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NATIONS UNIES, UNICEF, DECEMBRE 2006 / LA SITUATION DES ENFANTS DANS LE MONDE
__La discrimination sexiste tout au long du cycle de vie
L'étude des naissances et des données
de recensement révèle en Asie une proportion exceptionnellement
élevée de naissances de garçons et d'enfants
de moins de cinq ans de sexe masculin, notamment en Chine et en
Inde. Cela semble indiquer que des fticides et infanticides
en fonction du sexe se produisent dans les deux pays les plus
peuplés du monde, ce en dépit des initiatives lancées
dans les deux pays pour y mettre un terme.
Plus de 115 millions d'enfants en âge d'aller à
l'école primaire n'y vont pas. Pour 100 garçons
non scolarisés, 115 filles sont dans la même situation.
Le fait pour une fille d'être privée d'éducation
primaire lui fait perdre la possibilité de donner la pleine
mesure de ses capacités. Dans le monde en développement,
près d'une fille inscrite à l'école primaire
sur cinq ne termine pas ses études primaires.
Dans le monde en développement, 43 pour cent seulement
des filles en âge d'aller à l'école secondaire
fréquentent un établissement d'enseignement secondaire.
Les recherches montrent que les femmes instruites risquent moins
de mourir en couches et enverront plus facilement leurs enfants
à l'école.
Une étude de l'Unicef portant sur une sélection de pays d'Amérique latine, des Caraïbes et d'Afrique subsaharienne montre qu'en moyenne, les enfants de mères
non instruites risquent deux fois plus de ne pas aller à
l'école primaire que les enfants dont la mère est
allée à l'école primaire.
On estime que plus de 130 millions de femmes et de filles
vivant aujourd'hui ont subi une mutilation génitale
féminine/excision. Celle-ci peut avoir de graves conséquences
pour la santé, notamment la non-cicatrisation, une vulnérabilité
accrue à l'infection par le VIH, des complications à
l'accouchement, et l'apparition de maladies inflammatoires et
de l'incontinence urinaire.
Plus les filles sont jeunes au moment du premier rapport
sexuel, plus il est vraisemblable que ce rapport leur a été
imposé. Selon une étude de l'Organisation mondiale
de la Santé, 150 millions de filles et 73 millions de garçons
âgés de moins de 18 ans ont subi un rapport sexuel
imposé ou d'autres formes de violence physique ou sexuelle
en 2002.
Dans l'ensemble du monde, 36% des femmes âgées
de 20 à 24 ans ont été mariées
ou ont vécu maritalement avant l'âge de 18 ans, situation
observée surtout en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne
où le mariage des enfants est une tradition solidement
établie, ce qui, parfois, rend virtuellement impossible
toute contestation de cette pratique. La grossesse et la maternité
prématurées sont souvent une dangereuse conséquence
du mariage des enfants.
On estime à 14 millions le nombre de filles de
15 à 19 ans qui accouchent chaque année. Lorsqu'une
mère a moins de 18 ans, le risque que son bébé
meure au cours de sa première année de vie est 60
pour cent plus élevé que celui d'un bébé
né d'une mère âgée de plus de 19 ans.
Les enfants nés d'une mère de moins de 18 ans risquent
aussi plus de souffrir d'insuffisance pondérale, de dénutrition
et de retards de croissance physique et mentale.
Toutes les minutes, une femme meurt de complications
liées à sa grossesse. Le bilan annuel dépasse
le demi-million de décès. Environ 99% de tous les
décès maternels surviennent dans les pays en développement,
et plus de 90% en Afrique et en Asie. En 2000, les deux tiers
des décès maternels sont survenus dans 13 des pays
les plus pauvres du monde. La même année, le quart
de tous les décès maternels s'est produit en Inde.
Une femme d'Afrique subsaharienne sur 16 mourra à
cause de sa grossesse ou lors de l'accouchement, contre une seulement
sur 4'000 dans les pays industrialisés. Les nouveau-nés
qui ont perdu leur mère risquent entre trois et dix fois
plus de mourir que les nouveau-nés dont la mère
survit.
Dans certaines régions d'Afrique et des Caraïbes,
les jeunes femmes de 15 à 24 ans risquent jusqu'à
six fois plus d'être infectées par le VIH que les
jeunes hommes de leur âge. Les femmes risquent plus de contracter
le VIH, en partie pour des raisons physiologiques. Mais la discrimination
sexiste joue également un rôle dans ces chiffres,
car elle prive les femmes du pouvoir de négociation dont
elles ont besoin pour diminuer leur risque d'infection.
Des taux d'analphabétisme élevés
empêchent les femmes de se renseigner sur les risques d'infection
au VIH et les moyens de se protéger. Une étude menée
dans 24 pays d'Afrique subsaharienne montre que les deux tiers
ou plus des jeunes femmes n'ont pas de connaissance générale
sur la transmission du VIH.
Les femmes âgées peuvent être victimes
d'une double discrimination fondée sur le sexe et sur l'âge.
Les femmes, qui vivent généralement plus longtemps
que les hommes, risquent de perdre le contrôle des ressources
familiales et d'être victimes de discriminations inscrites
dans les lois sur l'héritage et la propriété.
Les pays en développement disposant d'un "filet de
sécurité" pour les personnes âgées
sont très rares.
Source : Unicef, décembre 2006.
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