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> Le rapport : Sauver des vies [ |
NATIONS UNIES, MAI 2006 / LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE
"Le Mouvement mondial en faveur des enfants a lancé un appel urgent à la communauté internationale, lui demandant de reconnaître que les enfants qui vivent avec le VIH et le sida ont droit à un traitement et que ce droit doit être respecté pour sauver leurs vies et enrayer l'épidémie", indique un communiqué de l'Unicef. "L'absence de traitement équivaut à une condamnation à mort pour des millions d'enfants", a affirmé Dean Hirsch, président du Mouvement mondial en faveur des enfants et de World Vision International. "Sans traitement, la plupart des enfants séropositifs au VIH mourront avant leur 5e anniversaire. Ces enfants ne disposent pas de traitement parce qu'ils sont absents de l'ordre du jour sur le sida de la communauté internationale", a-t-il ajouté. Le rapport du Mouvement mondial en faveur des enfants montre qu'en dépit de la nécessité urgente de traitements pédiatriques, un nombre très limité de médicaments est disponible en formulations pédiatriques peu coûteuses. En outre, le développement de nouveaux médicaments continue d'être orienté essentiellement sur les besoins des adultes.
Selon l'Unicef, bien que la majorité des personnes qui vivent avec le VIH soient des adultes, les enfants séropositifs au VIH représentent un nombre disproportionné de personnes qui ont besoin d'un traitement immédiat. Plus de 90% des enfants séropositifs au VIH vivent en Afrique subsaharienne. Ces enfants sont également ceux qui ont le moins accès à quelque traitement que ce soit. Au 1er juin 2005, on estimait à quatre millions
le nombre d'enfants qui avaient besoin de cotrimoxazole, un antibiotique
courant qui ne coûte que 0,3 dollar par enfant et par jour.
Le cotrimoxazole prévient des infections potentiellement
mortelles chez les enfants infectés par le VIH et les nourrissons
nés de mères séropositives et dont le statut
n'est peut-être pas connu. Cet antibiotique peut également
retarder l'apparition du SIDA et la nécessité d'avoir
recours à une thérapie antirétrovirale. "Nous savons comment réduire de manière spectaculaire la transmission du VIH de la mère à l'enfant, à un coût tout à fait modeste", a rappelé Charles MacCormack, président de Save the Children USA. "Mais il nous faut davantage de ressources pour élargir ces programmes et les mettre à la disposition de toutes les femmes qui en ont besoin". Le rapport montre qu'en offrant à une mère la gamme complète des services de prévention du virus de la mère à l'enfant, on peut ramener le risque de transmission à moins de 2%. En ce moment, moins de 10% des femmes enceintes séropositives au VIH reçoivent les thérapies médicamenteuses qui empêchent la transmission du virus à leurs bébés. "La tragédie, c'est que moins de 10% des femmes enceintes positives au VIH reçoivent les thérapies médicamenteuses qui empêcheraient la transmission du virus à leurs enfants", relève MacCormack. "Il s'agit là d'une violation flagrante des droits de ces femmes et de leurs enfants".
Et d'ajouter : "Dans la plupart des cas, les enfants en Afrique sont traités à l'aide d'une dose unique de nevirapine [...] dans les 48h après la naissance. Etonnamment, le risque de transmission est réduit de 50% !". C'est bien sûr merveilleux, mais "dans le monde occidental, on utilise une triple dose d'antirétroviraux pendant environ 28 semaines avant l'accouchement. Le résultat ? Le taux de transmission descend à 1 ou 2%". "Pourquoi tolère-t-on un régime de second ordre pour l'Afrique et un autre de premier ordre pour les pays riches". "Il est pétrifiant de penser que des millions d'enfants qui auraient dû être en vie sont morts simplement parce que le monde impose une division obscène entre les riches et les pauvres. Cela est en train de changer, mais pourquoi cela vient-il toujours après qu'un prix terrifiant ait été payé ?", s'était interrogé l'Expert des Nations unies. "Nous avons besoin d'un effort surhumain de tous les côtés de la communauté internationale. Mais il est absent. Au rythme actuel, nous aurons un nombre cumulé d'infections de 100 millions d'infections d'ici à 2012 », avait conclu Steven Lewis, perplexe sur le fait que "nous nous considérons comme une civilisation avancée".
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