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LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
> La campagne 2004 d'Amnesty
> Entretien avec Irene Khan
[Le Monde]
> La campagne dAmnesty
Chine Défenseur(e)s des droits humains
Espagne Violences domestiques
Irak Violences domestiques, enlèvements, viols et assassinats
Mexique Femmes enlevées et assassinées
République Démocratique du Congo Violences dans les conflits armés
Amnesty Rapports 2001
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MARS 2004 / METTRE FIN A LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES, UNE CAMPAGNE DAMNESTY INTERNATIONAL
__Une campagne d'Amnesty contre les violences faites aux femmes
Amnesty International, organisation de défense
des droits de l'homme, a lancé le 5 mars 2004, à
Londres, une campagne mondiale intitulée "Halte
à la violence contre les femmes". La secrétaire
générale de l'organisation, Irene Khan, a
répondu aux questions du quotidien français Le
Monde.
- Quelle est l'ampleur de ce phénomène ?
C'est une maladie grave qui ronge toutes les sociétés,
et un scandale outrageant. Une femme sur trois dans le monde
subit des violences sérieuses, qu'il s'agisse d'un
viol, d'une agression sexuelle ou d'une attaque. C'est un mal
très répandu, hélas universel, qui ne connaît
aucune frontière entre Nord et Sud, Noirs et Blancs, riches
ou pauvres. C'est une terreur cachée dont personne ne veut
parler. Les sociétés l'ignorent, les gouvernements
ferment les yeux sur elle, les femmes elles-mêmes gardent
le silence, car lorsqu'elles en sont victimes, elles sont frappées
de honte et stigmatisées. Celles qui en parlent, loin de
trouver le remède à ce mal, s'attirent de graves
ennuis.
- Avez-vous des exemples ?
Au Pakistan, selon une enquête gouvernementale, 42% acceptent la violence contre elles comme faisant partie de leur sort, 32% s'estiment trop impuissantes pour y résister, 19% protestent, et 4% seulement se rebellent. Aux Etats-Unis,
une femme est battue toutes les 15 secondes, ordinairement par
son mari ou son compagnon. Dans les pays de l'OCDE, la violence
est la principale cause de décès des femmes âgées
de 16 à 44 ans, avant le cancer et les maladies cardiaques.
Ces statistiques sont ignorées du plus grand nombre.
- Comment expliquer ces violences ?
Elles résultent, d'une part, de l'inégalité
et des discriminations au détriment des femmes en vigueur
dans de nombreuses sociétés. Celles-ci sont dominées
par des rapports d'exploitation économique, piégées
par les relations sociales. Elles s'expliquent aussi par l'impunité
dont jouissent les agresseurs. La police intervient peu. En Russie,
14'000 femmes meurent chaque année des violences que leur
infligent leurs partenaires. Les Etats n'aiment pas se mêler
des violences domestiques. Aucun pays au monde n'est parvenu à
protéger les femmes dans le secret de leurs maisons.
De la chambre à coucher au champ de bataille, les femmes
sont en danger. Dans les situations de conflit, les violences
contre les femmes constituent une arme de guerre. On l'a vu hier
dans les Balkans. C'est aujourd'hui vrai ailleurs, par
exemple dans l'est de la République démocratique
du Congo, où je me trouvais en octobre [2003]. On a
enregistré dans cette seule région, autour de Goma,
sur une période d'un an, une moyenne de 40 viols par jour.
- Qui est responsable ?
Les groupes armés qui les commettent, comme au Congo,
pour terroriser la population. Les personnes privées. Les
familles et les sociétés qui les acceptent, au nom
de la tradition ou de valeurs religieuses ou culturelles. Les
Etats, qui souvent les ignorent.
Propos recueillis par Jean-Pierre Langellier, Le Monde,
Paris, 6 mars 2004.
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