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PROTEGER LENFANT
> Les mutilations génitales féminines
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UNICEF / LA PROTECTION DE LENFANT
__Les mutilations génitales féminines
La mutilation génitale féminine / excision
(MGF/E) désigne un certain nombre de pratiques consistant
à enlever totalement ou partiellement les organes génitaux
externes d'une fille. Entre autres conséquences, les nourrissons,
filles et femmes ayant subi une mutilation ou une excision sont
exposés à des risques irréversibles pour
leur santé.
On distingue deux formes d'excision :
l'ablation du clitoris ou excision sunnite. Lors de ce type de mutilation, on procède à l'ablation complète ou partielle du clitoris et des petites lèvres.
L'infibulation ou excision pharaonique. Cette mutilation consiste en l'ablation complète du clitoris et des petites lèvres. Des entailles sont pratiquées sur les grandes lèvres de manière à obtenir une surface rugueuse. Ensuite, les grandes lèvres sont soit suturées, soit pressées l'une contre l'autre de manière à ce qu'elles se referment. L'écoulement de l'urine et du flux menstruel se produit par un minuscule orifice artificiel. La femme doit donc être incisée à chaque naissance et souvent même avant les rapports sexuels.
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Un villageois s'entretient avec Mayamuna Traor, présidente de l'association des femmes locale, et avec d'autres femmes du village. Mayamuna a joué un rôle essentiel pour ce qui est d'interdire la MGF dans son village. Sénégal.
© UNICEF / Grossman
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Il y aurait aujourd'hui, en Afrique, entre 100 et
130 millions de femmes qui ont subi l'une ou l'autre des MGF/E.
Compte tenu des taux de natalité actuels, on peut considérer
qu'environ 2 millions de filles, entre quatre et douze ans, risquent,
chaque année, d'être victimes de l'une de ces pratiques.
La plupart des filles et des femmes qui l'ont été
vivent dans 28 pays d'Afrique, même si certaines vivent
en Asie. Par ailleurs, ces pratiques font de plus en plus de victimes
en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis, essentiellement
parmi les immigrantes venues d'Afrique et de l'Asie du Sud-Ouest.
En France, on estime à quelque 30'000 le nombre
des femmes excisées et 35'000 fillettes ou adolescentes,
essentiellement d'origine malienne, sénégalaise,
mauritanienne, sont en âge de l'être, dont 19.000
pour la seule région parisienne, selon le Groupe des femmes
pour l'abolition des mutilations sexuelles (GAMS).
La mutilation génitale féminine / excision est pratiquée pour des raisons de plusieurs ordres :
Sexuel. Contrôler ou réduire la
sexualité féminine.
Sociologique. S'agissant, par exemple, d'initier les
filles à devenir des femmes, d'assurer leur insertion sociale
et de maintenir la cohésion sociale.
Hygiénique et esthétique. Quand on considère
les organes génitaux féminins comme sales et laids.
Sanitaire. En vertu de la conviction selon laquelle
cette pratique favorise la fécondité et la survie
de l'enfant.
Religieux. Selon la conviction erronée qui justifie
la MGF/E comme un impératif religieux.
La MGF/E est surtout pratiquée sur les fillettes et
les adolescentes âgées de quatre à 14 ans.
Dans certains pays, toutefois, il arrive que les nourrissons de
moins d'un an représentent jusqu'à la moitié
des cas (44 % en Erythrée et 29 % au Mali, par exemple).
L'opération est généralement pratiquée
par les accoucheuses traditionnelles ou les sages-femmes diplômées.
La MGF/E est un service très prisé et très
bien rémunéré; le statut du praticien dans
la communauté et son revenu peuvent être directement
liés à l'exécution de cette opération.
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Un document Unicef, Suisse.
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La MGF/E est une violation fondamentale des droits des filles.
C'est une pratique discriminatoire contraire aux droits à
l'égalité des chances, à la santé,
au droit de ne pas être exposé à la violence,
aux blessures, aux sévices, à la torture et aux
traitements cruels, inhumains ou dégradants, au droit à
la protection contre les pratiques traditionnelles préjudiciables
à la santé, et au droit de faire librement des choix
en matière de reproduction. Ces droits sont protégés
en droit international.
La MGF/E cause des préjudices irréparables. Elle
peut entraîner la mort, si la perte de sang est suffisamment
importante pour causer un choc hémorragique; une commotion
cérébrale entraînée par la douleur
et le traumatisme; ou une septicémie foudroyante. Elle
est systématiquement traumatisante. Beaucoup de filles
se trouvent en état de choc provoqué par la violente
douleur, le traumatisme psychologique et l'épuisement dû
aux hurlements de douleur.
Il y a d'autres conséquences préjudiciables pour
la santé, notamment : non-cicatrisation; formation d'abcès;
kystes; croissance excessive des tissus cicatriciels; infections
urinaires; rapports sexuels douloureux; prédisposition
renforcée au VIH/SIDA, à l'hépatite et à
d'autres maladies transmissibles par le sang; infections de l'appareil
reproducteur; pelvipéritonites; stérilité;
règles douloureuses; obstacle urinaire chronique/calculs
vésicaux; incontinence urinaire; arrêt de progression
du travail; risque accru d'hémorragie et d'infection pendant
l'accouchement.
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