Les droits de l'enfant
La violence faite aux femmes


Droits des femmes




EXCISIONS
L'étude de l'OMS
Qu'entend-on par mutilations sexuelles feminines ?
LA CAMPAGNE
> de l'Unicef Suisse
[Flyer]
[ 670 ko]
[Vidéo]
> de l'Unicef France
[ 670 ko]
1997 DECLARATION
> La déclaration conjointe OMS/UNICEF/UNFPA
[ 1.1 Mo]
UNE BD
Belgique, 2004
[ 1.1 Mo]

NATIONS UNIES, JUIN 2006 / LA SITUATION DES FEMMES DANS LE MONDE
 __Qu'entend-on par mutilations sexuelles feminines ?

Les mutilations sexuelles féminines, souvent désignées également par l'expression "circoncision féminine", recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses ou pour toute autre raison non thérapeutique. Il y a différents types de mutilations sexuelles dont on sait qu'ils sont pratiqués aujourd'hui, à savoir :

type I - excision du prépuce, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris,
type II - excision du clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres,
> type III - excision partielle ou totale des organes génitaux externes et suture / rétrécissement de l'orifice vaginal (infibulation),
type IV - piqûre, perforation ou incision du clitoris et/ou des petites et des grandes lèvres ; étirement du clitoris et/ou des lèvres; cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu avoisinant,
grattage (angurya cuts) de l'orifice vaginal ou incision (gishiri cuts) du vagin,
introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin pour provoquer des saignements ou pour resserrer ou rétrécir le vagin ; enfin, toute autre intervention qui répond à la définition des mutilations sexuelles donnée plus haut.

La forme la plus courante de mutilation sexuelle féminine est l'excision du clitoris et des petites lèvres, pratiquée dans presque tous les cas (jusqu'à 80%); la forme la plus extrême est l'infibulation, pratiquée dans 15% environ des cas.

LES CONSEQUENCES POUR LA SANTE

Les conséquences immédiates et à long terme des mutilations sexuelles féminines pour la santé varient selon le type et la gravité de l'intervention pratiquée.

Les complications immédiates comprennent douleurs, choc, hémorragie, rétention d'urine, ulcération de la zone génitale et lésions des tissus adjacents. Hémorragie et infection peuvent entraîner la mort.

Ces derniers temps, on s'est inquiété du risque de transmission du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) parce qu'un seul instrument est utilisé pour de nombreuses opérations, mais cette question n'a pas fait l'objet de recherches approfondies.

Parmi les conséquences à long terme figurent kystes et abcès, formation de chéloïdes, lésions de l'urètre entraînant une incontinence urinaire, dyspareunie (rapports sexuels douloureux), dysfonctionnement sexuel et problèmes pendant l'accouchement.

Santé psychosexuelle et psychologique : les mutilations sexuelles peuvent marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies. A plus long terme, les femmes peuvent souffrir d'un sentiment d'inachèvement, d'angoisse ou de dépression.Haut de page

QUI PRATIQUE LES MUTILATIONS SEXUELLES FEMININES, A QUEL AGE ET POUR QUELLES RAISONS ?

Dans les sociétés où les mutilations sexuelles féminines sont une norme acceptée, elles sont pratiquées par des personnes de toutes croyances religieuses de même que par des animistes et des non-croyants. L'intervention proprement dite est généralement effectuée par un tradipraticien à l'aide d'instruments rudimentaires et sans anesthésie. Chez les gens plus riches, elles peuvent être pratiquées dans un établissement de santé par du personnel qualifié. L'OMS est opposée à la médicalisation de toutes les formes de mutilation sexuelle féminine. L'âge auquel sont pratiquées les mutilations sexuelles varie selon la région. Elles sont pratiquées sur des nouveau-nés, des fillettes et des adolescentes et, parfois, sur des femmes adultes.

Les familles citent plusieurs raisons justifiant l'intervention :

raisons psychosexuelles : réduction ou élimination du tissu sensible des organes génitaux externes, particulièrement du clitoris, afin d'atténuer le désir sexuel chez la femme, de préserver la chasteté et la virginité avant le mariage et la fidélité durant le mariage, et enfin d'accroître le plaisir sexuel de l'homme,

raisons sociologiques : identification avec l'héritage culturel, initiation des fillettes à la condition de femme, intégration sociale et maintien de la cohésion sociale,

hygiène et raisons esthétiques : les organes génitaux externes de la femme passent pour être sales et inesthétiques et il faut les enlever pour favoriser l'hygiène et rendre la femme attrayante,

mythes : accroissement de la fécondation et promotion de la survie de l'enfant,

raisons religieuses : certaines communautés musulmanes pratiquent toutefois les mutilations sexuelles féminines parce qu'elles croient en toute bonne foi que cette pratique fait partie de l'Islam. Or, elle est antérieure à l'avènement de la religion musulmane.

PREVALENCE ET DISTRIBUTION DES MUTILATIONS SEXUELLES FEMININES

La plupart des cas de mutilation sexuelle féminine chez des fillettes ou des femmes concernent 28 pays d'Afrique, mais quelques-uns concernent l'Asie et le Moyen-Orient. On trouve d'autre part de plus en plus de cas en Europe, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis d'Amérique, avant tout parmi des immigrants de ces pays.

A l'heure actuelle, on estime qu'entre 100 et 140 millions de fillettes et de femmes ont subi une mutilation sexuelle. On pense que, chaque année, deux autres millions de fillettes risquent d'être soumises à cette pratique.

Source : OMS, Genève, juin 2006.
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