Les droits de l'enfant



EDUCATION
, NOVEMBRE 2004 / UN RAPPORT DE L’UNESCO
__Plus de 100 millions d’enfants sont non scolarisés dans le monde

UnescoAvec encore 103,5 millions d'enfants non scolarisés, les progrès sont encore trop lents pour réaliser l'objectif de l'éducation primaire universelle d'ici à 2015, indique un rapport de l'agence des Nations unies pour l'éducation qui souligne que l'amélioration de l'accès à l'école n'a pas été compensée par une augmentation équivalente des ressources et des installations.

Selon le Rapport mondial de suivi de l'Education pour tous 2005, rendu public le 8 novembre 2004, bien que le nombre d'enfants scolarisés soit plus élevé qu'il ne l'a jamais été, beaucoup d'élèves abandonnent avant la cinquième année du primaire ou achèvent le cycle primaire sans maîtriser un minimum de compétences cognitives indique aujourd'hui un communiqué de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Fruit de l'analyse des progrès effectués dans la mise en œuvre du sixième objectif de l'Education pour tous (EPT) établis par plus de 160 pays lors du Forum mondial sur l'éducation de Dakar de 2000, le rapport mondial de suivi de l'Education pour tous 2005 porte en particulier sur la qualité de l'éducation.

Si le rapport souligne que des "efforts significatifs ont été accomplis pour accroître les ressources, élargir l'accès à l'école et améliorer la parité entre les sexes", une "analyse exhaustive des données collectées montre que le manque de qualité des systèmes éducatifs est préjudiciable aux enfants dans de nombreuses régions du monde et pourrait empêcher de nombreux pays de réaliser l'Education pour tous à la date prévue, en 2015".

L'Education pour tous figure parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui entend "donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires" d'ici à 2015.

Ainsi, dans un tiers des pays où les données existent, moins de 75 % des élèves atteignent la cinquième année du primaire. Les évaluations nationales et internationales montrent par ailleurs que les niveaux de performance sont très bas dans les pays à faible et moyen revenus et parmi les groupes défavorisés de certains pays industrialisés.

Rapport Unesco"Des classes surchargées, des enseignants peu qualifiés et des écoles sous-équipées disposant d'un matériel pédagogique insuffisant sont encore la réalité de nombreux pays", reconnaît le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, qui souligne l'importance de l'apprentissage pour l'avenir.

L'importance de la qualité apparaît clairement dans l'Indice du développement de l'Education pour tous, qui mesure le progrès général enregistré par 127 pays à partir de quatre objectifs quantifiables: l'éducation primaire universelle, l'alphabétisation des adultes, la qualité de l'éducation (mesurée à partir du taux de survie scolaire des élèves en cinquième année du primaire) et la parité entre les sexes.

Selon l'indice utilisé dans le rapport, 41 pays sont assez près des quatre objectifs. Il s'agit surtout de pays développés et de pays en transition mais aussi de quelques pays d'Amérique latine et des Caraïbes, tels que l'Argentine, Cuba et le Chili, et cinq petits Etats insulaires.Up

La Roumanie, la Bulgarie et le Costa Rica arrivent en tête du groupe suivant, composé de 51 pays, qui comprend de nombreux pays arabes et d'Amérique latine. Tous ces pays sont bien partis pour atteindre certains objectifs, mais sont en retard sur d'autres, notamment au plan de la qualité.

Enfin, le rapport range dans le troisième groupe "35 pays, dont 22 sont situés en Afrique sub-saharienne". Il compte aussi les pays très peuplés que sont le Bangladesh, l'Inde et le Pakistan. Tous sont 'très loin d'atteindre les objectifs', indique le rapport et devront surmonter de nombreuses difficultés pour réaliser les objectifs de l'Education pour tous.

Le rapport fournit par ailleurs une analyse détaillée des facteurs clé qui influencent la qualité de l'éducation, comme les ressources financières et matérielles des écoles, le nombre et la formation des enseignants, les matières fondamentales, la pédagogie, la langue, le volume horaire de l'enseignement, les équipements et le leadership.

Mais on compte encore 103,5 millions d'enfants non scolarisés, un chiffre qui diminue trop lentement pour permettre de réaliser l'éducation primaire universelle d'ici 2015. Le rapport indique aussi que l'amélioration de l'accès à l'école n'a pas été compensée par une augmentation équivalente des ressources et des installations.

Cette situation est particulièrement nette en ce qui concerne les enseignants qui, indique le rapport, "ont la plus forte influence sur l'apprentissage".

Le rapport présente en outre des études de cas pour 11 pays (Afrique du sud, Bangladesh, Brésil, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Finlande, République de Corée, Sénégal et Sri Lanka) qui montrent comment on affronte la question de la qualité dans les pays riches mais aussi dans les pays en développement.

"La communauté internationale a un rôle crucial à jouer pour encourager ce processus" indique l'UNESCO, qui que l'aide à l'éducation de base s'élève aujourd'hui à 1,5 milliards de dollars par an.

"Des engagements récents devraient ajouter 2 milliards de plus par an au cours des cinq prochaines années, mais ce chiffre reste encore bien en deçà du supplément - 5,6 milliards de dollars par an - que l'on estime nécessaire pour parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici 2015", indique l'étude de l'UNESCO.Up

LA QUALITE DE L'EDUCATION EST INSUFFISANTE POUR PARVENIR A L'EDUCATION POUR TOUS D'ICI 2015

Le nombre d'enfants scolarisés est plus élevé qu'il ne l'a jamais été, mais beaucoup d'élèves abandonnent avant la cinquième année du primaire ou achèvent le cycle primaire sans maîtriser un minimum de compétences cognitives. C'est ce qu'indique le Rapport mondial de suivi de l'Education pour tous 2005.

Le Rapport, qui évalue les progrès effectués dans la mise en œuvre des six objectifs* de l'Education pour tous (EPT) établis par plus de 160 pays lors du Forum mondial sur l'éducation (Dakar, 2000), souligne que des efforts significatifs sont faits pour accroître les ressources, élargir l'accès à l'école et améliorer la parité entre les sexes. Toutefois, une analyse exhaustive des données collectées montre que le manque de qualité des systèmes éducatifs est préjudiciable aux enfants dans de nombreuses régions du monde et pourrait empêcher de nombreux pays de réaliser l'Education pour tous à la date prévue, en 2015.

Ainsi, dans un tiers des pays où les données existent, moins de 75 % des élèves atteignent la cinquième année du primaire. Les évaluations nationales et internationales montrent par ailleurs que les niveaux de performance sont très bas dans les pays à faible et moyen revenus et parmi les groupes défavorisés de certains pays industrialisés.

"Des classes surchargées, des enseignants peu qualifiés et des écoles sous-équipées disposant d'un matériel pédagogique insuffisant sont encore la réalité de nombreux pays", déclare le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura. "Pourtant, assurer une qualité acceptable est essentiel pour réaliser l'éducation pour tous : ce que les enfants apprennent et la manière dont ils l'apprennent est déterminant pour leur scolarité et leur futur".

L'importance de la qualité apparaît clairement dans l'Indice du développement de l'EPT, qui mesure le progrès général enregistré par 127 pays en matière d'EPT. L'Indice s'appuie sur des indicateurs permettant d'évaluer les quatre objectifs les plus facilement quantifiables : l'éducation primaire universelle, l'alphabétisation des adultes, la qualité de l'éducation (mesurée à partir du taux de survie scolaire des élèves en cinquième année du primaire) et la parité entre les sexes.

Selon l'Indice, 41 pays sont assez près des quatre objectifs. Il s'agit surtout de pays développés et de pays en transition mais quelques pays d'Amérique latine et des Caraïbes, tels que l'Argentine, Cuba et le Chili, et cinq petits Etats insulaires, figurent également dans ce groupe.Up

La Roumanie, la Bulgarie et le Costa Rica arrivent en tête du groupe suivant, composé de 51 pays, qui comprend de nombreux pays arabes et d'Amérique latine. Tous ces pays sont bien partis pour atteindre certains objectifs, mais sont en retard sur d'autres, comme la qualité.

Enfin, le troisième groupe compte 35 pays, dont 22 sont situés en Afrique sub-saharienne. Il compte aussi les pays très peuplés que sont le Bangladesh, l'Inde et le Pakistan. Tous sont "très loin d'atteindre les objectifs" et "devront relever simultanément de multiples défis pour réaliser l'EPT".

Le rapport fournit une analyse détaillée des facteurs clé qui influencent la qualité de l'éducation, comme les ressources financières et matérielles des écoles, le nombre et la formation des enseignants, les matières fondamentales, la pédagogie, la langue, le volume horaire de l'enseignement, les équipements et le leadership.

On relève une claire tendance à l'amélioration dans plusieurs domaines. Le financement de l'éducation, par exemple, a augmenté ces dix dernières années dans de nombreux pays en développement et l'accès à l'éducation continue de s'améliorer. Mais on compte encore 103,5 millions d'enfants non scolarisés, un chiffre qui diminue trop lentement pour permettre de réaliser l'éducation primaire universelle d'ici 2015. Le rapport indique aussi que l'amélioration de l'accès à l'école n'a pas été compensée par une augmentation équivalente des ressources et des installations.

Cette situation est particulièrement nette en ce qui concerne les enseignants qui, indique le rapport, "ont la plus forte influence sur l'apprentissage". Dans de nombreux pays à faible revenu, les enseignants n'ont souvent pas le niveau minimum requis pour exercer. Ainsi au Togo, seuls 2 % des professeurs sont diplômés du premier cycle de l'enseignement secondaire, comme l'exigent les normes nationales. Au Botswana, où les enseignants des écoles primaires doivent être diplômés du deuxième cycle de l'enseignement secondaire, seuls 10% des professeurs répondent à ce critère. De la même manière, une étude récente menée dans sept pays d'Afrique australe, citée par le rapport, "a montré que certains instituteurs enseignant les mathématiques n'avaient que des connaissances de base en arithmétique et obtenaient en fait des scores inférieurs à ceux des élèves aux mêmes tests".Up

Trop souvent, ces enseignants peu formés doivent aussi faire face à des classes surchargées. Le rapport indique que dans les pays où le taux d'élèves par professeur est le plus élevé, "à peine un tiers des élèves atteignent la cinquième année du primaire". Dans de nombreux pays d'Afrique sub-saharienne, d'Asie du Sud et de l'Ouest, où l'éducation s'est développée rapidement ces dix dernières années, le taux d'élèves par enseignant a augmenté. Dans la plupart des pays de ces régions, le nombre d'élèves par professeur dépasse 40 dans l'enseignement primaire. Il grimpe même à 60 dans plusieurs cas, notamment au Malawi, au Mozambique, en République centrafricaine et au Tchad. En outre, dans de nombreux pays à faible revenu, les salaires réels des professeurs ont baissé par rapport au revenu moyen et leur rémunération est trop faible pour leur assurer un niveau de vie correct.

La pandémie du VIH/sida est un autre facteur qui "compromet sérieusement" la qualité, d'après le rapport. En Zambie par exemple, il a été estimé que 815 enseignants du primaire sont morts du sida en 2001, "un chiffre équivalent à 45 % des enseignants formés cette même année". En Afrique sub-saharienne, "plus de 11 millions d'enfants de moins de 15 ans ont perdu au moins un de leurs parents à cause du VIH/sida". Le rapport souligne que "leurs chances d'apprendre sont souvent réduites par la nécessité de s'occuper des membres de leur famille qui sont malades ou de contribuer aux revenus du ménage".

Le Rapport présente des études de cas pour 11 pays (Afrique du sud, Bangladesh, Brésil, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Finlande, République de Corée, Sénégal et Sri Lanka) qui montrent comment on affronte la question de la qualité dans les pays riches mais aussi dans les pays en développement. Il propose aussi une série de mesures politiques destinées à améliorer la qualité de l'éducation et souligne que "bien qu'il n'existe pas de recettes universelles, une vision à long terme de l'éducation, un fort leadership gouvernemental et un corps enseignant motivé et bénéficiant d'un soutien adéquat conditionnent la réussite des réformes concernant la qualité".

La communauté internationale a un rôle crucial à jouer pour encourager ce processus. On estime aujourd'hui que l'aide à l'éducation de base s'élève à 1,5 milliards de dollars par an. Des engagements récents devraient ajouter 2 milliards de plus par an au cours des cinq prochaines années, mais ce chiffre reste encore bien en deçà du supplément - 5,6 milliards de dollars par an - que l'on estime nécessaires pour parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici 2015.

* Plus de 160 pays présents lors du Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal, 2000) se sont fixé comme objectif d'ici 2015 de :
1. Développer la protection et l'éducation de la petite enfance
2. Réaliser l'enseignement primaire universel
3. Améliorer les chances d'apprendre des jeunes et des adultes
4. Améliorer de 50 % le niveau d'alphabétisation des adultes
5. Parvenir à l'égalité entre les sexes
6. Améliorer tous les aspects de la qualité de l'éducation

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