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La violence faite aux femmes


Droits des femmes




LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES
> La campagne 2004 d'Amnesty
> Entretien avec Irene Khan
[Le Monde]

> La campagne d’Amnesty

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Amnesty Rapports 2001

2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
 __Mexique : Depuis dix ans, à Ciudad Juárez et Chihuahua, des centaines de femmes sont enlevées et assassinées en toute impunité

PhotosSilvia Arce et Griselda Mares ont "disparu" en mars 1998. Lilia Alejandra Garcia a été retrouvée morte, victime de violences sexuelles, en février 2001. Rosalba Pizarro Ortega, 16 ans, Julieta Marleng González Valenzuela, 17 ans, Yesenia Concepción Vega Márquez, 16 ans, et Minerva Torres Abeldaòo, 18 ans, ont "disparu" entre février et mars 2001.

En novembre 2001, les corps de huit femmes ont été retrouvés dans un ancien champ de coton, en plein centre de Ciudad Juárez. Les autorités ont déclaré avoir identifié les restes, mais les analyses effectuées par les experts ne concordent que pour l'une d'entre elles. On n'a toujours aucune certitude sur l'identité des corps.

Paloma Angélica Escobar Ledesma a été retrouvée morte le 29 mars 2003. Entre janvier et septembre 2003, 15 femmes ont été découvertes assassinées (au moins 8 avaient été visiblement victimes de violences sexuelles), et 18 jeunes femmes ont "disparu"

La liste s'allonge ainsi depuis 10 ans

CroixDepuis 1993, plus de 370 femmes ont été tuées dans les villes de Ciudad Juárez et de Chihuahua, dans le nord du Mexique. Au moins 137 d'entre elles ont subi des sévices sexuels avant de mourir. De nombreuses organisations non gouvernementales mexicaines estiment par ailleurs que plus de 400 femmes ont "disparu".

Les autorités reconnaissent aujourd'hui que le sort d'environ 70 femmes reste un mystère. D'autre part, 75 cadavres n'ont toujours pas été identifiés. Certains de ces corps seraient ceux de femmes portées "disparues", mais les enquêtes médico-légales, manifestement insuffisantes, n'ont pas permis de le confirmer.

Dans beaucoup de cas, la brutalité manifeste avec laquelle ces femmes ont été tuées dépasse le simple homicide. Nombre d'entre elles ont été enlevées, retenues prisonnières pendant plusieurs jours et soumises à des violences sexuelles avant de mourir, le plus souvent étranglées ou battues à mort.

La majorité de ces femmes appartiennent à des couches sociales défavorisées, beaucoup étant des ouvrières employées dans les usines de sous-traitance (les maquilas) où sont fabriqués à bas prix des produits destinés à l'exportation.

Les autorités n'ont pas jusqu'à présent mis en place les moyens nécessaires pour empêcher les crimes en question, les élucider, et en punir les auteurs.
Bien qu'en 2003 les autorités fédérales aient pris plusieurs mesures positives, une grande partie des recommandations faites par les organisations nationales et internationales de défense des droits humains n'a pas été mise en uvre.

Plusieurs femmes, mères de victimes ou militantes des droits humains, notamment des membres de l'association "Puissent nos filles rentrer à la maison" ont reçu des menaces à plusieurs reprises, destinées manifestement à entraver leurs démarches destinées à connaître la vérité.

Amnesty International insiste pour que les familles des victimes soient traitées avec respect et protégées si nécessaire. Elles doivent être associées aux enquêtes et à la mise en place de mesures préventives.

Source : Amnesty International, France, mars 2004.
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