droitshumains.org
2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


puce Retour
L'actualité des
droits de l'homme


Israël-map
Carte Onu.


| Janvier | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Août | Septembre | Octobre |
| Novembre | Décembre |

> JUIN

_27 juin, New York. L'ex-Premier ministre britannique Tony Blair nommé représentant du Quartet pour le Moyen-Orient, avec pour mission de mobiliser un soutien aux Palestiniens et construire "les institutions et l'économie d'un Etat viable à Gaza et en Cisjordanie".

[Tony Blair aura pour mission de "mobiliser l'assistance aux Palestiniens", d’"aider à identifier les besoins en matière de gouvernance institutionnelle" et de "concevoir des mesures pour promouvoir le développement économique, y compris par l'intermédiaire de partenariats avec le secteur privé". Il sera assisté d'une "petite équipe d'experts, basés à Jérusalem, qui seront détachés des pays et des institutions partenaires". Le Quartet est composé des Etats-Unis, de la Fédération de Russie, des Nations unies et de l'Union européenne.]

_25 juin, Gaza. Le Premier ministre limogé du Hamas, Ismaïl Haniyeh, déclare qu'il est prêt à reprendre le dialogue interpalestinien interrompu après les violences qui ont opposé Fatah et Hamas dans la bande Gaza. Selon Ismaïl Haniyeh, le Hamas a "accueilli favorablement l'appel lancé par le président [égyptien] Moubarak à Charm el-Cheikh en faveur d'une reprise du dialogue interpalestiniens"et  "est disposé à reprendre immédiatement ce dialogue".

_25 juin, Charm el-Cheikh [Egypte]. Sommet israélo-arabe pour tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient : à l'invitation du président égyptien, Hosni Moubarak, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, Mahmoud Abbas, ainsi que le roi Abdallah II de Jordanie, se réunissent dans la station balnéaire égyptienne pour "donner une impulsion à la relation entre l'Autorité palestinienne et Israël".

Dans son allocution à l'ouverture du sommet Hosni Moubarak réaffirme "la nécessité d'unifier les rangs palestiniens à travers le dialogue". De son côté, Mahmoud Abbas déplore "la tragédie vécue par le peuple palestinien du fait du coup d'Etat militaire dans la bande de Gaza".

[Le Sommet, qui se tient un an jour pour jour après la capture du caporal israélien Gilad Shalit par trois groupes palestiniens, dont la branche armée du Hamas, a pour objectif de soutenir le président palestinien, Mahmoud Abbas, chef du Fatah, face au Hamas, après la prise du pouvoir par le mouvement islamiste dans la bande de Gaza].

_24 juin, Jérusalem. Le gouvernement israélien approuve "le principe" du transfert de millions de dollars dus aux Palestiniens pour renforcer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, face au Hamas, à la veille d'un sommet quadripartite en Egypte.

"Nous avons pris la décision de principe de débloquer les fonds. Nous discuterons avec le président palestinien et avec le gouvernement palestinien après le sommet [de Charm el-Cheikh] des modalités de leur transfert", déclare à l'AFP la porte-parole du Premier ministre, Miri Eisin.

_20 juin, New York. "Les actes de violence brutale commis à Gaza et les attaques menées contre les institutions légitimes du président Abbas et du gouvernement de l'Autorité palestinienne sont totalement inacceptables et doivent être condamnés", déclare Michael Williams, le coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

"En dépit de ces événements, Gaza et la Cisjordanie demeurent un seul et même territoire palestinien, légalement administré par une seule Autorité palestinienne, sous la conduite du président Abbas, qui a nommé un gouvernement d'urgence, dirigé par le Premier Ministre Fayyad", ajoute-t-il.

          Plus d'info

_18 juin, Washington et Bruxelles. Les Etats-Unis décident de reprendre "pleinement" leur aide économique au gouvernement palestinien, de "lever les restrictions financières" imposées il y a quinze mois et de "normaliser les relations économiques et commerciales" entre les deux pays.

A Bruxelles, l’Union européenne (UE) confirme la "normalisation immédiate de ses relations avec l'Autorité palestinienne", en partie suspendues depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas en mars 2006. L’UE propose de "développer les conditions pour [accorder] une aide financière et pratique d'urgence" à l'Autorité palestinienne, "y compris une aide financière directe au gouvernement"  palestinien.

_18 juin, Téhéran. L’Iran condamne le gouvernement d'urgence palestinien mis en place par Mahmoud Abbas, estimant qu'il "est contraire à la démocratie et accentue les tensions politiques en Palestine occupée". "Nous avons toujours conseillé aux groupes palestiniens de mener des discussions pour renforcer le gouvernement d'Ismaïl Haniyeh [Hamas], car nous estimons que les actions qui affaiblissent ce gouvernement ne sont pas utiles", déclare Mehdi Mostafavi, vice-ministre des affaires étrangères.

_17 juin, Ramallah. Le gouvernement d’urgence prête serment devant le président palestinien, Mahmoud Abbas. Ce cabinet compte douze membres, des experts indépendants, et est dirigé par Salam Fayyad, un économiste de 55 ans - qui gérera aussi les portefeuilles des Finances et des Affaires étrangères. Aucun des ministres nommés n'est issu du Fatah ou du Hamas. Le nouveau Premier ministre "insiste", dans son premier discours à la nation, "sur l'unité organique, administrative et politique des deux composantes de la patrie, la bande de Gaza et la Cisjordanie".#

[Le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a rejeté "un gouvernement illégitime". "La seule légitimité dont il peut se targuer est la reconnaissance de l'administration américaine et de l'occupation israélienne", a-t-il estimé.

Par ailleurs, Mahmoud Abbas a signé un décret déclarant "hors-la-loi" l'exécutif et les "milices" du Hamas, "pour avoir mené une rébellion armée contre la légitimité palestinienne et ses institutions". "Sera puni quiconque dont le lien avec elles est prouvé, selon les lois en vigueur et les dispositions de l'état d'urgence", indique le texte. Toujours par décret, le président palestinien, chef du Fatah, a annulé une loi qui requiert que le gouvernement soit approuvé par le Parlement, dominé par les islamistes du Hamas.]

_16 juin, Gaza. Les Nations unies appellent à la réouverture des frontières de Gaza pour éviter une crise humanitaire. ”Les frontières doivent être ouvertes. On ne peut pas punir collectivement 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza qui vivent déjà dans des conditions misérables. On ne peut pas rendre leur situation encore plus misérable", déclare John Ging, directeur dans la bande de Gaza de l'agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza (Unrwa).

"La bande de Gaza est entièrement dépendante de l'importation, non seulement de l'aide alimentaire, mais aussi des échanges commerciaux. Nous avons vu à plusieurs reprises, [en 2006], qu'une fermeture prolongée du terminal commercial de Karni crée une crise humanitaire très rapidement", ajoute-t-il.

_16 juin, New York. Le Quartet pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Nations unies) reconnaît la "légitimité" de la décision du président Abbas de limoger le gouvernement du Premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh.

_16 juin
, Paris. Le Hamas déclare souhaiter renouer le dialogue avec le Fatah et Mahmoud Abbas. Dans un entretien au quotidien Le Figaro, l’ex-Premier ministre du gouvernement d’union, Ismaïl Haniyeh, assure que le Hamas veut un Etat palestinien dans les frontières de 1967. Il assure que son mouvement est prêt à respecter tous les accords signés par l'Autorité palestinienne.

[De Damas, Khaled Mechaal, chef du bureau politique de l'organisation islamiste, a reconnu la légitimité de Mahmoud Abbas. Il a expliqué que ce qui c'était passé dans la bande de Gaza était "une mesure d'urgence que nous avons été contraints de prendre" et qu'elle n'était en rien dirigée "contre nos frères du Fatah". "Le Hamas ne veut pas s'emparer du pouvoir. Il ne veut pas deux gouvernements. Il ne veut pas la division de la patrie", a-t-il ajouté.]

_15 juin, Le Caire. Les ministres des affaires étrangères des pays de la Ligue arabe condamnent "les actes criminels" qui se sont produits dans la bande de Gaza et appellent à "la nécessité de respecter la légitimité nationale palestinienne et les institutions élues".

[Saoud Al-Fayçal, ministre saoudien des affaires étrangères, a, pour sa part, utilisé un langage moins diplomatique. "Les Palestiniens enfoncent le dernier clou dans le cercueil de la cause palestinienne", a estimé le chef de la diplomatie saoudienne.

Regrettant que l'Accord de La Mecque, du 8 février 2007 - ayant abouti à la création du gouvernement d'union nationale, aujourd'hui limogé par Mahmoud Abbas -, le prince Al-Fayçal a estimé que "la poursuite des événements conduira à une guerre civile qui détruira tout sur son passage". "Par ce combat interne, a-t-il fait remarquer, nos frères palestiniens ont réalisé le rêve d'Israël."]

_15 juin, Ramallah. Mahmoud Abbas désigne Salam Fayyad, qui était ministre des finances dans le gouvernement d'union nationale palestinien, au poste de Premier ministre du gouvernement d'urgence.

[Selon la Loi fondamentale qui tient lieu de Constitution, la durée d’un gouvernement d’urgence est de 30 jours, renouvelable seulement une fois avant de demander aux électeurs de trancher. Selon le secrétaire général de la présidence, Tayeb Abdelrahim, la décision du président Abbas a été motivée par "la guerre criminelle en cours dans la bande de Gaza, la prise des quartiers généraux des services de sécurité de l’Autorité [palestinienne], le coup militaire et la rébellion armée menée par des milices hors la loi".]

_15 juin, Jérusalem. Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, nomme le nouveau numéro un du Parti travailliste (et ancien Premier ministre) Ehoud Barak au poste de ministre de la défense.#

_15 juin, Gaza. "Tous les quartiers généraux des services de sécurité de la bande de Gaza sont contrôlés par les Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que la mountada", le complexe de la présidence palestinienne à Gaza-ville, affirme à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de la branche armée du Hamas.

Pour le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, les Palestiniens assistent "à une deuxième libération de la bande de Gaza, le Hamas la débarrassant des hordes des traîtres après l'avoir débarrassé des colons juifs" lors du retrait israélien, à l'été 2005.

_14 juin, Ramallah [Cisjordanie]. Mahmoud Abbas limoge le gouvernement palestinien et décrète l'état d'urgence dans les territoires palestiniens, quelques heures après la prise de contrôle de la bande de Gaza par les combattants du Hamas. Le président de l’Autorité palestinienne annonce la formation prochaine d'un cabinet d'urgence qui gouvernera par décret et évoque d'éventuelles élections anticipées, "dès que la situation le permettra".#

[Le Premier ministre Haniyeh, issu du Hamas, a dénoncé une "décision hâtive". "Le gouvernement existant va continuer à exercer sa mission, a assuré Haniyeh. J'invite mes frères du Hamas à décréter une amnistie générale". Depuis le 9 juin, le bilan des affrontements interpalestiniens s'élève à 110 morts. La France et les Etats-Unis ont exprimé leur soutien à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.]

_14 juin, Jérusalem. Shimon Pérès est élu à la présidence d'Israël. Agé de 83 ans, ce vétéran de la politique nationale succède à Moshé Katsav, dont le mandat vient à échéance le 15 juillet et qui a été suspendu de ses fonctions au mois de janvier après avoir été accusé d'un viol et de harcèlement sexuel.

_13 juin, Gaza. Le Hamas lance un ultimatum aux services de sécurité fidèles au Fatah pour qu'ils rendent les armes tout en poursuivant son offensive pour les mettre en déroute dans la bande de Gaza, où les combats entre les deux mouvements rivaux se poursuivent.

Le président Mahmoud Abbas met en garde contre un "effondrement" si les affrontements, qui ont fait surgir le spectre de la guerre civile et ont fait 60 morts depuis le 7 juin, ne cessent pas.

[L'Union européenne (UE) craint une guerre civile, et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, appelle à soutenir Mahmoud Abbas dans ses efforts pour "restaurer la loi et l'ordre". Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a pour la première fois souhaité que le déploiement d'une force de paix internationale dans la bande de Gaza soit "envisagé sérieusement".]

_13 juin, Londres. Dans un rapport confidentiel de fin de mission daté du 5 mai et révélé par le quotidien britannique The Guardian, Alvaro de Soto, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies au Moyen-Orient dresse, après deux ans de mission, un constat désabusé sur le conflit israélo-palestinien – constat "particulièrement amer et pessimiste où il fait part de ses désillusions", relève le quotidien Le Monde.

          Plus d'info        Plus d'info Un échec cinglant

_12 juin, New York. Human Rights Watch (HRW) accuse les groupes armés palestiniens de commettre des "crimes de guerre" contre des civils au cours des combats interpalestiniens se déroulant dans la bande de Gaza. "Le meurtre de civils qui ne sont pas engagés dans les hostilités et l'assassinat délibéré de prisonniers sont des crimes de guerre, purement et simplement", dénonce Sarah Leah Whitson, directrice de l'organisation de défense des droits de l'homme pour le Proche-Orient.

"Des groupes palestiniens armés commettent de graves violations des lois humanitaires internationales", ajoute HRW. Au cours des trois derniers jours, "le Fatah et le Hamas ont sommairement exécuté des prisonniers, tué des gens non impliqués dans les violences et engagé des affrontements armés [...] à l'intérieur et à proximité des hôpitaux palestiniens".

[Human Rights Watch cite notamment l'assassinat de Mohammed Swairki, 28 ans, un cuisinier du président du président Mahmoud Abbas, jeté du 15e étage d'un immeuble avec les pieds et les mains liés. Des sympathisants du Fatah ont capturé Mohammed al-Rafati, un proche du Hamas, et l'ont exécuté de façon similaire, selon l’organisation américaine.]#

_12 juin, Ramallah. La présidence palestinienne accuse des chefs du mouvement islamiste Hamas de préparer un "putsch" et de pousser à la guerre civile dans les territoires palestiniens, après la mort d’une trentaine de Palestiniens dans des combats partisans dans la bande de Gaza.

"Toutes les informations et tous les faits indiquent qu'il existe un courant, dont font partie des dirigeants politiques et militaires du Hamas, qui prépare un putsch contre la légitimité palestinienne, croyant pouvoir contrôler la bande de Gaza par la force", déclare un porte-parole de la présidence palestinienne de Mahmoud Abbas (Fatah), qui accuse des dirigeants du Hamas, "à l'esprit borné", de "pousser la patrie vers les affres d'une guerre civile affreuse".

_8 juin, Jérusalem. "Avoir défini l'Etat d'Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. Un Etat juif, c'est explosif, c'est de la dynamite". Ces propos sont ceux de l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l'agence juive, Avraham Burg.

Dans un entretien publié dans le quotidien Haaretz, Avraham Burg - cet ex-responsable du mouvement pacifiste La Paix maintenant - va jusqu'à qualifier Israël, pays qu'il a quitté pour vivre en France, de "ghetto sioniste". Il considère qu'il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Herzl, estimant qu'après la création d'Israël, le sionisme aurait dû être aboli.

           Plus d'info Le texte de l'entretien

_8 juin, Jérusalem. Selon le quotidien israélien à grand tirage Yédiot Aharonot, le Premier ministre Ehud Olmert a transmis un message au président syrien Bachar al Assad pour l'informer qu’Israël était prêt "à remplir sa part en vue d'un accord de paix, y compris si cela implique un retrait du Golan, envahi lors de la guerre des Six-Jours, en 1967.

_6 juin
, Londres et Genève. A l'occasion du 40e anniversaire de la Guerre des Six-Jours (1967), deux rapports, le premier d'Amnesty International et le second de l'Office de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA), "illustrent, faits à l'appui, que l'emprise d'Israël sur la Cisjordanie est telle que la création d'un Etat [palestinien] viable et continu n'est plus qu'une fiction", relève le quotidien Le Monde.

Le rapport d’Amnesty. Dans un rapport intitulé "Supporter l'occupation", l'organisation internationale dénonce "les violations répétées pendant presque quarante ans des lois internationales que les légitimes préoccupations d'Israël en matière de sécurité ne justifient pas". Amnesty passe en revue toutes les atteintes aux droits de l'homme et le non-respect des conventions internationales.

Pour Malcolm Smart, directeur du programme sur le Moyen-Orient d'Amnesty International, "le niveau de désespoir, de pauvreté et d'insécurité alimentaire dans les territoires occupés a atteint un niveau jamais atteint jusqu'à présent".

"Les restrictions imposées sont disproportionnées et discriminatoires. Elles sont imposées aux Palestiniens parce qu'ils sont palestiniens dans le seul bénéfice des colons dont la présence en Cisjordanie est illégale", souligne le rapport, pour qui "la charité et l'aide internationale n'absolvent pas Israël de ses obligations".

[Le ministère israélien de la justice a répliqué, affirmant que ce rapport était "biaisé, immoral, rempli d'erreurs et d'imprécisions factuelles et légales" et "parle à la légère, sans leur donner l'importance qu'ils méritent, des besoins sécuritaires légitimes d'Israël".]

Le rapport des Nations unies (OCHA). Selon ce rapport, parce qu'ils sont occupés par des colons, par l'armée ou décrétés réserves naturelles, 45,47% des 5’600 km2 que compte la Cisjordanie sont soit interdits d'accès, soit soumis à un régime de permis pour les Palestiniens. Le taux de croissance des colonies israéliennes est de 5,5 % par an, "soit l'équivalent de deux bus entiers qui, chaque jour, s'ajoutent aux 450’000 personnes déjà installées, c'est-à-dire trois fois la croissance naturelle de l'Etat juif".

Le rapport d'OCHA, note Le Monde, "révèle tous les détails de la façon dont l'Etat juif fait main basse sur la Cisjordanie, la tronçonnant en une quinzaine de cantons desquels il est pratiquement impossible de sortir pour les 2,5 millions d'habitants qui vivent sur ce territoire. Pour OCHA, il apparaît de plus en plus difficile de faire concorder les constatations sur le terrain avec la volonté exprimée de créer un Etat palestinien digne de ce nom". "La réalité s'oriente dans une direction qui va rendre la vie des Palestiniens plus difficile et ne va pas leur permettre d'atteindre ce à quoi ils aspirent", déplore David Shearer, directeur d'OCHA.#

> MAI

_30 mai, Berlin. Dans une déclaration rendue publique à l’issue d’une réunion tenue à Berlin, les pays membres du Quartet [Etats-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies] dénoncent les récentes violences entre factions rivales à Gaza, et appellent tous les Palestiniens à renoncer immédiatement à toute violence et à respecter le cessez-le-feu.

Par ailleurs, le Quartet exhorté Israël à faire preuve de retenue dans ses opérations de sécurité afin  d’éviter de faire des victimes parmi les civils ou de causer des dégâts aux équipements civils.

Plus d'info La déclaration du Quartet

_27 mai, Jérusalem. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, menace de pourchasser les groupes palestiniens armés, alors qu'un nouveau tir de roquettes tiré de la bande de Gaza a tué un Israélien à Sdérot. "Aucun de ceux qui sont impliqués dans le terrorisme ne jouira de l'immunité", a déclare-t-il, ajoutant :  "Nous ne sommes tenus par aucun calendrier et nous déciderons où, quand et de quelle façon nous allons opérer, sans céder aux conditions de qui que ce soit".

[L'armée israélienne a fait état de 230 roquettes palestiniennes tirées contre Israël depuis le 15 mai. Israël a riposté à ces tirs par des raids aériens contre la bande de Gaza qui ont tué 33 combattants palestiniens et 13 civils. Le Fatah et le Hamas ont annoncé qu'ils allaient négocier au Caire une trêve des tirs de roquettes contre Israël.]

_24 mai, Jérusalem. L’armée israélienne arrêté 33 hauts responsables du Hamas au pouvoir dans les territoires palestiniens, dont le ministre de l'éducation, Nasseredine Al-Chaër, l'ancien ministre Abdel Rahman Zeida, trois députés et quatre maires. L'opération s'est déroulée dans le nord de la Cisjordanie, notamment à Naplouse, parce que "les responsables du Hamas de Cisjordanie soutiennent les tirs de roquette" de la bande de Gaza vers le sud d'Israël, indiqué un porte-parole militaire.

_23 mai
, Gaza. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, s'entretient, à Gaza, avec le Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, sans le convaincre de se rallier à une trêve susceptible de mettre fin aux raids israéliens.

[Dès la fin de l'entrevue, la branche armée du Hamas a publié un communiqué annonçant que les "attaques contre l'ennemi" se poursuivraient "partout en Palestine".]

_22 mai, Jérusalem. Israël se dit déterminé à châtier les chefs du Hamas, y compris sa direction politique, au lendemain d'un tir de roquette depuis la bande de Gaza qui a tué une Israélienne à Sdérot, dans le sud du pays.

"Le Hamas qui dirige le gouvernement [palestinien] d'union encourage le terrorisme, et nous n'allons pas cesser de le frapper", affirme le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, à la radio militaire. "Quand on prêche la destruction d'Israël, on n'appartient plus à la classe politique et on devient un terroriste en costume, et aucun des chefs du Hamas ne bénéficie de l'immunité", déclare de son côté Ephraïm Sneh, vice-ministre de la Défense.

_21 mai, Ramallah. Le gouvernement palestinien propose à Israël une "trêve globale et réciproque" pour mettre fin à la violence qui sévit dans la bande de Gaza. "Tout en insistant sur le droit de notre peuple à la légitime défense, nous réitérons notre offre pour une trêve globale, simultanée et réciproque", déclare le porte-parole du gouvernement, Moustapha Barghouthi. "Cette trêve globale doit s'étendre sur tous les territoires palestiniens, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza", ajoute-t-il.#

[36 Palestiniens ont été tués, depuis le 16 mai, dans des attaques aériennes menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, en riposte aux tirs de roquettes artisanales palestiniennes sur son territoire.]

_20 mai, Jérusalem. Le cabinet de sécurité israélien donne son feu vert à l'armée pour "accroître ses opérations en vue de réduire les tirs de roquettes [venant de Gaza] et porter des coups aux infrastructures terroristes responsables de ces tirs".

[L'aviation israélienne a intensifié ses attaques aériennes - commencées le 15 mai - dans la bande de Gaza, les plus meurtrières depuis la conclusion d'une trêve, fin novembre 2006. Malgré ces attaques, les tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza sur le sud d'Israël se sont poursuivis. Le Djihad islamique a menacé de recourir à des "dizaines" de kamikazes femmes pour commettre des "opérations suicides" en cas d'intervention de l’armée israélienne dans la bande de Gaza.]

_17 mai, Ramallah. Des responsables des services de sécurité palestiniens affirment qu'une tentative d'assassinat du président Mahmoud Abbas de la part du Hamas a été déjouée dans la bande de Gaza. Mahmoud Abbas, qui devait se rendre à Gaza pour discuter d'une trêve entre le Fatah, son mouvement, et les islamistes du Hamas, annule son déplacement.

_17 mai
, Gaza. Israël riposte à la poursuite des tirs de roquettes palestiniennes contre son territoire avec une série de raids aériens contre les positions du Hamas à Gaza. Un premier raid aérien détruit le quartier général de la Force exécutive du Hamas, dans le centre-ville de Gaza.

[La Force exécutive a été créée en mars 2006 peu après la formation du gouvernement issu du Hamas, pour contrer l'hégémonie du Fatah dans les services de sécurité palestiniens, "Toutes les options contre l'ennemi sioniste sont ouvertes, y compris des attaques suicide en temps, en heure et dans le lieu approprié", a réagi Abou Obeida, le porte-parole de la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam. "S'il y a des possibilités d'attentats suicide, nous les saisirons", a-t-il ajouté.]

_16 mai, Gaza. Nouveaux affrontements meurtriers entre le Fatah et le Hamas dans les rues de Gaza, faisant une quinzaine de morts. Face à ce déchaînement de violence, le président palestinien, Mahmoud Abbas, et l'un des dirigeants du Hamas en exil, Khaled Mechaal, annoncent s'être mis d'accord pour mettre fin aux violences. Deux précédents cessez-le-feu négociés sous les auspices de l'Egypte et de l'Arabie saoudite sont restés lettre morte.

Assiégée, appauvrie et isolée, Gaza ne fabrique plus que de l'extrémisme et de la folie. S'y ajoute une diplomatie internationale irresponsable qui, ces derniers mois, a méthodiquement cassé ce qu'elle avait construit, l'Autorité palestinienne, à partir du moment où une partie de ses institutions - le gouvernement et le Conseil législatif - est tombée sous le contrôle du Hamas au terme des élections les plus démocratiques jamais rêvées par les Américains au Proche-Orient.

Boycottés, les islamistes palestiniens, après avoir campé sur des positions incompatibles avec un éventuel processus de paix, ont fait un premier pas, pressés par les Saoudiens. L'accord de La Mecque, qui a débouché laborieusement sur un gouvernement d'union avec le Fatah, puis la relance de l'initiative arabe - qui lie la normalisation avec Israël à la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967 - auraient pu permettre de sortir d'une impasse mortifère. Israël et les Etats-Unis, qui souhaitent ouvertement que le Fatah élimine le Hamas, en ont décidé autrement. Les Européens, comme trop souvent, hésitent. Le Monde, Paris, 18 mai 2007.

_11 mai
, Gaza. Déploiement de forces loyales au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Fatah), pour tenter de mettre fin au chaos régnant à Gaza.#

[Ce déploiement a provoqué de nouveaux affrontements armés avec le Hamas - et une quarantaine de morts en quelques jours. Ces affrontements, qui ont eu pour conséquence la démission du ministre de l’intérieur, Hani Al-Qawasmeh, menacent le gouvernement d’union nationale mis sur pied en mars, après la conclusion de l’accord de La Mecque, le 8 février 2007, sous l’égide du roi Abdallah d’Arabie saoudite. La Fatah accuse le Hamas de fomenter un "coup d’Etat" contre les institutions existantes.]

_6 mai, Jérusalem. Deux organisations israéliennes de défense des droits de l'homme, B'Tselem et Hamoked, dénoncent dans un rapport – intitulé : "Absolument interdit" – les tortures et les mauvais traitements infligés aux prisonniers palestiniens. Une décision de la Haute Cour de justice avait, le 6 septembre 1999, interdit l'utilisation de "moyens physiques" dans l'interrogatoire des prisonniers.

Basée sur les témoignages de 73 Palestiniens de Cisjordanie interpellés entre juillet 2005 et janvier 2006, l’enquête montre que ces exemples "fournissent une indication valable de la fréquence des méthodes utilisées". Il ressort des témoignages que les soldats, les policiers, les gardiens de prison et, surtout, les agents de la sécurité intérieure (Shin Bet) emploient des méthodes identiques : privations de besoins essentiels, pressions psychologiques, traitements (privations de sommeil, coups, menotages…) visant à "ramollir la résistance" des prisonniers.

Ces méthodes qui, selon les deux organisations, "tombent sous la classification de torture", sont pratiquées pendant une durée moyenne de 35 jours, alors que les détenus sont isolés du monde extérieur, "dans des cellules putrides et suffocantes, mal nourris, humiliés, menacés, insultés, intimidés, victimes de crachats, attachés de façon douloureuse sur des chaises, souvent entièrement nus et soumis à de multiples pressions comme notamment les menaces de représailles contre les membres de leur famille".

[Le ministère de la justice a critiqué un rapport "basé sur un échantillon non représentatif", "établi de façon tendancieuse en vue de déformer la réalité". "Dans le passé, a-t-il ajouté, les vies de nombreux Israéliens ont été sauvées grâce aux informations ainsi recueillies". De janvier 2001 à octobre 2006, plus de 500 plaintes ont été déposées. Aucune enquête n'a été ordonnée. Par ailleurs, de nombreux Palestiniens sont détenus "administrativement", sans procès. Source : Le Monde, 9 mai 2007].

> AVRIL

_30 avril, Jérusalem. Dans son rapport d'étape, la Commission d'enquête sur la guerre du Liban affirme que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, le ministre de la défense Amir Peretz et l'ancien chef d'état-major Dan Haloutz sont les principaux responsables des ratés du conflit de juillet 2006.
#
La Commission estime qu’Ehoud Olmert s'est rendu coupable d'un "échec sévère dans l'exercice du jugement, de la prise de responsabilité et de la prudence". "Le Premier ministre a arrêté sa décision [de déclarer la guerre au Hezbollah] à la hâte malgré le fait qu'aucun plan militaire détaillé ne lui ait été soumis et sans qu'il en fasse la demande", a estimé le juge Eliahou Winograd, président de la commission d'enquête, lors d'une conférence de presse.

Le Premier ministre est "responsable du fait que les objectifs de la campagne n'aient pas été clairement et soigneusement définis", souligne le rapport, qui précise qu’Ehoud Olmert "n'a pas adapté ses plans une fois qu'il s'est avéré que les prévisions et les attentes des actions d'Israël n'étaient pas réalistes et ne se concrétisaient pas".

_24 avril, Gaza. Les brigades Ezzedine Al-Qassam, considérées comme la branche armée du Hamas, annoncent la fin de la trêve avec Israël, peu de temps après avoir tiré des roquettes artisanales et des obus de mortier sur le territoire israélien.

"La trêve n'existe plus. C'est l'ennemi israélien qui ne l'a pas respectée et maintenant c'est au tour des groupes palestiniens", déclare le porte-parole de ce mouvement, Abou Obaida, soulignant que les tirs sur le sud d'Israël étaient une "riposte" aux opérations militaires israéliennes qui ont coûté la vie à neuf Palestiniens.
 
[Mahmoud Abbas qui, le 6 janvier, a déclaré "illégale" la Force exécutive du Hamas, créée en avril 2006 pour soutenir le nouveau gouvernement issu des élections du 25 janvier, a réaffirmé - en dépit de l'opposition du Hamas - sa volonté de procéder à des élections législatives et présidentielle anticipées.]

[Un porte-parole du gouvernement palestinien a estimé que cette rupture est "un résultat direct de la politique d'Israël, qui a opéré pas moins de 128 incursions dans les territoires palestiniens ces derniers mois". En vertu de l'accord de cessez-le-feu, fin novembre 2006, l'armée israélienne avait mis fin à ses opérations militaires dans la bande de Gaza et s'était engagée à ne pas y lancer d'attaques. Pour leur part, les groupes palestiniens, dont le Fatah et le Hamas, devaient s'abstenir de tirer des roquettes. En dépit de cet accord, plus d'une centaine de roquettes avaient été tirées depuis, en majorité par le Djihad islamique qui ne l'avait pas accepté. En représailles, l'armée israélienne avait repris, début avril, ses attaques sur la bande de Gaza.[

_22 avril, Jérusalem. Des incursions de l’armée israélienne, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, provoquent la mort de 9 Palestiniens (cinq activistes et quatre civils). ”Le Hamas n’a pas observé le cessze-le-feu comme il l’avait promis. Il y a eu des tentatives d’incursion dans le pays et nous n’avions pas d’autre choix que de les empêcher”, déclare le ministre de la défense, Amir Peretz.

_1er avril, Jérusalem. Ehoud Olmert annonce qu'il est prêt à se rendre à un sommet israélo-arabe, sous les auspices de l'Arabie Saoudite, pour discuter du processus de paix.

"J'annonce aux dirigeants des pays arabes que si le roi saoudien initie une réunion avec les pays arabes modérés et m'invite, avec le chef de l'Autorité palestinienne, pour nous présenter les idées saoudiennes, nous viendrions pour les écouter et serions heureux de présenter les nôtres", affirme le Premier ministre israélien au cours d'une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel."Je pense qu'il est temps de faire un effort considérable pour faire progresser les efforts diplomatiques".

#