Les droits de l'enfant
La violence faite aux femmes


Droits des femmes




LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
> La campagne 2004 d'Amnesty
> Entretien avec Irene Khan
[Le Monde]

> La campagne d’Amnesty

Chine Défenseur(e)s des droits humains
Espagne Violences domestiques
Irak Violences domestiques, enlèvements, viols et assassinats
Mexique Femmes enlevées et assassinées
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Amnesty Rapports 2001

2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
 __Espagne : Alicia Aristregui tuée par son mari

Alicia Arístregui a été battue et maltraitée par son époux tout au long de leurs quatorze années de mariage. Elle subissait des agressions aussi bien physiques que psychologiques.

Elle a quitté son époux en janvier 2002 et a trouvé refuge dans un centre dépendant de l'Etat. Lorsqu'elle a demandé que la justice interdise à son époux d'entrer en contact avec elle, elle a indiqué avoir eu besoin d'une prise en charge psychologique à cause des mauvais traitements qu'il lui avait infligés. Selon elle, il exigeait la garde des enfants et le logement familial, et avait lancé des menaces contre elle et ses proches pour obtenir satisfaction; elle craignait qu'il ne mette ses menaces à exécution.

A maintes reprises, Alicia et ses frères ont signalé au juge et à la police nationale que l'époux d'Alicia avait enfreint l'interdiction de s'approcher d'elle. Cependant, ces informations n'ont pas été transmises à la police municipale de la ville où Alicia résidait. Les multiples demandes de protection provenant de sa famille sont également restées sans effet.

Son époux est parvenu à la retrouver quatre mois après leur séparation. Elle venait de laisser ses enfants à l'arrêt du bus scolaire. Il l'a tuée à coups de couteau.

Depuis la mort d'Alicia, un de ses frères a fondé une association destinée à obtenir une protection policière pour les femmes victimes de violences. En juillet 2003, la plus haute instance judiciaire espagnole (le Conseil général du pouvoir judiciaire) a apporté son soutien au juge, en soulignant qu'il n'appartenait pas au système judiciaire d'assurer la coordination entre les différents corps de police.

La protection des femmes contre les violences domestiques

Dans de nombreux cas, les tribunaux n'ont pas pris au sérieux les femmes signalant les menaces de mort et les agressions de leur compagnon et n'ont pas ordonné aux auteurs présumés de ces actes de ne plus s'approcher des plaignantes, ce qui a parfois eu des conséquences fatales.

En mai 2003, la Cour suprême a refusé d'admettre la responsabilité de l'Etat dans la protection des femmes contre la violence domestique.

Dans une autre affaire, la Cour a annulé les dommages et intérêts accordés par un tribunal de première instance à la famille de Mar Herrero, assassinée par son ancien compagnon après des mois de menaces et de harcèlement qu'elle avait d'ailleurs signalés aux autorités. La Cour a statué que la responsabilité de l'Etat n'était impliquée que lorsque le crime était commis par des agents de l'État ou avec leur accord. Mar Herrero a été tuée en octobre 1999 par un homme qui avait déjà été condamné pour tentative de meurtre sur une ancienne compagne. Cet homme avait obtenu une libération conditionnelle sept mois auparavant, contre l'avis du psychologue de la prison. Sept jours avant la date du meurtre, le bureau du procureur général avait demandé l'annulation de sa libération conditionnelle. Cette demande avait été rejetée.

En outre, les fonds de l'Etat alloués aux centres d'urgence et aux refuges sont insuffisants ; ces structures sont mal réparties sur le territoire car elles dépendent essentiellement des organisations non gouvernementales.

Source : Amnesty International, France, mars 2004.
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