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2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES __Espagne : Alicia Aristregui tuée par son mari Alicia Arístregui a été battue
et maltraitée par son époux tout au long de leurs
quatorze années de mariage. Elle subissait des agressions
aussi bien physiques que psychologiques. A maintes reprises, Alicia et ses frères ont signalé au juge et à la police nationale que l'époux d'Alicia avait enfreint l'interdiction de s'approcher d'elle. Cependant, ces informations n'ont pas été transmises à la police municipale de la ville où Alicia résidait. Les multiples demandes de protection provenant de sa famille sont également restées sans effet. Son époux est parvenu à la retrouver quatre mois après leur séparation. Elle venait de laisser ses enfants à l'arrêt du bus scolaire. Il l'a tuée à coups de couteau. Depuis la mort d'Alicia, un de ses frères a fondé une association destinée à obtenir une protection policière pour les femmes victimes de violences. En juillet 2003, la plus haute instance judiciaire espagnole (le Conseil général du pouvoir judiciaire) a apporté son soutien au juge, en soulignant qu'il n'appartenait pas au système judiciaire d'assurer la coordination entre les différents corps de police. La protection des femmes contre les violences domestiquesDans de nombreux cas, les tribunaux n'ont pas pris au sérieux les femmes signalant les menaces de mort et les agressions de leur compagnon et n'ont pas ordonné aux auteurs présumés de ces actes de ne plus s'approcher des plaignantes, ce qui a parfois eu des conséquences fatales. En mai 2003, la Cour suprême a refusé d'admettre la responsabilité de l'Etat dans la protection des femmes contre la violence domestique. Dans une autre affaire, la Cour a annulé les dommages et intérêts accordés par un tribunal de première instance à la famille de Mar Herrero, assassinée par son ancien compagnon après des mois de menaces et de harcèlement qu'elle avait d'ailleurs signalés aux autorités. La Cour a statué que la responsabilité de l'Etat n'était impliquée que lorsque le crime était commis par des agents de l'État ou avec leur accord. Mar Herrero a été tuée en octobre 1999 par un homme qui avait déjà été condamné pour tentative de meurtre sur une ancienne compagne. Cet homme avait obtenu une libération conditionnelle sept mois auparavant, contre l'avis du psychologue de la prison. Sept jours avant la date du meurtre, le bureau du procureur général avait demandé l'annulation de sa libération conditionnelle. Cette demande avait été rejetée. En outre, les fonds de l'Etat alloués aux centres d'urgence et aux refuges sont insuffisants ; ces structures sont mal réparties sur le territoire car elles dépendent essentiellement des organisations non gouvernementales. |