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> Vers légalité des droits |
NATIONS UNIES |
Dans un rapport adressé, le 10 janvier 2005, aux Nations unies, Amnesty International (AI) met en évidence la "passivité" du pouvoir algérien et son manque de volonté politique pour protéger les femmes de la violence. A l'heure où le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, (CEDAW), réuni en session à New York, a entamé, le 10 janvier 2005, une session au cours de laquelle il se penchera sur la situation des femmes en Algérie, l'organisation non gouvernementale faisait connaître son propre "état des lieux". Amnesty aborde trois grands thèmes : les sévices sexuels commis par les groupes armés pendant la guerre civile, les répercussions sur les femmes des violences étatiques perpétrées sur les hommes, et la question de la violence au sein de la famille. L'organisation souligne "l'absence persistante de toute enquête approfondie" sur les allégations de viols ainsi que l'absence de poursuites judiciaires envers les coupables. Le nombre de femmes enlevées et violées "a fortement diminué" depuis 1999, mais on note en échange un nombre croissant d'attaques telles que "le vol, le racket ou l'extorsion", au cours desquelles des femmes sont victimes de viols ou de sévices sexuels. Les milliers de "disparitions" (masculines dans 99 % des cas) des années 1990 ont entraîné pour les mères et les épouses une souffrance et une angoisse méritant l'appellation d'"actes de torture". Amnesty rappelle que les plaintes déposées devant les tribunaux pour enlèvement et séquestration "restent au point mort ou sont classées sans suite". La violence au sein des familles, enfin, en nette augmentation ces dernières années en Algérie, est pointée par Amnesty. L'ampleur de ce problème peut être liée à la récente guerre civile, car la violence "est devenue socialement acceptable". D'autres facteurs tels que la crise économique, le chômage, la toxicomanie et la crise du logement, ne font qu'aggraver cette violence domestique. LE COMMUNIQUE D'AMNESTY INTERNATIONALDans un rapport de 38 pages adressé aux Nations unies le 10 janvier 2005, Amnesty International met en évidence la passivité du gouvernement algérien face aux viols, aux coups et à la discrimination économique et juridique dont sont victimes les femmes de ce pays. Le rapport décrit également les conséquences,
pour les femmes, du manque de détermination du gouvernement
à enquêter sur les milliers de "disparitions"
qui se sont produites lors du terrible conflit interne des années
90 et à traduire en justice les personnes présumées
responsables de ces actes. "Des milliers de femmes ont été privées du droit à une existence normale et laissées dans l'angoisse de ne rien savoir du sort de leurs maris, de leurs fils, de leurs frères et de leurs pères", souligne Amnesty. Dans son rapport au Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, Amnesty montre que les femmes ont peu de chance d'obtenir justice et réparations pour les violences dont elles ont souffert; l'organisation souligne également que la législation et les pratiques actuelles continuent de refléter une certaine discrimination à l'égard des femmes et facilitent même la violence à leur égard. L'Algérie présentera le 11 janvier [2004] au Comité des Nations unies son rapport concernant l'application de la Convention des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes. A partir d'entretiens réalisés avec des femmes algériennes victimes ou témoins d'actes de violence et avec toute une série d'organisations et de militants à la fois en Algérie et en dehors d'Algérie, Amnesty a fait un certain nombre d'observations, dont les principales sont les suivantes :
"Le gouvernement algérien a fait preuve d'un
manque de volonté politique pour protéger les femmes
de la violence. Les réserves de l'Algérie vis-à-vis
des dispositions de la Convention des Nations unies pour l'élimination
de la discrimination à l'égard des femmes sont un
obstacle sérieux à la garantie des droits fondamentaux
des femmes et doivent être levées", conclu Amnesty. |