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UNICEF > Reportage : les vies de quatre jeunes éthiopiennes après un mariage précoce CICR, Genève |
Mars 2001, un rapport de lUnicef sur les mariages précoces
Dans certains pays, la moitié des filles est déjà mariée à l'âge de 18 ans et "des millions d'enfants et de jeunes gens, de filles en particulier, subissent des retombées négatives" de tels mariages.
En analysant le mariage d'enfants comme une violation de leurs droits fondamentaux, l'Unicef cherche à créer une situation propice au changement. "Il s'agit là, ajoute Carol Bellamy, d'une autre étape d'un mouvement croissant, qui cherche à briser le silence désespéré de millions d'enfants, en particulier des filles, qui ont été abandonnées à un sort marqué souvent par la misère et la souffrance". Les mariages d'enfants : la pauvreté en est la cause principale
Il étudie les implications nombreuses du mariage d'enfants, de la limitation de leur liberté personnelle, à l'impact sur la santé et l'éducation. Pour les garçons comme pour les filles, un mariage précoce a de profondes conséquences physiques, intellectuelles, psychologiques et émotives; il coupe à la racine les occasions offertes par l'étude et les chances de croissance personnelle. En outre, chez les filles, le mariage précoce est "presque toujours synonyme de grossesse - qui est la cause des hauts taux de mortalité maternelle - et d'accouchement prématurés ainsi que d'une existence d'asservissement domestique et sexuel sur laquelle elles n'ont nul pouvoir". Les adolescentes sont également plus sujettes que les femmes d'âge mur aux maladies transmises sexuellement, le HIV/SIDA inclus. Le préjugé ayant cours dans plusieurs pays selon lequel le fait de coucher avec une jeune fille vierge guérit du HIV/SIDA, fait augmenter dangereusement cette situation de vulnérabilité. La pauvreté est l'un des principales assises du mariage d'enfants. Au Bangladesh, des parents en butent à la pauvreté se laissent convaincre de se séparer de leurs filles par des promesses de mariages, ou encore de faux mariages, qui servent en fait à attirer les filles pour les contraindre à se prostituer à l'étranger. Des informations en provenance d'Iraq indiquent que le phénomène du mariage précoce y est en augmentation, croissance qui est en proportion directe avec celle de la pauvreté. Les mariages précoces dans le mondeLes mariages d'enfants ont lieu dans le monde entier, mais sont une pratique courante dans certaines parties d'Afrique et d'Asie du Sud. En1993, au Rajasthan (Inde), note l'Unicef, 56% des femmes étaient mariées avant l'âge de 15 ans et 17% avant l'âge de 10 ans. Pire encore, dans ce même Etat de l'Union indienne des enfants de 2 à 3 ans sont offerts en mariage par leurs parents. "Un moyen éprouvé, selon le rapport, d'organiser la transmission de la propriété et de la richesse au sein des familles". Le rapport de l'Unicef donne quelques chiffres : les pourcentages des filles âgées entre 15 et 19 ans et qui sont déjà mariées sont, respectivement de : 74% en République Démocratique du Congo; 70% au Niger; 54% en Afghanistan; 51% au Bangladesh; 30% au Honduras, et 28% en Iraq. Au Niger, 44% des femmes entre 20 et 24 ans se sont mariées avant l'âge de 15 ans, note l'étude qui explique ce phénomène par deux raisons principales: "renforcer les liens dans ou entre les communautés, et protéger les filles contre les grossesses hors mariage". D'une manière générale, le mariage précoce est plus répandue en Afrique centrale et occidentale (40% à 49% des filles mariées avant 19 ans) qu'en Afrique orientale (27%) du Nord ou du Sud (20%), relève l'étude. Un grand nombre d'entre elles deviennent deuxième ou troisième épouse des ménages polygames et courent le risque élevé de devenir des esclaves sexuelles Dans les pays industrialisés, les femmes se marient rarement avant 18 ans (4% aux Etats-Unis et 1% en Allemagne), à l'exception de certains pays d'Europe de l'Est à l'économie fragile (Albanie ou Macédoine), ou dans les communautés tsiganes. L'Unicef voudrait affiner ce constat pour convaincre les Etats de mettre un terme à ces pratiques, considérées "comme un obstacle majeur à l'accomplissement des droits humains". L'abus est chose commune dans les mariages d'enfantsDes données venant d'Egypte indiquent que 29 pour cent des épouses adolescentes ont été battues par leurs maris (ou mari et autres) et, de ces adolescentes, 41 pour cent avaient été battues durant la grossesse. Une étude en Jordanie publiée en 2000 montre que 26 pour cent des cas rapportés de violence domestique sont commis contre des épouses de moins de 18 ans. La violence domestique fait en sorte que, poussées par le désespoir, quelques filles optent pour la fugue. "Celles qui le font, confie le rapport, et celles qui choisissent leur conjoint malgré l'avis contraire des parents, peuvent être punies voire même tuées par leurs familles. Ces filles encourent le risque d'être "tuées par honneur", comme on le voit au Bangladesh, en Egypte, en Jordanie, au Liban, au Pakistan, en Turquie et ailleurs". Prévenir le mariage d'enfants par l'éducationAfin de prévenir le mariage d'enfants, un large éventail d'organisations et d'individus, allant des chefs de communauté aux organismes internationaux, ont décidé d'agir. Un premier pas est d'informer les parents et les jeunes parents des conséquences négatives d'un mariage précoce afin qu'ils puissent le prévenir. L'éducation est la clé de ce processus. Convaincre les parents de garder leur fille à l'école est un élément essentiel du développement complet des filles - et du report du mariage. Le Sri Lanka et l'Etat indien du Kerala en sont des exemples éloquents. Chez ces deux pays, l'âge du premier mariage est élevé. Les deux ont également accordé la priorité à l'éducation des filles. Le rapport souligne que "la façon dont les hommes et les femmes perçoivent leurs rôles et leur capacité a changé et a conduit à un soutient plus grand des droits des femmes, en regard à celui que l'on constate dans plusieurs autres pays de (l'Asie du Sud)". Pour les filles qui sont déjà mariées, des services doivent être développés afin de les conseiller sur les questions importantes, qui vont de l'abus à la reproduction. Des filles âgées de 15 à 19 ans donnent naissance à 15 millions de nouveau-nés par an. Plusieurs d'entre elles accouchent sans avoir eu recours à une clinique prénatale ou recevoir l'aide d'une sage-femme professionnelle, ce qui peut avoir de lourdes conséquences sur la santé de la mère et de l'enfant. L'action de l'UnicefL'action de l'Unicef pour combattre le problème du mariage précoce s'inscrit dans une approche plus large contre la discrimination des sexes, laquelle sape les droits des femmes et de l'enfant. Le Programme global d'éducation des filles de l'Unicef uvre dans plus de 60 pays afin d'assurer que les filles aient un accès égal à l'éducation, ce qui représente la clé du report du mariage et du développement général des filles. En plus d'aider les campagnes de promotion et de communication dans différents pays, l'Unicef a aussi soutenu le développement de deux projets qui eurent du succès dans des régions où le taux de mariage des enfants est élevé : en Asie du Sud et en Afrique Subsaharienne. En Asie du Sud, le projet Meena, ainsi nommé d'après l'héroïne d'un ensemble multimédia, sert de catalyseur pour discuter de la discrimination des sexes dans l'enfance. Les questions abordent la préférence pour le fils, le traitement injuste des filles dans la famille, leur accès plus difficile aux services de santé et d'éducation, de même que les pratiques traditionnelles dommageables telles que la dot, le harcèlement sexuel et le mariage précoce. Se fondant sur le succès de Meena, le Projet de communication adolescente Sara fut développé dans 10 pays d'Afrique de l'est et de l'ouest. L'importance de demeurer à l'école est l'un des principaux messages de cette série radiophonique. Parmi les autres questions abordées, on compte le HIV/SIDA, les charges de travail domestique, les mutilations sexuelles féminines et le mariage précoce. Mariage précoce: conjointe enfant est publié par le Centre de Recherche Innocenti de l'Unicef, Florence, Italie. Il peut être consulté sur le site web du Centre à l'adresse : www.unicef-icdc.org/ |