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2004 / LA CAMPAGNE D'AMNESTY CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES __République Démocratique du Congo : Kavira Muraulu, violée et attaquée par des soldats
Lorsqu'elle s'est plainte à son supérieur, celui-ci a ordonné au soldat d'indemniser Kavira en lui versant environ 2,3 euros, mais aucune autre sanction n'a été prise quand il a refusé de le faire. Kavira s'est donc adressée au gouverneur du district, qui lui a assuré que son cas serait étudié et lui a conseillé de rentrer chez elle, mais il n'a pris aucune mesure pour assurer sa sécurité. Le soldat est revenu accompagné d'amis. Ils ont empoigné Kavira alors qu'elle se trouvait sur ses terres, puis l'ont attachée et rouée de coups, lui cassant une dent et la blessant à la mâchoire. Ils ne se sont arrêtés que lorsqu'une autre femme les a menacés avec une arme à feu. Kavira est retournée au bureau du gouverneur, qui a vainement tenté de la persuader de se rétracter. Les soldats sont revenus à nouveau et cette fois, ils lui ont enfoncé une baïonnette dans le ventre. En dépit des pressions exercées sur elle par les autorités, et des menaces pesant sur sa vie, Kavira est déterminée à ce que justice soit faite et entend obtenir réparation.
D'après une estimation du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, quelque 5'000 femmes ont été violées dans la province du Sud-Kivu entre octobre 2002 et février 2003, soit une moyenne de 35 par jour. Dans bien des cas, les victimes de viols ont été délibérément blessées ou tuées. Des milliers de femmes et de fillettes ont été enlevées ou contraintes par une extrême pauvreté à devenir des esclaves sexuelles ou des combattantes envoyées en première ligne des affrontements. Ces expériences traumatisantes s'accompagnent d'un risque élevé de contamination par le virus du sida. Les traitements médicaux et psychologiques dont ces femmes ont besoin sont quasiment inexistants dans le pays. Les viols, les autres formes de violence sexuelle et les meurtres commis actuellement en République démocratique du Congo constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité; pourtant, à ce jour, très peu de responsables présumés ont été traduits en justice. |