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9 JUILLET 2002, LA NAISSANCE DE LUNION AFRICAINE (UA)
Avec la fin de l'OUA, créée en 1963, les dirigeants africains tournent une page du continent, celle des indépendances et des premiers pas vers l'unité, mais marquée par les autoritarismes, le sous-développement chronique et les conflits: 20 pays africains (sur 53) sont aux prises avec un conflit inter-Etats, une guerre civile ou une rébellion. Les principes de cette Union consacrent "l'égalité, la souveraineté et l'interdépendance des Etats", le "respect des frontières", la "non ingérence" et interdisent "d'user de la force ou de menacer de la force un autre Etat membre". Ils condamnent et rejettent "les changements de régime anticonstitutionnels". L'Union africaine décidera également des politiques concernant "la nationalité, la résidence des étrangers et l'immigration". Les responsables politiques de l'Union africaine
affirment le besoin de "forger un partenariat entre les gouvernements
et toutes les couches de la société civile",
de lutter contre le fléau des conflits, et de "promouvoir
et de protéger les droits de l'homme, de consolider les
institutions et la culture démocratiques, et d'assurer
la bonne gouvernance et la primauté du droit". Autre nouveauté inscrite dans l'Acte constitutif de l'UA, le droit d'ingérence: elle prévoit que "l'UA collectivement peut intervenir dans les affaires d'un pays" pour empêcher les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l'humanité. Cet article rompt notamment avec la Charte de l'OUA adoptée en 1963 et qui souligne les principes de non-ingérence et de respect de la souveraineté des Etats. Nouveauté encore que l'introduction du "contrôle de surveillance mutuelle" ("Peer Review Mechanism"), lié au Nouveau Partenariat de développement africain (NEPAD), la stratégie continentale de développement et "principale arme économique" de l'UA. Les organes de l'Union africaineL'Union africaine sera dirigée par un "organe suprême", la Conférence de l'Union, qui regroupera les chefs d'Etat et de gouvernement - et trois autres organes-clés:
A terme, ce sont 17 organes, inspirés de l'Union européenne, que l'UA entend mettre en place en vue d'une meilleure intégration, gouvernance, et stabilité du continent africain. La plupart de ces institutions devront attendre des mois, voire des années, pour être opérationnelles: notamment le Parlement Panafricain, la Cour Africaine de Justice, la Banque centrale Africaine, ou le Conseil de Paix de Sécurité (PSC), inspiré du Conseil de sécurité des Nations unies pour gérer les crises. DE l'ORGANISATION DE l'UNITE AFRICAINE A L'UNION AFRICAINEAprès avoir progressivement compris, au fil des ans, que les structures de l'OUA n'étaient pas à la hauteur de la tâche, les dirigeants africains ont lancé un premier appel à la constitution d'une Union africaine à Syrte (Libye), en septembre 1999. Le Sommet suivant de l'OUA à Lomé (Togo) a adopté l'Acte constitutif de l'Union et l'a soumis à la signature et la ratification des 53 Etats membres de l'OUA. Après avoir obtenu la ratification des deux tiers des membres de l'OUA, l'Union africaine (UA) a été officiellement proclamée en mars 2001. L'Organisation de l'unité africaine (OUA) avait été fondée le 25 mai 1963, à Addis Abeba, par 30 pays africains indépendants. L'organisation panafricaine, qui a toujours réaffirmé la "validité" et la "pérennité" du principe de l'intangibilité des frontières, s'était donné pour but d'encourager l'unité et la solidarité de l'Afrique et d'éliminer du continent toutes les formes de colonialisme. Elle avait son siège à Addis Abeba, la capitale éthiopienne. L'OUA comptait, en 2001, 53 pays membres, en particulier la République arabe sahraouie démocratique (RASD), dont l'admission contestée avait provoqué, en 1984, le retrait du Maroc, et représentait près de 800 millions d'Africains, L'OUA était régie par une charte, qui avait constitué en 1963 son acte de naissance. En 1964, elle réaffirmait le principe de l'intangibilité des frontières, héritées de la colonisation. Une Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, adoptée en 1981, était entrée en vigueur en 1986. L'OUA avait condamné, lors de son 35ème sommet, en juillet 1999 à Alger, l'usage de la force, menacé les auteurs de coups d'Etat d'exclusion et exprimé sa volonté de "rétablir la crédibilité de l'Afrique et de ses institutions". |