'Agence France-Presse (AFP). Nous allons assister à une montée du sectarisme après cet attentat […]. Cela peut rapprocher le pays de la guerre civile".

En dépit des appels au calme lancés par le gouvernement et les autorités religieuses chiites et sunnites, l'attentat a provoqué des représailles anti-sunnites sans précédent. Une trentaine de mosquées ont été attaquées dans le pays, et une douzaine de sunnites, soupçonnés d'être des insurgés, ont été enlevés et assassinés.

[Condamnations internationales. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Iran ont été les premiers pays à condamné l'attaque contre le mausolée de Samarra, qualifiée d'"acte inhumain" par le porte-parole du gouvernement iranien, Hamid Reza Assefi. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a déclaré qu'en perpétrant cet attentat, "les terroristes continuent à montrer qu'ils sont les ennemis de toutes les religions et de l'humanité".

Le Conseil de sécurité des Nations unies a vivement condamné ces attentats. Les membres du Conseil "notent avec préoccupation que ces actes criminels et sacrilèges ont été menés dans le dessein d'enflammer les tensions intercommunautaires et sectaires et de saper les perspectives de paix et de stabilité". Ils "appellent une fois de plus les dirigeants politiques irakiens à s'atteler avec détermination à la formation d'un gouvernement pleinement ouvert, visant à créer un Irak pacifique, prospère et uni".]

_20 FEVRIER. Excédés par les querelles entre factions irakiennes pour le partage du gouvernement - qui attend toujours d'être formé après les élections législatives du 15 décembre 2005 -, les Etats-Unis menacent de mettre fin à l'assistance militaire américaine. "Nous n'allons pas] "continuer à dépenser les ressources du peuple américain pour mettre sur pied des forces [armées et de police irakiennes] dirigées par des gens qui sont sectaires", déclare Zalman Khalilzad, ambassadeur des Etats-Unis en Irak.Haut de page

Le diplomate demande la mise en place d'une équipe ministérielle "d'union nationale", susceptible de bénéficier d'un "large soutien" populaire. Il dénonce la division du pays sur des bases "sectaires et ethniques". Des divergences opposent Kurdes, chiites et sunnites sur la répartition des portefeuilles et sur le mode de fonctionnement du gouvernement.

JANVIER 

_20 JANVIER. L'alliance irakienne unifiée (AIU), la liste chiite conservatrice, a remporté les élections législatives en Irak, indique un membre de la Commission électorale. Avec 128 sièges sur 275, elle n'obtient pas, toutefois, la majorité absolue et devra donc constituer un gouvernement de coalition pour gouverner.

La coalition kurde arrive en deuxième position du scrutin avec 53 sièges, puis vient la liste sunnite du front irakien de la Concorde, avec 44 sièges. Enfin, la liste de l'ancien premier ministre Iyad Allaoui, chiite laïque, obtient 25 sièges et celle du sunnite Salah Al-Motlak, 11 sièges.

[Répartition des sièges au sein du Parlement irakien de 275 sièges, élu le 15 décembre 2005 pour quatre ans. Alliance irakienne unifiée (chiites conservateurs) : 128/ Coalition kurde : 53/ Front irakien de la Concorde nationale (sunnites) : 44/ Liste nationale irakienne (libéraux et laïques) : 25/ Front irakien pour le dialogue national (sunnites) : 11/ Union islamique du Kurdistan : 5/ Réconciliation et Libération (sunnites) : 3/ Rissalioun (proche de la mouvance chiite radicale) : 2/ Liste Mathal Al-Aloussi, Nation irakienne : 1/ Liste turcomane : 1/ Liste Yazidis : 1/ Liste Rafidaïn (chrétiens) : 1.

La nouvelle Assemblée aura à élire, à la majorité des deux tiers, un président de la République qui chargera, à son tour, parmi les membres du groupe parlementaire le plus important, une personnalité de former un gouvernement.]

_18 JANVIER. Dans son dernier rapport (qui couvre la période du 1er novembre au 31 décembre 2005) sur les droits de l'homme en Irak, la Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (Manui) se déclare "très préoccupée" par les campagnes répétées d'attentats et d'assassinats ayant pour cible des civils, des dirigeants religieux et des mosquées. "Les femmes et les enfants continuent d'être les principales victimes de ces conflits récurrents en Irak", souligne le rapport. "Des dizaines d'enfants ont été tués au cours d'attentats aveugles ou victimes de balles perdues".

"Les leaders politiques et les responsables des différentes communautés doivent continuer à combattre de telles pratiques et s'efforcer d'améliorer les relations intercommunautaires", affirme le rapport.

La Manui se déclare par ailleurs à nouveau "très préoccupée" par la découverte, en novembre 2005, de prisons gérées par le ministère de l'Intérieur irakien dans lesquelles des sévices étaient infligés aux détenus. "L'identification de centres de détention illégaux dans toute l'Irak doit conduire la justice à faire comparaître ceux qui se sont rendus coupables de tels crimes, quelque soit leur niveau de responsabilité", conclut le rapport.

[Après les accusations de mauvais traitements infligés à des détenus d'une prison relevant du ministère de l'Intérieur irakien, Louise Arbour, haut commissaire aux droits de l'homme, avait exhorté, le 18 novembre 2005, le gouvernement à ouvrir une enquête internationale sur les conditions de détention en Irak.

Le 16 novembre 2005, Kofi Annan s'était déclaré "très préoccupé" par les informations faisant état de sévices infligés aux détenus iraquiens, dans un bâtiment du ministère de l'Intérieur irakien.]
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