>Textes africains |
JUILLET 2003 / 2e SOMMET DE LUNION AFRICAINE
Le protocole, à l'étude depuis 1995, condamne les atteintes à l'intégrité des femmes, trop souvent justifiées au nom de traditions séculaires. Dans une démarche inédite, il définit de nouveaux droits pour la femme africaine, comme le droit à l'avortement en cas de viol ou d'inceste. En revanche, ce protocole n'interdit pas la polygamie, dont les partisans, essentiellement nord-africains, ont fait valoir que le texte proposé n'était pas conforme à la loi islamique. Les réserves sont venues essentiellement des pays nord-africains. La Libye et l'Egypte ont fait valoir que le texte n'était pas conforme à la charia, la loi islamique, tandis que la Tunisie et le Soudan se sont montrés réticents sur l'âge du mariage. Aucun pays n'a cependant voté contre le texte. Le protocole devra encore être discutée avec les dirigeants politiques et religieux, puis ratifiée par quinze pays sur les cinquante-trois Etats membres de l'organisation africaine qui siège à Addis-Abeba (Ethiopie). Il "reste malheureusement ambigu sur la polygamie, déplore Julienne Ondziel. Il ne l'interdit pas, il ne fait qu'encourager la monogamie. Il y a eu une grosse bataille, sur laquelle nous avons dû céder"... Mettre fin à la discrimination et à la violence à l'égard des femmesReste à savoir si un tel protocole a des chances d'être
appliqué dans les cinquante-trois pays membres de l'Union.
"Nous savons que la mise en oeuvre de ce texte ne sera pas
facile. Il nous faudra discuter avec les leaders politiques et
religieux, explique Julienne Ondziel. Mais, pour renforcer l'action
des organisations non gouvernementales sur le terrain, une telle
base juridique nous était indispensable". Pour Amnesty International, l'adoption de ce protocole
est le signe clair que les droits fondamentaux des femmes africaines
font désormais partie de façon inaliénable,
intégrale et indivisible des droits de l'homme reconnus
internationalement. "Maintenant que le Protocole a été
adopté, les gouvernements africains doivent faire preuve
de leur engagement à mettre fin à la discrimination
et à la violence à l'égard des femmes; ils
doivent faire en sorte qu'une ratification pleine et entière
intervienne très vite afin de permettre une entrée
en vigueur rapide et la mise en application effective de cet instrument".
Et l'organisation ajoute : "Nous demandons aux cinquante-trois
Etats membres de l'Union africaine de poursuivre le processus
de ratification dans le délai le plus court possible". Le Protocole à la Charte africaine des droits
de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en
Afrique a été adopté le 11 juillet 2003,
par l'Assemblée du second Sommet de l'Union africaine à
Maputo, au Mozambique. Sources : presse africaine, quotidien Le Monde,
et Amnesty International, juillet 2003. |