Les droits de l'enfant

Home




Astérix, ambassadeur
des droits de l'enfant

 L’ALBUM  


Astérix et les droits de l’enfant
[ 2.6 Mo]

 DEI-France 

Le point de vue de Jean-Pierre Rozenczveig
Le communiqué DEI

 DOCUMENT 

La Convention en 89 questions
[DEI et Défenseure des enfants]

[ 590 ko]

FRANCE, MAI 2007 | L’ALBUM DES DROITS DE L’ENFANT D’UDERZO
__Astérix, ambassadeur exceptionnel des droits de l'enfant, suscite la polémique

La défenseure des enfants, Dominique Versini, utilise l'irréductible Gaulois Astérix dans "L'Album des droits de l'enfant". Jean-Pierre Rozenczveig, qui dirige la section française de l'ONG Défense des enfants international (DEI), dénonce une "vision gauloise".

Dominique Versini et Albert Uderzo, le célèbre dessinateur d’Astérix, ont mis en place, en avril 2007, un partenariat visant à promouvoir sur Internet, dans un esprit "ludique et pédagogique", la Convention internationale des droits de l’enfant auprès de la jeunesse.

"L'une de mes missions consiste à faire connaître la Convention internationale, explique Dominique Versini. A l'occasion de ses 80 ans, Albert Uderzo nous a proposé un travail commun autour des droits des enfants. Et nous avons pensé que les aventures d'Astérix nous permettraient de parler aux enfants de leurs droits avec humour et tendresse".

Pendant deux ans, l’irréductible Gaulois Astérix se met donc au service des droits de l’enfant en devenant "ambassadeur exceptionnel du Défenseur des enfants". L’un des personnages les plus emblématiques d’Albert Uderzo contribue ainsi à donner aux enfants et adolescents la connaissance de leurs droits. Des actions de promotion de la Convention internationale, adoptée par les Nations unies en 1989, sont prévues dans ce cadre, tout au long de l’année, et auront notamment lieu dans les grandes villes de France.
 
Disponible un site Internet spécialement réalisé est mis en ligne à l’adresse : www.asterix.com/droits-des-enfants/, L'Album des droits de l'enfant résume la convention en douze chapitres illustrés par des images issues des albums d'Uderzo qui évoquent aussi bien le droit à vivre en famille que le droit de bénéficier d'une "justice adaptée à son âge".

Le site, régulièrement mis à jour, permet aux enfants de prendre connaissance de leurs droits illustrés par les aventures d’Astérix, et de s’exprimer grâce à la rubrique témoignages. Dès l’automne 2007, un kit pédagogique des droits de l’enfant, à disposition des enfants et de leurs enseignants, sera téléchargeable gratuitement sur le site internet.

 Une polémique 

Cette initiative n'a guère été apprécié par Jean-Pierre Rozenczveig, qui dirige la section française de Défense des enfants international (DEI), une ONG créée en 1979 afin de contribuer à l'élaboration de la Convention.

Pour le président du tribunal pour enfants de Bobigny, l'image d'Astérix donne une "vision gauloise des droits de l'enfant qui ignore la réalité interculturelle de la société française". Surtout, il "dénature" la Convention en faisant de l'enfant, non pas un être qui accède peu à peu à la maîtrise de ses droits, mais une petite chose fragile à protéger.

L'Album ignore "l'aspect révolutionnaire" de la Convention des Nations unies, assure Jean-Pierre Rosenczveig, dans une interview donnée au quotidien Le Monde. "Ce texte sort complètement de la vision classique que l'on avait de l'enfance. Les textes des années 1930 étaient bourrés d'amour et de bons sentiments, mais ils considéraient l'enfant comme un être fragile qu'il fallait protéger des mauvais traitements, des viols et de la malnutrition. La Convention de 1989 affirme pour la première fois que l'enfant est un être de droit dès sa conception. Il ne peut pas les exercer tout de suite, mais toute l'enfance est scandée par la prise en compte progressive de sa maturité. Cette philosophie est malheureusement absente de L'Album, qui insiste plus sur la protection que sur les droits."

Le président de DEI-France développe son point de vue sur son blog [http://jprosen.blog.lemonde.fr/]. DEI-France a, pour sa part, publié le 5 mai 2007, un communiqué intitulé : Les droits de l’enfant ne risquent-ils pas de se dissoudre dans la potion magique d’Astérix ?

 Une tempête dans un verre d’eau 

Pour Dominique Versini, cette controverse est une "tempête dans un verre d'eau". "Les droits d'expression, de réunion et d'association, qui sont très importants, sont bien évidemment présents dans L'Album, répond-elle. Les enfants connaissent mal la Convention et le rôle du défenseur des enfants. Il faut donc leur expliquer, mais la convention est un instrument juridique complexe qu'il faut adapter pour qu'ils en comprennent le sens. C'est ce que nous avons fait avec cet album illustré par Astérix. Aller les voir dans les collèges, leur expliquer ce que sont leurs droits, leur dire qu'ils peuvent s'adresser au défenseur des enfants, c'est une façon de les aider à devenir de jeunes citoyens".

Sources : sites web Défenseur des enfants, Astérix et journal Le Monde, Paris, 31 mai 2007.
Up