Une campagne d'information à Genève pour ne pas oublier les réfugiés d'Afrique

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) lance, en juillet et août à Genève, une campagne d'information en faveur des réfugiés d'Afrique. "Les réfugiés, on en parle beaucoup ces temps-ci. Mais toujours en référence aux albanais du Kosovo", dit Alphonse Munyaneza, chargé des affaires publiques au Hcr. "L'Afrique est le continent qui héberge le plus de réfugiés ou de personnes déplacées à l'intérieur de leurs pays. Ne les oublions pas !"

Une vingtaine de grandes affiches placées à l'extérieur des trams genevois attirent l'attention du passant. 160 affichettes, disposées à l'intérieur des trams, interrogent: Qu'est-ce qu'un réfugié ? - et proposent une réponse précise: "Une personne qui craint la persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques...".

La photo de l'affiche est tirée d'une série de trois images offertes par le photographe Sébastien Salgado pour représenter le travail de l'agence des Nations unies - ces trois images sont reprises sur notre site Internet Genève, capitale des droits de l'homme qui s'associe à cette action de sensibilisation lancée par le Hcr à l'occasion du 30e anniversaire de la signature, par les Etats membres de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), d'une Convention sur les réfugiés du continent africain. "Cette opération n'est pas un appel de fonds, précise encore Alphonse Munyaneza. Mais il devient urgent de sensibiliser les gens à un niveau local. Nous avons de plus en plus de mal à convaincre les gouvernements de financer les programmes du Hcr en Afrique".

Photographies / Copyright Sébastien Salgado pour le Hcr, Genève.
Photo 1 : Enfant avec une bassine. Des réfugiés rwandais au Zaïre partent chercher de l'eau.
Photo 2 : Nés en exil, des enfants laissent éclater leur joie à leur arrivée au Mozambique. (Rapatriement volontaire du Malawi). Mutarara, juillet 1994.
Photo 3 : Camp de Kibeho, au sud-ouest du Rwanda. 150'000 personnes déplacées – des Hutus – vivent dans ce camp. Avril, 1995.

  20 juin : la Journée du réfugié africain   

Le HCR et l'OUALa Convention de l'OUA donne une définition du réfugié qui inclut tout individu "qui en raison d'une agression, d'une occupation extérieure, d'une domination étrangère ou d'événements troublant gravement l'ordre public dans une partie ou dans l'ensemble de son pays d'origine ou dont il est ressortissant, se voit contraint de quitter son lieu de résidence habituel afin de chercher refuge en dehors de son pays ou dont il a la nationalité".

En vertu de la Convention, le statut de réfugiés peut être accordé à des groupes, pas seulement à des individus, et cette définition plus large a revêtu une importance particulière lors d'exodes massifs des populations comme au Rwanda dans les années 90, quand il devient matériellement impossible d'examiner des demandes individuelles.

La Convention africaine est devenue une référence obligée dans l'évolution du droit international des réfugiés et a inspiré des législations similaires à travers le monde, notamment la Déclaration de Carthagène de 1984 sur les réfugiés d'Amérique centrale.

46 Etats ont ratifié la convention qui est entrée en vigueur le 20 juin 1974. Depuis cette date, on célèbre le 20 juin comme la Journée du réfugié africain à travers tout le continent pour, dit le Hcr, "commémorer le travail accompli en faveur des réfugiés et rappeler aux gouvernements leur engagement envers les réfugiés de demain".

Sources : Tribune de Genève, 22 juin 99; documents Hcr, Genève.

Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugés (Hcr), Genève.
Internet
: unhcr.ch