
Traité simplifié
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UNION EUROPEENNE, 23 JUIN 2007 | UN TRAITE INSTITUTIONNEL POUR L’EUROPE
__Romano Prodi rendu "amer" par le comportement de Tony Blair

Le président du Conseil italien Romano Prodi déplore la disparition de l’esprit communautaire lors du Conseil européen de Bruxelles, qu’il impute à la volonté de pays comme le Royaume-Uni et la Pologne de faire passer avant tout leurs intérêts nationaux.
Dans une interview publiée, le 24 juin 2007, par La Repubblica au lendemain du sommet de l’Union européenne, qui s'est soldé par un accord a minima sur les institutions, Romano Prodi se dit "rempli d'amertume en tant que citoyen européen par le spectacle auquel il a assisté".
"Cela fait de nombreuses années que je n'ai pas observé avec une telle douloureuse clarté l'existence de deux Europes : l'une, majoritaire, qui a la foi et le désir d'avancer, l'autre, celle de ceux qui se fixent pour objectif politique national de réduire le rôle de l'UE", confie-t-il.
Romano Prodi s'en prend plus particulièrement au Royaume-Uni du Premier ministre travailliste sortant Tony Blair pour son "obstination" à vouloir exclure du projet de traité le drapeau et l'hymne européens et à mener bataille contre la Charte européenne des droits fondamentaux.
"La persévérance de certains gouvernements à dénier à l'Europe tout aspect émotionnel m'a fait mal", ajoute le chef du gouvernement italien en citant, outre le Royaume-Uni, la Pologne, la République tchèque et les Pays-Bas.
"Et ce sont ces mêmes gouvernements qui reprochent à l'Europe d'être trop éloignée des citoyens. Mais comment peut-on impliquer les citoyens sans impliquer leurs émotions ? Comment peut-on leur donner la fierté d'être européens quand on leur dénie les symboles de cette fierté ?"
L’ancien président de la Commission européenne présente le projet de traité comme "un pas en arrière" par rapport au texte de la Constitution dont le rejet par la France et les Pays-Bas a donné en 2005 un coup d'arrêt à la construction européenne.
Faisant allusion aux améliorations du processus de décision malgré tout retenues de l'ancien texte, le chef du gouvernement italien estime que le nouveau compromis "fournit à l'Europe les instruments qui lui faisaient défaut jusqu'ici", mais note que "le souci partagé d'avancer n'est plus là".
Source : site web Fenêtre sur l'Europe, juin 2007.

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