Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme


Droits de l'enfant

__La Convention internationale sur les droits de l'enfant :
un formidable instrument de changement

Mary RobinsonLes droits de l'enfant ont suscité une spectaculaire mobilisation internationale au cours de la décennie qui s'est écoulée depuis l'adoption de la Convention internationale sur les droits de l'enfant par l'Assemblée générale des Nations unies. Presque tous les pays du monde - 191 Etats - ont ratifie la Convention.

Par leur adhésion, les Etats reconnaissent aux enfants et adolescents non seulement le droit d'être protégés mais également celui de participer a la jouissance de leurs propres droits. Ayant ainsi adhéré a un traité international de caractère obligatoire, les Etats parties s'engagent a mettre en oeuvre tous les droits reconnus aux enfants et a prendre toutes les mesures nécessaires.

La Convention consacre le principe que l'enfant est un sujet actif de droit a part entière - et non pas un simple objet passif dépendant entièrement des adultes. En reconnaissant un nouveau statut a toutes les personnes de moins de 18 ans, la Convention a suscité de nombreux changements partout dans le monde et a permis d'attirer l'attention sur des problèmes longtemps négligés au niveau politique, tel que l'exploitation des enfants par le travail, la maltraitance, les enfants handicapes, les enfants en détention, les abus et l'exploitation sexuelle, le trafic et la vente d'enfants, et les enfants impliques dans les conflits armes.

Un autre atout reconnu de la Convention est qu'elle reconnaît l'interaction et l'indivisibilité des droits civils et politiques et des droits économiques, sociaux et culturels. La Convention indique aussi clairement qu'un droit ne peut être mis en oeuvre qu'a condition que tous les autres soient également respectes. Par exemple, la mise en oeuvre du droit de l'enfant a l'éducation doit tenir compte, entre autre, du droit de l'enfant a la santé, du droit a son intégrité physique et mentale, de son droit a exprimer son opinion et celui de ne pas faire l'objet de discrimination.

La Convention reconnaît également, pour les Etats les plus défavorisés, le devoir de solidarité et par conséquent encourage les pays industrialisés à les soutenir par le biais de la coopération internationale.

A l'heure d'un premier bilan lors de la commémoration cette année du dixième anniversaire de la Convention, il est important de trouver un juste équilibre entre les progrès accomplis grâce à ce traité de droits de l'homme et les défis auxquels nous sommes encore confrontés. Il est évident que la Convention ne représente qu'un instrument - aussi puissant soit-il potentiellement - à la disposition des Etats. A eux de l'utiliser au mieux en créant un environnement politique propice au changement.

Mais il est aussi vrai que si les Etats ont la responsabilité première du respect des droits de l'enfant, la société en général a une fonction importante a assumer a cet égard. Tous les adultes, en particulier les parents, enseignants et tous ceux qui travaillent avec ou pour les enfants et adolescents, se doivent d'être inspires par les dispositions et principes de la Convention. Les Nations unies, notamment par les efforts menés par le Haut Commissariat aux droits de l'homme et l'UNICEF, ainsi que les nombreuses organisations non-gouvernementales jouent un rôle tres dynamique dans le domaine des droits de l'enfant. En tant que Haut Commissaire, j'attache une importance primordiale a la promotion et a la protection des droits de l'enfant. Pour nous aux Nations unies, il est évident que l'avenir des droits de l'homme dépend largement du respect quotidien des droits de l'enfant.

La mise en oeuvre de la Convention ne repose pas uniquement sur des changements législatifs, politiques et institutionnels, mais également sur un changement des mentalités et des habitudes car ce traité offre une vision novatrice du rôle de l'enfant dans la société. Ceci n'est pas le moindre des défis!

Mary Robinson. Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Genève, novembre 1999.

Crédit photo Photo Unicef, Colombie, 1999, Jeremy Horner.