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> La résolution 1325 [2000]
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NATIONS UNIES, 8 MARS 2007 | JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
__Ban Ki-moon veut faire des Nations unies le fer de lance de la promotion de la parité

Les Nations unies doivent être au premier rang de l'entreprise qui consiste à "briser le mur du silence" de la violence contre les femmes, a déclaré, le 8 mars 2007, Ban Ki-moon, devant l'Assemblée générale réunie à l'occasion de la Journée internationale de la femme.

Le thème de la Journée cette année est précisément "Mettre fin à l'impunité des auteurs d'actes de violence à l'égard des femmes et des filles".

"La plupart des sociétés prohibent de telles violences – mais la réalité est que trop souvent elle est tolérée sous le prétexte fallacieux des pratiques et normes culturelles, dans les confins de la maison", a dénoncé le secrétaire général des Nations unies. "Ou bien elle sert d'arme dans les conflits armés, approuvée par le silence et la passivité de l'Etat et des autorités publiques", a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon a proposé de renforcer "l'architecture de la parité" aux Nations unies. "J'encourage les Etats membres à étudier la possibilité de remplacer plusieurs des structures actuelles par une seule entité dynamique". "Ce nouvel organe devrait pouvoir mobiliser toutes les ressources du système des Nations Unies pour renforcer la position des femmes et parvenir à la parité dans le monde entier", a-t-il expliqué.

Le secrétaire général a suggéré de déterminer les approches les plus efficaces, de mettre en place des règles de responsabilité et de financer les efforts de prévention et d'intervention pour mettre fin à la violence contre les femmes. "Nous pouvons aussi mettre fin à ce fléau en le montrant au grand jour, en discutant ouvertement de la question aux Nations unies", a-t-il insisté.

Ban Ki-moon, qui a proposé que l'Assemblée générale en fasse un point régulier de son ordre du jour, et que le Conseil de sécurité établisse un mécanisme de suivi de sa résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité, a appelé tout le monde à traiter de la question avec tout le sérieux qu'elle mérite, pas seulement lors de la Journée internationale de la femme, mais "tous les jours".

VIOLENCES A L’EGARD DES FEMMES : LE MOMENT EST VENU DE BRISER LE MUR DU SILENCE, ESTIME BAN KI-MOON

Ch. LindseyAllocution prononcée le 8 mars 2007 par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors de la manifestation interinstitutions sur la question de la lutte contre l’impunité des auteurs de violences à l’égard des femmes et des filles organisée à l’occasion de la Journée internationale de la femme, à New York.

C’est la première fois que je célèbre la Journée internationale de la femme en tant que Secrétaire général, et je suis heureux de le faire avec vous. J’espère que vous ne tarderez pas à meconsidérer comme un précieux allié dans la lutte pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

Aujourd’hui, je voudrais tout d’abord rendre hommage à Mme Angela King, qui fut une fervente défenseuse des droits de la femme et une source d’inspiration pour d’innombrables personnes, femmes et hommes. Sachons tirer parti de l’héritage qu’elle nous a laissé.

Cette année, la Journée internationale de la femme est l’occasion pour tous les hommes et toutes les femmes de s’unir pour défendre les femmes et les filles qui connaissent au quotidien la violence ou la peur de la violence. Elle est l’occasion de réfléchir aux mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises pour prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles : par les Etats membres, les organismes des Nations unies, la société civile et les particuliers. C’est aussi l’occasion de saluer le courage et les succès des femmes, qui continuent de pousser pour que les choses changent, et de lutter pour que la violence fondée sur le sexe apparaisse au grand jour et cesse enfin, de sorte que tous les droits de l’homme deviennent une réalité effective pour elles et pour les filles.

La violence à l’égard des femmes et des filles laisse son empreinte hideuse sur tous les continents, tous les pays et toutes les cultures.  Elle n’a que faire des différences de fortune, de classe, de race ou d’origine ethnique. Elle a des conséquences terribles pour les femmes, les familles, et les sociétés. Elle menace toutes les femmes, et devrait être considérée comme inadmissible par l’humanité tout entière.
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Ces dernières années, la lutte visant à mettre fin à la pandémie que représente la violence à l’égard des femmes a porté des fruits. Des normes internationales ont été établies.  Des pays ont adopté des stratégies et modifié leur législation. Des partenariats entre gouvernements et groupes de femmes ont été renforcés. Et au Sommet mondial de 2005, les dirigeants du monde se sont engagés à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes.

Mais, il y a encore beaucoup à faire pour que la violence à l’égard des femmes ne reste plus impunie. Dans la plupart des sociétés, cette forme de violence est proscrite, mais en réalité elle est trop souvent tolérée dans les foyers, sous couvert de pratiques et de normes culturelles. Elle est aussi utilisée dans les conflits armés, admise par l’Etat et par les forces de l’ordre qui ne disent ni ne font rien.

Le moment est venu de briser le mur du silence et de donner un sens concret aux normes juridiques dans la vie des femmes. Il faut pour cela que la société tout entière assume ses responsabilités et fasse évoluer pour de bon les mentalités et les comportements. Il faut aussi que les gouvernements et les organisations internationales collaborent étroitement avec les services sociaux, les associations bénévoles et professionnelles, le secteur privé et le grand public. Et il faut enfin que tous les hommes et toutes les femmes s’efforcent de transformer les relations entre les sexes, à tous les niveaux de la société.

Nous devons avancer ensemble sur plusieurs fronts, et notamment :

autonomiser les femmes et les filles grâce à l’éducation et à des moyens novateurs comme la microfinance;
mettre les lois, politiques et pratiques nationales en adéquation avec les normes internationales;
faire en sorte que toutes les formes de violence dont les femmes sont victimes soient mieux connues et mieux comprises;
élaborer et appliquer des stratégies efficaces, coordonnées aux échelons national et local, auxquelles soient associés tous les secteurs de la société;
dégager les fonds et autres ressources nécessaires à ces fins.

L’Organisation des Nations unies doit être à l’avant-garde de ces efforts. Je crois que nous pouvons pour cela nous appuyer sur les propositions du Groupe d’experts de haut niveau sur la cohérence à l’échelle du système qui prévoient un renforcement du dispositif de promotion de l’égalité des sexes. J’engage les États membres à envisager la possibilité que les diverses structures actuelles soient remplacées par une seule entité dynamique. Ce nouvel organe devrait pouvoir faire appel à toutes les ressources du système des Nations unies dans son travail pour l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes partout dans le monde. Il devrait mobiliser les forces favorables au changement à l’échelle mondiale et susciter des résultats accrus au niveau des pays.

En procédant de manière intégrée et globale, nous pouvons déterminer quelles stratégies fonctionnent, les soutenir et les reproduire. Nous pouvons mettre en place des dispositifs qui mettent l’accent sur la responsabilité des personnes, des collectivités et des pays dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes.  Nous pouvons veiller à ce que les ressources nécessaires à l’action préventive et aux interventions soient disponibles. Et nous pouvons exposer le phénomène au grand jour en en parlant ouvertement à l’Organisation des Nations unies.

Aujourd’hui, je propose que chaque année, l’Assemblée générale inscrive à son ordre du jour un point qui touche la violence à l’égard des femmes. J’engage vivement le Conseil de sécurité à créer, dans le cadre de sa résolution 1325, relative aux femmes et à la paix et à la sécurité, un mécanisme de suivi de la violence à l’égard des femmes et des filles.

Et je demande que chacun d’entre nous accorde à ce problème l’attention infinie qu’il mérite, non seulement lors de la Journée internationale de la femme mais tous les jours de l’année.

Je vous remercie pour votre dévouement à cette cause, et me réjouis de travailler avec vous dans les années à venir.

Source : Nations unies, New York, mars 2007.
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