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JANVIER 2002, FRANCE, UN APPEL CONTRE LANTISEMITISME
__Les citoyens contre la banalisation de l'antisémitisme
| Publiée le 18 janvier 2002 dans le quotidien Libération, une pétition contre "la banalisation de l'antisémitisme" a été signée en France par plusieurs milliers de personnes. Le texte affirme que "la multiplication des attaques centrées sur des citoyens français juifs ne correspond pas seulement à des débordements de violence de "banlieues difficiles", mais à une forme d'antisémitisme". |
Lancée à l'initiative de Jacky Mamou, président d'honneur de Médecin du Monde, et de Jacques Lebas, président de l'Institut de l'humanitaire, la pétition se présente comme une action "indépendante de toute organisation politique ou communautaire"
La Pétition :
Nous voulons dire aujourd'hui notre inquiétude face à la récurrence des agressions qui touchent, en France, des personnes, des écoles, ou des lieux de cultes juifs: depuis la destruction de la synagogue de Trappes (78) en octobre 2000, jusqu'à l'attaque contre une école maternelle à Créteil (94) le 31 décembre 2001, mais aussi à Paris, Rouen, Marseille, plus d'une centaine d'attaques du même type se sont succédé. Nous exprimons notre trouble devant la banalisation de pareils événements, qui remettent en cause les valeurs essentielles de la République.
La presse, à quelques exceptions près, les représentants de l'Etat et notre société dans son ensemble ne paraissent prendre la mesure de cette situation, où la liberté de culte est bafouée, où des citoyens français sont agressés, insultés ou menacés, pour leur identité religieuse ou culturelle.
Que l'on ne se méprenne pas. Nous ne pensons pas assister à des "nuits de cristal". Il n'en reste pas moins que la multiplication des attaques centrées sur des citoyens français juifs ne correspond pas seulement à des débordements de violence de "banlieues difficiles", mais à une forme d'antisémitisme. Refuser de l'admettre, au nom du politiquement correct, est moralement incorrect. C'est aussi ignorer la loi, expression de la volonté générale, qui condamne ces agissements et exclut les incitations à la haine raciale du champ de la liberté d'expression.
Nous aurions réagi de la même manière si des mosquées, des temples ou des églises, et les citoyens qui les fréquentent, avaient été l'objet d'attaques similaires.
La tentation de transposer un conflit extérieur en un affrontement musulman-juif n'est ni justifiée, ni tolérable. Nous pensons que les valeurs de laïcité et de tolérance doivent permettre à tous les citoyens français, quelles que soient leurs légitimes inquiétudes, de vivre ensemble et d'exprimer leurs opinions respectives sur la situation au Moyen-Orient, sans stigmatiser leurs concitoyens ni en être stigmatisé.
Nous appelons les responsables politiques, religieux et associatifs, les journalistes, les intellectuels et tous les citoyens à contribuer à garantir ces valeurs, qui sont celles partagées par l'immense majorité des Français, et à s'associer à cette démarche.
Nous souhaitons que les femmes et les hommes politiques en charge des plus hautes responsabilités de la République ou qui aspirent à l'être, interviennent solennellement, précisent leurs positions et fassent part de leurs propositions sur ce problème avant que des drames ne viennent douloureusement le rappeler.
Sources : Libération, 18 janvier 2002, et site Internet. www.lapetition.org

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