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> Progrès pour les enfants |
NATIONS UNIES, UNICEF, MAI 2006 / LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE
Le rapport : "Progrès pour les enfants : un bilan de la nutrition" montre que, dans les pays en développement, plus d'un quart des enfants de moins de cinq ans présente une insuffisance pondérale, mettant leur vie est en danger. "La dénutrition contribue à plus de la moitié des décès d'enfants, soit environ 5,6 millions par an", affirme le rapport. Cette étude - la 4e publication d'une série de l'Unicef, intitulée "Progrès pour les enfants", qui examine la façon dont les nations remplissent leurs engagements envers les enfants - montre aussi que le pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui présentent une insuffisance pondérale n'a que très légèrement baissé depuis 1990. "C'est la preuve que le monde ne respecte pas ses engagements envers les enfants", déplore l'agence des Nations unies pour l'enfance. "La communauté internationale a promis de faire baisser de moitié le nombre d'enfants présentant une insuffisance pondérale d'ici à 2015. Mais le rapport prévient que si nous n'intervenons pas immédiatement, cet Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne pourra être atteint". L'Unicef affirme que la moitié des enfants présentant une insuffisance pondérale vit en Asie du Sud. "En Asie de l'Est, la Chine montre la voie dans le domaine de la réduction de la dénutrition. Les progrès sont lents en Afrique centrale et de l'Ouest, et au Moyen-Orient, des nations très peuplées comme l'Irak et le Soudan sont en train de régresser". "La dénutrition résulte d'une alimentation insuffisante, d'une accumulation de maladies infectieuses et d'un manque de soin. Elle entrave la croissance et le développement des enfants et elle compromet la capacité des filles à mettre au monde, plus tard, des enfants en bonne santé", explique l'Unicef. "La faim et la dénutrition viennent en tête
des problèmes les plus inextricables de la planète,
en même temps qu'elles y contribuent, souligne Ann Veneman,
directrice de l'Unicef. Elles contribuent grandement au cycle
de la pauvreté. Et les enfants en souffrent d'autant plus
qu'elles les empêchent d'apprendre correctement, elles les
empêchent de grandir et se développer et elles les
empêchent de résister à certaines maladies
graves". "Des centaines de milliers d'enfants ont été sauvés grâce à la vitamine A. Chaque année, les campagnes d'iodation du sel évitent des carences en iode à quelque 82 millions de nouveau-nés. L'allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie est l'une des façons les plus simples et les plus efficaces de sauver la vie d'un enfant", explique l'agence. LE COMMUNIQUE DE L'UNICEF New York, le 2 mai 2006 - Dans les pays en développement, plus d'un quart des enfants de moins de cinq ans présente une insuffisance pondérale, certains au point que leur vie est en danger, affirme un rapport de l'Unicef publié aujourd'hui. La dénutrition est une véritable épidémie dans le monde, et elle contribue à plus de la moitié des décès d'enfants, soit environ 5,6 millions par an. Le rapport Progrès pour les enfants : un bilan de la nutrition affirme que le pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui présentent une insuffisance pondérale n'a que très légèrement baissé depuis 1990. C'est la preuve, d'après l'Unicef, que le monde ne respecte pas ses engagements envers les enfants. "Le peu de progrès dans la lutte contre la dénutrition
nuit aux enfants et aux nations", a déclaré
la directrice générale de l'Unicef, Ann M. Veneman,
qui s'exprimait un an jour pour jour après avoir pris les
rênes de l'institution. "Pour la capacité d'un
enfant à survivre, à apprendre et à échapper
à une vie de pauvreté, peu de choses sont plus importantes
qu'une bonne nutrition", a-t-elle ajouté. Le rapport examine les progrès accomplis à l'échelle nationale et régionale vers le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement, l'éradication de l'extrême pauvreté d'ici à 2015. Pour atteindre ce but, il est nécessaire de diminuer de moitié la proportion d'enfants qui présentent une insuffisance pondérale pour leur âge, le symptôme le plus visible de la dénutrition. Or les tendances actuelles montrent que le monde reste très loin de la cible. En dépit des progrès accomplis dans certains pays, les moyennes relevées dans les pays en développement pour les enfants présentant une insuffisance pondérale n'ont baissé que de cinq pour cent au cours des 15 dernières années. A l'heure actuelle, 27% des enfants vivant dans les pays en développement présentent une insuffisance pondérale. Cela représente un total de 146 millions d'enfants. Près des trois quarts de ceux-ci vivent dans seulement dix pays et un peu plus de la moitié d'entre eux vivent dans trois pays : le Bangladesh, l'Inde et le Pakistan. Mais ces chiffres ne révèlent que la partie émergée de l'iceberg, affirme l'Unicef. "Pour chaque enfant visiblement dénutri, explique Mme Veneman, on en compte plusieurs qui traversent une crise nutritionnelle invisible. Beaucoup souffrent de graves carences en vitamines et minéraux essentiels, comme l'iode, la vitamine A et le fer". Les carences en vitamines et minéraux ne sont pas nécessairement visibles à l'oil nu, mais leurs conséquences sont apparentes dans le monde entier. Ces micronutriments sont essentiels au développement physique et mental de l'enfant. S'il n'en prend pas, il devient facilement la proie de maladies communes et a du mal à suivre à l'école. C'est ainsi qu'à cause d'une carence en iode dans l'alimentation des ménages, 37 millions de nouveau-nés par an sont susceptibles de présenter des problèmes d'apprentissage. Et les carences en fer sont l'une des causes principales de la mortalité maternelle. L'avenir d'une nation peut dépendre de l'élimination de ces carences, conclut le rapport. Une bonne nutrition est essentielle pour atteindre les OMD, qu'il s'agisse d'éradiquer la pauvreté ou d'assurer la scolarisation de tous les enfants, de réduire la mortalité maternelle ou de combattre les principales maladies. Progrès par région Le rapport indique que seules deux régions du monde
sont en voie d'atteindre la cible de l'OMD visant à réduire
le nombre d'enfants souffrant d'insuffisance pondérale
: l'Amérique latine et les Caraïbes d'une part
et l'Asie de l'Est et le Pacifique d'autre part, avec des
taux de prévalence d'insuffisance pondérale de 7
et 15 pour cent respectivement. Les progrès en Asie de
l'Est sont dus en grande partie au bond en avant de la Chine,
qui a réussi à réduire ses taux d'insuffisance
pondérale de 6,7 pour cent par an en moyenne depuis 1990.
Les autres pays de la région restent à la traîne. La moitié des enfants du monde qui présentent une insuffisance pondérale vivent dans trois pays d'Asie du Sud : le Bangladesh, l'Inde et le Pakistan. Quelque 47 pour cent de la population des moins de cinq ans en Inde est dans ce cas, ce qui fait baisser la moyenne régionale. La région de l'Afrique australe et de l'Est, sujette à des famines à répétition, n'a fait aucun progrès mesurable vers la cible de l'OMD concernant les enfants présentant une insuffisance pondérale, sa moyenne générale oscillant toujours autour de 29 pour cent. En dépit de signes encourageants, en particulier au Botswana, plusieurs pays ont perdu du terrain, suite à des crises alimentaires dues à la sécheresse et à la propagation du VIH/SIDA. L'Afrique centrale et de l'Ouest s'en tire mieux, en partie grâce aux progrès faits par certains pays dans la promotion de l'allaitement maternel exclusif pour les nourrissons et des services de santé communautaires. Le Programme accéléré pour la survie et le développement de l'enfant, qui bénéficie d'un soutien de l'Unicef, a appuyé ces efforts dans la région. Les taux de dénutrition des trois plus grands pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord ont fait baisser la moyenne régionale. L'Irak, le Soudan et le Yémen recensent tous les trois une hausse du pourcentage des enfants présentant une insuffisance pondérale, les conflits jouant un rôle majeur dans bien des cas. Avec un taux de 5 pour cent, l'Europe centrale et orientale et la Communauté d'Etats indépendants présentent les chiffres les plus faibles du monde pour l'insuffisance pondérale. Mais on y constate des disparités, tout comme dans les pays industrialisés. Le faible poids à la naissance est plus fréquent dans les milieux les plus pauvres et les minorités ethniques. Dans certains pays, l'obésité de l'enfant est en train de devenir une préoccupation majeure. Solutions Comme la dénutrition plonge ses racines dans la pauvreté,
le manque d'instruction et les inégalités sociales,
on ne peut se contenter d'acheminer des cargaisons de vivres pour
la combattre, affirme Progrès pour les enfants. Des pratiques
alimentaires malsaines et des crises récurrentes de maladies
comme la diarrhée et le paludisme sont des facteurs importants
dans les carences en nutriments chez l'enfant. Et en Afrique subsaharienne,
le VIH/SIDA prive des millions d'enfants du soutien dont ils ont
besoin pour être soignés et nourris correctement.
L'Unicef a lancé une campagne mondiale, "Unissons-nous
pour les enfants, contre le SIDA" afin de fournir aux enfants
les soins, les traitements et le soutien dont ils ont besoin quand
ils sont affectés par cette épidémie. La solution peut résider dans une simple capsule de vitamine A ne coûtant que quelques centimes et administrée pendant une campagne de vaccination, un programme qui à l'heure actuelle sauve 350'000 vies par an en renforçant le système immunitaire. Et l'enrichissement d'aliments de base avec des nutriments clés comme le fer et l'iode est une méthode qui a fait ses preuves pour protéger des millions d'enfants contre les carences et les retards du développement. Le rapport estime urgent de tisser un "filet de sécurité nutritionnel" pour que les enfants aient chaque jour accès à de tels services. Cela signifie que la nutrition infantile doit devenir un élément central des politiques et budgets nationaux, qu'il faut fournir de meilleures informations sur l'alimentation et plus de ressources aux ménages et qu'il faut planifier en vue d'éventuelles crises humanitaires. Le rapport insiste particulièrement sur les deux premières années de la vie, moment critique pour préserver tout le potentiel de l'enfant. Le corps et le cerveau du jeune enfant risquent de ne jamais éliminer les séquelles d'une mauvaise nutrition à ce stade de son développement. La priorité, c'est de veiller à ce que la grossesse se déroule dans de bonnes conditions sur le plan de la santé et de la nutrition. Et la promotion de l'allaitement maternel exclusif est un outil extraordinaire pour assurer l'épanouissement de l'enfant pendant les premiers mois de sa vie. Il est tout aussi essentiel d'adopter une approche commune
pour résoudre les problèmes de dénutrition,
en particulier chez les enfants les plus pauvres. La directrice
générale de l'Unicef vient d'assumer la présidence
du Comité permanent de la nutrition, un organe des
Nations unies, et avec le Programme alimentaire mondial, elle
dirige l'Initiative pour mettre un terme à la faim et à
la dénutrition chez l'enfant afin de donner un nouvel élan
aux efforts visant à atteindre la cible établie
pour la nutrition d'ici à 2015. "L'Objectif du Millénaire pour le développement qui vise à éradiquer l'extrême pauvreté d'ici à 2015 nous lance un défi considérable : donner la santé et une bonne nutrition à des millions d'enfants au cours des dix années à venir, a dit Mme Veneman. Il nous reste assez de temps pour y parvenir, mais seulement si la communauté internationale agit maintenant et s'engage à fournir les ressources promises". |