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Journée internationale contre les mutilations génitales

Côte d'Ivoire, l'action de l'Unicef

Dix agences de l'Onu s'engagent

NATIONS UNIES, FEVRIER 2008 | JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE LES MUTILATIONS GENITALES FEMININES
 __Côte d'Ivoire : tolérance zéro contre l'excision

Kofi AnnanLe monde entier se mobilise, le 6 février, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) dont l'excision. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), entre 100 et 140 millions de femmes ont subies une forme quelconque de MGF/Excision.

La Côte d'Ivoire est l'un des pays les plus touchés par la pratique de l'excision en Afrique de l'Ouest. Malgré la loi 98/757 du 23 décembre 1998 interdisant la pratique de l'excision en Côte d'Ivoire, l'enquête à Indicateurs multiples (MICS 2006), estime à 36% le nombre de femmes excisées dans le pays avec 34% en milieu urbain et 38% en milieu rural. La pratique persiste donc avec les plus fortes prévalences de 73.3% à l'Ouest du pays et de 87.9 au Nord et Nord-Ouest du pays.

Les MGF, dont l'excision, recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales.
L'opération est généralement pratiquée sur des filles âgées de 4 à 14 ans; elle est également exécutée sur les très jeunes enfants, les femmes sur le point de se marier et parfois sur les femmes enceintes de leur premier enfant ou qui viennent de donner naissance.

Souvent pratiquée par des praticiens traditionnels comme les exciseuses et les accoucheuses, l'opération se fait sans anesthésie avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux.
L'intervention est toujours traumatisante avec des complications telles que les douleurs, l'état de choc, les difficultés pendant l'accouchement et même la mort.
"L'excision est une violation fondamentale des droits de l'homme. En l'absence de toute nécessité médicale, elle expose les filles et les femmes à des risques pour leur santé et à des conséquences qui mettent leur vie et leur bien-être en danger", déclare Sylvie Dossou, représentante de l'Unicef en Côte d'Ivoire.

Les MGF/excision violent des droits fondamentaux des filles et des femmes qui sont :
le droit à l'intégrité physique et psychologique,
le droit à être protégé contre toute forme de violence et de discrimination,
et, dans les cas les plus extrêmes, le droit à la vie.

Elles sont un exemple extrême de discrimination basée sur le sexe.

Depuis plusieurs années, l'Unicef et ses partenaires s'intéressent au problème des MGF/excision en Côte d'Ivoire avec pour objectif d'éliminer la pratique de l'excision dans le pays.

Leurs actions principales consistent à :

amener les populations des villes et villages cibles à une prise de conscience et à un changement de comportement  vis-à-vis de l'excision,
renforcer les capacités des principaux intervenants afin que les communautés prennent en charge la lutte contre l'excision,
identifier les filles en âge d'être excisées dans les zones d'intervention lorsque cela est possible afin de mener des actions spécifiques de protection et de prévention,
identifier les exciseuses et les sensibiliser à la lutte contre l'excision.

"Si certaines pratiques culturelles peuvent paraître irrationnelles ou destructrices de l'extérieur, elles ont une signification et une fonction particulières pour ceux qui les respectent. Cela dit, la culture n'est pas figée, elle doit constamment faire l'objet d'adaptations et de réformes. Les populations modifieront leurs comportements lorsqu'elles comprendront que ces pratiques sont dangereuses et avilissantes et lorsqu'elles parviendront à la conclusion qu'il est possible d'y renoncer sans abandonner des aspects importants de leur culture". Déclaration conjointe OMS/UNICEF/FNUAP, 1997.

Source : Unicef, New York, février 2008.
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