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> Pornographie enfantine
Le dossier de l’ICMEC
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FRANCE, JANVIER 2007 / LA LUTTE CONTRE LA PEDOPHILIE SUR INTERNET
__Les "premières dames" du monde appellent à la mobilisation contre la pédophilie sur Internet
Laura Bush, Lioudmila Poutine, Suzanne Moubarak, Margarida Barroso, la reine des Belges Paola et la reine Silvia de Suède notamment étaient réunies, le 17 janvier 2007, au Palais de l’Elysée, à Paris, autour de Bernadette Chirac pour tirer la sonnette d’alarme sur le développement galopant de la pédophilie sur Internet et réclamer la mise en oeuvre d’une "alerte enlèvement" européenne.
Elles ont appelé à une mobilisation internationale contre "un des grands fléaux de notre temps", selon l’expression du président Jacques Chirac qui les a accueillies.
La perspective de cette réunion à Paris a déjà permis d’accélérer la mise en place d’un numéro unique européen en cas de disparition d’enfants. Le 116.000 sera opérationnel dans toute l’Union européenne d’ici "l’été prochain", selon Viviane Reding, commissaire européenne pour la Société de l’information. "Il s’agit là d’une avancée majeure et exemplaire", s’est félicitée Bernadette Chirac. Chaque jour en France, 100 enfants disparaissent, la plupart pour des fugues.
L’ancienne ministre Nicole Guedj, à l’origine de l’importation en France du système d’"alerte enlèvement" américain, a plaidé pour l’extension de ce système au niveau européen. "Ca marche", a-t-elle souligné alors que trois enfants ont été récemment retrouvés en France grâce au déclenchement de deux de ces alertes. Selon Laura Bush, la mise en place du système américain a permis de faire passer le taux d’enfants retrouvés de 62% en 1990 à 94% aujourd’hui.
Message entendu : le vice-président de la Commission européenne Franco Frattini a jugé "souhaitable [...] que tous les Etats membres mettent en place un système européen d’alerte enlèvement". Cela "serait extrêmement utile". Et "le problème n’est pas technique. Il dépend seulement de la volonté politique", a-t-il affirmé en promettant de jouer le rôle de "catalyseur" pour cette idée.
Mais, la "menace n’est plus seulement dans la rue" comme l’a souligné Bernadette Chirac. Les enfants sont aussi "exposés à des prédateurs pédophiles qui sévissent sur Internet". On estime à plus de 100’000 le nombre de sites pédophiles, alors que trois enfants sur dix font aujourd’hui l’objet de sollicitations par des pédophiles sur le Web, selon les spécialistes.
La reine de Suède a ainsi pris l’exemple "d’Alexandra 15 ans, qui s’était fait plein d’amis sur Internet" et qui était en fait un homme de 45 ans. Il a violé en 2005 plusieurs jeunes filles en Suède.
"Cette question est un phénomène global et si nous ne faisons rien, cela deviendra une immense épidémie", a averti Suzanne Moubarak, alors que l’Egypte pourrait accueillir la prochaine réunion de ce type dans deux ans. Depuis 1997, le nombre d’images pédophiles diffusées sur internet a été multiplié par 1’500, a-t-elle souligné.
En France, un logiciel de contrôle parental gratuit est systématiquement proposé aux parents depuis avril 2006 et, après les fournisseurs d’accès à Internet, ce sont les opérateurs de téléphonie mobile qui viennent de signer une charte pour s’engager à protéger les enfants. "Car à l’avenir le danger viendra beaucoup du téléphone mobile", a souligné le ministre délégué à la Famille, Philippe Bas.
Selon Viviane Reding, les opérateurs de mobiles vont également signer le 6 février 2007, au niveau européen, une charte en ce sens. Mais, "c’est peu de choses face à l’ampleur du problème", a-t-elle reconnu en plaidant pour une meilleure information des parents.
Face aux "ravages et à l’extension effrayante de la pédopornographie sur Internet", la reine des Belges a demandé que les pays européens qui "ne condamnent pas encore la détention de matériel pédopornographique", alors que la législation européenne les y oblige, se mettent en conformité avec les lois de l’UE.
Elle a aussi préconisé la création dans tous les Etats-membres d’une unité de police spécialisée et réclamé un "engagement ferme" des opérateurs financiers et internet pour "dénoncer l’achat et la transmission de matériel de pornographie enfantine" et "endiguer un phénomène qui malheureusement sévit déjà à grande échelle".
[ L'ICMEC (International Centre for Missing and Exploited Children) a été créé en 1999 à Whashington avec mission de susciter une réponse globale aux problèmes de l'enlèvement et de l'exploitation sexuelle des enfants tout en développant sur le territoire américain un modèle de centre universel pour l'accueil et l'aide aux enfants victimes. L'ICMEC a lancé en liaison avec "Interpol" (première police du monde) la création d'un centre de ressources internationales destiné à recenser toutes les informations publiques ou privées afin de faciliter les enquêtes de la police sur la pédopornographie et tous les risques liés à l'Internet. Récemment, une étude des lois sur la pornographie infantile dans les pays membres d'Interpol a révélé des résultats indiquant que plus de la moitié des pays (95) n'ont pas de lois interdisant la pornographie infantile et que dans beaucoup d'autres pays des lois existent mais sont inefficaces ou simplement inappliquées.
En France, de nombreuses associations apportent aide et soutien aux enfants victimes et à leurs familles : l'Aide aux parents d'enfants victimes (APEV) association nationale regroupant plus de cent-cinquante familles dont un enfant a été assassiné ou a disparu, la Fondation pour l'enfance, l'Association de protection et de défense de l'enfant "La Mouette"…]
Source : gouvernement français, janvier 2007.

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