Forum
Un forum des droits de l'homme

La situation des femmes en Afghanistan : un Appel de l’association Negar

| La Déclaration des droits fondamentaux de la femme afghane |

AU SECOURS !

Le peuple afghan écrasé, depuis quatre ans, sous la botte des milices talibans, pseudo-étudiants, islamistes formés dans les écoles intégristes du Pakistan, souffre et crie.

?Sait-on assez que le mollah Abbas, "ministre de la santé", reçu le 7 février [2001] à Paris, est l'homme qui a détruit le système de santé, en interdisant au corps médical féminin d'exercer et aux femmes de se faire soigner par des hommes.

?Sait-on assez qu'interdites de sortir de chez elles, de travailler, d'aller à l'école et à l'université, les Afghanes, réduites à la mendicité, au déshonneur et à l'exil pour survivre – elles et leurs enfants – sont les premières victimes de ce régime barbare.

?Sait-on combien d'hommes sont morts, combien sont mutilés, combien sont encore dans le maquis après vingt ans de guerre.

?Sait-on assez que la famine qui décime désormais les campagnes, aggravée par une sécheresse exceptionnelle, est d'abord le résultat du remplacement des cultures vivrières par celles du pavot qui enrichit les dignitaires taliban.Haut de page

?Sait-on assez l'ampleur de la diaspora afghane : sept millions d'exilés pour vingt millions d'habitants. Chiffres saisissants qui montrent l'impossibilité de vivre dans ce pays.

?Sait-on assez, en restant silencieux, qu'on se rend complice d'une "talibanisation" qui rêve de s'étendre au reste du monde musulman par une guerre sainte, soutenue par le milliardaire saoudien Ben Ladden.

?Sait-on assez que le Pakistan, au vu et au su de toute la communauté internationale, arme les milices talibans et que ce sont des décrets pakistanais qui dictent la loi en Afghanistan occupé.

Il est urgent de dénoncer ce régime criminel qui réduit un peuple à l'esclavage, et d'empêcher toute tentative de reconnaissance internationale : un siège à l'Onu, par exemple, au nom d'une certaine "neutralité active".

C'est pourquoi nous manifestons notre soutien à l'appel de l'association Negar-Soutien aux femmes d'Afghanistan et adhérons à la Déclaration des droits fondamentaux des femmes afghanes.

Premiers signataires : Martine Aubry, Clémentine Autain, Roselyne Bachelot. Elisabeth Badinter, Robert Badinter, Marie-Claude Beaudeau, Emma Binino, Constance Borde, Marie-Georges Buffet, Françoise Castro, Nicole Chaillot, Christaine Collange, Alain Finkielkraut, Geneviève Fraisse, Isabelle gallimard, Benoîte Groult, Shoukria Haidar, Françoise Hostelier, Diane Johnson, Françoise Michaud, Patricia Lalonde, Juliette Minces, Monique Mitrani, Daniel mitrani, Florence Montreynaud, Estelle Moustacchi, Michèle Perrot, Yvette Roudy, Dr Edouard Sakiz, Elisabeth Shemla, Dominique Voynet

Signatures et contacts : Negar - Soutien aux femmes d'Afghanistan, boite postale 10, F-25770 Franois. Tél. (+33.1) 48.35.07.56 et (+33.3) 81.59.04.39.
E-mail : negar@wanadoo.fr. Site Internet : http://Perso.wanadoo.Fr/negar/index.HTM

La Déclaration des droits fondamentaux de la femme afghane

[Déclaration adoptée à Douchanbé, Tadjikistan, le 28 juin 2000].

_SECTION 1Haut de page

Considérant qu'aujourd'hui en Afghanistan, la Déclaration des droits de l'Homme ainsi que tous les textes internationaux s'appliquant aux droits des femmes énumérés dans la section 2 du document, sont systématiquement bafoués,

Considérant que tous les règlements promulgués par les Talibans concernant les femmes sont en opposition totale avec les textes internationaux cités dans la section 2 de ce document,

Considérant que les tortures et traitements inhumains ou dégradants imposés par les Talibans aux femmes en tant que membres actifs de la société ont mis en danger la société afghane,

Considérant que la violence quotidienne qui s'exerce contre les femmes en Afghanistan se traduit pour chacune d'entre elles par un état de détresse profonde,

Considérant qu'en l'absence d'état de droit en Afghanistan, les femmes se trouvent dans une situation de danger permanent,

Considérant que les discriminations de sexe, de race, de religion, d'ethnie, de langue, de localité, etc..., sont sources de violence [viol, insultes, coups, lapidation, etc...],

Considérant que la pauvreté et le manque de droit de circulation forcent la femme afghane à la prostitution, l'exil, au mariage forcé, à la vente, au trafic des filles, etc...

_SECTION 2

La Déclaration qui suit est élaborée à partir des documents suivants : Charte des Nations Unies / Déclaration des droits de l'Homme / Convention Internationale des droits économiques, sociaux, et culturels / Convention Internationale des droits civils et politiques / Convention des droits de l'enfant / Convention d'élimination de toute forme de discrimination contre les femmes / Droits humains des femmes des Nations unies / Constitution de l'Afghanistan de 1964 / Constitution de l'Afghanistan de 1977 / Déclaration de Beijing [Pékin]

_SECTION 3 Haut de page

Le droit fondamental des femmes, comme de tout être humain, est de vivre avec dignité, ce qui implique les droits suivants :

1 / Le droit à l'égalité entre hommes et femmes et le droit à l'exclusion de toute forme de discrimination ou de ségrégation fondée sur le sexe, la race, la religion ou autre.
2 / Le droit à la sécurité personnelle et à ne pas être soumise à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants.
3 / Le droit à la santé physique et mentale pour elle et son enfant.
4 / Le droit à la protection égale de la loi.
5 / Le droit à l'éducation institutionnelle incluant toutes les disciplines y compris physiques.
6 / Le droit à des conditions justes et favorables de travail.
7 / Le droit de circuler librement, indépendamment.
8 / Le droit à la liberté de pensée, d'expression, d'association et de participation politique.
9 / Le droit de porter ou non le voile ou le chadri
10 / Le droit de participer aux activités culturelles, y compris le théâtre, la musique , le sport.

_SECTION 4

Cette Déclaration, qui a été préparée par les femmes afghanes, affirme et souligne ceux des droits essentiels que nous, les femmes afghanes, reconnaissons comme les nôtres pour nous-mêmes et les autres femmes afghanes.

C'est un document que l'Etat afghan doit respecter et appliquer.

Ce document correspond à un moment de notre action et pourra être complété ultérieurement.

La Conférence des femmes afghanes a été organisée par l'association NEGAR-SOUTIEN AUX FEMMES D'AFGHANISTAN à Douchanbé, les 27 et 28 juin 2000 "avec 300 femmes afghanes, activistes de tous bords qui ont élaboré ce document, dans le but de répondre à tous ceux qui prétendent que les exactions des milices talibans, émanation du Pakistan, font partie de la culture et des traditions afghanes; nous luttons avec votre soutien pour que ce document fasse partie du Processus de paix pour l'Afghanistan jusqu'à son application."Haut de page