Les instruments arabes des droits de l'homme


>Textes arabes




RAPPORT 2005

Les discriminations à l'égard des femmes

Le communiqué
du Pnud


DOSSIER DE PRESSE
au format

Les avancées
L'égalité juridique
Le retard éducatif
Les femmes et la
vie publique

Quelques chiffres

DEVELOPPEMENT

Les rapports du Pnud

NATIONS UNIES, DECEMBRE 2006 / LE DEVELOPPEMENT DANS LE MONDE ARABE
__Le rapport 2005 sur le développement humain dans le monde arabe dénonce les discriminations à l'égard des femmes

Logo PnudParrainé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et publié, le 7 décembre 2006, au Yémen, le rapport 2005 sur le développement humain dans le monde arabe dénonce la discrimination à l'égard des femmes, recommandant à certains pays d'introduire des changements significatifs pour améliorer la condition de la femme et le recours temporaire à la discrimination positive.

Selon le Pnud, la promotion des femmes reste entravée par "des régimes autocratiques qui manipulent les questions relatives aux femmes au gré de leurs intérêts politiques du moment", et par la montée en puissance de courants islamiques généralement conservateurs.

"Comment développer un nouveau modèle islamique qui puisse faire résolument avancer la situation des femmes tant dans le discours que dans les faits ?", s'interrogent les rapporteurs, au terme de virulents débats sur la compatibilité entre islamisme et processus de réformes.

Intitulé Vers la promotion des femmes, le Rapport arabe sur le dévelppement humain examine la situation des femmes dans le monde arabe, en s'intéressant tout particulièrement à leur santé, à leur niveau d'études et à leur participation à la vie politique. Le rapport considère que "les femmes ne pourront pas acquérir leur autonomie dans la société arabe tant que cette dernière persistera à leur refuser l'opportunité de progresser, d'apprendre et de réaliser pleinement leur potentiel, ce qui entrave le développement humain de tous".

Le rapport évalue également les avancées réalisées par les femmes en analysant le désir de la société arabe de voir ces progrès se concrétiser, ainsi que les actions sociales nécessaires pour que l'égalité entre hommes et femmes devienne une réalité dans ces pays.

Il demande aux pays arabes de donner à toutes les femmes la possibilité d'accéder au même niveau de santé et de savoir que les hommes. "Il faudrait aussi offrir aux femmes toutes les chances de participer activement, sur décision personnelle librement prise, à tous les types d'activités humaines, en dehors du cadre familial, sur un pied d'égalité avec leurs homologues de sexe masculin", ajoute le rapport.

Il préconise enfin un recours temporaire à la discrimination positive afin de favoriser la participation des femmes arabes à toutes les sphères de l'activité humaine. « Cette pratique permettra de démanteler les structures qui perpétuent depuis des siècles les discriminations à l'encontre des femmes », expliquent les auteurs.

Le rapport souligne par ailleurs que la discrimination à l'égard des femmes est un frein majeur au développement économique et social du monde arabe. "Le développement humain ne peut pas se nourrir uniquement de la croissance économique. La lutte contre la pauvreté n'est pas une campagne de charité, c'est une mission d'autonomisation", souligne Kemal Dervi, administrateur du PNUD.

"L'émancipation et la participation pleine et entière des femmes en tant que citoyennes, productrices, mères et soeurs, constitueront une force pour tous les pays arabes et permettront au monde arabe d'être plus prospère, plus influent et de s'acheminer vers un développement humain plus abouti", ajoute-t-il.

Les résultats des sondages d'opinion commandités pour les besoins du rapport donnent des raisons d'être optimistes, souligne par ailleurs le communiqué. Ces sondages révèlent en effet une aspiration, largement partagée, à une plus grande égalité entre les hommes et les femmes.

Selon les auteurs du rapport, le monde arabe est en train de connaître une mutation dans la mesure où la question des femmes imprègne peu à peu le discours intellectuel et culturel. Pourtant, ajoutent les auteurs, le mouvement féministe arabe moderne est encore trop souvent considéré, à tort, comme importé de l'Occident, alors qu'en réalité, le concept d'égalité entre hommes et femmes est profondément enraciné dans la région.

En Egypte, la première "société d'éducation des femmes" a été fondée en 1881 dans le but de sensibiliser la population aux droits des femmes. À l'ère du colonialisme, dans les années 40, les organisations féminines se sont multipliées et la plupart d'entre elles se sont battues contre la polygamie et pour le droit des femmes à l'éducation.

Source : Nations unies, New York, décembre 2006.
Up