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1989-2009, GENEVE | LE 20e ANNIVERSAIRE DE LA CONVENTION INTERNATIONALE RELATIVE AUX DROITS DE L’ENFANT
__A l'initiative du Bice, un Appel mondial à une nouvelle mobilisation pour l'enfance
| REPERES : LE BICE |
Un Appel mondial à une nouvelle mobilisation pour l'enfance a été lancé, le 4 juin 2009, au Palais des Nations, à Genève, à l'initiative du Bureau international catholique de l’enfance (Bice), en présence de Marguerite Barankitse, marraine de l'Appel, d’Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la paix argentin, d'experts, de personnalités, de représentants des Etats, des organisations internationales, de la société civile.
Ratifiée par tous les pays de l'Organisation des Nations unies, à l'exception de la Somalie et des Etats-Unis, la Convention relative aux droits de l’enfant affirme le droit à "tout être humain de moins de 18 ans" d'être considéré comme une personne à part entière, sujet de droit de façon inaliénable et sans discrimination.
Malgré les réels progrès qu’a permis l’adoption, il y a 20 ans, de ce texte, des millions d’enfants restent encore à l’écart de tout droit et on constate aujourd’hui d’inquiétants reculs dans de nombreuses régions. En témoigne le "document de référence" que le BICE, association privée qui mène sur le terrain une action de plaidoyer, a rendu public en mai 2009.
Rédigé à la suite d'une enquête de deux ans conduite dans 66 pays d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie et d'Europe, ce rapport souligne que des millions d'enfants vivent actuellement "une situation de déracinement". Et que la crise économique, en se diffusant à l'échelle de la planète, accroît encore la menace qui pèse sur eux. Un constat qui conduit le BICE, à l'occasion du 20e anniversaire de la Convention, à lancer cet appel mondial à "une nouvelle mobilisation pour l'enfance".
"Enfants soldats, enfants travailleurs, enfants abandonnés, abusés, violés, obligés de fuir devant la guerre, la famine, les catastrophes naturelles : quel que soit leur drame, les enfants de la misère, de plus en plus souvent, sont aussi les enfants de la rue, relève le quotidien Le Monde. D'après l'ONU, ils seraient environ 150 millions à y vivre dans le monde, dans des conditions d'éducation et de santé dérisoires, exposés aux abus, à la violence et à l'exploitation. Et tout indique que ce chiffre continuera d'augmenter, tant que les populations les plus pauvres des pays en développement se déplaceront massivement vers les villes dans l'espoir d'y trouver du travail.
"La plus grande partie de ces populations se retrouve dans des bidonvilles, avec des conditions de vie catastrophique", rappelle Yves Marie-Lanoë, président du BICE. Résultat : "Ces enfants, complètement déracinés culturellement, passent brutalement d'une structure familiale et communautaire, donc protectrice, au monde de la rue qui est une véritable jungle."
"Un changement de vie d'autant plus catastrophique que les experts observent, dans toutes les régions du monde, une inquiétante fragilisation des familles. Déjà ancien en Amérique latine, ce phénomène se développe en Afrique, où l'enfant "est de moins en moins perçu comme une richesse, et de plus en plus comme une charge".
"En Asie, la situation est plus contrastée. Mais, la rapidité des changements socio-économiques n'en a pas moins d'importantes conséquences pour la structure familiale : "Augmentation de l'âge du mariage, diminution de la taille de la cellule familiale, changement des attributions de chaque sexe au sein de la famille, apparition des familles d'accueil, vieillissement de la population". Tandis qu'en Europe et dans la Communauté des Etats indépendants (CEI), où 18 millions d'enfants de moins de 15 ans vivent dans des conditions d'"extrême pauvreté", la dispersion des familles et l'accroissement des divorces entraînent trop souvent "le délaissement, voire l'abandon des enfants par leurs parents".
"Particulièrement préoccupante : la situation des enfants de Roms, privés de leur droit à l'éducation. Sur les 4 millions vivant dans les Etats membres du Conseil de l'Europe, on évalue à 2 millions ceux qui ne fréquenteront jamais l'école. Autre motif d'inquiétude, récent et massif : le nombre d'enfants abandonnés en Russie. Selon les chiffres officiels, ils seraient de 3 millions à 5 millions, alors que seuls "700’000 sont orphelins ou enfants de parents déchus de leur autorité". Le Monde, 2 juin 2009.
Avant même son lancement officiel, le 4 juin 2009, l’Appel a déjà recueilli près d’un millier d’adhésions. Depuis cette date, il est largement ouvert aux signatures institutionnelles comme individuelles jusqu’au 20 novembre 2009.
L’APPEL MONDIAL POUR L’ENFANCE | LE BICE : REPERES
L'Appel Mondial à une nouvelle mobilisation pour l'enfance, lancé le 4 juin 2009, à Genève, à l'occasion du 20ème anniversaire de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, a été signé par des centaines d'organisation dans le monde, et par plusieurs personnalités, à l’initiative du Bureau international catholique de l'enfance (Bice.)
CE QU’EST LE BICE. Le Bice est un réseau catholique international d’organisations qui se bat depuis 60 ans pour promouvoir la dignité et les droits de l’enfant à travers des projets de terrain, des initiatives de plaidoyer et une réflexion continue sur l’enfance.
1948. Création du Bice, en réponse à l’appel du pape Pie XII en faveur des enfants.
1979. Le Bice prend l’initiative de l’Année internationale de l’enfant dont le succès donnera une impulsion décisive au projet de Convention des droits de l’enfant à l’élaboration de laquelle le Bice participe activement.
2009. Lancement de l’Appel mondial à une nouvelle mobilisation pour l’enfance.
Pourquoi cette initiative du Bice ? En 1979, déjà, le Bice avait organisé l'Année internationale de l'enfant. Dans les années 80, il a participé activement à l'élaboration de la Convention relative aux droits de l'enfant.
Depuis, le Bice oeuvre à son application sur le terrain grâce à un réseau de partenaires, d'organisations membres et d'experts présents dans 77 pays et grâce à une présence active auprès du Comité des droits de l'enfant et du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève.
Comment l'Appel a-t-il été rédigé ? L'Appel est le fruit d'un travail de deux ans : au niveau régional d'abord - en Afrique, en Amérique Latine, en Asie et en Europe CEI- avec une consultation sur la situation de l'enfance 20 ans après l'adoption de la Convention qui a donné lieu à des "Prises de positions régionales". Au niveau international ensuite grâce au travail d'un groupe d'experts de haut niveau qui a préparé un Document de référence qui a servi de base pour la rédaction de l'Appel proprement dit.
Pourquoi un Appel ? Les signataires de l'Appel pensent que si la Convention a permis d'indéniables progrès depuis 20 ans, ces dernières années ont marqué un certain essoufflement.
Ils constatent des reculs inquiétants et des violations encore très graves des droits des enfants dans beaucoup de régions du monde.
Avec la diffusion de la crise économique au niveau mondial, il craignent que cette situation ne s'aggrave, en particulier pour les enfants des pays les plus pauvres.
C'est pourquoi les signataires appellent de façon urgente à une nouvelle mobilisation pour l'enfance à l'échelle mondiale.
A qui s'adresse l'Appel pour l'Enfance ? L'Appel interpelle les Etats - garants de l'exécution de la Convention, la Communauté internationale, les média, les autorités morales et religieuses, les organisations de la société civile, aussi bien que tous les hommes et femmes de bonne volonté, car le respect des droits et de la dignité de l'enfant concerne aussi chacun de nous.
Qui parraine l'Appel pour l'Enfance ? L'Appel est parrainé par Marguerite Barankitse, originaire du Burundi, prix des droits de l'homme du gouvernement français en 1998. Son courage et sa détermination ont sauvé la vie de très nombreux enfants tutsis et hutus lors des massacres inter ethniques de 1993.
Depuis, plus de 10’000 enfants ont été accueillis à la "Maison Shalom" qu'elle a créée.
Un Comité d'honneur parraine également l'Appel.
Qui est appelé à signer l'Appel et à quoi engage cette signature ? La signature de l'Appel est très largement ouverte aux ONG, institutions indépendantes de défense des droits de l'homme et des droits de l'enfant, institutions éducatives, organisations de jeunesse, institutions du domaine social, organisations et autorités morales et religieuses, personnalités engagées, et au grand public.
Sa signature signifie la promotion d'une culture du respect de l'enfant pour assurer le développement intégral de tout l'enfant et de tous les enfants.
A travers la diffusion de l'Appel, ses signataires marquent aussi leur engagement à défendre la dignité et les droits de l'enfant partout où ils sont bafoués.
Quel est le lien du Bice avec l'Eglise ? Le Bice, association internationale privée de fidèles reconnue par le Saint Siège, a été créé à en 1948 en réponse à l'appel du Pape Pie XII. Son congrès constitutif s'est tenu sous les auspices de Mgr Roncalli, futur Jean XXIII, alors nonce à Paris.
Depuis sa création, le Bice a toujours bénéficié du soutien du Saint Siège. Récemment encore celui-ci a prodigué ses encouragements au Bice, à l'occasion de son 60ème anniversaire en 2008.
Source : Bice, juin 2009.

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