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:: A propos de la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville Même si presque tous les droits qu'elle énonce sont juridiquement protégés par d'autres textes (Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et Pactes internationaux relatifs aux droits civils et politiques, notamment), la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville n'a pas, en tant que telle, de valeur juridique contraignante. Si le Comité de suivi de la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville souhaite trouver les voies et moyens pour que ce texte se voie reconnaître une valeur juridique contraignante, deux processus, qui s'appuient sur les acquis et les possibilités d'action du Conseil de l'Europe, sont envisageables : 1- Utiliser les possibilités offertes par la coopération interterritoriale La coopération interterritoriale est, avec la coopération transfrontalière, l'une des modalités de la coopération décentralisée. Celle-ci, on le sait, concerne l'ensemble des actions de coopération internationale menées par les collectivités territoriales avec des collectivités étrangères dans un but d'intérêt commun. Ces actions sont conduites dans le cadre d'une convention conclue entre une ou plusieurs autorités territoriales françaises et une ou plusieurs autorités territoriales étrangères.
L'adoption du protocole additionnel n°2 à la Convention-cadre de Madrid sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales relatif à la coopération interterritoriale, le 5 mai 1998, a pour but de donner à cette forme de coopération un cadre juridique identique à celui dont bénéficie la coopération transfrontalière. En vigueur depuis le 1er février 2001, ce protocole a été signé et ratifié par 15 Etats européens, dont l'Allemagne, la Suisse, l'Albanie, la Lituanie, la Slovénie, la Suède, auxquels s'ajoutent huit Etats l'ayant signé sans l'avoir, pour le moment, ratifié. La France, la Belgique, le Portugal font partie de ces derniers. Ces Etats ont signé le protocole, mais ne l'ont pas encore ratifié (le projet de loi de ratification, déposé devant le Sénat français en décembre 2005, devrait être prochainement adopté). Parmi les Etats dont des villes ont signé la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville, seules l'Espagne et l'Italie n'ont pas ratifié, ni même signé, ce texte. Tableau récapitulatif de l'état des signatures et ratifications des conventions pertinentes pour les quatre Etats dont les villes sont "leaders" de la Charte européenne des droits de l'homme dans la ville.
* Projet de loi adopté par le Sénat
le 27 juin 2006 et transmis à l'Assemblée nationale
le 27 juin 2006. La Commission des Affaires étrangères
de l'Assemblée nationale a été saisie pour
examen et a nommé un rapporteur le 20 septembre 2006. Outre une incitation à la mise en uvre concrète les droits qu'elle contient, la coopération interterritoriale permet de formaliser le réseau que constituent les villes signataires de la Charte. Un "groupe de pression" actif dans la promotion et le développement des droits de l'Homme dans la ville, susceptible d'acquérir la personnalité juridique, peut ainsi naître et prendre de l'ampleur. Il aura alors un réel poids quand il s'agira d'utiliser la deuxième voie envisageable, celle de l'adoption d'une convention dans le cadre du Conseil de l'Europe. 2- Prendre la voie de l'adoption d'une Convention dans le cadre du Conseil de l'Europe Le Conseil de l'Europe a vocation à étudier toute question politique d'intérêt commun et son programme d'action couvre notamment les domaines de la "démocratie, des libertés et droits fondamentaux", ainsi que ceux de la "démocratie locale". Le Statut du Conseil de l'Europe, signé le 5
mai 1949, dispose dans l'article 1er que "le but du Conseil
de l'Europe est de réaliser une union plus étroite
entre ses membres afin de sauvegarder et de promouvoir les idéaux
et les principes qui sont leur patrimoine commun et de favoriser
leur progrès économique et social.
Le Conseil de l'Europe est à l'origine de plus de 200 instruments juridiques internationaux visant à l'harmonisation des législations nationales de ses Etats-membres, qui permettent notamment de renforcer et consolider la démocratie locale, d'élaborer et mettre en uvre un cadre normatif pour le fonctionnement de leurs collectivités et d'encourager le partage des bonnes pratiques dans les domaines identifiés. L'adoption d'une convention par le Comité des
ministres permet de donner un cadre normatif harmonisé
contraignant pour les Etats. C'est ainsi, par exemple, qu'ont été élaborées et mises en oeuvre la Charte européenne de l'autonomie locale (adoptée en 1985, mise en uvre en 1988), la Charte Sociale européenne et son protocole additionnel sur l'égalité des sexes (adopté en1988 et mis en uvre en 1992) ou encore la Convention sur la participation des étrangers à la vie publique au niveau local (adoptée en 1992, mise en uvre en 1997). Devenue une convention du Conseil de l'Europe, la Charte européenne des droits de l'Homme dans la ville deviendrait un instrument juridique contraignant susceptible d'assurer l'effectivité des droits qu'elle énonce.
Enfin, le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE) est un organe consultatif auprès du Comité des ministres et de l'Assemblée parlementaire à qui il adresse des recommandations, des propositions et des avis permettant :
Promoteur de la démocratie locale et régionale, le CPLRE a élaboré depuis sa création un ensemble de traités internationaux, telle la Charte européenne de l'autonomie locale. Il contrôle la mise en oeuvre effective des principes de la Charte européenne de l'autonomie locale et des grands principes de la démocratie locale; de plus, par la rédaction de rapports "de monitoring" dans les Etats membres, il assure une mission de suivi de la démocratie locale en Europe. Ces derniers moyens permettraient de tracer la voie, mais seule une convention contraindrait les Etats à modifier leur ordonnancement juridique pour reconnaître aux villes des compétences en matière de droits de l'homme. La contrepartie est, bien entendu, que les villes auraient alors à respecter des obligations nouvelles Edith Jaillardon est professeure de droit à l'Université Lumière-Lyon 2 et vice-présidente de la Chaire Lyonnaise des droits de l'homme. Novembre 2006. NOTE* : ARTICLE 23 : DEPOT DE PROPOSITIONS DE RECOMMANDATION
ET DE RESOLUTION |
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