

DOCUMENTS

> Le dossier de presse de l’Unicef
[Qui sont les enfants soldats, combien sont-ils ?]
[168 ko]
> Carte [Le nombre d’enfants démobilisés depuis 1998]
[884 ko]
> Les Engagements de Paris
[24 ko]
> Les Principes de Paris [2007]
[490 ko]
> Les Principes du Cap [1997]
[72 ko]
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FRANCE, PARIS, JANVIER 2007 / UNE CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES ENFANTS SOLDATS
__58 pays s'engagent à lutter contre le recrutement des enfants soldats
| LES DECLARATIONS |
A l'issue d’une conférence internationale sur les enfants soldats, qui s’est tenue les 5 et 6 février 2007 à Paris, 58 pays ont signé des "engagements", par lesquels ils s'engagent à lutter contre ce phénomène qui touche 250'000 enfants et adolescents recrutés par des groupes armés ou des forces armées dans le monde.
La conférence, intitulée : "Libérons les enfants de la guerre", organisée par l’Unicef et le ministère français des Affaires étrangères, s’est achevée par l’adoption de deux textes : les Principes de Paris, guide pratique destiné à la cohérence des actions engagées sur le terrain, et les Engagements de Paris, engagements politiques pris par les Etats prsnet à la rencontre pour appuyer ces principes.
 Au nombre de 20, les "Engagements de Paris" sur les enfants soldats énumèrent une série de mesures pratiques destinées à empêcher les mineurs de devenir des soldats à la soldes de forces armées. Les Etats promettent d'"enquêter et poursuivre d'une manière effective les personnes qui ont illégalement recruté des enfants de moins de 18 ans dans des groupes ou des forces armés". Le texte ajoute que les crimes commis contre des enfants devraient être écartés des dispositions d'amnistie conclues dans le cadre d'accords de paix.
Il précise que les enfants soldats doivent pouvoir être libérés à tout moment, même si le conflit est en cours, et qu'il faut les considérer "en premier lieu comme des victimes de la violation du droit international et pas seulement comme des présumés coupables". "Ils devraient être traités conformément aux normes internationales de la justice pour mineurs, par exemple dans un cadre de justice réparatrice et de réinsertion sociale", stipule le texte.
Briser un cercle vicieux
"Il est aujourd'hui de notre responsabilité première, de notre intérêt commun, de briser ce cercle vicieux, qui continue d'alimenter dans une quasi-indifférence l'enlisement et la contagion des conflits", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy en ouvrant la rencontre, co-présidée par la directrice générale de l'Unicef, Ann Veneman.
Le chef de la diplomatie française estime, par ailleurs, dans un entretien au quotidien Le Figaro, que le fléau des enfants soldats représente "une bombe à retardement qui menace la stabilité et la croissance de l'Afrique". Mais, la question des enfants-soldats est un phénomène mondial. Ce n'est pas du tout la spécificité du continent africain. L'Asie a été ces dernières années le "continent le plus touché", le phénomène atteignant particulièrement l'Afghanistan, les Philippines, l'Indonésie, le Népal et la Birmanie. En Amérique latine, la seule Colombie compterait 10’000 enfants-soldats. En Afrique, la guerre civile au Darfour recrute de plus en plus d'enfants.
Les Etats représentés à Paris ont adopté un ensemble des mesures destinées à "lutter contre l'impunité" de ceux qui se servent de mineurs dans les conflits armés - "engagements", qui, sans avoir une valeur juridiquement contraignante, soulignent leur volonté de prévenir et de lutter contre l'enrôlement des enfants.
Parmi les signataires figurent dix des douze pays où, selon les Nations unies, des enfants sont utilisés comme soldats, dont le Soudan, le Tchad, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, la Colombie, le Népal et le Sri Lanka. Les deux autres pays touchés, la Birmanie et les Philippines, ne participaient pas à la conférence. D'importants pays bailleurs de fonds ont également apporté leur soutien, comme les membres de l'Union européenne (UE), le Japon ou le Canada. Les Etats-Unis n'étaient pas représentés.
Engagements et Principes de Paris
Les”Principes de Paris”, dix ans après les "Principes du Cap", en 1997, insistent, pour leur part, sur la protection et la réinsertion des filles mineures forcées de rejoindre les groupes armés.
LES DECLARATIONS
Philippe Douste-Blazy. Pour le ministre français des affaires étrangères, "la situation n’est pas encourageante pour un enfant qui n’a connu que la guerre, placé dans un cercle vicieux où il est amené à utiliser la kalachnikov plutôt que le cartable d’écolier. Mais je conteste cette fatalité. A ces enfants, il est essentiel de prouver qu’une autre vie est possible".
Les travaux menés à la conférence doivent porter sur "la libération inconditionnelle des enfants à tout moment : avant, pendant et après le conflit", mais aussi sur la réinsertion : "Sans réinsertion, a ajouté Philippe Douste-Blazy, tout acte de démobilisation est voué à l’échec". Le ministre a aussi insisté pour que soit "mieux appréhendée la problématique spécifique des filles".
Ann Veneman. La directrice générale de l’Unicef a témoigné de ses rencontres auprès de jeunes en Ouganda et de leurs rêves pour s’en sortir : "La capacité de résilience des enfants ne doit jamais être sous évaluée". Devant les représentants des Etats, elle a rappelé l’importance de l’implication des gouvernements et en particulier du gouvernement français dans les travaux de l’Unicef pour libérer les enfants de la guerre.
Radhika Coomaraswamy. La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants et les conflits armés a, elle aussi, insisté sur la capacité des enfants à se relever de l’horreur : "Avec les soins nécessaires, ils peuvent devenir des membres honorables de notre société. Nous avons le devoir de les aider tous".
Günter Gloser. Le ministre allemand des affaires européennes, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a assuré les participants de l’engagement de l’UE dans cette initiative : "L’Union européenne soutiendra l’application des Principes de Paris et encouragera les autres pays à en faire de même".
Kari Tapiola. Le directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT) a qualifié d’"esclavage" la condition des enfants soldats et a assuré l’implication de son organisation dans les travaux en cours. "La démobilisation des enfants soldats va au-delà du mandat de l’OIT. Mais l’OIT est concentrée sur la prévention du recrutement et la réinsertion socio-économique de ces personnes".
Ishmael Beah. Ancien enfant soldat en Sierra Leone, il a tenu à élargir la définition des enfants soldats, : afin que soient pris en compte ceux qui sont utilisés à d’autres tâches que de porter les armes et que soient également considérées les filles victimes de violences sexuelles.
Il a insisté aussi sur la nécessité d’un suivi dans la durée, rappelant que le processus était long : "Ce n’est pas forcément une question d’argent, il s’agit seulement de savoir que quelqu’un se soucie de vous".
Enfin, pour montrer la responsabilité de l’environnement sur le comportement de l’enfant, Ishmael Beah a déclaré : "On ne naît pas violent, on le devient. C’est si facile pour un enfant de devenir soldat, si difficile ensuite de lui faire récupérer l’humanité qu’il a perdue. Mais c’est possible".
Sources : Nations unies et Unicef, New York, janvier 2007.

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