Les droits de l'enfant






Ligne


UNICEF, NOVEMBRE 2005 / UN RAPPORT SUR LA PARITE DES SEXES DANS L'EDUCATION
__46 pays n'atteindront pas l'objectif de scolariser autant de filles que de garçons d'ici la fin de l'année

Photo Quelque 46 pays n'atteindront pas l'objectif de scolariser autant de filles que de garçons avant la fin de l'année 2005 et près de 115 millions d'enfants, dont une majorité de filles, ne fréquenteront toujours pas l'école primaire, a annoncé, le 28 novembre 2005, à New York, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), à l'occasion de la publication du rapport sur la "parité des sexes dans l'éducation".

"Sur les 180 pays pour lesquels on dispose de données, 125 - 91 pays en développement et 34 pays industrialisés - parviendront à la parité des sexes en 2005, inscrivant ainsi le même nombre de filles que de garçons à l'école" et "46 pays n'atteindront pas ce but", indique le rapport.

Appelé aussi "Rapport GAP", l'étude fait le point sur la mise en œuvre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) concernant la parité des sexes dans l'éducation et examine, plus particulièrement, les différences persistantes entre filles et garçons au niveau de la scolarisation dans le primaire.

Le troisième Objectif du Millénaire vise à "promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes", c'est-à-dire "éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l'enseignement en 2015, au plus tard". Quant au deuxième Objectif, il vise à "assurer l'éducation primaire pour tous", c'est-à-dire "donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d'achever un cycle complet d'études primaires".

Logo UNICEFDans son rapport, l'Unicef recommande plusieurs mesures spécifiques pour parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici à 2015 : abolir les frais de scolarité au niveau national, offrir des bourses d'études aux enfants désavantagés, fixer un plafond aux frais tels que les uniformes et les manuels scolaires, donner un statut "d'urgence" aux nations ayant des taux de scolarisation peu élevés et leur offrir le même type d'assistance financière immédiate qu'aux pays en situation de crise.

Pour garantir l'éducation primaire universelle d'ici à 2015, le taux de scolarisation mondial devra augmenter de 1,3% par an pendant les dix prochaines années. Certains pays devront progresser à un rythme beaucoup plus soutenu. Ainsi, le Bénin devra avancer au rythme de 2,88% par an, l'Erythrée doit progresser de plus de 4% annuellement, le Népal de 2,25% et l'Afghanistan de 3,9%, indique l'agence.

EDUCATION DES FILLES : L'ECHEANCE SE RAPPROCHE

Une fille repose sa tête sur son bureau

Une fille repose sa tête sur son bureau à l'école de Xunyi dans la province de Shaanxi en Chine. © Unicef, Roger Lemoyne.


Genève/Pékin, 26 novembre 2005 - Quarante-six pays n'auront pas réussi à atteindre l'objectif de scolariser autant que filles que de garçons avant la fin de 2005, déclare l'Unicef à l'occasion du lancement d'un rapport illustrant les réussites obtenues et les défis à surmonter pour obtenir la parité des sexes dans l'éducation.

La parité des sexes (en 2005 à l'école primaire et secondaire et en 2015 à tous les niveaux d'enseignement) est la cible qu'il faut absolument atteindre pour réaliser l'Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) visant à l'égalité des sexes et à l'autonomisation des femmes (OMD 3), et aussi pour parvenir à l'éducation primaire universelle en 2015 (OMD 2).Up

Malgré cela, près de 115 millions d'enfants, dont une majorité de filles, ne fréquentent toujours pas l'école primaire, selon l'Unicef, organisme chef de file de l'Initiative des Nations unies pour l'éducation des filles.

Le rapport Parité des sexes dans l'éducation : résultats et perspectives, connu sous le nom de Rapport GAP, examine plus particulièrement les différences persistantes entre filles et garçons au niveau de la scolarisation dans le primaire.

Tout en soulignant que 46 pays n'ont pas atteint ce but, le rapport déplore que dans d'autres pays, le taux absolu de scolarisation reste encore beaucoup trop bas.

Le fait de les exclure de l'école n'affecte pas seulement les filles et leurs familles, rappelle le rapport. Cela met également en péril les initiatives de développement, car l'on a prouvé que l'éducation des filles joue un rôle important dans le développement social et économique.

"L'éducation est un élément fondamental dans la vie d'un enfant, fait valoir la directrice générale de l'Unicef, Ann M. Veneman. Le progrès national repose sur l'instruction, des filles en particulier, car elle débouche sur une plus grande productivité économique, une baisse de la mortalité maternelle et infantile et une probabilité plus grande de voir les enfants de la génération suivante aller à l'école". "Il est tout à fait possible d'atteindre cet objectif, car nous savons que beaucoup de pays ont accompli de grands progrès dans cette direction", affirme Mme Rima Salah, directrice générale adjointe de l'Unicef.

Sur les 180 pays pour lesquels on dispose de données, 125 (91 pays en développement et 34 pays industrialisés) parviendront à la parité des sexes en 2005, inscrivant ainsi le même nombre de filles que de garçons à l'école.

Les enfants se voient privés d'éducation pour des raisons diverses, la pauvreté par exemple, ou la discrimination sexuelle, une mauvaise gouvernance, la maladie (dont le VIH/SIDA) ou encore des catastrophes naturelles ou des crises humanitaires.

Evoquant l'impact du VIH/SIDA sur les enfants, les enseignants et les écoles, Mme Veneman rappelle que la campagne de l'Unicef : "Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA", lancée récemment, avait pour objectif de sensibiliser la communauté internationale au sort des millions d'enfants dont l'éducation a été affectée par cette pandémie mondiale. Les enfants, surtout les filles, dont les parents vivent avec le VIH, sont souvent obligés de quitter l'école et de travailler pour faire vivre le reste de la famille.

L'Unicef recommande plusieurs mesures spécifiques pour parvenir à l'éducation primaire universelle d'ici à 2015 :

abolir les frais de scolarité et autres coûts au niveau national,
offrir des bourses d'études et autres incitations financières aux enfants désavantagés,
fixer un plafond aux frais tels que les uniformes, les manuels scolaires et autres dépenses qui compromettent l'éducation,
donner un statut "d'urgence" aux nations ayant des taux de scolarisation et de fréquentation peu élevés et leur offrir le même type d'assistance financière immédiate et de soutien technique qu'aux pays en situation de crise,
utiliser le système scolaire pour proposer d'autres services essentiels aux enfants, tels qu'une bonne alimentation, des vaccins et des cours d'hygiène.

Pour garantir l'éducation primaire universelle d'ici à 2015, le taux de scolarisation mondial devra augmenter de 1,3 pour cent par an pendant les dix prochaines années. Certains pays devront progresser à un rythme beaucoup plus soutenu. Ainsi, le Bénin devra avancer au rythme de 2,88 pour cent par an, l'Erythrée doit progresser de plus de 4 pour cent annuellement, le Népal de 2,25 pour cent et l'Afghanistan de 3,9 pour cent.

Ce rapport représente une première étape dans l'évaluation des progrès accomplis vers la cible de parité des sexes, et il débouchera sur un examen technique d'ensemble. Il contient des enquêtes approfondies sur le terrain ainsi que des rapports nationaux présentés sous forme multimédia, provenant d'institutions des Nations unies, d'ONG, de pays donateurs et de bureaux de pays. Il se concentre particulièrement sur 25 pays clés qui ont le plus d'obstacles à franchir pour scolariser leurs enfants, les filles en particulier.

Sources : Nations unies et Unicef. New York, novembre 2005.
Up