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2007-L'actualité des droits de l'homme dans le monde

:: ISRAEL ET TERRITOIRES PALESTINIENS 


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> DECEMBRE

_31 décembre, Ramallah. Mahmoud Abbas se dit prêt à "ouvrir une nouvelle page" avec le Hamas, à condition que le mouvement islamiste renonce au pouvoir acquis par la force dans la bande de Gaza en juin. "J'appelle ceux qui ont mené le putsch, ou ce qu'ils se plaisent à appeler la consécration militaire, à ouvrir une nouvelle page […] basée sur un accord crédible et sur un partenariat au sein de la patrie et autour de la lutte pour sa libération".

Le président palestinien pose comme condition l'acceptation par le Hamas des résolutions internationales et de l'"initiative de paix arabe" qui prévoit la normalisation entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés.

_31 décembre, Ramallah. Mahmoud Abbas déclare que l'arrêt du développement des colonies israéliennes dans les territoires occupés conditionne la poursuite des négociations de paix avec Israël.

"Un processus de négociation sérieux [...] ne peut se poursuivre si la colonisation ne cesse pas", rappelle le président palestinien, à l'occasion du 43e anniversaire de la proclamation de son parti, le Fatah, comme mouvement de résistance. "La colonisation et la construction de la barrière de séparation raciste compromettent la création d'un Etat palestinien [...] appuyée par la communauté internationale".

_31 décembre, Jérusalem. Dans une lettre adressée à son gouvernement, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert interdit la mise en oeuvre de nouvelles constructions dans les colonies juives n'ayant pas obtenu son aval.

Ehoud Olmert indique dans sa lettre que "la construction de nouveaux bâtiments, l'extension, les plans de développement, la publication d'appels d'offres immobiliers et la réquisition de terrains dans le cadre d'autres activités de colonisation [en Cisjordanie], ne pourront aller de l'avant et ne seront pas mis en oeuvre sans solliciter et recevoir au préalable l'approbation du ministre de la défense et du Premier ministre".

_24 décembre, Jérusalem. L'emploi de bombes à sous-munitions (BASM) par l'armée israélienne durant la guerre contre le Hezbollah, de juillet à août 2006, déclaré "légal et conforme au droit humanitaire international" par l'avocat général de l'armée.

Selon un communiqué militaire, il ressort que "l'armée israélienne a dans la plupart des cas utilisé des BASM contre des secteurs inhabités, où il n'y avait pas de civils et où opéraient les forces du Hezbollah". Le communiqué explique que "lorsque ces armes ont été utilisées contre des secteurs urbains, il s'agissait de ripostes de caractère défensif contre des attaques à la roquette à partir de villages évacués par la plus grande partie de leurs habitants".

[Si l'usage des sous-munitions n'est pas proscrit par les conventions de La Haye, qui fixent les règles en matière de droit des conflits, leur emploi est vivement critiqué, car ces bombes de petite taille provoquent de violents dégâts sur des zones vastes et difficiles à cibler. De plus, les bombes qui n'explosent pas lors de leur largage se transforment en mines et tuent davantage après la fin des combats que pendant ceux-ci.

Ainsi, au Liban, les Nations unies estiment que les sous-munitions larguées par l'armée israélienne entre le 12 juillet et le 14 août 2006 ont provoqué la mort de 38 personnes et blessé ou mutilé 217 autres. Le sud du pays reste truffé de sous-munitions – jusqu'à un million selon les Nations unies. Pendant la même période, le Hezbollah [libanais] a tiré plus de 4’000 roquettes contre les villes du nord d'Israël.]

_18 décembre, Gaza. Le chef militaire du Jihad islamique, Majed al-Harazine, 38 ans, et neuf autres combattants, dont l’une de ses adjoints, de ce groupe, tués dans trois raids aériens israéliens.

[Le Jihad islamique, responsable de la plupart des tirs de roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza, a promis de se venger en menant des attentats suicide dans l'Etat hébreu.]

_17 décembre, Paris. 87 pays et institutions internationales décident d’apporter un soutien financier et politique massif à l'Etat palestinien de Mahmoud Abbas, avec la promesse de 7,4 milliards de dollars d'aide en trois ans, lors de la Conférence des pays donateurs pour les territoires palestiniens, co-présidée par la France, la Norvège et la Commission européenne.

"Nous voyons en cela un vote de confiance de la communauté internationale, une foi renouvelée dans le processus menant à la fin de l'occupation et l'établissement d'un Etat palestinien", déclare le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad. De Gaza, le mouvement islamiste Hamas dénonce la conférence de Paris comme une "dangereuse conspiration".

[La Conférence de Paris fait suite à la réunion organisée le 27 novembre 2007 par les Etats-Unis à Annapolis (Maryland), au cours de laquelle la perspective de la création d'un Etat palestinien avant la fin de l'année 2008 a été évoquée, sans que les parties concernées ne soient tenues par un calendrier contraignant.

Cette conférence est la deuxième du genre : la première s'était tenue également à Paris, en 1996. Il s'agissait alors de conforter le processus de paix d'Oslo, qui a finalement échoué.]

> NOVEMBRE

_27 novembre, Annapolis [Maryland, Etats-Unis]. Au sommet convoqué par les Etats-Unis, Israéliens et Palestiniens s’accordent sur un texte commun définissant les ambitions et les modalités de la négociation de paix, qui doit s'engager après la réunion d'Annapolis.

En présence du Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et du président palestinien, Mahmoud Abbas, le président américain, George Bush, indique qu'Israéliens et Palestiniens sont convenus de lancer "immédiatement des négociations bilatérales en toute bonne foi pour conclure un traité de paix résolvant toutes les questions pendantes", et de faire "tous les efforts possibles pour parvenir à un accord avant la fin de 2008".
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        Plus d'info La déclaration d'Annapolis     Plus d'info Les déclarations aux Nations unies

[Entre temps, les Palestiniens doivent démanteler "les infrastructures terroristes" et Israël doit mettre fin à ses activités de colonisation, a souligné George Bush, rappelant les deux parties à leurs obligations au regard de la "feuille de route" pour la paix qu'elles ont acceptée en 2003.]

Le texte signé par Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert représente la première relance du processus de paix depuis sept ans. Selon le leader palestinien, Annapolis est une occasion qui "ne se répètera pas". De son côté, Ehoud Olmert a affirmé être prêt à un "compromis douloureux" pour la paix. "Nous n'essayons pas de prétendre que cela peut être fait en une semaine ou en un an, mais il faut bien commencer quelque part", a-t-il assuré.]

_19 novembre, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert s’engage à ne pas faire construire de nouvelles colonies en Cisjordanie et à démanteler celles érigées sans l'aval du gouvernement.

"Nous nous sommes engagés dans la Feuille de route à ne pas construire de nouvelles implantations en Cisjordanie et nous n'en construirons aucune. Nous nous sommes engagés à démanteler les points de peuplement illégaux et nous le ferons. Nous ne dévierons pas de nos principes", déclare-t-il.

[Dans une mesure présentée par Israël comme un geste envers les Palestiniens, le gouvernement israélien a décidé de libérer plus de 450 prisonniers palestiniens sur plus de 11’000 qu'il détient.]

_18 novembre, Paris. A quelques jours de la réunion internationale d'Annapolis (USA), où doivent se rencontrer dirigeants israéliens et palestiniens, le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner demande à Israël de "mettre un terme immédiatement" à la colonisation en Cisjordanie. "Je dirai à mes interlocuteurs israéliens ce que je leur ai déjà dit et que la France répète chaque jour : la colonisation est non seulement juridiquement illégale, elle est aussi, politiquement, le principal obstacle à la paix", déclare-t-il dans un entretien publié par le quotidien palestinien Al-Ayyam.

"Rien ne justifie le développement des colonies; ni la croissance [démographique] naturelle, ni la sécurité. Au contraire, le développement de la colonisation renforce le sentiment d'injustice et accroît l'insécurité", assure-t-il.

_11 novembre, Gaza. Sept Palestiniens tués et plus d'une centaine d'autres blessés par des miliciens du Hamas lors d'une manifestation monstre - au moins 200’000 personnes – organisée par le Fatah à l'occasion du troisième anniversaire de la mort de Yasser Arafat.

[Le chef du Fatah à Gaza, Zakariya Al-Agha, a demandé aux islamistes du Hamas, qui contrôlent Gaza, de "faire marche arrière et de cesser les agissements criminels". Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a dénoncé "ces crimes horribles commis par une bande de rebelles".]

> OCTOBRE

_31 octobre, New York. Dans son dernier rapport semestriel sur le Liban, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, Israël affirme que le Hezbollah s'est doté de "nouvelles fournitures de missiles, y compris des centaines de missiles de génération Zelzal et Fajr [de fabrication iranienne], qui ont une portée de 250 km", leur permettant désormais "d'atteindre Tel-Aviv et des secteurs plus au sud".#

[Israël considère que le Hezbollah "s'est réarmé à un niveau supérieur à ce qu'il était avant le conflit de 2006".]

_29 octobre, Jérusalem. Le procureur général de la Cour suprême, Menachem Mazuz, estime qu’Israël ne peut procéder à des coupures d'électricité dans la bande de Gaza dans le cadre des sanctions mises en place après que ce territoire a été déclaré "entité hostile" le 19 septembre. A la mi-octobre, les autorités israéliennes avaient décidé de restreindre l'approvisionnement de Gaza en carburant et en électricité.

"Le gouvernement est en droit d'appliquer diverses mesures économiques, mais les responsables de la sécurité devraient procéder à des examens supplémentaires tenant compte des obligations humanitaires avant d'ordonner des coupures d'électricité", souligne le procureur.

[Israël rejette les accusations de "punition collective", estimant qu'un soutien humanitaire continue d'être fourni au 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza et que ces sanctions sont "la réponse" aux tirs de roquettes quotidiens ciblant Israël. Près de 1’000 roquettes ont été lancées depuis le 15 juin, date à laquelle le Hamas a pris par la force le contrôle de la bande de Gaza.]

_20 octobre, Ramallah. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) dénonce la participation des entreprises françaises Alstom et Veolia-Connex à la construction du tramway de Jérusalem.

"Ce tramway constituera […] un facteur d'expansion de la colonisation de Jérusalem-Est par l'Etat d'Israël", affirme un communiqué de l'OLP. Le texte dénonce un acte "contraire à la Convention de Genève du 12 août 1949 qui interdit […] à un Etat occupant de transférer une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé".

_17 octobre, Jérusalem. Le président Shimon Peres déclare que le gouvernement n'a pas l’intention de diviser Jérusalem, en précisant qu'aucun Israélien ne diviserait la ville, selon Radio Israël

_18 octobre
, Jérusalem. Iran : le président Shimon Peres appelle la communauté internationale à "ouvrir les yeux avant qu'il ne soit trop tard". "A plusieurs reprises dans l'histoire, il a été trop tard pour éviter des atrocités et des effusions de sang, comme avec Staline et Hitler. Nous nous rapprochons du même scénario avec [le président iranien] Ahmadinejad", prévient-il.

_15 octobre, Ramallah. Après un entretien avec le président palestinien Mahmoud Abbas, Condoleezza Rice déclare que "le temps est venu d’établir un Etat palestinien". La secrétaire d’Etat américaine exhorte Israéliens et palestiniens à s’entendre sur un document "concret" avant la réunion internationale qui doit se tenir en novembre à Annapolis [Maryland].

_15 octobre
, Londres. Les Nations unies doivent se retirer du "Quartet" des médiateurs internationaux au Proche-Orient, estime le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur la situation dans les territoires occupés palestiniens, John Dugard.

"Dans mon dernier rapport à l'Assemblée générale, je suggérerais que le secrétaire général [des Nations unies, Ban Ki-moon] se retire du Quartet, si celui-ci ne parvenait pas à tenir compte de la situation des droits de l'homme dans les territoire palestiniens", déclare-t-il à la BBC.

Estimant que les Nations unies "se font du tort" en restant au sein du Quartet aux côtés des Etats-Unis, de l'Union européenne et de la Russie, le diplomate sud-africain reproche à Israël de tout faire pour "rendre la vie des Palestiniens aussi misérable que possible" en Cisjordanie occupée.

_8 octobre, Jérusalem. Le vice-premier ministre israélien, Ham Ramon, estime, au micro de Radio-Israël, qu’Israël devait se préparer à engager, à l'avenir, des négociations avec les Palestiniens sur le statut de Jérusalem et sur un transfert d'autorité concernant certains lieux saints.
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"Ne faudrait-il pas aujourd'hui que les Palestiniens, l'Occident et le reste de la communauté internationale reconnaissent l'annexion [par Israël] des quartiers [juifs] de Jérusalem, et, de notre côté, que nous nous retirions des quartiers arabes", s'interroge-t-il ?. Néanmoins, selon lui, transférer le contrôle sur des lieux saints de la vieille ville de Jérusalem est actuellement prématuré, même s'il précise : "nous devons dire qu'il y aura un régime spécial pour le Saint Bassin [les lieux saints], que nous évoquerons ultérieurement".

_8 octobre
, Paris. Dans un entretien publié par le quotidien Le Monde, le ministre israélien de la sécurité publique dans le gouvernement d'Ehoud Olmert, Avi Dichter, se déclare opposé à tout retrait d’Israël de la Cisjordanie. "Si nous le faisons, assure-t-il, et si nous cessons d'arrêter et d'emprisonner les terroristes du Hamas alors que l'Autorité palestinienne ne fait rien, dans un court laps de temps le Hamas va reconstruire ses infrastructures et prendre le pouvoir comme il l'a fait dans la bande de Gaza".

Pourle ministre israélien, le Hamas "n'est plus une organisation terroriste mais une armée de terroristes composée de 15’000 hommes, qui est organisée de la même manière que le Hezbollah au Liban et derrière lesquels se trouve l'Iran, qui agit par procuration".

C'est pourquoi, souligne-t-il, "il faut avant toute chose que l'Autorité palestinienne construise un système judiciaire et sécuritaire digne de ce nom avant que des responsabilités lui soient confiées. Israël ne peut pas prendre ce risque et personne ne peut le prendre. Ce sont nos maisons, nos familles, nos enfants, nos rêves, notre avenir qui en dépendent. Voilà ce que nous attendons de nos partenaires !"

> SEPTEMBRE

_24 septembre, New York. George Bush affirme sa volonté de faire tout son possible pour la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël, à l’issue d’un entretien avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. "Je soutiens fortement la création d’un Etat palestinien".

_23 septembre, New York. Outre les Israéliens, les Palestiniens et les pays membres du Quartet, la Jordanie et l'Egypte, pays en paix avec Israël, ainsi que l'Arabie saoudite et "tous les membres du comité de suivi de la Ligue arabe" (dont la Syrie), devraient participer à la conférence internationale sur le Proche-Orient, organisée par les Etats-Unis, à l’automne à Washington.

[Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat américaine, a réitéré la nécessité de voir émerger un "Etat palestinien viable", insistant sur le fait que "la Cisjordanie et Gaza ne font qu'un". Elle assure que les "trois questions centrales" (celle des frontières de l'Etat palestinien, celle de Jérusalem et celle des réfugiés) seront traitées par la conférence.]

_23 septembre, Jérusalem. Des écrivains appellent le gouvernement israélien à "négocier un cessez-le-feu" avec le mouvement islamiste Hamas, pour mettre fin aux tirs de roquettes, et à s'efforcer de parvenir à un accord "de fond" avec l'Autorité palestinienne.

"Nous appelons des représentants du gouvernement à négocier avec le Hamas pour mettre un terme aux tirs de roquettes contre Israël", affirment les écrivains dans une pétition publiée sur le site internet du quotidien Yediot Aharonot.

Les pétitionnaires, parmi lesquels figurent les écrivains Amos Oz, lauréat du prix d'Israël, A.B. Yehoshua, David Grossman et l'auteur dramatique Yehoshua Sobol, soulignent que par le passé "Israël a négocié avec ses pires ennemis". "Cette négociation doit tendre à un accord de cessez-le-feu global sans conditions préalables qui garantira la sécurité aux habitants du sud d'Israël, évitera des souffrances supplémentaires aux habitants de Gaza et renforcera les chances de réussite du processus de paix", ajoutent-ils.

_23 septembre, New York. Les pays membres du Quartet souhaitent que la conférence pour la paix israélo-palestinienne organisée par les Etats-Unis à l'automne soit "substantielle et sérieuse" et qu'elle fournisse "un soutien aux parties dans leurs discussions et négociations bilatérales" afin de réaliser "un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza qui unisse tous les Palestiniens".

_21 septembre, Genève. Louise Arbour se dit "gravement préoccupée" par la décision du gouvernement israélien de déclarer la bande de Gaza "territoire hostile". Elle condamne également la poursuite des tirs de roquette depuis le territoire palestinien.
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La haut commissaire des Nations unies affirme que les mesures annoncées, "à savoir la possibilité d'interventions militaires, de restrictions supplémentaires sur les mouvements de biens et de personnes et la réduction des fournitures de carburant et d'électricité" feront peser un "fardeau insupportable" sur la population civile de Gaza – population qui "paie déjà un prix élevé du fait de la violence quotidienne, de l'isolation et des privations.

Louise Arbour condamne une fois de plus "le tir indiscriminé de roquettes depuis Gaza vers Israël". Elle demande à Israël de faire preuve de "retenue", rappelant qu'il a l'obligation, aux termes du droit international humanitaire et des droits de l'homme, de protéger sa population sans employer de moyens disproportionnés". Elle rappelle que "le droit international humanitaire interdit les représailles et les punitions collectives".

_19 septembre, New York. Ban Ki-moon se déclare "très préoccupé" par la décision du gouvernement israélien de déclarer la bande de Gaza "entité ennemie", tout en déplorant la poursuite des tirs de roquette vers Israël. Il appelle appelé Israël « à reconsidérer cette décision ».

"Cette annonce", et "l'intention annoncée d'interrompre les services de base tels que l'électricité et le carburant à la population civile […] sont contraires aux obligations d'Israël envers cette dernière, aux termes du droit international humanitaire et des droits de l'homme", affirme le secrétaire général des Nations unies.

"Les Nations unies ont d'importantes responsabilités humanitaires et elles ont pour mandat de fournir une assistance et de répondre aux besoins humanitaires de la population civile dans la bande de Gaza et en Cisjordanie", souligne-t-il. "Un million et demi de personnes à Gaza, y compris des personnes âgées, des enfants et des malades, souffrent déjà de l'impact des couvre-feux prolongés".

_19 septembre, Jérusalem. Le Cabinet de sécurité israélien déclare la bande de Gaza "entité hostile''. "Le mouvement islamiste Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile", précise un communiqué israélien. "Cette organisation mène des activités hostiles contre l'Etat d'Israël et ses citoyens." Le gouvernement israélien va donc "en sus de la poursuite des opérations militaires ciblées contre les organisations terroristes, [...] imposer des restrictions de manière à limiter la circulation de marchandises vers la bande de Gaza, ainsi que la fourniture de carburant et d'électricité".

[Cette décision survient alors que la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, entame une nouvelle tournée au Proche-Orient. Le Hamas (Mouvement de la résistance islamique), qui contrôle Gaza, "est une entité hostile pour les Etats-Unis aussi", a rappelé, de son côté, Condoleezza Rice.]

_11 septembre, Gaza. Une roquette palestinienne, lancée de Gaza, touche la base militaire de Zikkim, non loin de la frontière entre Israël et Gaza. Plus de 60 soldats ont été blessés par des éclats, dont une trentaine sérieusement.

[Les Brigades Al-Qods, bras armé du groupe radical Djihad islamique, et les Comités de la résistance populaire ont revendiqué l’attaque. Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a estimé que cette "opération relève de la légitime résistance face à l’agression israélienne".]

_9 septembre, Gaza. La bande de Gaza en bonne partie paralysée par une grève générale à l’appel de L’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

[Ce mouvement de protestation fait suite aux heurts qui se sont produits le 7 septembre, au cours desquels des rassemblements de Palestiniens du Fatah du président Abbas ont été dispersés sans ménagement par la Force extérieure du Hamas lors des prières.]#

_6 septembre, Jérusalem. Raid israélien contre des cibles syriennes non identifiées. La Syrie proteste auprès des Nations unies.

[Israël n’a pas révélé la nature de l’objectif. Selon des sources américaines, reprises par Le Monde, Israël cherchait à détruire, soit des caches d’armes iraniennes destinées au Hezbollah libanais, soit des équipements nucléaires en provenance de Corée du Nord.]

_4 septembre, Paris. "Israël ne peut pas se permettre de rester une forteresse plus longtemps", déclare au quotidien Le Monde, le roi de Jordanie, Abdallah II.

"La situation a changé, assure le souverain jordanien. Ce qu'Israël doit comprendre, c'est qu'il ne s'agit plus seulement de son problème avec les Palestiniens. Il y a d'autres conflits dans notre région dans lesquels il est impliqué. Israël doit prendre une décision aujourd'hui parce que, si nous résolvons cette question, nous pourrons peut-être éviter d'autres crises à venir.

Du point de vue des Israéliens, pour beaucoup d'entre eux en tout cas, il est facile de rester un Etat-forteresse : c'est le cas depuis trente ou quarante ans. Mais, il y a aujourd'hui d'autres acteurs dans la région. […] Je ne pense pas qu'Israël puisse se permettre de rester cette forteresse plus longtemps. Je pense que les Israéliens commencent à comprendre qu'ils doivent prendre une décision.

La question pour eux est simple : voulez-vous éternellement vivre comme vous le faites aujourd'hui, demeurer ce bastion de "je-ne-sais-quoi" tel qu'il est présenté à l'Occident, ou bien voulez-vous vous intégrer à la région ? C'est ce que nous leur offrons, une intégration complète, du Maroc et de l'Atlantique jusqu'à Oman et l'Océan Indien. Mais cela a un prix".

_3 septembre, Jérusalem. De sa prison où il est incarcéré depuis 2002, Marouane Barghouti, dirigeant du Fatah considéré comme l'un des instigateurs de la deuxième Intifada en 2000, met en garde contre un coup de force du Hamas en Cisjordanie.

"L'Autorité palestinienne se trompe si elle ne prend pas cette possibilité au sérieux", déclare-t-il, en se demandant "si les leçons ont été tirées après l'effondrement des services de sécurité dans la bande de Gaza", le 15 juin. Le coup de force du Hamas, estime Marouane Barghouti, a mis un terme à "une expérience de démocratie naissante".

_2 septembre, Beyrouth. L’armée libanaise prend le contrôle du camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, après trois mois de combats avec les islamistes du Fath al-Islam. Lors de l’assaut, 37 islamistes ont été tués, dont le chef du Fatah al-Islam, Chaker al-Abssi.

[Les affrontements avaient commencé le 20 mai. Le Fatah al-Islam avait attaqué les positions de l'armée libanaise près du camp, ainsi qu'à Tripoli. La plupart des 40’000 habitants de Nahr Al-Bared avaient trouvé refuge dans un camp voisin dès les premiers jours de combat. Le Premier ministre libanais, Fouad sinoria, a salué "une grande victoire dans cette guerre contre le terrorisme".]

_2 septembre, Ramallah. Le président palestinien Mahmoud Abbas annonce la publication d'une nouvelle loi électorale destinée à renforcer son parti, le Fatah, aux dépens du Hamas.#

Selon le texte, les élections législatives se dérouleront au scrutin de liste sur l'ensemble du territoire palestinien. Il n'y aura plus de circonscriptions locales, alors même que c'est au niveau local que le Hamas avait fait les bons scores qui lui ont permis d'accéder au pouvoir en janvier 2006. De plus, chaque candidat à la présidence ou à un siège de député devra "respecter" le programme de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) – organisation dominée par le Fatah et désignée comme ''le seul représentant légitime'' du peuple palestinien.

[Le Hamas a aussitôt rejeté le texte, le qualifiant d'"illégal". La nouvelle loi électorale impose en outre aux candidats d’approuver les accords signés par l’OLP avec Israël. Or le Hamas ne fait pas partie de l’OLP et se refuse toujours à reconnaître l’Etat d’Israël]

> AOUT

_13 août, Gaza. Trois cents Palestiniens, notamment des membres du Fatah, manifestent contre les "violations des droits de l'homme" par le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis le 15 juin : "Hamas ! Ce qui se passe à Gaza n'est pas acceptable", "Où sont la sécurité et les droits de l'homme ?", "Ô Abbas, Ô Haniyeh, nous voulons l'unité du peuple", crient les manifestants.

[Le rassemblement a été réprimé par une centaine de policiers du Hamas, matraque à la main.]

_9 août, Gaza. Si le régime de blocus continue, Gaza risque de devenir une communauté 100% dépendante de l'aide internationale, isolée et refermée sur elle-même", prévient Filippo Grandi, numéro deux de l'UNRWA, l'agence des Nations unis chargée des réfugiés palestiniens.

Pour le responsable onusien, la bande de Gaza, désormais sous contrôle du Hamas, se retrouvera bientôt menacée d'implosion économique si les pays limitrophes n'ouvrent pas leurs frontières. Depuis la mi-juin, Israël et l'Egypte n'autorisent que le passage de l'aide humanitaire, protestant contre la mainmise du Hamas. Aussi, Filippo Grandi demande-t-il à l'Autorité palestinienne, à Israël et aux autres pays limitrophes à rouvrir les points de passage, sous peine de voir se développer à Gaza des "conséquences désastreuses, une atmosphère de désespoir favorable au développement de l'extrémisme".

[Tous les secteurs économiques de la bande de Gaza sont touchés, plus particulièrement ceux qui dépendent des importations de matières premières, comme l'industrie du bois, le bâtiment ou le textile, dont certaines entreprises ont temporairement fermé.]

_7 août, Jérusalem. Le quotidien israélien Ha'aretz affirme que le nouveau président Shimon Pérès a soumis un plan de paix au Premier ministre Ehoud Olmert. Ce plan prévoit la création d'un Etat palestinien sur la bande de Gaza et 95% de la Cisjordanie, avec un calendrier précis de mise en application et un échange de terres destiné à compenser l'annexion des grands blocs de colonie.

[Démenties par le bureau du Premier ministre, ces informations ont été confirmées à demi-mot par un collaborateur de Shimon Pérès.]

_6 août, Jéricho [Cisjordanie]. Rencontre entre le Premier minsiutre israélien, Ehoud Olmert, et le président palestinien Mahmoud Abbas. Ehoud Olmert s’engage à créer un Etat palestinien "aussi vite que possible". "Nous avons décidé d'élargir le champ des négociations afin d'accroître l'entente mutuelle et de définir le cadre qui nous permettra d'avancer en direction de l'établissement d'un Etat palestinien", déclare-t-il.

_2 août, Ramallah. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, affirme, lors d'une conférence de presse à Ramallah, aux côtés du président palestinien, Mahmoud Abbas, que le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, est prêt à discuter des "questions fondamentales en vue de négociations prochaines pour la création d'un Etat palestinien".

> JUILLET

_31 juillet, Moscou. Vladimir Poutine assure de son soutien le président palestinien, Mahmoud Abbas, en visite à Moscou - le président russe le présentant comme le seul "dirigeant légitime du peuple palestinien" et ajoutant qu'il défend toujours la création "d'un Etat uni" en Palestine.#

["Nous ferons tous les efforts possibles pour surmonter ce qu'il s'est passé, revenir à la situation antérieure et poursuivre notre route", a déclaré le président palestinien après avoir rencontré Vladimir Poutine. Qualifiant une nouvelle fois la prise de pouvoir du Hamas à Gaza de "coup d'Etat", il a estimé que la "normalisation" de la situation passait "avant tout par le retour à la situation qui prévalait avant le coup d'Etat", c'est-à-dire la restitution de la bande de Gaza."Le Hamas doit reconnaître sa culpabilité et présenter des excuses pour les crimes qu'il a commis".]

_18 juillet, Ramallah. Mahmoud Abbas annonce que des élections anticipées pourraient se tenir, dans "un proche avenir", dans les territoires palestiniens. Le président palestinien a soumis un tel projet au Conseil central de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui regroupe les principaux mouvements palestiniens, mais pas le Hamas.

["Nous refusons des élections anticipées auxquelles appelle une partie qui n'est pas habilitée à le faire et un conseil central de [l'OLP] illégitime", a réagi un porte-parole du Hamas, Ayman Taha.]

_16 juillet, Washington. George Bush propose une conférence internationale pour relancer le processus de paix israélo-arabe. "Il y a plus de cinq ans, j'ai été le premier président américain à appeler à la création d'un Etat palestinien, rappelle-t-il. Depuis, de nombreux changements sont intervenus. Certains, porteurs d'espoir. Certains, décourageants […]. L'heure du choix est maintenant venue pour les Palestiniens".

Dirigée par Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat, la conférence réunirait les Israéliens, les Palestiniens, et les pays ou partis qui rejettent la violence et "reconnaissent le droit d'Israël à exister". Le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) n'y serait donc pas convié.

["Nous souhaitons que cette conférence permette de fixer une date pour la création d'un Etat palestinien indépendant, seul moyen d'assurer la sécurité et la stabilité dans la région", a indiqué Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. De son côté, le Hamas a fustigé l'initiative américaine qualifiée de "nouvelle croisade".]

_15 juillet, Jérusalem. Le gouvernement israélien annonce un accord par lequel il abandonne les poursuites contre quelque 190 activistes liés au Fatah s'ils renoncent au terrorisme. L'initiative entre dans le cadre des mesures visant à soutenir le président palestinien Mahmoud Abbas, issu du Fatah, face au Hamas.

[La liste comprend des membres des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, bras armé du Fatah, de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), mais aucun du Hamas. Un haut responsable palestinien a précisé que "toutes les 189 personnes indiquées sur une liste présentée par Israël" ont accepté de cesser leurs activités, y compris Zakaria Zubeïdi, chef des Brigades à Jénine, qui figurait en tête de liste des personnes recherchées par Israël en Cisjordanie.]

_13 juillet, New York. Ban Ki-moon se dit préoccupé par la situation dans la bande de Gaza et son impact sur la vie économique, évoquant "en particulier les nouveaux chiffres publiés par la Banque mondiale qui montrent que, le mois dernier seulement, 3’190 commerces ont fermé, poussant plus de 65’000 personnes au chômage".

"Si on laisse s'écrouler ce qui reste de l'économie de Gaza, la pauvreté, qui touche déjà les deux tiers des ménages, s'accroîtra davantage et la population de Gaza deviendra pratiquement totalement dépendante de l'assistance humanitaire", prévient le secrétaire général des Nations unies.

[Ban Ki-moon a appelé à la réouverture de tous les points de passage vers Gaza afin d'autoriser le transfert des biens humanitaires et des marchandises, notamment le point de passage de Karni, vers Israël. Il a aussi appelé à la réouverture du point de passage de Rafah, vers l'Egypte, afin de permettre à plus de 4’000 Palestiniens bloqués à la frontière en Egypte de retourner à Gaza.]

_8 juillet, Jérusalem. Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert approuve le principe de l'élargissement de 250 prisonniers du Fatah, le parti du président de l’Autorité palestiniennne, Mahmoud Abbas.

[Les prisonniers libérables doivent "être membres du Fatah, ne pas avoir les mains souillées de sang israélien et être des hommes qui peuvent contribuer à renforcer le camp des modérés chez les Palestiniens et favoriser la stabilisation de la vie quotidienne au sein de l'Autorité palestinienne", a précisé un porte-parole du gouvernement israélien.]

_4 juillet, Gaza. Alan Johnston, le journaliste de la BBC enlevé en mars à Gaza, libéré. Ses ravisseurs islamistes l'ont remis à des responsables du Hamas.

[Agé de 45 ans, Alan Johnston, seul correspondant occidental présent dans la bande de Gaza, avait été enlevé le 12 mars à Gaza. Ses ravisseurs avaient dit ensuite appartenir à l'Armée de l'islam, organisation s'inspirant d'Al-Qaida et liée à l'un des puissants clans de Gaza. Sa libération a été annoncée dans un communiqué du Hamas, qui contrôle ce territoire après son coup de force contre l'Autorité palestinienne.]
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