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2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES __Mexique : Depuis dix ans, à Ciudad Juárez et Chihuahua, des centaines de femmes sont enlevées et assassinées en toute impunité
En novembre 2001, les corps de huit femmes ont été retrouvés dans un ancien champ de coton, en plein centre de Ciudad Juárez. Les autorités ont déclaré avoir identifié les restes, mais les analyses effectuées par les experts ne concordent que pour l'une d'entre elles. On n'a toujours aucune certitude sur l'identité des corps. Paloma Angélica Escobar Ledesma a été retrouvée morte le 29 mars 2003. Entre janvier et septembre 2003, 15 femmes ont été découvertes assassinées (au moins 8 avaient été visiblement victimes de violences sexuelles), et 18 jeunes femmes ont "disparu" La liste s'allonge ainsi depuis 10 ans
Les autorités reconnaissent aujourd'hui que le sort d'environ 70 femmes reste un mystère. D'autre part, 75 cadavres n'ont toujours pas été identifiés. Certains de ces corps seraient ceux de femmes portées "disparues", mais les enquêtes médico-légales, manifestement insuffisantes, n'ont pas permis de le confirmer. Dans beaucoup de cas, la brutalité manifeste avec laquelle ces femmes ont été tuées dépasse le simple homicide. Nombre d'entre elles ont été enlevées, retenues prisonnières pendant plusieurs jours et soumises à des violences sexuelles avant de mourir, le plus souvent étranglées ou battues à mort. La majorité de ces femmes appartiennent à des couches sociales défavorisées, beaucoup étant des ouvrières employées dans les usines de sous-traitance (les maquilas) où sont fabriqués à bas prix des produits destinés à l'exportation. Les autorités n'ont pas jusqu'à présent
mis en place les moyens nécessaires pour empêcher
les crimes en question, les élucider, et en punir les auteurs. Plusieurs femmes, mères de victimes ou militantes des droits humains, notamment des membres de l'association "Puissent nos filles rentrer à la maison" ont reçu des menaces à plusieurs reprises, destinées manifestement à entraver leurs démarches destinées à connaître la vérité. Amnesty International insiste pour que les familles des victimes soient traitées avec respect et protégées si nécessaire. Elles doivent être associées aux enquêtes et à la mise en place de mesures préventives. |