Retour
L'actualité des
droits de l'homme
JEUX OLYMPIQUES

De la Chine au Tibet

2008
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2007
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2006
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2005
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2004
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2003
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2002
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2001
Janvier à mars
Avril à juin
Juillet à septembre
Octobre à décembre
2000
Janvier à décembre
|
| Afghanistan | Afrique | Afrique du Sud | Algérie | Allemagne | Amérique du Sud | Angleterre | Angola | Arabie Saoudite | Argentine | Arménie | Asie Centrale | Australie | Autriche | Bahrein | Bengladesh | Belgique | Bénin | Birmanie | Bolivie | Bosnie | Brésil | Bulgarie | Burundi | Cambodge | Cameroun | Canada | Centreafrique | Chili | Chine | Colombie | Congo | Corée | Corée du Nord | Côte d'Ivoire | Croatie | Cuba | Égypte | Espagne | Etats-Unis | Éthiopie | Europe | France | Grande-Bretagne | Grèce | Guatémala | Haïti | Hongrie | Inde | Indonésie | Irak | Iran | Irlande du Nord | Israël/et territoires palestiniens | Italie | Japon | Kenya | Kosovo | Koweït | Liban | Liberia | Libye | Macédoine | Malaisie | Maroc | Mauritanie | Mexique | Monde arabe | Monténégro | Namibie | Nations unies | Nepal | Nicaragua | Nigeria | Ouganda | Ouzbékistan | Pakistan | Paraguay | Pays baltes | Pays-Bas | Pérou | Philippines | Pologne | République Centrafricaine | Roumanie | Russie | Russie/Tchétchenie | Rwanda | Sahara Occidental | Sénégal | Serbie | Serbie/Kosovo | Serbie-Montenegro | Sierra Leone | Somalie | Soudan | Sri Lanka | Sud-Est asiatique | Suisse | Syrie | Tchad | Taiwan | Tchétchénie | Thaïlande | Timor-Leste | Togo | Tunisie | Turquie | Turkmenistan | Ukraine | Union Africaine | Union Européenne | Vatican | Vénézuela | Vietnam | Yougoslavie [Ex-] | Zimbabwe |
> ET AUSSI...
AFGHANISTAN
_26 juin, New York. La production d'opium a atteint en 2007, pour la deuxième année consécutive, un "niveau record" en Afghanistan et menace d'enrayer les progrès "impressionnants" accomplis depuis la fin des années 1990 dans la lutte mondiale contre la drogue, affirme le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
La production d'opium en Afghanistan (plus de 8’000 tonnes produites), qui alimente le trafic d'héroïne vers l'Europe, a représenté en 2007 plus de 92 % de la production mondiale et a presque doublé depuis 2005. Le pays est aussi "devenu un important producteur de résine de cannabis et dépasse peut-être même le Maroc".
["La lutte contre les drogues a donné des résultats considérables : l'héroïne, la cocaïne et les drogues synthétiques, malgré leurs effets ravageurs sur l'usager, n'ont pas eu de conséquences aussi graves que le tabac et l'alcool sur la santé publique", affirme le rapport de l’ONUDC. D'après le document, les drogues tuent environ 200’000 personnes par an, alors que le tabac tue 5 millions de personnes par an et l'alcool 2,5 millions de personnes par an.]
_15 mai, Genève. "Il faut empêcher les assassinats illégaux en Afghanistan", affirme le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, qui appelle le gouvernement afghan et la communauté internationale à renouveler leurs efforts pour éviter les "assassinats illégaux" - attaques suicides et les assassinats ciblés - dans le pays.
"Le fait qu’il y ait un conflit armé ne signifie pas qu’on puisse tolérer un large nombre d’assassinats de ce type", souligne Philip Alston, qui assure que "ni le gouvernement ni la communauté internationale ne font tout ce qui est en leur pouvoir afin de protéger le droit à la vie des Afghans".
Philip Alston dénonce les assassinats de civils perpétrés par les Talibans ou d’autres groupes antigouvernementaux. "Les Talibans sont responsables de la majorité des assassinats illégaux", affirme l'expert nommé par le Conseil des droits de l'homme.
AFRIQUE DU SUD
_28 juin, Washington. Nelson Mandela et le Congrès national africain (ANC) vont être retirés de la liste noire américaine du terrorisme. Après la Chambre des représentants en mai, le Sénat adopte une loi en ce sens, qui devrait être signée par le président George W. Bush avant les 90 ans de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, le 18 juillet.
["Aujourd'hui, les Etats-Unis ont enfin franchi une nouvelle étape pour effacer cette grande honte qui déshonore ce grand leader", a déclaré le sénateur John Kerry. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avait appelé en avril une commission du Sénat à lever ces restrictions imposées, estimant "plutôt embarrassant" d'avoir à "intervenir personnellement pour autoriser l'entrée sur le territoire de [son] homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela".]
_25 mai, Johannesburg. Plus de 35'000 étrangers pour la plupart des immigrés clandestins venus principalement du Mozambique et du Zimbabwe -, accusés de voler le travail des sud-africains, ont fui, depuis deux semaines, la flambée de violences xénophobes dans les townships d'Afrique du Sud, se réfugiant dans des camps de fortune, et des milliers d'autres ont quitté le pays, victimes de ce que la presse taxe de "nettoyage ethnique". Les violences ont fait au moins 50 morts.
[Dans un discours à la nation retransmis par les radios et la télévision, le président Thabo Mbeki a dénoncé "les actes honteux de quelques-uns" qui "ont terni le nom" de l'Afrique du Sud,. Estimant que"jamais depuis la naissance de notre démocratie (en 1994) nous n'avons vu une telle inhumanité", il a averti que si la xénophobie "prenait racine", elle risquait de replonger le pays "dans son passé de violence".
"Nettoyage ethnique à la sud-africaine", titre le "Sunday Independent", au-dessus de la photo d'une jeune Mozambicaine enveloppée dans une couverture. "Les voisins se transforment en tueurs, ceux que l'on croyait amis deviennent des ennemis". Le "Sunday Times" compare quant à lui les deux semaines de meurtres, viols, lynchages, incendies et pillages à un "état d'urgence".]
ALGERIE
_8 juin, Alger. Un double attentat à la bombe, revendiqué par Al-Qaida au Maghreb, fait 12 morts, dont un ingénieur français, dans la localité de Beni Amrane, située à environ 80 km à l'est d'Alger. L'ingénieur français, employé par l'entreprise Razel, en charge de travaux dans un tunnel ferroviaire au niveau de Lakhdaria (Palestro), et son chauffeur, ont été tués les premiers par l'explosion d'une bombe actionnée à distance.
[Huit militaires et deux secouristes de la protection civile qui leur portaient secours ont été tués, un quart d'heure plus tard, dans l'explosion d'une autre bombe.]
ALLEMAGNE
_25 avril, Berlin. Le Conseil central des juifs d'Allemagne se déclare favorable à la réédition, assortie de commentaires critiques, de Mein Kampf [Mon combat] d'Adolf Hitler.
Des historiens allemands appellent, de leur côté, à une réédition de l'ouvrage, avec annotations et explications. Ils expliquent qu'une présentation minutieuse par des experts replaçant "Mein Kampf" dans son contexte historique serait le meilleur des remparts contre les groupes d'extrême droite et néo-nazis qui pourraient chercher à utiliser le livre pour soutenir des idées racistes.
"Les légendes et les mythes liés à ce livre doivent être détruits une fois pour toute", souligne Hans-Christian Taeubrich, directeur du Centre de documentation sur le site des congrès du parti nazi à Nuremberg. Le directeur de l'Institut pour l'histoire contemporaine à Munich, Horst Moller, demande également que "Mein Kampf" soit annoté et republié.
[La propriété des droits d'auteur de ce livre interdit en Allemagne depuis la fin de la guerre, mais circulant clandestinement revient au gouvernement de Bavière jusqu'en 2015, soit le délai légal de 70 ans après la mort d'Adolf Hitler. Hitler s'est suicidé dans son bunker, à Berlin, le 30 avril 1945.]
ANGLETERRE
_18 juin, Londres. Après l'approbation de la Chambre des lords, le Royaume-Uni devient le dix-neuvième des 27 pays de l'Union européenne à ratifier le traité de Lisbonne.
BIRMANIE
_27 mai, Rangoun. La junte birmane prolonge d'un an l'assignation à résidence de Daw Aung Suu Kyi, 62 ans, qui dirige la Ligue nationale pour la démocratie (LND), principal parti d'opposition en Birmanie. Prix Nobel de la paix, Daw Aung Suu Kyi est maintenue en isolement depuis 2003 dans sa maison délabrée de Rangoun.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré cette décision, tout en se disant disposé à poursuivre le dialogue avec le régime. Il estime que "plus tôt seront levées les restrictions imposées à Daw Aung San Suu Kyi et à d'autres figures politiques, et plus vite [la Birmanie] pourra progresser vers une réconciliation nationale, la restauration de la démocratie et le plein respect des droits de l'homme".
L'envoyé spécial de l'Union européenne (UE) pour la Birmanie, l'Italien Piero Fassino, a déclaré qu'il s'agissait d'une "décision d'autant plus inacceptable qu'elle viole même la durée maximum de cinq années prévue par les lois birmanes pour les assignations à résidence".
La France a exprimé sa "consternation", qualifiant la décision d'"arbitraire", dans une déclaration officielle. "Cette décision arbitraire va à l'encontre de tous les appels de la communauté internationale et notamment du Conseil de sécurité [des Nations unies] qui avait demandé la libération des prisonniers politiques et l'engagement d'un processus de démocratisation et de réconciliation nationale en Birmanie, qui assure le plein respect des droits de l'Homme", ont déclaré le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme Rama Yade.
_26 mai, Rangoun. Les autorités annoncent les résultats officiels du référendum sur la nouvelle constitution : 92,5% de oui avec un taux de participation de 98,1%.
[Le régime affirme que l’approbation de la Constitution ouvre la voie à des "élections multipartites" en 2010 et à un "éventuel transfert du pouvoir" aux civils. Une pure et simple "imposture" selon les opposants au régime, qui avaient appelé à voter non, car selon eux, la nouvelle Constitution pérennise la mainmise sur le pouvoir des militaires, assurés par exemple d’occuper un quart des sièges au Parlement.]
_23 mai, Rangoun. A l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat, le général Than Shwe, Ban Ki-moon annonce que les autorités birmanes acceptent de recevoir une assistance internationale permettant de secourir les victimes du cyclone Nargis.
Than Shwe "a accepté d'autoriser l'entrée d'agents humanitaires internationaux dans les zones touchées [par le cyclone], quelle que soit leur nationalité", déclare le secrétaire général des Nations unies. "Il a montré de la flexibilité sur une question qui a constitué jusqu'à présent un obstacle à l'organisation d'une assistance internationale coordonnée et pleinement efficace. Il a aussi convenu que l'émission de visas devait être accélérée". L'aéroport de Yangon sera utilisé comme plaque-tournante pour l'aide internationale.
[Selon les Nations unies, la catastrophe a fait au moins 133'600 morts et disparus et 2,4 millions de sinistrés.]
_19 mai, Rangoon. Dix-sept jours après le passage du cyclone Nargis, qui a fait 133'600 morts et disparus, la Birmanie décrète trois jours de deuil national et donne son feu vert à ses voisins d'Asie du Sud-Est pour coordonner l'aide étrangère aux 2,4 millions de sinistrés.
Par crainte d'une "deuxième catastrophe" humanitaire pour ces rescapés, John Holmes, responsable des affaires humanitaires des Nations unies, s'est rendu dans des zones du delta de l'Irrawaddy dévastées par le cyclone, l'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l'histoire récente.
_17 mai, New York et Londres. Les Occidentaux ont fustigé le refus de la Birmanie d'accepter une aide massive pour les deux millions de survivants du cyclone Nargis. "J'ai dit [...] qu'aujourd'hui les gens mouraient, plus uniquement du fait du cyclone, mais aussi du fait du refus par les autorités [birmanes] d'autoriser l'aide internationale", déclare l'ambassadeur de France auprès des Nations unies, Jean-Maurice Ripert. "Des dizaines de milliers de vies ont été perdues, des centaines de milliers pourraient l'être", prévient-il.
A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown dénonce sur la BBC "une situation intolérable" et appelle les autorités birmanes à cesser de filtrer l'aide étrangère au moment où la majorité des deux millions de rescapés manquent de tout.
[Dans une lettre à MM. Bush, Brown et Sarkozy, le prix Nobel de la paix Desmond Tutu en a appelé au Conseil de sécurité des Nations unies, accusant la Birmanie d'avoir "effectivement déclaré la guerre à sa propre population" et de "commettre des crimes contre l'humanité".]
_15 mai, New York. Evoquant la situation créée par le passage du cyclone Nargis, Ban Ki-moon assure qu'il "s'agit d'une crise purement humanitaire et j'ai assuré les délégations [des pays membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est-ASEAN] sur le fait que je vais essayer de diriger les efforts de façon purement et véritablement humanitaire".
”Mais, ajoute le secrétaire général des Nations unies, parallèlement d'autres [pays] se sont dits préoccupés de ce que si nous n'arrivons pas à répondre à cette crise de façon adéquate, c'est-à-dire en ayant accès aux populations dans le besoin, cette question deviendra inévitablement politique".
_15 mai, Paris. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner juge que le refus par la junte birmane de toute opération d'aide internationale massive se rapproche d'un "crime contre l'humanité".
"Nous sommes en train de passer de non-assistance à personne en danger à crime contre l'humanité. C'est inacceptable" déclare le ministre sur la chaîne de télévision publique France 2.
[Bernard Kouchner a plaidé à nouveau pour que les Nations unies reconnaissent dans cette situation la "responsabilité de protéger" de la communauté internationale, un concept qui répond au "droit d'ingérence humanitaire" dont il fut par le passé l'un des initiateurs. "Pour le moment cela a été refusé", a-t-il reconnu, en espérant que "ça évolue".]
_15 mai, New York. Les Nations unies vont organiser, en Asie, un sommet d'urgence consacré à la crise humanitaire en Birmanie. Face à la gravité de la situation humanitaire dans le sud du pays, un "sommet d'urgence va être convoqué par le secrétaire général des Nations unies avec plusieurs pays d'Asie et dans la région", annonce le Premier ministre britannique, Gordon Brown. La communauté internationale veut éviter une "deuxième catastrophe" en Birmanie et secourir la majorité des deux millions de survivants du cyclone.
[Deux semaines après la catastrophe, dont le bilan officiel a été porté à 43'318 morts et 27'838 disparus, la junte militaire birmane refuse toute opération d'aide internationale massive. Le bilan réel pourrait être beaucoup plus élevé : la Grande-Bretagne avance le chiffre de 200'000 morts.]
_12 mai, New York. Ban Ki-moon exprime sa "profonde préoccupation" et son "immense frustration" face aux entraves à l’accès humanitaire en Birmanie et à la lenteur à laquelle l’assistance parvient aux populations en conséquence. Le secrétaire général des Nations unies, qui fustige "la réponse d’une lenteur inacceptable face à la grave crise humanitaire" en Birmanie, appelle, "dans les termes les plus fermes, le gouvernement [birman] à donner la priorité à la vie de population". Il plaide pour une plus grande liberté d’accès au pays et dans le pays, déplorant que "le gouvernement continue à déplorer les visas à la plupart des agents humanitaires".
"Selon les propres chiffres du gouvernement, le nombre de décès se porte désormais à 31'938, outre 34'460 personnes portées disparues, mais les agences humanitaires internationales ont des estimations bien supérieures", rappelle Ban Ki-moon. "Nous sommes à un moment critique. Si nous n’apportons pas plus d’aide dans le pays et très vite nous faisons face à une épidémie de maladies infectieuses qui pourrait dépasser la crise actuelle".
_11 mai, Rangoun. La junte militaire birmane se félicite du "succès" de son référendum constitutionnel, en dépit des appels internationaux lui demandant de donner la priorité au sauvetage des quelque deux millions de sinistrés du cyclone Nargis, dont une bonne partie continue de survivre sans aucun accès à l'aide d'urgence.
"La tenue du référendum a été couronnée de succès dans l'ensemble du pays", à l'exception des 47 municipalités du district de Rangoun et du delta de l'Irrawaddy, dans le sud-ouest, où il a été reporté au 24 mai, affirme le quotidien officiel "New Light of Myanmar".
_10 mai, New York. Avant même le passage du typhon Nargis, la Birmanie était en proie à "une urgence humanitaire silencieuse" qui menaçait de "dégénérer en une crise majeure", causée par les décisions "désastreuses" d'un régime "sans pitié", incompétent et obsédé par sa survie, selon un document confidentiel des Nations unies dont le quotidien Le Monde a obtenu une copie. Rédigé par Charles Petrie, le plus haut responsable des Nations unies dans le pays durant plus de quatre ans, la répression des manifestations des bonzes, d'août à octobre 2007, avait exacerbé "la colère, la peur et le désespoir" d'une grande partie de la population, tandis que la junte militaire entrait dans "une période de plus grande réclusion".
Charles Petrie brosse le portrait d'un régime qui donne la priorité à la sécurité et à la construction des infrastructures "qui entraîne souvent des déplacements forcés, du travail forcé et des actions militaires hostiles prenant pour victime les civils". Mais, la junte "néglige les besoins les plus élémentaires de la population".

Les décisions "cruciales" sont prises par les généraux Than Shwe et Maung Aye, qui ont "tendance à donner des instructions vagues et souvent de réaction émotionnelle" à une administration "militarisée", dont les agents ont peur de "faire remonter les mauvaises nouvelles". Cette "ignorance mutuellement stratégique" expliquerait "nombre de politiques économiques et sociales désastreuses", qui s'appuient sur des indicateurs statistiques faux.
Dans les zones de conflit le long de la frontière, note Charles Petrie, la situation est "encore pire" avec "des rapports faisant état d'un recours fréquent et systématique à la torture, aux exécutions extrajudiciaires, au viol, et à des formes de travail forcé extrêmement abusives".
_9 mai, Paris. Six jours après le passage du typhon Nargis, John Holmes, secrétaire général adjoint des Nations unies en charge des secours humanitaires, déclare qu'il "perd patience" face aux refus du régime birman d'ouvrir le pays. John Holmes espère que l'appel de fonds lancé par les Nations unies dépassera 100 millions de dollars.
"Les gens vivent dans des conditions très dangereuses, entourés d'eau, de corps en décomposition, sans nourriture, sans abri, très vulnérables aux maladies et aux épidémies : dysenterie, choléra, paludisme… C'est le plus grand risque. Par endroits, il y a tant de corps qu'ils polluent les accès à l'eau. C'est pourquoi l'Unicef travaille dur pour faire entrer des millions de tablettes de purification de l'eau. Les gens voudraient brûler les cadavres, mais ils manquent de carburant. Nous n'avons sans doute pas les moyens de disposer de ces corps, mais j'espère que l'armée birmane pourra le faire", déclare-t-il au quotidien Le Monde.
_8 mai, Rangoun. Le gouvernement birman annonce qu'il accepte l'aide humanitaire alimentaire et matérielle de la communauté internationale, mais qu'il refuse l'entrée sur son territoire de personnel humanitaire- et se chargeait d'acheminer lui-même cette aide vers les zones sinistrées.
"Actuellement, la Birmanie donne la priorité à la réception d'aide alimentaire d'urgence et fait d'immenses efforts pour la distribuer, avec ses propres ressources humaines, sur les zones sinistrées", indique un document publié dans le journal d'Etat "La nouvelle lumière de la Birmanie".
_8 mai, Paris. Les ministres des Affaires étrangères français et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband, appellent les autorités birmanes à lever toutes les restrictions de distribution d'aide étrangère aux victimes du cyclone Nargis. "Tous les efforts doivent désormais converger vers le secours aux populations, y compris pour prévenir d'autres malheurs, en particulier les épidémies", écrivent-ils dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde.
"Nous appelons les autorités birmanes à faciliter le travail des agences des Nations unies et des ONG dans cette tâche", ajoutent-ils. "Même face à l'urgence, même face à l'horreur, il nous faut compter avec les autorités birmanes, dont nous dépendons pour faciliter l'action de la communauté internationale".
L'appel de Bernard Kouchner et de David Miliband
_8 mai, New York. La chargée d'affaires américaine en Birmanie estime que le bilan des victimes du cyclone Nargis pourrait dépasser les 100'000 morts, dont 80'000 dans la seule localité de Labutta, à l'embouchure du delta de l'Irrawaddy. Selon la Fédération internationale de la Croix-Rouge, ces chiffres feraient de Nargis le cyclone le plus meurtrier depuis 1991.
_7 mai, New York [Nations unies] et Paris. Devant les réticences des autorités birmanes à laisser parvenir l'aide humanitaire, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, évoque la possibilité de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies mais, la Chine et la Russie, dotées d'un droit de veto, s'y opposent, tandis que les Nations unies jugent plus constructif de poursuivre les négociations avec les autorités birmanes sans s'engager dans une "confrontation".
[Bernard Kouchner a invoqué le "droit d'ingérence humanitaire", qu'il a contribué à établir, pour proposer "une résolution qui impose le passage [de l'aide humanitaire] au gouvernement" birman, qui ne la laisse entrer qu'au compte-gouttes. En 2005, les Etats membres des Nations unies avaient apporté leur soutien à ce principe, rebaptisé "responsabilité de protéger".]
_7 mai, New York. Ban Ki-moon exhorte le gouvernement birman à "répondre à la profusion d'offres d'assistance et de solidarité en facilitant l'arrivée de travailleurs humanitaires"."Cela pourrait aider de manière significative le gouvernement à répondre à [la] tragédie" provoquée par le cyclone Nargis.
[Le secrétaire général des Nations unies a aussi demandé que "la fourniture d'assistance" reçoive toutes les autorisations nécessaires de la part des autorités birmanes.]
_6 mai, Rangoun. Les autorités birmanes décident le maintien d'un référendum prévu le 10 mai sur une nouvelle constitution, sauf dans 47 localités affectées par le cyclone où il a été reporté au 24 mai. Le scrutin doit théoriquement ouvrir la voie à des élections multipartites à l'horizon 2010.
[Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a jugé "totalement inacceptable" la tenue du scrutin, dénonçant un manque de "respect pour les difficultés auxquelles la population est confrontée avec la catastrophe" et affirmant "ne pas avoir vu d'aide efficace aux victimes".]
_6 mai, Rangoun. Plus de 22'000 personnes sont mortes en Birmanie lors du passage du cyclone Nargis, et au moins 41'000 autres sont portées disparues, annonce la télévision d'Etat, dans un nouveau bilan officiel.
[L'aide internationale sera accueillie favorablement, mais les équipes qui se rendront dans le pays "devront négocier avec le ministère des Affaires étrangères et les plus hautes instances" du régime, déclare le ministre de la Protection sociale, Maung Maung Swe.]
_5 mai, Rangoun. Le cyclone Nargis - qui s'est abattu les 3 et 4 mai sur plusieurs grandes régions de Birmanie - a fait plus de 15'000 morts, dont 10'000 dans la seule localité de Bogalay, quasiment rasée, selon les autorités birmanes. 30'000 personnes seraient portées disparues.
["Les Nations unies feront tout ce qu'elles pourront pour fournir une assistance d'urgence à la Birmanie", a assuré le secrétaire général, Ban Ki-moon. Le cyclone, qui venait du golfe du Bengale, a touché la côte sud-ouest de la Birmanie avec des vents allant de 190 à 240 km/h. Il a poursuivi sa progression vers l'est, causant des dégâts majeurs à Rangoun, ancienne capitale et première ville du pays. Sur l'île de Haingyi, à 200 km au sud-ouest de Rangoun, on compte 90'000 sans-abri. Au total, cinq régions ont été déclarées en état de catastrophe naturelle, notamment dans les zones reculées du delta de l'Irrawaddy, dans le sud-ouest du pays.
Selon un responsable des Nations unies, des centaines de milliers de Birmans sont privés d'abri et d'accès à l'eau potable.]
BRESIL
_18 avril, Brasilia. Devant la 30e conférence régionale de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, rejette tout lien entre le développement des biocarburants et l'inflation des prix des denrées alimentaires.
"Ne me dites pas, pour l'amour de Dieu, que la nourriture est chère à cause du biocarburant, lance-t-il. Elle est chère parce que le monde n'est pas préparé à voir des millions de Chinois, d'Indiens, d'Africains, de Brésiliens et de Latino-Américains manger trois fois par jour".
Pour le Brésil, la hausse des prix alimentaires résulte, pour l'essentiel, de l'augmentation du nombre des bouches à nourrir et de l'allongement moyen de la durée de la vie. "Les biocarburants ne sont pas les méchants qui menacent la sécurité alimentaire; au contraire, ils permettent de se libérer de la dépendance énergétique sans menacer la nourriture". Le Brésil est le deuxième producteur mondial d'éthanol, après les Etats-Unis, et le premier producteur d'alcool à partir de la canne à sucre.
CAMEROUN
_10 avril, Yaoundé. L'Assemblée nationale, largement dominée par le parti présidentiel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), vote, par 157 voix pour et 5 contre, plusieurs projets d'amendements à la Constitution de 1996 qui ouvrent la voie à un nouveau septennat pour l'actuel chef de l'Etat, Paul Biya, âgé de 75 ans.
L'article 6 (alinéa 2) prévoit, dans sa nouvelle version, que le président est "rééligible" alors que, dans la précédente, le mandat était "renouvelable une fois". "C'est conforme aux normes internationales qui se pratiquent dans de vieilles démocraties comme la France et le Royaume-Uni. Cela garantit donc le soutien enthousiaste de tous les Camerounais de bonne foi", affirme l'un des responsables du parti présidentiel, Jean-Bernard Ndongo Essomba.
[Les autres modifications de la Constitution vont toutes dans le sens d'un affaiblissement du pouvoir de l'Assemblée nationale au profit du chef de l'Etat, dont un autre article officialise l'immunité à l'issue de son mandat. Quinze parlementaires appartenant au principal parti de l'opposition, le Front social-démocrate (SDF), ont quitté la salle, peu avant le scrutin, pour protester contre ce qu'ils ont appelé un "coup d'Etat constitutionnel".]
CHILI
_25 mai, Santiago. Le juge chilien Victor Montiglio ordonne l'arrestation de 98 anciens agents de la Dina, la redoutable police secrète du général Augusto Pinochet, accusés de la mort de 119 opposants à la dictature militaire (1973-1990).
Les victimes, pour la plupart militants du Mouvement de gauche révolutionnaire (MIR), ont été assassinées en juillet 1975, au cours de l'opération "Colombo", après avoir été torturées. A l'époque, le régime militaire avait attribué ces décès à des règlements de comptes entre groupes de gauche chiliens ayant eu lieu en dehors du pays.
["Ces arrestations sont le résultat de trente-trois ans d'enquête", a précisé le juge Montiglio. Parmi les tortionnaires, militaires et civils, figure l'ancien chef de la Dina, le général Manuel Contreras.]
CHINE
_24 mai, Pékin. Pus de 80'000 personnes pourraient avoir péri dans le séisme qui a ravagé la province du Sichuan le 12 mai, affirme le Premier ministre chinois, Wen Jiabao. Selon Wen Jiabao, le séisme, le plus meurtrier en Chine depuis plus de 30 ans, a fait plus de 60'000 morts confirmés et le nombre de tués "pourrait grimper jusqu'à 70'000, 80'000 ou encore plus". Près de 30'000 personnes sont encore portées disparues et 300'000 autres blessées, précise-t-il.
_11 avril, Pékin. Un séisme, d'une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter, fait au moins 12'000 morts dans la seule province chinoise du Sichuan (sud-ouest), où se trouve l'épicentre du tremblement de terre. Les informations officielles font en outre état de milliers de blessés.
Les provinces du Gansu (nord-ouest), du Yunnan (sud-ouest), ainsi que la vaste municipalité de Chongqing (sud-ouest), ont aussi été touchées. La secousse a été ressentie à des milliers de kilomètres, comme à Shanghai et à Pékin.
[Ce séisme est le plus grave qu'ait connu la Chine depuis celui de Tangshan en 1976, qui avait fait 242'000 morts.]
_15 avril, Londres. Au moins 1'252 personnes condamnées à mort ont été exécutées dans le monde en 2007, dont un tiers en Chine, selon Amnesty International, qui précise cependant que le nombre est certainement plus élevé, de nombreuses exécutions étant effectuées sous le sceau du secret. En 2006, au moins 1'591 personnes avaient été exécutées dans 25 pays.
_8 avril, Pékin. Le Premier ministre australien Kevin Rudd évoque les problèmes "considérables" des droits de l'homme au Tibet, dans un discours devant des étudiants, au premier jour d'une visite en Chine.
"L'Australie, comme la plupart des pays, reconnaît la souveraineté de la Chine sur le Tibet, mais nous pensons qu'il est nécessaire de reconnaître qu'il y a des problèmes considérables de droits de l'homme", souligne-t-il, ajoutant: "L'actuelle situation au Tibet inquiète tous les Australiens. Nous reconnaissons qu'il est nécessaire pour toutes les parties d'éviter le silence et de trouver une solution à travers le dialogue".
COLOMBIE
_24 mai, Bogota. L'armée colombienne annonce la mort de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), déjà donné pour mort à au moins 17 reprises.
[Le chef des FARC, âgé de près de 80 ans et vétéran de la guérilla, serait décédé depuis près de deux mois."Via le renseignement militaire, nous avons appris que Pedro Antonio Marin, alias Manuel Marulanda ou Tirofijo ["en plein dans le mille"], le principal chef des FARC, était mort", indique un communiqué du ministère de la défense colombien publié samedi. Sa mort "est survenue le 26 mars à 18 h 30 et les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées".]
_13 mai, Bogota. Responsables de centaines de massacres et de milliers d'assassinats commis en Colombie par leurs milices d'extrême droite, quatorze anciens chefs des groupes paramilitaires colombiens extradés vers les Etats-Unis. Ils seront jugés à New York, Miami ou Washington pour trafic de cocaïne ils encourent de lourdes peines de prison.
Salvatore Mancuso, Rodrigo Tovar dit "Jorge 40", Diego Murillo alias "Don Berna", Ramiro "Cuco" Vanoy et Hernan Giraldo, avaient été emprisonnés après avoir accepté de démobiliser leurs milices en échange des peines prévues par la loi "justice et paix" de 2005, qui plafonne à huit ans les peines de prison applicables aux repentis.
[Les paramilitaires "n'ont pas tenu parole", a expliqué le président péruvien Alvaro Uribe pour justifier la décision de les extrader. Les chefs des anciennes milices ont continué à diriger leurs activités mafieuses de leur cellule, ils ont refusé de coopérer avec la justice, d'avouer tous leurs crimes et de réparer leurs victimes. Ils ont donc perdu le bénéfice de la loi "justice et paix".
"L'espoir de connaître toute la vérité sur les atrocités commises par les paramilitaires et les complicités dont ils ont pu bénéficier au sein de la classe politique s'est évanoui", a estimé Ivan Cepeda, fils d'un sénateur assassiné.]
CONGO | République démocratique
_24 mai, Bruxelles. L'opposant congolais en exil Jean-Pierre Bemba arrêté par les autorités belges agissant dans le cadre d'un mandat d'arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI). L'ancien chef de guerre de République démocratique du Congo (RDC), battu par Joseph Kabila à l'élection présidentielle de 2006, est accusé par la CPI d'implication dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine (RCA) en 2002-2003.
"Jean-Pierre Bemba Gombo, président et commandant en chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), serait pénalement responsable de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l'humanité commis sur le territoire de la République centrafricaine pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003", précise la CPI. Le mandat d'arrêt le visant n'avait pas été rendu public avant son arrestation.
COREE DU NORD
_23 avril, Paris. La famine serait de retour en Corée du Nord, pays nucléaire, indique le quotidien Le Monde. Dès avril, le Programme alimentaire mondial (PAM) a tiré le signal d'alarme, redoutant une nouvelle "tragédie humanitaire" en République populaire démocratique de Corée (RPDC).
Depuis le début du mois de juin, douze de ses experts enquêtent sur place dans une cinquantaine de localités : selon des organisations non gouvernementales (ONG) sud-coréennes, le pays s'achemine vers une situation tragique, si rien n'est fait pour l'enrayer. L'accord attendu sur la dénucléarisation pourrait accélérer la reprise de l'aide internationale.
ESPAGNE
_21 mai, Bordeaux. Javier Lopez Pena - dit Thierry -, considéré comme le numéro un du mouvement indépendantiste basque ETA, interpellé avec trois autres membres présumés de l’ETA à Bordeaux, au terme d’une opération menée conjointement par la police française et espagnole.
[Javier Lopez Pena aurait pris la direction de l’appareil politique de l’organisation clandestine en 2006. Il est soupçonné d’avoir été l’un des responsables, la même année, de l’attentat spectaculaire à l’aéroport de Madrid, qui avait causé la mort de deux personnes. Et par lequel l’ETA avait rompu son cessez-le-feu permanent décrété quelques mois auparavant.]
_8 mai, Madrid. Le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero durcit la politique espagnole d'immigration - il décide d'allonger le délai maximum de rétention des étrangers en situation irrégulière, aujourd'hui de quarante jours. La directive européenne visant à harmoniser les normes applicables aux clandestins, qui doit être votée en juin 2008, autorise une durée de rétention de dix-huit mois.
[Le ministre espagnol de l'intérieur, Alfredo Pérez Rubalcaba, a fait valoir que le délai actuel est parfois trop court "pour identifier et rapatrier" les immigrants qui tentent d'entrer irrégulièrement en Espagne. "Si nous sommes laxistes avec l'immigration illégale, nous favoriserons les mafias et cette avalanche, personne ne l'arrêtera", a-t-il déclaré. Il a aussi mis en avant la nécessité de déjouer, par les rapatriements, "l'effet d'appel" sur les candidats à l'immigration.]
ETATS-UNIS
_28 juin, Washington. Nelson Mandela et le Congrès national africain (ANC) vont être retirés de la liste noire américaine du terrorisme. Après la Chambre des représentants en mai, le Sénat adopte une loi en ce sens, qui devrait être signée par le président George W. Bush avant les 90 ans de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, le 18 juillet.
["Aujourd'hui, les Etats-Unis ont enfin franchi une nouvelle étape pour effacer cette grande honte qui déshonore ce grand leader", a déclaré le sénateur John Kerry. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avait appelé en avril une commission du Sénat à lever ces restrictions imposées, estimant "plutôt embarrassant" d'avoir à "intervenir personnellement pour autoriser l'entrée sur le territoire de [son] homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela".]
_26 juin, Washington. La Cour suprême américaine confirme que la Constitution garantit à chacun le droit de posséder une arme à feu et de s'en servir, notamment dans les cas d'autodéfense.
Par 5 voix contre 4, la plus haute juridiction du pays a confirmé l'invalidation d'une loi de la ville de Washington, la capitale du pays, qui interdisait depuis 1976 à ses habitants de posséder une arme de poing.

_18 juin, Washington. Les examens pratiqués sur onze anciens prisonniers de l'US Army, alors soupçonnés de terrorisme, ont révélé des affections durables dues à des sévices physiques et psychologiques relevant de la torture. Ces conclusions émanent d'un rapport de l'organisation américaine Chirurgiens pour les droits de l'homme.
Coups, sévices sexuels, isolement, privation de vêtements et maintien dans des positions douloureuses ont notamment été évoqués par les anciens détenus, dont sept disent avoir songé au suicide. "Les examens fournissent la preuve d'infractions à la législation interdisant la torture et de crimes de guerre commis par le personnel américain", souligne l'organisation, qui présente son rapport comme le document le plus détaillé - preuves médicales à l'appui - sur les sévices infligés par des militaires américains.
[Les mauvais traitements subis par des détenus irakiens aux mains de leurs geôliers américains d'Abou Ghraïb, révélés au grand jour par des vidéos diffusées en avril 2004, ont soulevé une vague d'indignation à travers le monde. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer les conditions de détention au centre pénitentiaire de Guantanamo, où sont rassemblés les terroristes présumés.]
_12 juin, Genève. La haut commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, se félicite de la décision prise par la Cour suprême des Etats-Unis qui étend l'application de la Constitution des Etats-Unis aux détenus de la base américaine de Guantánamo à Cuba.
"La Cour suprême a envoyé un message d'une importance vitale qui indique que la protection que garantissent les droits de l'homme fondamentaux doit s'appliquer à ces individus et que des recours efficaces doivent être mis à leur disposition", estime Louise Arbour.
"Je salue le fait que la Cour ait reconnu que la sécurité et la liberté ne sont pas compromises, mais qu'elles peuvent être conciliées dans le cadre de l'application de la loi, et qu'il revient aux tribunaux d'appliquer cette dernière".
_12 juin, Wahington. La Cour suprême des Etats-Unis remet en cause le fondement des décisions du président George Bush et du Congrès sur la conduite de la "guerre" antiterroriste. Saisie pour la 3e fois depuis 2004 de la question de la légalité des détentions à Guantanamo, la Cour estime que la Constitution garantit aux détenus de Guantanamo le droit de saisir la justice civile. Pour autant, ils ne retrouvent pas leur liberté : cette décision, la troisième de ce type, va à l'encontre des arguments du gouvernement sur le centre de détention de la base américaine à Cuba.
En 2004 et en 2006, la plus haute juridiction du pays avait déjà estimé que les prisonniers pouvaient saisir la justice fédérale en s'appuyant sur une procédure du droit anglo-saxon, l'habeas corpus. Mais, les juges de la Cour suprême s'étaient alors appuyés sur des textes de loi que le Congrès a modifiés depuis, empêchant les prisonniers de contester leur détention devant les tribunaux. Cette fois-ci, le président américain, George W. Bush, a indiqué qu'il appliquerait la décision prise par la Cour suprême américaine, même s'il la désapprouve.
Par cinq voix contre quatre, la Cour a estimé que même si Guantanamo est en territoire cubain, la base, qui abrite environ 270 prisonniers, fonctionne comme un territoire américain où certains droits inscrits dans la Constitution doivent être respectés. Pour William Neukom, président du barreau des avocats américains, cette décision "aide à restaurer la crédibilité des Etats-Unis comme héraut et modèle de l'Etat de droit à travers le monde".
_5 juin, Base militaire américaine de Guantanamo [Cuba]. Ouverture, devant un tribunal militaire d'exception, du procès de cinq membres de l'organisation terroriste Al-Qaida accusés d'avoir organisé les attentats perpétrés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. Un juge militaire, le colonle Ralph Kohlmann, dirige les audiences. C'est leur première comparution publique depuis leurs arrestations, il y a cinq ou six ans. Avant leur transfert à Guantanamo, tous ont été détenus des années dans les prisons secrètes de la CIA.
Les cinq accusés, poursuivis pour "terrorisme, complot, meurtres, attentats" et d'autres motifs, répondent de 2'973 chefs d'accusation, correspondant au nombre des victimes des attentats.
Le "cerveau" présumé des attentats commis par Al-Qaida, Khaled Cheikh Mohammed, assure seul sa défense comme ses quatre coaccusés : Walid Ben Attach, Ramzi Ben Al-Chaiba, Ali Abdul Aziz Ali et Moustafa Al-Hawsawi. Tous ont récusé l'assistance de leurs avocats. Vous risquez la peine capitale, a rappelé le juge à Khaled Cheikh Mohammed. "Oui, être un martyr, c'est ce que je souhaite depuis longtemps."
"On m'a fait dire beaucoup de choses", a clamé Khaled Cheikh Mohammed, évoquant les propos partiellement rendus publics où il revendique avoir préparé "de A à Z" le 11-Septembre. "Tout cela m'a été extorqué sous la torture, vous le savez très bien." L'armée américaine admet qu'il a été soumis à des séances de "waterboarding" [simulacre de noyade].

[Dans le "Wall Street Journal" du 4 juin, le vice-amiral Mark Buzby, commandant du camp de mai 2007 à mai 2008, a publié un article titré : "Guantanamo est vraiment une prison modèle". Un lieu qui, "contrairement à ce que dit l'opinion internationale, […] rendrait fier tout Américain". Le même jour, le ministre de la justice, Michael Mukasey, a assuré que les procès de Guantanamo se mèneraient "selon les meilleures traditions du système légal américain".
Il reste à Guantanamo 273 détenus sur les 775 suspects qui y ont été incarcérés; 195 attendent d'être transférés. Selon la justice militaire américaine, environ 80 cas seraient passibles de poursuites.
Les deux candidats à la Maison Blanche, John McCain et Barack Obama, se sont engagés à fermer ce centre de détention, très contesté internationalement.]
_20 mai, Washington. Les Etats-Unis sont "coincés" avec le centre de détention controversé de Guantanamo, à Cuba, en raison des incertitudes entourant le sort des terroristes présumés qui seraient libérés en cas de fermeture, déclare le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.
"Nous avons environ 70 détenus que sommes prêts à renvoyer chez eux", mais "soit le gouvernement de leur pays ne les acceptera pas, soit nous craignons qu'il ne les laisse filer", souligne Robert Gates, en rappelant qu'un ancien détenu koweïtien de Guantanamo avait récemment commis un attentat suicide dans la ville irakienne de Mossoul. "Nous avons du mal à savoir ce que nous devons faire de ces 70 ou 80 [détenus] qu'on ne peut pas libérer mais qui ne seront pas jugés, et qui ne serons pas renvoyés chez eux".
[Quelque 800 terroristes présumés sont passés par le camp de Guantanamo ouvert après les attentats du 11 septembre 2001 pour regrouper des détenus internationaux soupçonnés de menacer la sécurité des Etats-Unis. 270 y sont toujours incarcérés.]
_27 avril, Washington. L'administration de George Bush a informé au Congrès que les agents du renseignement américain pouvaient, pour lutter contre le terrorisme, avoir recours à des méthodes d'interrogation interdites par les lois internationales, indiquent plusieurs médias américains.
Le ministère de la justice a envoyé des lettres au Congrès faisant valoir cette interprétation juridique des Conventions de Genève, qui régissent le traitement des prisonniers de guerre. "Le fait qu'une action soit entreprise pour éviter un attentat, et non pour chercher à humilier ou abuser, serait acceptable aux yeux d'un observateur raisonnable chargé de mesurer de degré d'outrage commis", a assuré le ministère.
[Le président Bush avait opposé son veto, en mars, à un texte qui interdirait de facto à la CIA de recourir à des méthodes d'interrogatoire dénoncées par leurs détracteurs comme de la torture, telle la simulation de noyade.]
_16 avril, Washington. La Cour suprême américaine autorise la reprise des exécutions, suspendues depuis plus de 6 mois dans le pays, estimant que la méthode de l'injection mortelle était conforme à la Constitution.
"Les plaignants n'ont pas prouvé que le risque de souffrance liée à une mauvaise administration d'un protocole d'injection mortelle qu'ils reconnaissent humain, de même que le refus d'adopter des alternatives dont l'efficacité n'a pas été démontrée, constitue un châtiment cruel et inhabituel" interdit par le texte fondateur, écrit le président de la Cour, le juge John Roberts.
[Par 7 voix contre 2, la Cour a rejeté la requête de deux condamnés à mort du Kentucky (centre est) qui contestaient cette méthode utilisée dans la quasi-totalité des exécutions à travers le pays.]
_10 avril, Washington. Une "cellule" sur la torture a été installée à la Maison-Blanche, au printemps 2002, après l'arrestation des premiers suspects soupçonnés d'appartenir à Al-Qaida en Afghanistan, révèle la chaîne de télévision ABC.
Cette "cellule", chargée de déterminer la manière de mener les interrogatoires des suspects, était placée sous l'autorité de Condoleezza Rice, alors conseillère à la sécurité nationale du président George Bush. Elle réunissait, autour du vice-président Dick Cheney, quatre dirigeants qui, depuis, ont quitté leur poste : le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, le secrétaire d'Etat Colin Powell, le ministre de la justice John Ashcroft et le patron de la CIA George Tenet. C'est ce qu'affirme, à l'issue d'une enquête menée auprès d'anciens hauts responsables de l'administration.
Selon le Washington Post, ces six dirigeants, que le journal nomme "les conseillers en torture de la Maison-Blanche", sont entrés, lors de réunions secrètes, dans le détail des "techniques d'interrogatoire sévères". Ils ont "virtuellement chorégraphié" des interrogatoires, autorisant "les coups, la privation de sommeil et le simulacre de noyade, dit waterboarding ".
ETHIOPIE
_12 juin, New York. Human Rights Watch (HRW) publie un rapport dénonçant les "crimes de guerre" et les "crimes contre l'humanité" commis, selon elle, en 2007 en Ogaden, une vaste région semi désertique de l'Ethiopie.
L'association américaine de défense des droits de l'homme accuse l'armée éthiopienne d'avoir "exécuté au moins 150 civils, parfois en public", d'avoir détruit "des dizaines de villages", d'avoir détenu arbitrairement "des centaines de civils" soumis notamment au viol et à la torture dans sa traque des rebelles du Front national de libération de l'Ogaden (ONLF), un mouvement armé en lutte depuis 1984 pour obtenir la sécession de la zone.
EUROPE | Union européenne
_16 juin, Prague. Le très eurosceptique président tchèque Vaclav Klaus s' insurge contre "l'européanisme" de crtains milieux politiques et intellectuels. "Laissons les gens qui vivent sur le continent européen être Tchèques, Polonais, Italiens, Danois... et ne faisons pas d'eux des Européens. C'est un projet erroné", déclare-t-il dans un entretien avec le quotidien "Lidove Noviny ".
"La différence entre le Tchèque, le Polonais, l'Italien, le Danois et l'Européen est la même qu'entre la langue tchèque, polonaise, italienne et danoise et l'esperanto. L'européanisme est l'esperanto: une langue artificielle, morte", ajoute-t-il.
_13 juin, Dublin. Les Irlandais disent "non" à une large majorité (53,4% des voix, contre 46,6% de "oui"), au traité de Lisbonne, plongeant l'Union européenne (UE) dans une nouvelle crise, trois ans après le rejet du projet de Constitution par les Français et les Néerlandais, en 2005.
Etat des ratifications du traité de Lisbonne
[Les pays membres de l'Union européenne se sont cependant pour la plupart dits décidés à aller de l'avant. Le traité de Lisbonne "n'est pas mort" et "les dirigeants européens devront décider lors du sommet européen des 19-20 juin comment continuer", ont affirmé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le Premier ministre Slovène Janez Jansa, dont le pays préside l'UE. Mais, "il est clair que le traité n'entrera pas en vigueur au 1er janvier 2009", a toutefois souligné le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
"Nous espérons que les autres Etats membres poursuivront le processus de ratification", ont ajouté le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel dans une déclaration commune.]
_5 juin, Luxembourg. Les 27 pays de l'Union européenne approuvent un projet de loi instaurant des règles communes pour l'expulsion des sans-papiers. La nouvelle législation, qui devra encore être avalisée par le Parlement européen, contraindra les autorités nationales à choisir entre légaliser le séjour des "sans-papiers" ou les expulser.
Le projet prévoit que le départ d'un sans-papiers, appelé : "éloignement", devra se faire sur une base volontaire. Mais, en cas de résistance, il pourra être forcé et obligatoirement assorti d'un bannissement du territoire de l'UE pendant cinq ans. Les enfants sont également concernés.
En cas d'expulsion forcée, les autorités pourront décider de la détention des clandestins pour une période maximale de six mois, pouvant dans certains cas être prolongée jusqu'à 18 mois, notamment en cas de risque de fuite ou de retards pour obtenir des pays tiers les documents nécessaires.
FRANCE
_22 juin, Paris. Les communautés musulmane et juive élisent leurs responsables religieux. Mohammed Moussaoui, 44 ans, vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), est élu président du Conseil du culte musulman (CFCM), tandis que la communauté juive désigne le Grand rabbin de la synagogue de la rue de la Victoire à Paris, Gilles Bernheim, Grand rabbin de France.
Le CFCM, créé en 2003, était présidé depuis son origine par le recteur Dalil Boubakeur de la Mosquée de Paris qui ne se représentait pas. "Il importe que désormais le CFCM se consacre effectivement aux grandes questions intéressant l'exercice du culte. La gestion effective et concrète des grands dossiers intéressant le culte musulman, qu'il s'agisse du pélerinage, de la viande hallal, des constructions de mosquées, est en effet de nature à fédérer tous nos compatriotes musulmans [...]. Vous savez pouvoir compter sur mon appui pour défendre votre droit à exprimer votre foi dans le cadre de la législation républicaine", écrit Michéle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, dans le message adessé à Mohammed Moussaoui.
Gilles Bernheim, 56 ans, est agrégé de philosophie et auteur de plusieurs ouvrages dont le plus récent, "le rabbin et le cardinal" (Stock), a été écrit avec le cardinal Philippe Barbarin. Rabbin strictement orthodoxe, il est réputé homme d'ouverture et de dialogue.
[Il y a en France environ 5 millions de musulmans et entre 500’000 et 600’000 juifs, pratiquants ou pas.]
_22 mai, Paris. Le tribunal de grande instance de Lille a annulé un mariage en avril "pour erreur sur les qualités essentielles" de la conjointe car celle-ci avait menti sur sa virginité, indique la revue juridique Recueil Dalloz. Alors que sa fiancée lui avait affirmé qu'elle était chaste, une valeur essentielle pour l'époux, l'homme avait découvert le soir de leurs noces, le 8 juillet 2006, qu'elle ne l'était pas, et l'avait immédiatement annoncé à ses proches. Le père de l'époux avait alors ramené la jeune femme chez ses parents, estimant sa famille "déshonorée". Le mari, un ingénieur d'une trentaine d'années, avait décidé dès le lendemain de se séparer de son épouse et l'avait assignée en justice le 26 juillet 2006.
La décision du TGI de Lille s'appuie sur l'article 180 du code civil, qui stipule que "s'il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage" dans un délai de cinq ans. Le procureur de la République de Lille, Philippe Lemaire, affirme que le jugement est "conforme à la jurisprudence classique". Le problème de la virginité "focalise un peu le débat, mais la question, ce n'est pas la virginité, c'est la liaison qu'elle a eue avant et qui a été cachée. C'est le mensonge qui motive la décision du juge", souligne-t-il.
[Cette décision a suscité de vives réactions dans le monde politique et associatif. Interrogée sur France Inter, la philosophe Elisabeth Badinter s'est déclarée "ulcérée" par cette décision. L'épouse de l'ancien garde des sceaux Robert Badinter a déclaré avoir "honte" pour la justice française. L'association Ni putes ni soumises a évoqué de son côté une "régression", exprimant son amertume "de savoir qu'en France la virginité peut être considérée comme une "qualité essentielle" et a réclamé un changement législatif.
La secrétaire d'Etat au droit des femmes, Valérie Létard, a déclaré être "consternée de voir qu'aujourd'hui en France certaines dispositions du code civil conduisent, par l'interprétation qui peut en être faite, à une régression du statut de la femme". "Une telle décision est une atteinte à l'intégrité des femmes et une violation aux droits fondamentaux de tout individu", a-t-elle souligné, précisant que "cette réalité est d'autant plus choquante que le gouvernement multiplie les mesures en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes".
La Chancellerie assure n'avoir "pas le souvenir" d'une annulation pour mensonge sur la virginité, même si les annulations pour mensonges sur "des éléments de personnalité" d'un des conjoints sont loin d'être rares. Parmi ces "erreurs" figurent essentiellement la découverte après le mariage que le conjoint est divorcé, qu'il a menti sur sa nationalité, qu'il fait l'objet d'une mesure de curatelle ou qu'il n'est pas apte à avoir des relations sexuelles normales.]
_22 mai, Paris. "La France a décidé de retirer immédiatement du service opérationnel la roquette M26", qui équipe les Lance-roquettes multiples (LRM) de l'artillerie, annoncent les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin.
[Cette annonce intervient alors que se déroule à Dublin (Irlande) une conférence internationale en vue de l'interdiction des armes à sous-munitions. Les deux ministres précisent d'ailleurs que la décision française, prise "avant même de connaître le texte définitif du traité", entend "contribuer à la dynamique qui est lancée". La position officielle de la France est en faveur de "l'interdiction de toutes les armes à sous-munitions définies comme inacceptables car causant des dommages humanitaires".]
_21 mai, Paris. La romancière bangladaise Talisma Nasreen, 46 ans, menacée de mort par des
islamistes, reçoit le "Prix Simone de Beauvoir pour la
liberté des femmes". Il lui a été remis par Rama Yade, secrétaire
d'Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l'homme.
"C'est la France qui vous accueille aujourd'hui, celle de Voltaire, de Hugo, de Zola, de de Gaulle, de Simone de Beauvoir, de Césaire, cette France des écrivains engagés dans le combat toujours renouvelé pour la dignité et la liberté", déclare Rama Yade lors de la cérémonie au Quai d'Orsay.
Elle souligne qu'elle remet ce prix "au nom de tous les Français qui considèrent que la liberté d'expression ne peut avoir des limites que celles imposées par la loi, et que l'appel au meurtre est un crime".
[Après plusieurs années d'exil entre l'Europe et les Etats-Unis, Taslima Nasreen - accusée de blasphème par des extrémistes musulmans après la parution de son roman Lajja (La honte) - s'était installée en Inde en 2004. Elle avait demandé un permis de séjour, mais les autorités, inquiètes d'une réaction hostile des extrémistes musulmans indiens (sa tête a été mise à prix par un groupe islamiste indien : 9000 euros pour sa décapitation) ne lui accordent que des visas de six mois. Les fondamentalistes sont ulcérés par certains de ses livres (Brûlons les burqas ou Les femmes n'ont pas de patrie) qu'ils jugent être un appel à la révolte des femmes.
Le prix Simone de Beauvoir, créé à l'occasion du centenaire de la naissance de l'écrivain français, avait été attribué le 9 janvier 2008 conjointement à Taslima Nasreen et à l'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, menacée de mort en raison de ses critiques de l'islam.]
_17 mai, Paris. La France compte demander aux Nations unies d'agir pour une "dépénalisation universelle de l'homosexualité", déclare la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie.
Rama Yade, qui recevait des associations luttant contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, a annoncé qu'elle avait présenté "le principe d'une initiative européenne appelant à la dépénalisation universelle de l'homosexualité, qui serait portée devant l'Assemblée générale des Nations unies" durant la présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008.
[Par ailleurs, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a placé les présidents polonais et ougandais en tête de son palmarès des responsables mondiaux coupables de discrimination envers les homosexuels. Le président polonais Lech Kaczynski s'est prononcé publiquement contre la reconnaissance des unions homosexuelles et son homologue ougandais Yoweri Museveni incite ouvertement à la discrimination envers les homosexuels.]
_16 mai, Paris. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), veut inscrire dans le préambule de la Constitution, qui rappelle les droits fondamentaux, la protection des données personnelles.
"Du lever au coucher, nous sommes tous plus ou moins soumis" à "un double traçage", déclare le président de la CNIL, Alex Türk : "un traçage dans l'espace", à travers le développement des systèmes de biométrie, de vidéosurveillance ou de géolocalisation, qui "met en cause la liberté d'aller et venir"; et "un traçage dans le temps", permis par les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux sur Internet, qui "met en cause la liberté de pensée et d'expression". Alex Türk cite l'exemple de déclarations anciennes exhumées sur le réseau Internet qui "vous obligent de justifier à 50 ans ce que vous avez dit à 20 ans".
_15 mai, Paris. Les députés adoptent, en première lecture, le projet de loi visant à protéger le secret des sources des journalistes dans des conditions jugées toutefois très insuffisantes aussi bien par l'opposition que par la profession. Le texte, présenté par la ministre de la justice, Rachida Dati, sera examiné par le Sénat en juin.
"La protection des sources est l'une des pierres angulaires de la liberté d'expression", déclare Rachida Dati. "Ce texte pose le principe de la protection des sources et encadre davantage l'intervention de l'autorité judiciaire", affirme-t-elle. "C'est un projet de loi qui est plus protecteur pour les journalistes, qui permet néanmoins une intervention encadrée de l'autorité judiciaire. C'est un projet de loi qui est équilibré".
La ministre de la justice fait valoir que le secret des sources des journalistes "ne peut pas être absolu", jugeant qu'il pouvait être "levé dans certaines conditions très encadrées". "Il doit y avoir un équilibre entre la protection des sources et ce que la Cour européenne des droits de l'homme appelle : "un impératif prépondérant d'intérêt public".
[Le Syndicat national des journalistes (SNJ) juge le texte "particulièrement insuffisant", estimant que "les dérogations au principe de protection du secret des sources sont insufisamment encadrées et imprécises".]
_12 mai, Paris. François Bayrou, président du MoDem (centre, opposition) annonce qu'il a l'intention de déposer un amendement dans le cadre de la réforme des institutions pour favoriser "l'indépendance des médias". "Le problème des institutions françaises, c'est que le pouvoir se teinte d'absolutisme", regrette-t-il.
Lors de la discussion sur la réforme des institutions, à partir du 20 mai à l'Assemblée, "je déposerai un amendement qui dira que, comme les partis politiques représentent le pluralisme et concourent à son expression, de la même manière, les médias concoururent à l'information pluraliste des citoyens et qu'il faut donc des règles d'indépendance", précise François Bayrou. Selon lui, "le poids médiatique est tel aujourd'hui qu'il faut garantir son indépendance".
L'AFP n'est pas un blog, par Christophe Beaudufe
[Le porte-parole de l'UMP (parti majoritaire), Frédéric Lefebvre, a saisi le Conseil supérieur de l’Agence France-Presse (AFP) agence accusée de censurer certains des communiqués de son parti. Par ailleurs, le président Nicolas Sarkozy a reproché aux journaux "L’Express", "Marianne", "Le Parisien", "Le Journal du Dimanche" et l’Agence France-Presse de "s’attribuer la fonction d’opposition".
Frédéric Lefebvre a affirmé ne pas "reconnaître à une agence de presse une ligne éditoriale quand il s’agit de traiter un communiqué d’un parti politique".]
_10 mai, Paris. Nicolas Sarkozy annonce que la traite des Noirs, l'esclavage et leur abolition, seront introduites dans les nouveaux programmes de l'école primaire en France, dès la rentrée prochaine.
Dans un discours prononcé aux cérémonies de la troisième journée nationale de commémoration des "mémoires de la traite négrière de l'esclavage et de leurs abolitions", le président français affirme également qu'un Centre national de ressources sur l'histoire de l'esclavage, voulu par les historiens, les écrivains et toute la communauté scientifique serait bientôt établi.

Le discours de Nicolas Sarkozy [ 105 ko]
[Nicolas Sarkozy a rappelé, dans son discours, le nécessaire respect de la dignité humaine. "En cette année de célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, la France doit défendre l'universalité des droits de l'homme face aux tentations relativistes auxquelles succombent certains, au nom de traditions historiques dévoyées. Au nom de traditions culturelles caricaturées, au nom de traditions religieuses qui n'ont jamais existé", a-t-il déclaré.
"Les droits de l'homme ne doivent pas être un privilège réservé aux plus riches. Ils sont la condition de l'émancipation du développement", a-t-il ajouté.]
_7 mai, Paris. La phrase de Nicolas Sarkosy affirmant que "l’espace des libertés progresse" en Tunisie "fut maladroite", déclare le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kopuchner, sur la radio France Inter. "En dehors de cette phrase, oui, par rapport aux autres pays, en particulier dans la région, ça va bien mieux" en Tunisie, assure-t-il. "Mais, c’est insuffisant et il fallait le souligner". Il ajoute que les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie sont "vraiment des péchés véniels comparés à l’état du monde".
"Il y a un gros livre de [l’organisation de défense des droits de l’homme] Human Rights Watch qui paraît tous les ans pour faire l’état des droits de l’homme dans le monde : la Tunisie n’y figure même plus", souligne-t-il encore.
Le rapport 2008 de HRW sur la Tunisie [ 84 ko]
[Une affirmation démentie par Human Rights Watch (HRW)."La Tunisie figure bien dans le Rapport 2008 de HRW".]
_7 mai, Paris. Pour la cinquième année consécutive, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) publie son rapport sur "L’état des droits de l’homme en France" [La Démocratie asphyxiée, La Découverte, 128 pp., 10 €].
En six chapitres précis et documentés, les militants de la LDH y dressent un tableau particulièrement alarmant des atteintes aux libertés et aux droits sociaux par la "République selon Sarkozy", alors que le Président fête son premier anniversaire à l’Elysée.
Pour le quotidien Libération, ils ont rédigé la synthèse de leur travail et livrent leurs conclusions.
Le rapport de la LDH
_6 mai, Paris. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "discrimination raciale et discrimination religieuse", à la suite des propos de Jean-Marie Le Pen qualifiant de nouveau les chambres à gaz de "détail" de la seconde guerre mondiale dans le magazine "Bretons".
[Jean-Marie Le Pen a déjà été condamné, il y a près de vingt ans, pour avoir tenu des propos similaires. Il avait alors été condamné à payer une amende de 1,2 million de francs (183'200 euros).]
_2 mai, Paris. La secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, se défend d'avoir "fait tapisserie" lors du voyage du président Nicolas Sarkozy en Tunisie et assure avoir discuté "sans tabou, de tous les sujets" avec les associations et les autorités tunisiennes.
"Je ne suis pas [allée en Tunisie] pour faire tapisserie", déclare Rama Yade sur la radio Europe 1. "Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait : j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'homme", souligne-t-elle, rappelant qu'elle a rencontré le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.
"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite : torture, censure, peine de mort", assure-t-elle.
_30 avril, Paris. Dans un courrier adressé à la ministre de la justice, Rachida Dati, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, plaide pour la mise en place d'un "pôle crimes de guerre" sur le modèle du pôle antiterroriste et du pôle financier, qui serait "chargé d'enquêter, instruire et poursuivre les infractions les plus graves au droit international humanitaire telles que le génocide, les crimes contre l'humanité, etc.".
Le projet serait constitué d'une équipe de trois juges d'instruction, d'enquêteurs, d'experts et d'interprètes et instruirait les affaires de crimes contre l'humanité et crimes de guerre. "Ce type d'affaires nécessite à l'évidence [...] une connaissance très approfondie, historique et géopolitique du contexte dans lequel ces crimes ont été commis, que seule la constitution d'une unité de juges d'instruction spécialisés devrait permettre", écrit le ministre.
[Le prêtre Wenceslas Munyeshyaka et l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta, réfugiés en France, poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité, auraient dû être jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui siège à Arusha. Mais, les Nations unies ont demandé au tribunal de clore les procès d'ici à 2010. Faute de pouvoir juger tous les accusés dans les temps impartis, le TPIR a renvoyé, en novembre 2007, ces deux affaires à la justice française. Une instruction avait déjà été ouverte, en France, contre les deux hommes pour leur participation présumée au génocide de 1994.
Plusieurs Etats de l'Union européenne, tels la Belgique, les Pays-Bas ou le Danemark, disposent déjà de leur propre "cellule crimes de guerre". Le Conseil de l'Union européenne avait voté, en 2003, la création d'un réseau européen dans l'objectif de ne pas faire de l'Europe une terre d'asile pour les criminels en fuite. Source: Le Monde, 27 mai 2008.]
_30 avril, Tunis, A l'occasion d'un discours devant des étudiants, Nicolas Sarkozy félicite le régime du président tunisien Ben Ali.
"Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?", s'est interrogé le chef de l'Etat français, estimant que "c'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte [...], sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques".

"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes", concède-t-il, ajoutant cependant que "tout n'est pas parfait en France non plus". "Beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire".
_28 avril, Tunis. Refusant de se poser "en donneur de leçons", Nicolas Sarkozy, en déplacement en Tunisie, rend hommage, en présence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade, aux efforts accomplis par le président Ben Ali en matière de droits de l'homme. "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse [en Tunisie]. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".
Le président français a également rendu hommage à "la lutte déterminée contre le terrorisme" menée par le président tunisien, ajoutant : "Croyez bien que pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c'est important. Car qui peut croire que si, demain [...], un régime de type taliban s'installait dans un de vos pays, au nord de l'Afrique, l'Europe et la France pourraient considérer qu'ils sont en sécurité ?"
Sous le titre "Mauvaise manière", le quotidien Le Monde note, dans son éditorial du 30 avril 2008 :
"C'est une contre-vérité. Aucune ONG, aucun observateur sérieux, tunisien ou étranger, ne peut porter un tel jugement. Dans un pays où le président s'installe au pouvoir à vie, fait tabasser par des voyous, emprisonner, voire torturer, ses opposants et ne tolère qu'une presse à son service, "l'espace de liberté" régresse. Personne ne demandait à M. Sarkozy de se poser, comme il l'a dit, en "donneur de leçons". Le chef de l'Etat aurait pu choisir le silence, qui eût été une forme de décence. Avec ce satisfecit décerné au régime Ben Ali, il fait une bien mauvaise manière aux courageux démocrates tunisiens.
"Pourquoi ? Probablement au nom de ce raisonnement : c'est Ben Ali ou les islamistes. Voilà qui ajouterait l'erreur d'analyse à la contre-vérité : l'islamisme se nourrit de la suppression de toute opposition, de toute vie démocratique; il fleurit sur le terreau de l'autocratie, quand la mosquée devient le seul espace de contestation. A Tunis ou ailleurs". Le Monde, 30 avril 2008.
_27 avril, Alger. Le "temps de la dénégation" des massacres perpétrés par la colonisation "est terminé", déclare l'ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, à l'université du 8-Mai-1945 de Guelma.
A quelques jours de la commémoration de la répression le 8 mai 1945 d'une révolte algérienne, l'ambassadeur évoque d' "épouvantables massacres" perpétrés à Sétif, Guelma et Kherrata, ainsi que la "très lourde responsabilité des autorités françaises de l'époque dans ce déchaînement de folie meurtrière".
Ces massacres, qui ont fait entre 15'000 et 45'000 morts, selon les sources, "ont fait insulte aux principes fondateurs de la République française et marqué son histoire d'une tache indélébile". "Aussi durs que soient les faits, la France n'entend pas, n'entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé", ajoute l'ambassadeur.
[Le 27 février 2005, à Sétif, le prédécesseur de Bernard Bajolet, Hubert Colin de La Verdière, avait qualifié ces mêmes événements de "tragédie inexcusable". La déclaration de Bernard Bajolet intervient cinq mois après le discours du président Nicolas Sarkozy à l'université de Constantine, dans lequel il avait évoqué "les fautes et les crimes du passé" colonial français en Algérie, qualifiés d'"impardonnables".]
Le discours de Bernard Bajolet
_25 avril, Paris. Dans le mensuel généraliste Bretons, diffusé en Bretagne et en région parisienne, Jean-Marie Le Pen, affirme à propos des chambres à gaz : "J’ai dit qu’elles étaient un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : ça me paraît tellement évident".
Dans un entretien publié par le journal, Le Pen rappelle le nombre de morts total de la Seconde Guerre mondiale, en avançant le chiffre de "50 millions de morts". Mais, le journaliste l’interrompt, lui disant que "le problème n’est pas de savoir le nombre [de morts], mais la manière dont ils ont été tués", et que l’on a "déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer".
"Mais ça, c’est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d’adhérer à cette vision-là. Je constate qu’à Auschwitz il y avait l’usine IG Farben, qu’il y avait 80’000 ouvriers qui y travaillaient. A ma connaissance, ceux-là n’ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés", répond le leader du Front national (FN).
Alors que le journaliste rétorque que des travaux d’historiens de toute sensibilité politique ont montré la réalité de la déportation à fin d’extermination, Le Pen répond : "Ce n’est pas le problème. Je n’ai pas contesté, j’ai dit que c’était un détail".
[En 1987, c'est ce même terme de "détail" que Jean-Marie Le Pen avait utilisé pour la première fois, ce qui lui avait valu une condamnation judiciaire.]
_23 avril, Paris. Un projet de réforme constitutionnelle octroyant de nouveaux droits au Parlement et aux citoyens adopté en Conseil des ministres. Préparé par le comité présidé par l'ex-Premier ministre Edouard Balladur, ce texte crée un nouveau droit pour le chef de l'Etat, autorisé à parler devant le Parlement. D'autres prérogatives présidentielles sont en revanche encadrées comme les nominations. Un défenseur des droits du citoyens est créé.
Plusieurs mesures accroissent les pouvoirs du Parlement, comme notamment l'augmentation du nombre de commissions (6 à 8), le partage avec le gouvernement de l'ordre du jour, la possibilité de s'opposer à la procédure d'urgence ou le droit de résolution sur tous les sujets..
Le Sénat assure la représentation des collectivités territoriales "en tenant compte |