Textes fondateurs-Sources américaines



>Textes fondateurs



__La Charte de l’Atlantique
Grande-Bretagne et Etats-Unis, 14 août 1941


Signature de la Charte de l'Atlantique

Le Premier ministre du Royaume-Uni, Churchill, le Président des Etats-Unis, Roosevelt, à la signature de la Charte de l'Atlantique. Avec le Prince de Galles. Photo Nations unies.


Cette déclaration solennelle, faite le 14 août 1941, fait suite à la rencontre, à bord d'un navire de guerre dans l'Atlantique, au large de Terre-Neuve, entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill.

La charte, qui reprend et complète le Discours des quatre libertés de Roosevelt, "entreprend de jeter les fondements d'une nouvelle politique internationale" ["La Conquête mondiale des droits de l'homme", Le Cherche-Midi et Unesco, 1998].

Les principes sur lesquels les deux hommes fondent leurs espoirs d'un "avenir meilleur pour le monde" sont: la condamnation de toute annexion territoriale, le principe de l'autodétermination de chaque peuple, la coopération internationale, la liberté commerciale et la liberté des mers, la condamnation du recours à l'usage de la force et la réduction des armements. Le texte dénonce également la "tyrannie nazie".

La Charte de l'Atlantique servit de base à la Déclaration des Nations unies, signée le 1er janvier 1942 par les représentants de vingt-six pays en guerre contre l'Allemagne, ainsi qu'à la Charte des Nations unies, signée le 26 juin 1945 à San Francisco.

LA CHARTE DE L'ATLANTIQUE / Extraits

[…] Le président des Etats-Unis d'Amérique et M. Churchill, Premier ministre, représentant le gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni, s'étant réunis en mer, jugent bon de faire connaître certains principes sur lesquels ils fondent leurs espoirs en un avenir meilleur pour le monde et qui sont communs à la politique nationale de leurs pays respectifs.

1. Leurs pays ne cherchent aucun agrandissement territorial ou autre.

2. Ils ne désirent voir aucune modification territoriale qui ne soit en accord avec les vux librement exprimés des peuples intéressés.

3. Ils respectent le droit qu'a chaque peuple de choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre ; ils désirent que soient rendus les droits souverains et le libre exercice du gouvernement à ceux qui en ont été privés par la force.

4. Ils s'efforcent, tout en tenant compte des obligations qu'ils ont déjà assumées, d'ouvrir également à tous les Etats, grands ou petits, vainqueurs ou vaincus, l'accès aux matières premières du monde et aux transactions commerciales qui sont nécessaires à leur prospérité économique.

5. Ils désirent réaliser entre toutes les Nations la collaboration la plus complète, dans le domaine de l'économie, afin de garantir à toutes l'amélioration de la condition ouvrière, le progrès économique et la sécurité sociale.

6. Après la destruction finale de la tyrannie nazie, ils espèrent voir s'établir une paix qui permettra à toutes les Nations de demeurer en sécurité à l'intérieur de leurs propres frontières et garantira à tous les hommes de tous les pays une existence affranchie de la crainte et du besoin.

7. Une telle paix permettra à tous les hommes de naviguer sans entraves sur les mers.

8. Ils ont la conviction que toutes les Nations du monde, tant pour des raisons d'ordre pratique que d'ordre spirituel, devront renoncer finalement à l'usage de la force. Et du moment qu'il est impossible de sauvegarder la paix future tant que certaines Nations qui la menacent - ou pourraient la menacer - possèdent des armes sur mer, sur terre et dans les airs, ils considèrent que, en attendant de pouvoir établir un système étendu et permanent de sécurité générale, le désarmement de ces Nations s'impose. De même, ils aideront et encourageront toutes les autres mesures pratiques susceptibles d'alléger le fardeau écrasant des armements qui accable les peuples pacifiques. […]
Up